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IMPRIMERIE ET LITHOGRAPHIE DE V e NYS, 

57, RUE POTAGÈRE, 57 



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BELGIQUE 



TOME VII 



année 1S79 



BRUXELLES 



IMPRIMERIE ET LITHOGRAPHIE DE V e NYS 
57, RUE POTAGÈRE, 57 






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MÉMOIRES 



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11 



DE 



BELGIQU 



TOME VII 



Année 1872. 



BRUXELLES 

IMPRIMERIE ET LITHOGRAPHIE DE V 9 NYS 

57, RUE POTAGÈRE, 57 



LES 






DE DIEGHEM, 
par G. VINCENT. 

(Planche I.) 

— SÉANCE DU 2 JUIN 1872. — 

Il avait été décidé entre plusieurs membres de la Société, 
MM. Colbeau, Thielens, Vanden Broeck, Collin, de Bulle- 
mont et moi, d'accompagner la Société royale Linnéenne dans 
son excursion à Dieghem, ûxée au 21 du mois d'avril der- 
nier. 

Nous avions également décidé que le résultat de nos re- 
cherches paléontologiques, faites pendant cette journée, vous 
aurait été communiqué. 

Notre intention n'était d'abord que de mentionner les fos- 
siles trouvés dans cette excursion ; mais comme Je nombre des 
espèces nouvelles pour notre faune, ou entièrement inconnues, 
découvertes à Dieghem par nous, est devenu assez considé- 
rable, et que nous n'avons pas encore jusqu'ici fait connaître 
nos découvertes, nous avons pensé qu'il était préférable de vous 
présenter le tableau complet de la faune de cette localité. 

Les assises bruxellienne et laekenienne ont chacune, à Die- 
ghem, deux zones fossilifères, indiquées dans la coupe de 
terrain ci-après, prise dans la grande carrière située sur le 
plateau sud de ce village et à proximité de la campagne de 
M. Debaise(l). 

Comme je pense qu'il est indispensable d'indiquer avec le 

(1) Il ne sera pas sans utilité d'ajouter que c'est cette carrière qui 
nous a fourni presque tous nos fossiles de cette localité. 



8 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

plus de précision possible le gisement des fossiles, j'ai, pour 
arriver à ce but, établi la liste non-seulement par assises, mais 
aussi par zones. Cette méthode de diviser les terrains en zones 
est suivie par MM. J. Ortlieb et E. Chellonneix dans leur 
Etude géologique des collines tertiaires dn département du 
Nord, etc. Lille, 1870. 



1. Limon avec cailloux roulés à la 
base. 



I 



2. Sable vert jaunâtre dit sans fossiles. l .' 



1 mètre. 



ô mètres. 




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3. Sable calcareux blanchâtre avec grès 
coquilliers vers la base : 2 e zone 
fossilifère. 



i mètres 



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4. Sable graveleux ; 1« zone fossilifère. ^J^- 11131 ^^^^ mètre. 



o. Sable et grès calcareux 
2« zone fossilifère. 



12 mètres. 



6. Sable quartzeux et grès lustrés ; 
1 r » zone fossilifère. 




MÉMOIRES. 9 

Dans la localité qui nous occupe, la première zone fossilifère 
de l'assise bruxellienne est caractérisée par les Cytherea sub- 
erycinoïdes et les Cardmm pomlosum (1) ; dans la deuxième 
zone de la même assise les fossiles sont rares ; cependant les 
NoMtilus LamarcM, à l'état de moules, sont encore ceux que 
l'on rencontre le plus souvent. 

La première zone fossilifère de l'assise laekenienne est celle 
connue sous le nom de zone remaniée ; les Nummulites lœvi- 
gâta et scabra roulées sont les fossiles les plus abondants de 
ce dépôt ; la deuxième zone fossilifère de cette même assise 
est caractérisée par la grande quantité de Nummulites vario- 
laria et Ditmpa strangulata. 

LISTE DES FOSSILES BRUXELLIENS ET LAEKENIENS (2). 

BRUXELLIEN. LAEKENIEN. 



P zone. 



Reptiles. 



Emys Camperi, Gray. 
Chelonia species? . . 



Poissons. 

Cœlorhynchus rectus, Agass 
Picnodus toliapicus, Agass. 
Galeocerdo latidens, Agass. 

— minor, Agass . . . 
Olodus obliquus ? Agass. (3) 

— macrotus, Agass . 
Lamna elegans, Agass . . . 
Pristis Lathami, Gai. . . . 



2* zone. 


I* zone. 


2 e zone. 

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RR 




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RR 




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RR 






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B 


RR 




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C 


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ce 

RR 


R 



(1) Les fossiles de cette zone sont excessivement mal conservés : 
on peut à peine reconnaître les espèces les plus communes, ' 

(2) Le degré d'abondance ou de rareté des espèces a été, autant 
que possible, indiqué par les lettres CC, C, R, RR, qui signifient res- 
pectivement, très-commun, commun, rare et très-rare. La lettre N 
signifie nouveau pour la faune du pays, et la lettre I inédit 
jusqu'ici. 

(3) Une vertèbre incomplète ayant 68 millimètres de diamètre et 
se rapportant à celle figurée dans YOryctographie des environs de 
Bruxelles, par Burtin, planche III, fig. B, a été recueillie par M. Col 
lin, notre collègue. 

2 



10 



SOCltfTfi MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 



BRUXELLIEN. 



LAEKEN1EN. 



Myliobates toliapieus, Agass 

Carcharodon heterodon, Agass 

Crustacés. (1). 
Pseudocarcinus (Cancer) Burtini, Gai. . . 

Céphalopodes. 

Belosepia (Sepia) Cuvieri, Desh 

Nautilus Laraàrcki, Desh. (N. Burtini, Gai) 

— zigzag? Sow 

— species? (mandibules) 

Gastéropodes. 

Roslellaria (Strombus) ampla, Sow. (Rost. 

macroptera, Lm. part.) 

Cassidaria carinata, Brug 

Voluta ciihara, Lm 

Nalica (Ampullaria) patula, Lm 

Turritella brevis? Sow 

Vermetus (Solarium) Nysti, Gai 

Scalaria Honi,Nyst 

— Gorisseni, Nyst 

— Vincenti, Nyst 

Solarium grande, Nyst.(S.calvimontanum? 

Desh) 

Bifrontia marginata, Desh 

Hipponix cornu-copite, Lm 

Lamellibranches. 

Teredo Burtini, Desh 

— vermicularis, Lm 

Corbula pisum ? Sow 

Mactra semisulcata ? Lm 

Tellina plagia, Edw 

Cylherea suberycinoïdes, Desh 



1* zone. 2* zone. 1* zone. 2' zone. 

ce c 

RR 



C 
R 



lœvigata, Desh, 



Cardium porulosum, Brand. 

— Honi, Nyst. . . . , 
Nucula lumilala, Nyst . . . 
Pectunculus pulvinatus. Lin. 
Peclen corneus, Sow. . . . 

— nitidulus, Vinc. . 

— duplicalus? Sow. . 

— plebeius, Lm. . . 

— multistriatus, Desh. 

— solea, Desh. . . . 
Spondylus radula, Lm. . . 

— rarispinus, Desh. . 
Oslrea uncinala, Lm. . . . 

— cymbula, Lm. . . 

— cariosa, Desh. 



gigantica, Brand. 



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(1) Nous possédons plusieurs espèces 
n'avons jusqu'aujourd'hui pu déterminer 
nous faisant défaut. 



de Crustacés que nous 
, les ouvrages spéciaux 



MÉMOIRES, 



il 



BRUXELL1EN. 



LAEKENIEN. 



1* zone. 



2* zone. 1* zone. 



Ostrea gryphiua, Desh 

— dorsata ? Desh. . . . 

— proftmda ? Desh. Var. subarcuata, 

Desh 

Vulsella deperdita, Lm 

— — Variété anomala ? Desh. 

— — — minima ? Desh. 

— — — unguiformis,Nyst 

— — — Woodiana? Nyst. 
Anomia sublamgata, d'Orb 

Braehfopodes. 

Terebratulina Puloni ? Baud. (1) 

Terebratula bisinuata, Lm 

— Kickxi, Nyst 

Crania (Pileopsis) variabilis, Gai 

Bryozoaires. 

Lunulites radiata, Lm 

Cellepora petiolus,Dixon 

Idmonea coronopus, Defr 

— hypolilhus, Defr 

Tubulipora stclliformis, Mich 

— grignonensis, Mich 

Pyripora (Flustra) conlexta, Goldf 

Eschara damspcornis ? Defr. ........ 

— excavata ? Mich 



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Annélides. 

Serpula tricarinata, Gai . C 

Ditrupa strangulala, Desh . C 

Echinodernies. 

Crenasler (Asterias) poritoïdes, Desm. ... . CG 

Spatangus Omaliusi, Gai. . CC C 

Echinolampas Galeottianus, Forbes . R 

Echinocyamus(Echinoneus)propinquus,GaI 
Scutellina (Nucleolites) rotunda, Gai. . . 

— — species ?..... 

— — species ? 

Lenita (Nucleoliies) patelloïdea, Gai. . . 

Cyphosoma tertiarum ? Lehon 

Cidaris? species? (piquants) . C 

Anthozoalres. 

Turbinolia sulcata, Lm 

— elliptica, Brong 

Foramiuifèrcs. 

Nummulites scabra, Lm . C 

— la?vigata, Lm . CC 

— variolaria, Lm . C 

Orbitolites complanata, Lm 

Operculina Orbignyi, Gai , . . 

(1) Découverte due à notre honoré collègue, M, Colbeau. 



2* zone. 

CC 
RR 

R 
CC 
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C 

C 
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RR 

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CC 

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RR 



12 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 



DESCRIPTION 



DU 



PEGTEN NITIDULUS, Vinc. 



— Planche I, Bg. 1, 2, 3. — 



P. Testa orbiculatâ, (Equilaterâ et trcmsversïm s triât a, striis 
argîitissimis , irregularihis ; auriculis incequalibws, anteriore 
radiatim costatâ. 

Cette coquille, que nous croyons nouvelle et dont nous 
n'avons pu jusqu'aujourd'hui trouver que deux valves de 
gauche, est orbiculaire et équilatérale ; elle a sa surface ex- 
térieure couverte d'une multitude de fines stries provenant de 
l'accroissement de la coquille et visibles seulement au moyen 
de la loupe. Ces stries sont elles-mêmes traversées par d'au- 
tres stries rayonnantes, plus serrées que celles d'accroissement 
et presque invisibles. Le crochet est peu saillant. Les oreil- 
lettes sont inégales, un peu obliques ; la postérieure, la plus 
petite, est finement striée comme la surface de la valve ; l'an- 
térieure, qui est la plus grande, est ornée de côtes rayonnantes ; 
elle est fortement échancrée à la base, où elle est munie à son 
bord inférieur de huit petites dents ; la fossette du ligament est 
triangulaire et peu profonde. Notre coquille mesure 37 milli- 
mètres de longueur sur 35 de largeur. 

Ce Peigne, qui a beaucoup de ressemblance avec le Pecten 
corneus, Sow., doit avoir été, pensons-nous, souvent confondu 
avec ce dernier ; il s'en distingue par les oreillettes plus longues, 
par l'antérieure, qui est striée, et par l'échancrure de celle-ci 
plus profonde et dentelée à son bord inférieur. 



MÉMOIRES. 13 



EXPLICATION DE LA PLANCHE I. 



Fîg. 1. Pecten nitidulus, Vincent, valve gauche, vue intérieurement. 
2. id. même valve, vue extérieurement. 

.5. id. partie de la même, grossie, vue intérieure- 

ment. 
4. Diagramme du Pecten corneus, Sow., pour montrer les différences. 



LES 




DE LA BELGIQUE 



PAR 



Henry J. MILLER et Ernest VANDEN BROEGK. 



SÉANCE DU 6 OCTOBRE 1872. 



INTRODUCTION- 

La science si intéressante qui a pour but l'étude des Forami- 
nifères, n'a commencé à devenir l'objet de recherches sérieuses 
que depuis un demi-siècle environ. Tandis que les progrès de 
l'Histoire Naturelle faisaient étudier et connaître presque tous 
les autres ordres d'animaux, les Foraminifères, ces êtres si 
curieux, restaient à peu près complètement dans l'oubli. Pen- 
dant longtemps ils furent considérés comme appartenant à la 
classe des Mollusques Céphalopodes, et comme on ne con- 
naissait qu'un nombre très-restreint de ces formes microsco- 
piques, il n'en était parlé que fort incidemment dans les ou- 
vrages généraux tels que ceux de Plancus, Gualtieri, Schrôter, 
Lister, Linné, ainsi que dans les anciens Manuels de Conchy- 
liologie comme ceux de Turton, Lamarck, De Montfort, Mon- 
tagu , Defrance, De Blainville, Férussac, etc. 

Vers le commencement du siècle actuel, quelques auteurs 



16 SOCIÉTÉ MALAGOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

commencèrent à s'occuper un peu plus spécialement des Fora- 
minifères. 

Soldani, ainsi que FicMel et Moll, firent connaître la faune 
des espèces, indistinctement récentes et fossiles, recueillies sur 
les bords de la Méditerranée ; Boys et Walker, de même que le 
colonel Montagu, énumérèrent un certain nombre d'espèces 
observées dans les mêmes conditions sur les côtes des Iles Bri- 
tanniques. 

Parmi les ouvrages publiés vers cette époque il en est qui à 
cause de l'exactitude des descriptions et des figures, présentent 
encore certain intérêt; toutefois les déterminations, presque 
toutes établies en dehors de la nomenclature actuellement em- 
ployée, sont pour la plupart abandonnées, et si les idées géné- 
rales émises dans ces travaux peuvent encore aujourd'hui offrir 
quelque utilité, ce n'est plus qu'à titre historique, et pour com- 
paraison seulement avec les progrès actuels de la science. 

Aucune publication de réelle importance n'avait encore mis 
en lumière l'étendue des vastes horizons qui plus tard devaient 
s'ouvrir devant l'étude des Foraminifères, lorsque en 1825, 
Alcide d'Orbigny présenta à l'Académie des Sciences de Paris 
son « Tableau méthodique de la 'classe des Céphalopodes . » 
Dans ce travail, qui peut être regardé comme le point de dé- 
part de l'étude des Foraminifères considérée dans son ensem- 
ble, d'Orbigny séparait les Céphalopodes testacés en trois 
groupes bien distincts : les Cryptodibr anches , les Siphonifères 
et les Foraminifères, les deux premiers comprenant la classe 
des Céphalopodes telle qu'elle est délimitée actuellement et le 
dernier renfermant le groupe de Rhizopodes auquel on a con- 
servé ie nom proposé par d'Orbigny. 

Dans son Tableau méthodique d'Orbigny séparait les Forami- 
nifères en cinq grandes familles : les Stichostègues , les Héli- 
costègues, les Enallostegues, les Entomostègues et les Âgathis- 
tegues ; ce fut plus tard seulement qu'il ajouta à sa classification 
les Monostègues et les Cyclostègues . Pour établir ces divisions 
il se basait sur la croissance et l'arrangement géométrique des 
loges qui composent la coquille des Foraminifères. 



MÉMOIRES. 17 

Quoique les principes sur lesquels cette classification se ba- 
sait fussent purement conventionnels et que par conséquent 
celle-ci fût tout à fait artificielle, elle a été adoptée et suivie 
pendant longtemps; mais à mesure que de nouvelles décou- 
vertes se succédaient, il devint de plus en plus difficile de clas- 
ser convenablement les nombreuses formes qui chaque jour 
s'ajoutaient aux espèces connues de d'Orbigny, et il fallut alors 
abandonner complètement la classification de cet auteur. 
Quoiqu'une bonne classification naturelle des Foraminifères 
soit encore actuellement à établir, on est cependant parvenu à 
trouver des divisions mieux caractérisées et surtout plus natu- 
relles que celles de d'Orbigny et qui, de plus, permettent de 
classer d'une manière assez satisfaisante tous .les types 
connus. 

Cette nouvelle classification est basée sur les différences de 
structure que présente le test des Foraminifères et elle a l'avan- 
tage de mettre en accord avec les indications fournies par les 
coquilles, des différences correspondantes dans les caractères 
physiologiques des êtres qui les habitent. 

Dix ans après l'apparition du Tableau Méthodique, c'est- 
à-dire en 1835, un grand pas fut encore fait dans l'étude si 
intéressante dont nous essayons de résumer ici l'histoire. A 
lune des séances de juin de cette même année, M. Dujardin 
annonça à l'Académie des Sciences de Paris, qu'à la suite des 
longues études et des minutieuses observations qu'il avait entre- 
prises sur, les animaux d'ordre inférieur, il s'était assuré 
que certains d'entre ceux-ci qui habitent les eaux douces, tels 
que les Arcelles, les Amibes etc., offraient avec les Foramini- 
fères des affinités telles, qu'ils ne devaient former avec ceux- 
ci qu'un seul groupe. Il résultait de là que des formes animales, 
si diversifiées d'apparence, dont les unes avaient été comprises 
parmi les Mollusques Céphalopodes et les autres parmi les Infu- 
soires, devaient se réunir et former une classe particulière 
bien distincte : celle des Rhizopodes. 



18 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

A partir de cette époque l'étude des Foraminifères entra 
d'un pas rapide dans la voie du progrès. De tous côtés, de nom- 
breux travaux se succédèrent et firent connaître les faunes 
vivantes et fossiles d'un grand nombre de contrées. De même, 
les recherches que l'on fit sur l'organisation du test et la struc- 
ture des coquilles, donnèrent à cette partie de l'étude toute 
Timportance qu'elle devait, réellement avoir, tandis que la 
constitution et la physiologie des animaux qui les occupent, 
commencèrent également à être étudiées d'une manière plus 
sérieuse , bien qu'aujourd'hui encore, nos connaissances sur ce 
sujet si intéressant, et surtout sur le phénomène de la repro- 
duction chez les Foraminifères, soient, relativement aux autres 
ordres d'animaux, réduites à quelques données bien vagues et 
bien incomplètes. 

Plusieurs grands ouvrages de d'Orbigny parurent après 
son Tableau Méthodique et firent successivement connaître les 
faunes récentes des Foraminifères de l'Ile de Cuba, des. Cana- 
ries et de l'Amérique du Sud. Plus tard, il publia la faune des 
Foraminifères fossiles de la craie blanche du bassin de Paris, et 
en 1846 parut son grand ouvrage sur les Foraminifères du bas- 
sin tertiaire de Vienne. Ce mémoire, très-important, est encore 
fort utilement consulté aujourd'hui à cause de l'exactitude des 
descriptions, du nombre et de la beauté des figures et en raison 
du grand nombre de renseignements qu'il renferme. 

En Autriche, M. von Reuss donna à la science un essor puis- 
sant en publiant un grand nombre de travaux sur les faunes 
crétacées et tertiaires de diverses régions de l'Allemagne. Il fut 
bientôt aidé dans cette tâche par Bornemann, Czjzek, Ehren- 
berg, Egger, Gùmbel, Karrer, Neugeboren, Schlicht et toute 
une légion de savants qui ont publié de nombreux mémoires 
sur les faunes des Foraminifères fossiles de l'Allemagne et de 
l'Autriche. Max Schultze étudiait l'organisation des formes 
vivantes et faisait connaître les résultats de ses recherches 
dans d'intéressants travaux qui forment encore actuellement, 
avec les publications de M. Dujardin en France, le meilleur 



MÉMOIRES. 19 

résumé de nos connaissances sur la constitution et la physio- 
logie des Foraminifères. 

En Italie, Seguenza fit connaître la faune des couches tertiai- 
res de la Sicile, tandis que Costa s'occupait plus particulière- 
ment des espèces récentes et fossiles des environs de Naples. 
N'oublions pas de mentionner deux auteurs anglais, MM. Par- 
ker et Rupert Jones, qui ont publié un excellent catalogue des 
espèces récentes de la Méditerranée. 

En France, on vit apparaître, après la publication du mémoire 
de M. d'Orbigny sur la faune du bassin crétacé de Paris, un 
travail de M. Cornuel sur le crétacé inférieur du département 
de la Haute-Marne\ Plus tard M. Terquem étudia, dans les 
régions du Nord-Ouest, les faunes si riches et si peu connues ce- 
pendant, des divers étages des terrains liasique et oolithique. 
C'est en France également que fut publié le grand ouvrage de 
d'Archiac et Haime sur la famille des Nummulites, travail mono- 
graphique très-remarquable et exécuté avec le plus grand soin. 

Les deux savants dont nous avons déjà parlé, MM. Parker 
et Rupert Jones, publièrent dans les Annals and Magazine of 
Natural History les descriptions, accompagnées de figures, 
des espèces recueillies sur les côtes de Norwége, et dans un tra- 
vail plus considérable, ils firent connaître la faune de l'Atlan- 
tique et des mers Arctiques. 

En Hollande, des listes de Foraminifères du terrain crétacé 
furent publiées par M. Bosquet dans le grand ouvrage de 
M. Staring : Bodem van Nederland. 

Quelques travaux isolés furent également publiés en Russie, 
aux Etats-Unis et dans diverses autres contrées. Mais ce fut 
principalement en Angleterre que l'étude des Foraminifères prit 
l'extension la plus rapide, surtout au point de vue des espèces 
vivantes. Pour les faunes fossiles de cette contrée, nous nous 
bornerons à mentionner le catalogue paléontologique du profes- 
seur Morris et la Monographie des Foraminifères du Crag, 
travail actuellement en cours de publication sous la direction de 
MM. Rupert Jones, Parker et Brady. Mais pour l'étude de la 



20 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

faune récente, nous devons citer en première ligne M. le profes- 
seur W.C. Williamson, qui, par la publication d'un grand nom- 
bre de mémoires fort intéressants, préluda à l'exécution de son 
bel ouvrage monographique surla faune des îles Britanniques (1), 
travail remarquable par la précision des descriptions et la 
beauté de ses planches. 

Cet important mémoire constitue la meilleure monographie 
publiée jusqu'à présent surla faune récente des mers tempérées 
de l'Europe ; aussi a-t-il été notre meilleur guide dans nos 
recherches sur la faune des côtes de la Belgique. 

M. H. B. Brady fit connaître la faune des îles Shetland etpu- 
blia le catalogue des espèces recueillies sur les côtes duNorthum- 
berland et du Durham. Il publia également, en collaboration 
avec MM. Parker et Rupert Jones, un travail monographique 
assez considérable sur la famille des Poly morphines , l'une 
de celles dont l'étude offre le plus de difficultés. 

Parmi les travaux appelés à rendre le plus de services à la 
science, nous citerons la succession d'articles que MM. Parker 
et Rupert Jones publient depuis plus d'une douzaine d'années 
dans les Annals and Magazine ofNatural History sous le titre 
de u On the Nomenclature ofthe For amini fera n et dans lequel 
ils passent en revue presque tout ce qui a été écrit sur les Fora- 
minifères par les auteurs anciens. Chaque description, chaque 
figure, est l'objet d'un examen minutieux ; déplus, dans tous 
es cas ou l'étude des collections originales et des types des 
auteurs a été possible, ces précieux matériaux ont été étudiés 
avec le plus grand soin et ont servi à refaire, avec toute la 
certitude désirable, les déterminations primitives et à rap- 
porter celles-ci aux noms actuellement proposés et adoptés par 
la science. L'intéressant travail de MM. Parker et Rupert 
Jones constitue donc une sorte de clef qui permet de déchiffrer 
avec facilité et de rapporter aux noms actuels, les dénomina- 
tions surannées et le plus souvent incompréhensibles, qui 
auparavant avaient rendu si difficiles et si embrouillées les 

(1) Monograph ofthe récent Foraminifera of Great Britain, by W.C Wil- 
liamson. Ray Society, London, 1858. Grand in-4°, 7 pi. part.col. 



MÉMOIRES. 21 

recherches sur la détermination et la synonymie des Fora- 
minifères. De plus, une grande quantité d'espèces créées par 
la plupart des auteurs, sur les variations les plus simples de 
caractères parfois sans valeur, ou sur des monstruosités et des 
variétés accidentelles, comme il s'en présente si fréquemment 
chez les Foraminifères, sont maintenant réduites à leur juste 
valeur et indiquées dans la Nomenclature sous le nom du type 
auquel elles doivent réellement se rapporter. 

Cette tendance à la création d'espèces nouvelles est accusée 
à un très-haut degré dans la plupart des travaux relatifs à l'étude 
des Foraminifères, ce qui s'explique du reste par les nom- 
breuses variations de ces curieux organismes. Aussi la tâche 
dont MM. Parker et Rupert Jones poursuivent l'exécution avec 
tant d'activité est réellement considérable et nous ne pourrions 
assez insister sur l'importance de ses résultats. 

Les auteurs passés en revue jusqu'aujourd'hui par MM. Parker 
et Rupert Jones sont Linné, Gmelin, BoysetWalker, Soldani, 
Montagu, Fichtel et Moll, Lamarck, De Montfort, De Blain- 
ville, Defrance, Ehrenberg, Batsch et en partie d'Orbigny. 

La physiologie des Foraminifères, leur reproduction et les 
particularités si remarquables de la structure de leur coquille, 
furent encore en Angleterre l'objet des études de Williamson, 
Bailey, Clark, Jeffrey s, Mac-Donald, Wetherell, Legg, Wright, 
Gosse et tout particulièrement de Carter et de Carpenter. C'est 
assurément la partie de l'étude qui offre le plus d'intérêt et c'est 
celle qui est appelée à jouer le plus grand rôle dans l'avance- 
ment et les progrès de la science. 

Nous citerons enfin le docteur Carpenter qui en 1862, publia 
avec la collaboration de MM. Parker et Rupert Jones son magis- 
tral ouvrage intitulé : Introduction to the study ofthe Foramini- 
fera (1). Ce travail remarquable, dirigeant l'étude des Forami- 

(1) Introduction to the study of the Foraminifera, by W. B. Carpenter 
assistedby W. K. Parker and T. Rupert Jones. Ray Society 1862, Lon-* 
don, fol. fig. texte, 22 pi. 



22 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

nifères dans une voie philosophique, vers un but raisonne et 
rationnel, lui donna ce que peut seule procurer une méthode 
vraiment scientifique: une impulsion puissante et rapide, une 
importance sans cesse croissante et une place de plus en plus 
élevée parmi les branches les plus intéressantes de la science. 
Par la justesse et la profondeur des idées, la beauté du plan et 
l'exactitude de l'exécution, le travail du docteur Carpenter peut 
être considéré comme la base de l'étude raisonnée des Fora- 
minifères et le guide indispensable de tous les travaux qui se 
feront sur cette spécialité si intéressante. 

Nous terminerons ici ce résumé historique et, pour de plus 
amples renseignements, nous ne pouvons mieux faire que de 
renvoyer au savant exposé qui forme le premier chapitre de 
« Y Introduction »■ ainsi qu'aux considérations présentées à ce 
sujet, mais à un point de vue plus spécial, par MM. d'Archiac 
et Haime dans leur bel ouvrage sur les Nummulites de l'Inde. 

Nous venons de voir combien l'étude des Foraminifères a 
rapidement progressé de toutes parts ; mais il faut l'avouer, au 
milieu de ce mouvement général, la Belgique est restée fort en 
arrière. Cette branche de l'étude a été chez nous complètement 
négligée ; aussi la faune récente des Foraminifères de nos côtes 
nous est totalement inconnue, et nos connaissances sur la suc- 
cession et la distribution des espèces fossiles dans les diverses 
couches qui composent notre sol, sont jusqu'à ce jour si peu 
étendues, qu'on peut les considérer comme à peu près nulles. 

Un seul travail de quelque importance a été publié sur les 
Foraminifères de Belgique. C'est un mémoire inséré dans 
le recueil des Bulletins de l'Académie Royale de Belgique (1) 
et intitulé : Les Foraminifères du Crag d'Anvers. Ce travail, 
publié par M. le Professeur von Reuss de Prague, nous fait con- 
naître un certain nombre d'espèces des couches Diestiennes et 
Scaldisiennes (tertiaire supérieur) des environs d'Anvers. Il 

(1) Les Foraminifères du Crag d'Anvers, décrits par le Professeur 
A. E. Reuss de Prague. Traduction de M. Grùn. — Bull. Acad. Royale de 
Belgique, Tome XV, 1862, 2 e Série, p. 437 à 162, avec pi. 



MÉMOIRES. 23 

contient l'énumération de 65 espèces dont 25 sont figurées et 
15 décrites par l'auteur comme nouvelles pour la science. Un 
premier mémoire de M. von Reuss, mais moins important, avait 
déjà précédé celui-ci dans les Sitzungsherichte der Kaiserliche 
Akademie der Wissenschaften de Vienne (1), sous le titre de 
Beitràge mr Kenntniss der tertiâren Foraminiferen-Fauna 
1° Die Foraminiferen des Crag's wn Antwerpen. 

Dans ce travail M. von Reuss n'énumérait que 21 espèces 
dont 12 étaient décrites et figurées comme nouvelles et 
4 restées indéterminées. 

Nous avons donc pour la faune des couches tertiaires des en- 
virons d'Anvers un total de 65 espèces dont 37 sont figurées et 
27 d'entre celles-ci décrites comme espèces nouvelles. 

Toutes les autres listes publiées sur la Faune Belge sont 
fort incomplètes , et ne comprennent le plus souvent que 
des espèces communes et de grande taille, telles que les 
Nummulites , Orbitolites, Dactylopora etc., c'est-à-dire des 
formes qui de tout temps ont été remarquées par les Paléonto- 
logues et ont toujours été comprises dans leurs énumérations de 
fossiles. Dans quelques circonstances encore, ces listes ont été 
dressées d'après des matériaux recueillis en dehors de nos 
frontières : tel est le cas pour le travail de M. von Reuss sur 
les Foraminifères du TufFeau de Maestricht (2) et pour les 
listes de M. Bosquet, qui se trouvent dans les tableaux des fos- 
siles de la Belgique, insérés dans le Prodrome de M. le pro- 
fesseur Dewalque ainsi que dans la Géologie de M. d'Omalius- 
d'Halloy. 

Ces listes de M. Bosquet nous font connaître les faunes des 



(1) Vol. XLlI, N° 24. Séance du 11 octobre 1870, — Die Foramini- 
feren des Crag's von Antwerpen, p. 355 à 363 avec pi. 

(2) Palâontologische Beitràge von Prof. D r A. E. Reuss. — Die Fora- 
miniferen des Kreidetuffes von Maestricht, p. 304 à 324, av. pi. — Extr. 
Sifzungsberichte der Mathem-Naturw. Classe der Kais. Akademie der 
Wissenschaften. Vol. xliv. Vienne 1861. — Séance du 25 avril. 



24 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

systèmes Maestrichtien (Tuffeau de Maestricht)$énomen (Craie 
de Hesbayê) et Hervien (Smectite de Hervé) d'après des recher- 
ches exécutées dans des localités étrangères, mais très-voisines 
cependant des frontières de notre pays. 

Il est probable que les espèces citées, recueillies dans des 
couches qui se continuent chez nous, se rencontreront également 
dans notre territoire, et à ce titre on peut, à l'exemple de 
MM. d'Omalius et Dewalque, les considérer comme apparte- 
nant à la Faune Belge. Cependant, chacune des espèces citées 
dans ces listes demandera une confirmation spéciale avant 
d'avoir définitivement acquis droit de cité dans notre faune. Il 
est utile de noter que l'édition des listes de M. Bosquet, qu'il 
faut consulter pour l'étude des rapports avec la Faune Belge, est 
la seconde, insérée dans le Prodrome de M. Dewalque, et non 
celle qui a été publiée en premier lieu dans l'ouvrage « Bo- 
dem van Nederland » dont nous avons déjà parlé tantôt. 

Afin de donner une idée approximative de l'état actuel de 
nos connaissances sur le nombre et la répartition des espèces 
observées dans nos divers terrains, nous croyons utile de dres- 
ser ici un tableau donnant pour chacun d'eux le relevé du 
nombre d'espèces signalées jusqu'à ce jour. 

Ce tableau est dressé d'après les listes publiées dans le Pro- 
drome de Géologie de M. Dewalque (1) et dans V Abrégé de Géo- 
logie de M. d'Omalius-d'Halloy (2) , excellentes publications , 
renfermant la récapitulation de tout ce qui a été publié sur les 
faunes fossiles de notre pays, et qui nous dispenseront par con- 



(1) Prodrome d'une description géologique de la Belgique, par G. De- 
walque. — Bruxelles 1868, Chapitre XVII, pages 313-435. — Listes des 
fossiles des divers étages. 

(2) Abrégé de Géologie, par J. /. fîOmalius-cPHalloy , 7 e édition. 
— Bruxelles 1862, livre vi, page 494. — Coup d'œil sur la Géologie par- 
ticulière de la Belgique, Chapitre V. — Listes des fossiles recueillis dans 
les principales localités considérées comme types des terrains de la Belgique, 
(pages 566 à 602). 



MÉMOIRES. 25 

séquentde recourir aux mémoires spéciaux traitant de la paléon- 
tologie de la Belgique. 

Un point assez essentiel à remarquer dans notre tableau, c'est 
que la quantité numérique des espèces s'y trouve calculée d'après 
le nombre de noms spécifiques cités dans les diverses listes que 
nous avons consultées ; mais en réalité ces résultats doivent être 
fortement réduits, parce que, à la suite du travail de nomen- 
clature de MM. Parker et Rupert Jones, une grande quantité 
de formes, auxquelles on avait, dans les listes que nous citons, 
appliqué le nom d'espèces, sont maintenant considérées comme 
se rapportant à un nombre beaucoup plus restreint d'espèces 
réelles, dont elles ne sont que de simples variétés plus ou moins 
caractérisées. 

Pour la succession des terrains nous suivons l'ordre indiqué 
par M. le Professeur Dewalque dans le Prodrome de Géologie. 
Nous avons cru utile de nous servir, pour la désignation de 
l'une des grandes coupes du tertiaire, de la dénomination 
ft Oligocène parce qu elle est très-usitée dans d'autres contrées, 
en Allemagne notamment, où tant de travaux ont été publiés 
sur les Foraminifères fossiles. Il nous semble qu'en l'adoptant 
également, la correspondance entre nos couches tertiaires et 
celles d'Allemagne qui appartiennent à cet étage, se trouve 
indiquée beaucoup plus clairement, sans que du reste aucun 
préjudice puisse résulter de l'emploi de ce terme. 

Passons maintenant au tableau. Il est, comme on le voit, 
divisé en sept colonnes ; dans les deux premières se trouvent 
les dénominations des divers systèmes et terrains, dans la 
troisième nous avons indiqué le nombre total d'espèces ren- 
contrées dans chacun d'eux jusqu'à ce jour, et dans la quatrième 
sont les résultats partiels, c'est-à-dire ceux de chaque auteur 
consulté, ou bien ceux des diverses listes publiées pour les 
étages successifs d'un même système. 

La somme des résultats partiels contenus dans cette quatrième 
colonne ne doit pas correspondre exactement avec les résul- 
tats de la troisième colonne, car dans les divers étages d'un 

4 



26 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

même système il se trouve ordinairement un certain nombre 
d'espèces communes à plusieurs de ces divisions et qui, par con- 
séquent, ne doivent être comptées qu'une seule fois dans la 
récapitulation générale. 

I] en est de même pour les résultats de la troisième colonne 
comparés à ceux de la première : ainsi nous voyons l'Eocène par 
exemple, représenté par 26 espèces seulement dans la colonne 
du total général, tandis que si l'on prend isolément les résul- 
tats du Laekenien, du Bruxellien, de l'Ypresien etc. on arrive- 
rait en les réunissant a un total de 30 espèces, ce qui provient 
de ce que dans l'Eocène plusieurs espèces sont communes à 
deux ou plusieurs étages ; il résulte de là,que si, pour obtenir nos 
résultats généraux, nous avions simplement additionné les résul- 
tats des diverses listes, nous aurions eu plusieurs espèces comp- 
tées deux ou trois fois dans la liste totale. 

Dans la colonne suivante (la cinquième) les noms cPOmalius et 
Dewalque, représentés en abrégé, indiquent dans lequel des 
deux ouvrages mentionnés plus haut se trouvent les listes citées 
et lorsque d'autres indications se trouvent dans cette colonne, 
elles renvoient aux publications qui renferment des listes non 
mentionnées par ces auteurs. Enfin, la sixième colonne précise 
la localité et les indications géologiques nécessaires, tandis que 
dans la septième sont cités les auteurs d'après lesquels 
MM.d'Omalius et Dewalque ont établi leurs listes, ainsi que les 
spécialistes qui ont fait les déterminations des espèces observées. 

Par l'examen de ce tableau, nous voyons que pour notre faune 
récente rien encore n'a été mentionné, 100 espèces ont été 
indiquées pour les divers systèmes du terrain tertiaire, 133 pour 
l'ensemble des terrains crétacés et 11 seulement pour le juras- 
sique, ce qui fait un total général de 244. 

C'est donc au chiffre de 244, que se monte le nombre total 
des Foraminifères actuellement cités pour la Faune Belge. Si 
de ce résultat nous retranchions les faunes des systèmes Maes- 
trichtien, Sénonien et Hervien, c'est-à-dire un ensemble de 
plus de 150 espèces, et si aux listes primitives nous faisions 
subir les modifications nécessitées par la nomenclature de 



MÉMOIRES. 27 

MM. Parker et Rupert Jones, il ne nous resterait pour le con- 
tingent réel de la Faune Belge qu'un nombre fort restreint 
d'espèces bien caractérisées. 

Mais ce n'est pas seulement dans l'établissement de ces listes, 
dans la connaissance de la richesse numérique de ces diver- 
ses faunes que consiste le but du travail à accomplir ; ce n'est 
pas dans le nombre plus ou moins considérable d'espèces nou- 
velles qui pourraient enrichir ces faunes, ce n est pas enfin 
dans ces questions de nombre et de nouveauté que réside tout 
l'intérêt de cette étude. C'est plutôt par l'ensemble des faits 
fournis et accumulés par les recherches , par les données 
qui apparaîtront peu à peu sur la succession des espèces, 
leurs relations géographiques , leur distribution et leurs 
variations d'après les circonstances extérieures pour les 
vivants, d'après les terrains où ils se trouvent pour les fossiles, 
c'est par l'étude comparative des diverses faunes, l'examen de 
leurs relations mutuelles, c'est enfin par la synthèse d'une 
foule d'observations et de faits, trop longs à énumérer ici, que 
cette étude se montrera dans tout son intérêt et permettra 
d'arriver à des résultats nouveaux, à des généralisations 
importantes. 

,En suivant dans les couches géologiques les types primitifs, 
leur évolution graduelle et leurs modifications successives s'éten- 
dant de générations en générations en rameaux rayonnes et 
formant sans cesse de nouveaux groupes, en comparant ces 
faunes éteintes à leur descendance actuellement vivante à peu 
près aux mêmes endroits, peut-être arriverons-nous à mieux 
nous rendre compte de l'origine et des affinités des espèces 
actuelles et de la sorte nous pouvons espérer d'arriver à jeter 
quelque lumière sur la solution du problème, si obscur encore, 
d'une classification des Foraminifères en familles naturelles, 
basée sur des données fixes et constantes. 

Ce n'est pas seulement au point de vue du spécialiste que 
l'étude des Foraminifères offre un si vif attrait, car son impor- 
tance se manifeste d'une manière remarquable sous bien d'autres 
rapports. 



28 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Ainsi pour la Paléontologie, l'étude des Foraminifères fossiles 
et la connaissance de leur distribution pourraient bien souvent 
servir à compléter et à vérifier les données paléontologiques ordi- 
nairement fournies par les coquilles des mollusques ; et dans 
les cas si fréquents où le test des coquilles et des polypiers a dis- 
paru par suite d'actions chimiques quelconques, ou que les débris 
organiques semblent manquer complètement, les Foraminifères, 
qui, ayant de leur côté résisté à Faction de ces agents, sont 
parfois les seuls organismes existants , peuvent alors venir 
en aide aux considérations minéralogiques et stratigrapbiques et 
fournir des renseignements précieux, eu égard aux déductions 
géologiques que l'on peut en déduire sur l'âge des terrains et 
leurs relations avec d'autres déjà connus. 

Tel est à peu près le cas en Belgique pour les Foraminifères 
des Systèmes Yprésien, Landenien et Heersien, ainsi que nous 
aurons du reste l'occasion de le montrer plus tard (1). 

L'étude des Foraminifères vivants a également pris une 
grande importance depuis quelques années. Pour se convaincre 
de l'utilité qu'offre au physiologiste et à l'anatomiste la connais- 
sance de ces organisations inférieures, il suffit de passer rapi- 
dement en revue les découvertes si remarquables faites depuis 
peu sur l'analogie frappante qui existe entre la nature et les 
propriétés de la matière qui forme le corps des Rhizopodes et 
celles qu'offre la partie élémentaire de l'organisation des ani- 
maux supérieurs. 

Mais sans insister plus longtemps sur l'utilité générale 
de cette étude et sur les liens multiples qui la rattachent 

(1) Cette résistance que présente dans nos terrains tertiaires inférieurs la 
plupart des Foraminifères à se laisser influencer par les agents chimiques, ne 
paraît cependant pas un caractère général : témoin ce qu'en dit M. Terquem 
pour les Foraminifères du terrain jurassique. 

De même, dans les terrains où se présente ce fait de la conservation des 
Foraminifères, on peut remarquer que cette résistance ne s'applique pas à 
tous les Foraminifères indistinctement ; les familles à coquille porcelaneuse, 
par exemple, ont presque toujours été attaquées ou ont disparu en même 
temps que le test des mollusques et des polypiers. 



MÉMOIRES. 29 

si étroitement à la connaissance de tant d'autres branches delà 
science, nous allons, sans tarder plus longtemps, exposer le 
but que nous nous sommes proposé en publiant ce travail. 

Ce but, on le comprend, consiste à faire connaître en détail 
les richesses que renferme la Belgique dans ses faunes de Fo- 
raminifères vivants et fossiles. Or, ces richesses sont, nous pou- 
vons déj à l'affirmer, plus considérables qu'on n'aurait pu l'espé- 
rer, et on s'apercevra bientôt qu'au point de vue de la richesse 
des faunes et de leur diversité, la Belgique n'aura rien à en- 
vier aux autres contrées dont les faunes récentes et fossiles nous 
sont déjà connues. 

Le travail qui se présente devant nous étant fort considé- 
rable, nous avons cru utile d'établir certaine division dans Tordre 
de nos publications. L'ensemble des travaux qui seront pré- 
sentés sur nos Foraminifères se décomposera en deux parties 
bien distinctes. La première série de mémoires sera composée 
de simples listes dans le genre et la, forme de celle que nous 
publions aujourd'hui pour notre faune récente. Ces listes auront 
rapport aux divers terrains que nous aurons à étudier en Bel- 
gique au point de vue des Foraminifères et contiendront pour 
chacun d'eux, lorsqu'il y aura lieu, des indications détaillées 
concernant tout ce qui a été publié précédemment sur la 
faune de ces terrains ; de plus , ces listes feront connaître 
les observations que nous pourrions avoir à faire sur les dé- 
terminations employées et elles contiendront enfin le tableau 
des espèces que nos recherches personnelles nous auront permis 
d'ajouter aux formes déjà connues précédemment. 

Ensuite, paraîtra pour chaque terrain le travail monogra- 
phique, comprenant la description détaillée des diverses espèces 
observées, indiquant leurs relations avec les espèces voisines, 
précisant autant que possible les localités au double point de 
vue géologique et géographique et accompagné de planches, 
représentant indistinctement toutes les formes spécifiques 
recueillies , ainsi que les variations remarquables observées 
pour chacune d'elles. 



TA.!B3L.E:A."tJ SY1STOPTIQUE 

DE L'ÉTAT ACTUEL DE NOS CONNAISSANCES SUR LA FAUNE DES F0RAMLN1FÈEES EN BELGIQUE 



Indiqua: 

I ESPÈCES A(>PAIITENÀNT 



cleTé namèrlqar 

DES ASSISES QUI COMPOSENT NOTRE ! 



FAUNES. 



AUTEURS 
CONSULTÉS (l). 



INDICATIONS GEOLOGIQUES 



AUTEURS 

S ET DES DÉTERMINATIONS. 



FAUNE RÉCENTE. 













FAUNES FOSSILES. 






PLIOCENE 8 | » n.„ . 


•II 


d'Om. 


Sables gris d'Anvers. 


lifii-t i-iiiini'nls fournis par M. Nyst d'après les travaux et les 
déterminations de M. von Reuss. 






148 


d'Om. 


Sables noirs d'Anvers. 


» 




MIOCÈNE 70 | Dlc.llcnnc. 


ÏO 25 


Dew. 


» » 


» 






(■ 


Dew. 


Sables d'Edegliem. 


»» 


H 


/ Bolflcrlcnne. 


o| » 


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< = 

s 


OLIGOCENE 4 ) il.,,,, ii, .„„,. 


( 2 
«1 ' 


Don. d'Om. 
Dew. 
Dew. 


Rupétien inférieur. 
Etages supérieur et inférieur. 


Ki-iim ■iynrnicnls fournis par M. Bosquet. 


H 




! c 


Dew. d'Om. 


Sables de Laeken. 


Listes de MM. Nyst et Le lion ; déterminations de M. Galeolti. 




1 Ili'lil'Ul l\ 


» 2 


Dew. 


» 


Renseignements Tournis par M. Nyst ; déterminations de SI. Gaieotli. 






I 1 


Mill. («) 


Sables de St-Cilles lez-Bruxelles. 


D'après une communication de M. Miller. 




l„—.. 


■i: 


Dew. d'Om. 
d'Om. 


Sables calcarifères de Bruxelles. 


Listes de MM. Nysl et Le Hon; déterminations de M. Gaieotli. 


' 


EOCÊNÊ 9» 


\ [Ml— IlIlIlC. 


il , 


Dew. 

Dew. 

Thiel. (i) 


Mont Panisel prés Mons. 

Etage supérieur; sables. 

Etage inférieur ; argile. Puits 

artésien d'Oslende. 

Tuffeau de Liucent à Maret 

et Wansin. 

' 


Vaprès la découverte d'un seul exemplaire par M. Dewalque. 

D'après les recherches de M. Dewalque. 

D';i près les recherches de SI. Dewalque; déterminations de 






■ iiiiiiciiitniK'- 


e | 6 

o| o 


M. T. Itupert Jones. 

V.ipivs les recherches de MSI. Nyst et Colbeau ; déterminations de 
M. II. Miller. 




1 M.nilli nue (i). 


ol . 


o 










, 


/ * 3 


ï. lïss. (r.) 


Tuffeau des environs de Maestricbt. 


Vaprès un travail spécial de M. von Reuss. 






l Cl 


Dew. 


» 


jisles et dé terni in al ions de M. Bosquet. 




«.olrlcluloo.. 


7«( 52 


d'Om. 


» 


» 




j 


1 8 


Thiel. (s) 


Gîte de Folx-les-Caves. Tuffeau. 


J'uprès les recherches de N.Ttiielens; délerminalionsde M. Ubaglts. 






' 5 


Dew. 


Massif du Hainaut. 


)'après les recherches de MSI. Cornet et Briart. 




CIiETACÉ133/ 


1 69 
OS) 48 

' 1 


Dew. 
d'Om. 
Dew. 


Craie blanche des environs de 
Maestrichl. 

Massif du Hainaut. 


listes et déterminations de M. Bosquet. 
D'après les recherches de MM. Cornet et Briart. 


a 


«r.l<--.c.' 


■ i 1 


Dew. 


Dièves et rabots. 


D'après les recherches de M. Dewalque. 


y- 3 


Uervlennc. 


-i: 


d'Om. 
Dew. 


Smectite de Hervé. 


Listes et déterminations de M. Bosquet. 


S 


Auchenleune. 


• i » 


o 












[ " 


Tcrq. (7) 


Lias inférieur. Marne de Jamoigne. 


Listes et déterminations de M. Terquem. 




JURASSIQUE 11 I i.iusi.,u. . 


11! 3 


d'Om. 


" 





(i) Les abréviations Dew. et d'Om. contenues dans celle colonne renvoient ou PruJrome de Géologie de M. G. Dewalque et a l'Abrégé de M. d'Omalius d'flalloy. Pour les autres abréviations 
contenues dans celle colonne, voir les noies suivantes. 

(i) Annales île lu Société Moliiefiloviipie tic Belgique. Tome VII, 1872. Bull, des séances, p. xxviu, Séance du 4 février 187-2. Communication de M. Henry J. Miller. 

(s) Annales de la Société Malacologiquo de Belgique. Tome VI, (871. Mémoires. Relation de l'excursion fuite par la Société à Orp-le-Grand, Folx-les-Caves, Wansin et autres localités voisines, 
par Armand Tliielens. 

(*) Nous désignons ici sous le nom de Faune Contienne, la Faune de l'assise connue sous le nom de Calcaire de Mons ou Calcaire grossier de Mons. La présence de nombreux Foraminifères a été 
constatée dans celle assise, mais aucune espèce n'a encore été déterminée. 

(a) Pulaonlologisihc Beilnige von Prof. D f A. E. Reuss. — Die Foruminifereii des Kreidcluffes von Maeslrichl, p. 304 à 324 ave. pi. — Exlr. Silzungsb. der M.-N. Classe der Kaîs. Akademie 
der Wisscnschaflen vol. xliv. Vienne, 1801. — Séance du £5 avril. 

(g) Voir plus haut note (a). 

(7) Mémoires de l'Académie Impériale de Melz, 1860-1861. — Recherches sur les Foraminifères de l'étage moyen et de l'étage inférieur du Lias, par A. Terquem (2"" Mémoire), pages 4M à 
462. (Foraminifères de l'étage inférieur.) 



l re SÉRIE. — LISTES PRÉLIMINAIRES. 



i re PARTIE. 



LES FORAMINIFÉRES VIVANTS DE LA BELGIQUE. 



1° Liste des espèces recueillies a Sluys-Kill, 
Ostende et Nieuport. 

La liste que nous publions ici ne comprend que les résultats 
de nos premières recherches , effectuées sur quelques 
points du littoral. Cette liste, quoique déjà considérable, est 
loin cependant de pouvoir donner une idée complète de la 
Faune Belge. Parmi les espèces, que nous avons recueillies, un 
dixième environ du nombre total ne se trouve pas compris dans 
notre énumération, ce qui provient de ce que nous avons 
préféré reléguer en dehors de celle-ci toutes les formes 
dont la détermination ne pouvait se faire avec une certi- 
tude absolue. Une autre cause encore, qui ne nous a pas 
permis de représenter par cette liste l'ensemble de notre 
faune, c'est l'insuffisance actuelle de nos moyens d'explora- 
tion. C'est seulement lorsque des draguages, exécutés dans de 
bonnes conditions, pourront se faire tout le long de nos côtes, 
que nous pourrons recueillir les formes les plus curieuses, les 
plus diversifiées et c'est alors seulement que nos listes, enri- 
chies d'additions importantes, pourront présenter notre faune 
récente sous son aspect le plus complet. 

Quoiqu'il en soit, les résultats actuellement obtenus, nous 
semblent déjà suffisants pour l'établissement d une première 

5 



U SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE 

liste, d'autant plus que dans cette énumération tout est nou- 
veau pour la Faune Belge. Mais avant de dresser notre tableau, 
nous croyons utile de donner quelques renseignements sur les 
localités qui nous ont fourni les matériaux de ce premier 
travail. 

Les trois localités explorées sont Sluys-Kill, Ostende et 
Nieuport. Le village de Sluys-Kill n'est pas, comme on pour- 
rait le croire, sur le littoral de la mer, mais au bord d'un bras 
ou golfe du Bas-Escaut et à certaine distance de son embouchure. 
A vol d'oiseau, il en est distant, ainsi que du point le plus rap- 
proché de la mer, d'environ 21 kilomètres. En suivant le fil de 
l'eau, c'est-à-dire en tenant compte de la distance réelle, 
Sluys-Kill est à 32 kilomètres de la mer proprement dite. Ce 
village ne se trouve pas sur le territoire belge, mais dans la 
Flandre Zélandaise, à deux lieues de nos frontières environ. Le 
bras de l'Escaut au bord duquel il se trouve formait autre- 
fois ce que l'on appelait le chenal d'Axel. Le chenal s'en- 
fonçait fort avant dans les terres, puisqu'il dépassait le village 
et allait jusqu'à la ville d'Axel près de laquelle il s'élargissait 
subitement et formait une espèce de lac d'étendue assez consi- 
dérable. Actuellement tout est changé; le chenal a été coupé à 
Sluys-Kill, la partie comprise entre Axel et Sluys-Kill a été ca- 
nalisée et forme le canal d'Axel qui, à Sluys-Kill, se relie à un 
autre canal fort important, le canal de Selzaete. Mais la partie 
de l'ancien chenal comprise entre Sluys-Kill et l'Escaut est 
heureusement restée intacte et c'est précisément en cet endroit 
que nous avons pratiqué nos recherches. 

La faune du chenal, entre Sluys-Kill et l'Escaut, est exclusi- 
vement marine ; on y trouve une quantité considérable d'ani- 
maux et de végétaux marins, bien que l'extrémité du chenal se 
trouve à plus de huit lieues de l'embouchure de l'Escaut. Le 
chenal vient s'éteindre insensiblement devant le village, mais de 
l'autre côté du canal de Selzaete, qui l'en sépare ; il est large 
d'un kilomètre environ à marée haute et réduit à un étroit filet 
au moment du reflux. D'imjnenses surfaces se montrent à dé- 



MEMOIRES. 35 

couvert à marée basse et permettent ainsi l'exploration du fond 
etla récolte des mollusques, polypiers, rayonnes, annélides, crus- 
tacés, algues, foraminifères, etc., qui s'y trouvent tous vivants 
en grande abondance, d'une manière beaucoup plus parfaite et 
plus fructueuse que sur n'importe quel point de notre littoral. 
Un autre avantage de Sluys-Kill est la nature du sol; tandis 
que partout ailleurs sur nos côtes, le sable est composé de grains 
grossiers et à angles aigus, il est ici d'une extrême finesse et 
mêlé avec une forte quantité de matières limoneuses, ce qui 
influe considérablement sur la richesse de la faunule locale. 

La mer, en se retirant, laisse à certains endroits du chenal de 
grandes flaques permanentes peu profondes, dont le fond est 
recouvert d'une couche limoneuse brunâtre qui fourmille de 
Foraminifères vivants ; on peut recueillir ceux-ci avec la plus 
grande facilité en fauchant la partie supérieure de cette couche 
vaseuse au moyen d'un filet spécial ou d'une petite drague. De 
plus, la pente moyenne du sol est très-faible dans le chenal, de 
sorte que l'on peut s'aventurer dans l'eau à une assez grande 
distance et recueillir ainsi les espèces qui se tiennent constam- 
ment à une certaine profondeur. L'emploi d'une petite drague 
à la main est très-utile dans ces recherches. Au moyen d'une 
simple loupe on aperçoit fort bien les Foraminifères dans la 
vase, à cause de la coloration rouge, orangée ou jaunâtre de 
l'animal, qui se fait voir très-distinctement au travers de la co- 
quille. 

En longeant les bords des flaques situées un peu plus vers 
l'extrémité du chenal, on les voit bordées de zones blanchâtres 
assez bien marquées, surtout dans les anfractuosités laissées 
entre les rides que produit à la surface du sable le mouvement 
des eaux. Ces zones blanchâtres sont composées de petits dé- 
bris organiques très-légers, spicules d'épongés, piquants d'échi- 
nides, fragments de coquilles, etc., mêlés avec des milliers de 
Foraminifères. En ramassant ces détritus on peut, en fort peu 
de temps, recueillir des quantités considérables de Foramini- 
fères ; il est vrai que ce sont alors des coquilles « mortes » 



36 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

ayant parfois perdu quelque peu de leur fraîcheur, mais en 
compensation on a l'avantage, au point de vue de la collection, 
de recueillir facilement un nombre très-considérable de formes 
diverses. En effet, on trouve réunies sur ces bords les coquilles 
des Foraminifères vivant sous les diverses profondeurs du 
chenal, tandis qu'en recueillant des exemplaires vivants, on ne 
peut se procurer que les formes caractéristiques d'une seule 
zone à la fois, et l'on sait que la profondeur de l'eau a une très- 
grande influence . sur la distribution locale de ces petits êtres. 

Ces quelques indications suffisent , pensons-nous , pour 
donner une idée de la localité et pour montrer que Sluys-Kill 
réunit toutes les facilités désirables pour la recherche et la 
pêche fructueuse des Foraminifères vivants ; aussi est-ce la lo- 
calité qui, pour notre liste, a fourni le plus d'espèces et le plus 
grand nombre d'exemplaires. 

Les Foraminifères de Nieuport ont été trouvés dans une 
petite quantité de sable qui accompagnait des coquilles et poly- 
piers recueillis sur la plage non loin du chenal. Ce sable, que 
nous devons à l'obligeance de notre collègue M. De Bullemont, 
est excessivement riche en Foraminifères. Il ne peut cependant 
être comparé à celui de Sluys-Kill, qui laisse bien loin derrière 
lui toutes les autres localités, par rapport à la quantité d'indi- 
vidus qui s'y trouvent. 

Les sables d'Ostende que nous avons étudiés, quoique re- 
cueillis dans des conditions bien plus favorables que ceux de 
Nieuport, nous ont paru moins productifs en espèces comme en 
individus. Ils ont cependant été obtenus par le lavage d'une 
masse considérable de racines d'algues, de polypiers flexibles 
et de détritus de toute nature, ramassés par l'un de nous sur la 
plage à Ostende. 

Il est probable que l'abondance relative des Foramini- 
fères à Nieuport est due à l'influence du chenal qui se 
trouve à peu près dans les mêmes conditions que le chenal 
d'Axel, à Sluys-Kill, par rapport à la constitution du fond, qui 
est finement arénacé et même à certains endroits plus limoneux 



MÉMOIRES. 37 

qu'à Sluys-Kill. Comme on le comprend par ce qui précède, les 
Foraminifères de Nieuport et d'Ostende n'ont pu être recueillis 
dans d aussi bonnes conditions que ceux de Sluys-Kill, qui se trou- 
vaient vivants et en abondance sur le lieu même de nos recher- 
ches. 

A l'occasion de publications semblables à celle-ci, il s'est 
parfois présenté un écueil qui, lorsqu'il n'a pas arrêté les re- 
cherches, a du moins diminué de beaucoup la valeur scienti- 
fique des listes présentées. C est, en premier lieu, le danger 
d'introduire dans la liste des espèces vivantes d une côte quel- 
conque, des formes fossiles appartenant à des couches qui, par 
leur affleurement sous le fond de la mer, occasionnent le mé- 
lange des formes éteintes avec les espèces vivantes. Les 
mélanges de ce genre sont d'autant plus difficiles à reconnaître 
que les couches dont il s'agit sont d'origine plus récente, car 
alors il se présente parfois — et nous en avons en Belgique un 
exemple frappant — que les exemplaires fossiles ont gardé une 
fraîcheur et un éclat tels, qu'ils semblent appartenir à la faune 
récente des côtes. Une autre cause de confusion, qui résulte de 
l'examen trop superficiel des sables de la plage, c'est la possi- 
bilité de citer parmi les espèces indigènes, des formes exoti- 
ques transportées par les courants et rejetées par les marées 
sur des rivages souvent fort éloignés de l'aire géographique de 
ces espèces. 

Ce double danger, nous espérons l'avoir complètement évité 
dans notre liste. Comme nous l'avons déjà dit tantôt, nous 
avons exclu de notre énumération toutes les formes dont la dé- 
termination n'était pas absolument certaine. Le danger d'indi- 
quer comme vivantes dans nos mers des formes étrangères à 
notre faune est presque complètement écarté à Sluys-Kill, par 
suite du grand éloignement de la mer et des difficultés qu'il y 
aurait à ce que des courants marins puissent, en remontant le 
cours sinueux du chenal, apporter à 32 kilomètres dans les 
terres, des corps étrangers à nos côtes. 

Quant aux espèces citées pour Ostende et Nieuport, nous 



38 SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE. 

sommes tout aussi certains de leur habitat indigène, puisque 
parmi elles ne se trouve aucune espèce qui ne soit représentée à 
Sluys-Kill. Si nous n'avons rencontré dans le cours de nos re- 
cherches que fort peu de formes pouvant avoir une origine 
étrangère, nous avons par contre trouvé une assez grande quan- 
tité d'espèces fossiles mêlées avec les espèces récentes et cela 
tout spécialement à Sluys-Kill. 

Presque toutes les formes fossiles recueillies peuvent se rap- 
porter au tertiaire supérieur, c'est-à-dire au système Scaldi- 
sien et tout particulièrement au système Diestien. La présence 
abondante du Nonionina Boueana d'Orb. qui est l'espèce la 
plus caractéristique et la plus commune de certaines couches 
du terrain Diestien en Belgique, semble, conjointement avec 
les autres espèces recueillies à Sluys-Kill, confirmer cette 
appréciation. Ce fait ne serait du reste qu'une conséquence fort 
naturelle de la proximité des couches Diestiennes et Scaldi- 
siennes qui sont, comme on le sait, très-développées aux envi- 
rons d'Anvers où elles sont traversées par les eaux de l'Escaut ; 
celles-ci délayant les sables, entraînent et transportent au loin 
les Foraminifères qui, se mêlant avec les alluvions et les dé- 
tritus, vont s'échouer sur les bords du fleuve et de ses innom- 
brables ramifications, dont fait partie le chenal d'Axel. 

La présence à Sluys-Kill de quelques formes particulières 
aux terrains éocènes et crétacés est également due au transport 
occasionné par les affluents de l'Escaut. 

Les Foraminifères fossiles ne sont pas rares à Sluys-Kill 
et l'étude la plus minutieuse est ici nécessaire pour éviter toute 
erreur. Une circonstance cependant rend le travail de comparai- 
son plus facile : c'est en premier lieu,queles espèces Diestiennes 
et Scaldisiennes(les seules qui puissent donner lieu à confusion 
avec les formes récentes) ont une taille moyenne généralement 
plus forte que celle des espèces vivantes et en second lieu qu'une 
même espèce, qui se trouve à la fois vivante à Sluys-Kill et fos- 
sile dans le Diestien ou le Scaldisien, présente le plus souvent, 
outre les différences de taille dont nous venons de parler, 



MÉMOIRES. 39 

d'autres différences dans la forme et le faciès général de la 
coquille. En dehors des observations faites sur les échan- 
tillons recueillis, nous avons encore eu soin de ne com- 
prendre absolument dans cette première liste que les seules 
espèces qui sont citées comme vivantes d'après les énuméra- 
tions des diverses faunes déjà publiées. 

Enfin, la meilleure garantie que nous puissions donner de 
l'exactitude de nos déterminations est la soigneuse vérifica- 
tion que MM. Rupert Jones et W. K. Parker ont bien voulu 
faire d'un grand nombre de formes douteuses, aussi bien 
vivantes que fossiles, des espèces recueillies à Sluys-Kill. 

Voici maintenant l'énumération des espèces fossiles que nous 
avons rencontrées à Sluys-Kill, liste que nous rapportons prin- 
cipalement aux faunes Diestienne et Scaldisienne, ainsi que 
nous venons de le dire. 

1. Quinqueloculina triangularis d'Orb. 

2. Quinqueloculina secans d ! Orb. 

3. Lagena lœvis Mont. 

4. Lagena clavata à 1 Orb., y ar. acicula Rss. 

5. Lagena striât a Mont. 

6. Lagena striata Mont., var. gracilicostaUss. > 

7. Lagena sulcata W. et J. 

8. Lagena oxystoma Rss. 

9. Glandulina Immgata d'Orb. 

10. Polymorphina spinosa d'Orb. i 

11. Polymorphina gïbba d'Orb., var. equalis d'Orb. 

1 2 . Polymorphina acuta Roem. 

13. PolymorpMna problema d'Orb. 

14. PolymorpMna fusiformis Rss. 

1 5 . Globigerina bulloïdes d'Orb . 

16. Globigerina bulloïdes d'Orb., var. quadrilobata d'Orb. 

17. Pullenia sphéroïdes d'Orb. sp., var. quinqueloba Rss . 

18. Textularia globulosa Ehremb . 

1 9 . Textularia gibbosa d'Orb . 

20. Bulimina jpyrula d'Orb. 



40 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

21. Discorbina Parisiensis d'Orb. sp. 

22. Discorbina turbo d'Orb. sp. 

23. Truncatulina mriabilis d'Orb., var. varians Rss. 

24. Virgulina squamosa d'Orb., var. pertusa Rss. 

25. Polystomella crispa Linn. sp., var. Haueriana d'Orb. 

26. Nonionina iimbilicata d'Orb., var. punctata d'Orb. 

27. Nonionina umbilicata d'Orb., var. Boucana d'Orb. 
Mentionnons également la présence de quelques Foraminifères 

du terrain crétacé , parmi lesquels nous citerons Calcarina 
armata d'Orb. et Qlobigerina cretacea d'Orb., et notons encore 
ourmémoire de petites Nummulites roulées du tertiaire inférieur. 

Pour la bonne vérification de nos listes et de nos travaux 
subséquents, il sera déposé au Musée Royal d'Histoire Natu- 
relle de Bruxelles une collection de Foraminifères de la Belgique. 
Notre collection des espèces vivantes sera bientôt mise en 
ordre, et les préparations qui les contiennent seront à la dis- 
position de ceux qui voudront bien vérifier nos types et nos 
déterminations. C'est avec la plus vive reconnaissance que nous 
recevrons, non-seulement les observations que l'on pourra nous 
faire au sujet de ceux-ci, mais aussi les avis et conseils que 
l'on voudra bien nous donner sur tout ce qui concerne notre 
travail. 

Nous ne pouvons encore, jusqu'à présent, présenter des con- 
clusions bien intéressantes quant à la distribution des espèces 
sur notre littoral, nous attendrons pour cela les résultats de 
draguages ultérieurs. Toutefois, nous pouvons déjà faire ob- 
server que la faune de Sluys-Kill présente des différences bien 
tranchées avec la faune de nos côtes. Nous avons déjà fait 
remarquer tantôt les différences qui existent entre la nature du 
sol de ces localités et d'après cela nous croyons que Ton 
pourrait établir dans la faune de nos Foraminifères deux divi- 
sions bien tranchées 1° la faune de la zone limoneuse ; 2° celle 
de la zone des sables grossiers ou simplement de la zone des 
sables. 

La zone limoneuse est admirablement caractérisée à Sluys- 



MÉMOIRES. M 

Kill, dans le chenal; on la retrouvera fort probablement dans 
les diverses autres ramifications du Bas-Escaut, qui s'avancent 
dans la Flandre Zélandaise et arrivent même jusque sur le ter- 
ritoire belge. Cette zone devra également se montrer dans le 
chenal de Nieuport et probablement aussi dans le Swyn, à la 
frontière Hollando-Belge. Malheureusement pour la science , 
on est occupé en ce moment à endiguer et à isoler de la mer ce 
dernier golfe, qui aurait pu fournir des résultats intéressants. 

La zone des sables est représentée sur nos plages, à Nieuport, 
Ostende, Blankenberghe, Heyst, enfin sur tous les points de 
notre littoral. 

Les Foraminifères de la zone limoneuse sont en tout point 
incomparablement plus nombreux, et individuellement, ont un 
tout autre aspect que ceux de la zone des sables. Ces derniers 
sont généralement plus grands, plus épais et plus robustes dans 
l'aspect général, tandis que ceux de la zone limoneuse sont 
souvent plus petits, mais toujours plus minces et plus délicats. 
La zone limoneuse paraît cependant beaucoup plus favorable 
au développement des Foraminifères que la zone des sables 
grossiers, et cela s'explique aisément par la fragilité des co- 
quilles, qui sont infiniment plus exposées à se briser par le choc 
de ces sables que dans le limon, où les Foraminifères ont en 
même temps l'avantage de trouver une nourriture plus abon- 
dante, où les espèces à coquille libre peuvent se mouvoir plus 
aisément et où celles qui se fixent aux corps étrangers ont 
la chance de rencontrer un plus grand nombre d'objets pou- 
vant leur servir de point d'attache. 

Aussi, en examinant notre tableau, on peut voir que les 
espèces les plus communes à Nieuport et à Ostende sont celles 
qui ont la coquille la plus solide, la plus épaisse, comme Poly- 
stomellacrispah. BotaliaBeccarUh. Triloculina oblong ^Mont. 
Qmnqueloculina Mcornis W. & J. etc. Remarquons encore 
l'absence, presque complète dans cette zone, de familles entières 
à coquilles minces et fragiles, comme les Lagenide et les Poly- 
morphinide par exemple. Nous n'avons trouvé aucune espèce 

6 



42 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

de Lagena à Ostende, et deux espèces seulement de ce genre 
ont été rencontrées àNieuport. Pour le genre Entosolenia (sous- 
genre des Lagena) une seule espèce est citée dans la zone des 
sables. 

La famille des Polymorpkinidœ n'est représentée à Ostende 
que par un ou deux échantillons d'une seule espèce et à Nieu- 
port par quelques exemplaires appartenant à trois espèces seu- 
lement 

A Sluys-Kill au contraire le genre Lagena est représenté par 
huit formes diverses (1), et de la plupart de celles-ci nous avons 
recueilli des centaines d'exemplaires. Nous avons surtout à 
signaler l'abondance extraordinaire du Lagena lenis Mont, et 
du Lagena sulcata, W. & J. etc. 

Les Entosolenia sont également excessivement nombreux à 
Sluys-Kill et ils y sont représentés par onze formes distinctes (2). 
Les Polymorphina sont aussi très-communs à Sluys-Kill, sur- 
tout le Polymorphina lactea W. & J. var. oblonga qui paraît 
très-caractéristique de cette localité. 

Le Polystomella crispa L. var. striato^punctata F. & M. et le 
Nonionina depressulaW . & J. qui foisonnent à Sluys-Kill, sont 
assez rares sur la côte. Le Polystomella crispa L. var. typica 
au contraire, qui paraît caractéristique de la faune littorale, 
manque presque complètement à Sluys-Kill. Le Rotalia Beccarii 
L., peu commun à Sluys-Kill, y est toujours de très-petite taille 
et offre une coquille très-mince ; sur nos côtes, il est au con- 
traire très-abondant, son test devient extraordinairement épais 
et la coquille acquiert des dimensions considérables. Avant de 
finir cette revue, nous citerons encore une des espèces les plus 
remarquables de notre liste : le Lagena crenata. P. & J. Cette 
belle et rare espèce r dont nous avons trouvé quatre échantillons 



(1) Sans compter plusieurs formes indéterminées qui ne sont pas com- 
prises dans le tableau. 

(2) Idem. 



MÉMOIRES. 43 

à Sluys-Kiil, n'avait encore été observée vivante qu'en Australie. 

Avant de passer au tableau, nous croyons utile de donner 
quelques renseignements sur sa disposition. Dressé à peu près 
sur le modèle de celui qu'a publié M. H. B. Brady pour l'énu- 
mération des Foraminifères des Iles Shetland, notre tableau 
se subdivise en sept colonnes. Arrêtons-nous un moment sur la 
première, celle des types, et expliquons le but des désigna- 
tions qu'elle renferme. 

Pour comprendre toute l'utilité de cette indication des types 
placés en regard des espèces énumérées dans la colonne sui- 
vante, il faut se souvenir que les conditions habituelles de 
ce que l'on nomme « genres » et « espèces » se présentent chez 
les Foraminifères d'une tout autre façon que dans la plupart 
des autres ordres d'animaux et surtout chez les animaux supé- 
rieurs. Pour ceux-ci, la complication de l'organisme et les dif- 
ficultés de son adaptation aux circonstances et aux variations 
extérieures d'un côté, et de l'autre le nombre restreint des in- 
dividus qui occupent un espace déterminé, sont deux causes 
qui habituellement limitent étroitement le champ possible des 
variations, causes qui réduisent même celles-ci à des écarts si 
peu marqués, que les groupes d'individus que l'on a désignés 
sous le nom d'espèces ne se départissent jamais d'un ensemble 
caractéristique, d'un faciès général qui permet toujours de les 
reconnaître et de les classer très-facilement dans les divisions 
génériques et spécifiques adoptées par la science. 

Chez les Foraminifères au contraire, l'immense quantité 
d'individus que l'on rencontre toujours réunis là où ils vivent, et 
la simplicité extrême de leur organisation sont deux conditions 
très favorables à la variation. Aussi chez ces animaux, l'espèce 
ne revêt-elle pas cette livrée, relativement si fixe et si caracté- 
ristique des animaux supérieurs ; ses variations sont innombra- 
bles, fort importantes et agissent dans tous les sens imagina- 
bles sur chaque caractère indistinctement, même sur ceux qui 
en apparence paraissent les plus fixes et les plus caractéristi- 
ques de l'espèce. 



U SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Ce ne sont pas seulement les formes spécifiques qui varient 
ainsi à l'infini et offrent des transitions des unes aux autres, 
mais ce sont les genres, qui par l'examen de nombreuses séries 
d'espèces montrent également lé peu de fixité des attributions 
qui leur paraissaient auparavant si particulières, si caractéris- 
tiques ; ce sont les tribus, les familles, les ordres même parmi 
les Foraminifères qui, par suite de la variation dés caractères, 
perdent, avec leur idiomorphisme, leurs caractères que l'on 
croyait autrefois si définis, et s'enchevêtrent les uns dans les 
autres au moyen de passages continus, de gradations insensi- 
bles. Pour se rendre un compte exact de ces variations, de ce 
protéïsme de la forme chez les Foraminifères, il est nécessaire 
d'avoir à sa disposition des séries un peu complètes, de nom- 
breuses collections d'individus d'une même espèce ; aussi, ce 
sont surtout les spécialistes, ceux qui depuis de longues années 
ont eu d'immenses quantités de matériaux à leur disposition qui, 
mieux que personne, ont pu se convaincre des remarqubles ré- 
sultats de la variation chez ces animaux. 

Les recherches que l'on fait chaque jour ne cessent de nous 
montrer, avec la découverte de formes nouvelles, de nouveaux 
modes de variation par rapport aux caractères. Ceux qui dans 
une famille quelconque paraissent les plus importants, comme 
les plus utiles pour l'établissement des genres, des espèces, 
n'apparaissent plus dans une autre que comme des particu- 
larités sans valeur, variant sans relation aucune avec les 
autres données et ne pouvant servir en rien comme base de 
caractérisation. 

Parmi une série d'espèces reliant par exemple deux types de 
genre l'un à l'autre d'après certains caractères, s'il se présente 
des échantillons parmi ces espèces possédant de nouvelles 
attributions , d'abord insensibles chez quelques individus 
mais chez d'autres s'accentuant, augmentant d'importance et 
arrivant à donner à cette nouvelle série un aspect qui force 
l'observateur à la relier à un troisième genre, que faudra-t-il 
conclure dans ce cas? Par quel système de nomenclature ex- 



MÉMOIRES. 45 

primera-t-on la triple tendance des exemplaires de cette série 
vers trois types différents, quelle dénomination générique 
choisira-t-on, c'est-à-dire quels seront parmi ces divers carac- 
tères ceux auxquels on donnera la préférence? C'est là une 
difficulté qui se présente bien souvent dans la détermination 
des Foraminifères, difficulté regrettable pour l'étude assuré- 
ment, mais qui cependant présente un côté utile, puisqu'elle 
nous permet de nous faire une idée plus exacte de la valeur 
réelle de ce que l'on appelle « espèce » en nous montrant com- 
bien nos systèmes de classification, nos divisions en tribus, 
genres et espèces, sont artificielles et expriment mal les rela- 
tions réelles des êtres entre eux. Aussi ne faut-il considérer ces 
divisions, ainsi que la nomenclature binaire, qui en est en 
quelque sorte la synthèse, que comme de simples conventions, 
assez peu fondées mais dont malheureusement on ne peut se 
passer dans l'état actuel de la science. • 

Tout en suivant la nomenclature usuelle, nous pouvons ce- 
pendant dans notre liste,- tenir compte d'un fait important ; 
c'est que malgré la vaste étendue du champ de la variabilité 
chez les Foraminifères, certaines limites y sont cependant 
reconnaissables. Il est un fait bien constaté aujourd'hui : c'est 
que les diverses espèces de Foraminifères semblent rayonner 
autour d'un nombre relativement restreint de formes caracté- 
ristiques , types de genres , qu'elles relient les uns aux au- 
tres, soit directement soit indirectement. Ce sont donc ces 
types qu'il s'agit de rechercher avec soin et de placer en re- 
gard des espèces qui se groupent autour d'eux. Pour arriver 
à de bons résultats dans ce choix il fallait trouver des formes 
pouvant nettement caractériser un genre et réunissant à la fois 
le plus grand nombre des caractères présentés par les diverses 
espèces composant ce genre. Pour cela, l'examen du plus grand 
nombre possible d'échantillons, l'étude de matériaux prove- 
nant de nombreuses localités étaient indispensables. Aussi 
n'avons-nous pu faire mieux que d'adopter pour notre tableau 
les types choisis par MM. Carpenter, Parker et Rupert Jones, 



46 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

qui se sont occupés de cette question et Font résolue comme 
eux seuls pouvaient le faire. 

Les types de notre tableau sont donc ceux qui ont été propo- 
sés par ces savants spécialistes et l'accolade qui est placée 
en regard de chacun de ces types donne l'indication des espè- 
ces qui s'y rapportent. Sans entrer dans plus de détails , 
nous nous bornerons à renvoyer aux considérations dévelop- 
pées par le D r Carpenter dans son « Introduction » quant aux 
motifs qui l'ont guidé dans le choix de ces types. 

La seconde colonne du tableau contient la désignation des 
espèces d'après la nomenclature de MM. Carpenter, Parker et 
Rupert Jones. La détermination des espèces a été faite en ma- 
jeure partie d'après la Monographie du Prof. Williamson. Cet 
ouvrage ayant paru avant la publication de la nouvelle nomen- 
clature, il n y a pas toujours concordance pour les dénomina- 
tions spécifiques, entre les listes de M. Williamson et celles qui 
sont dressées d'après cette nomenclature. C est pourquoi nous 
avons cru utile d'indiquer dans la quatrième colonne les détermi- 
nations de nos espèces d'après M. Williamson, d'autant plus que 
dans les colonnes suivantes se trouvent indiquées les planches et 
les figures se rapportant à ces déterminations. Pour les espèces 
qui ne se trouvent pas décrites dans la Monographie, une note 
en renvoi au bas du tableau indique le titre de l'ouvrage con- 
sulté pour la détermination et dans les colonnes des planches 
et figures, certaines différences typographiques dans les carac- 
tères qui représentent les chiffres, permettent à première vue 
de reconnaître ces espèces. 

Les lettres S. N. et qui se trouvent à l'entête des trois der- 
nières colonnes, indiquent les localités de Sluys-Kill, Nieuport 
et Ostende ; la première de ces colonnes représente la faune de 
la zone limoneuse et les deux autres celle de la zone des sables, 
et dans chacune d'elles les lettres R et C, et leurs diverses 
combinaisons indiquent les divers degrés de rareté ou d'abon- 
dance des espèces recueillies. 



LISTE GÉNÉHALE 



FORAMINIFÈRES VIVANTS RECUEILLIS EN EELGIQUE 



par Henry J. Miller et Ernest Vanden Broeck 
ANNÉES 1871 ET 1872, DANS LES LOCALITÉS DE SwiYS-lClLL, NlEUPI 















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B1L0CUL1NA, rf'Ortisnï. 


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liilniiiinKi riicgons. 

liildL'iilitia l'ingens, var. carinata. 

iiiloculina rlngons, var. Paiagonica. 


VU 


IOII-JO0 

100-171 
172-171 

17IÏ-176 


p 






TmaiilM l'.CM^lA, illh-)<. 


P. comprcHo, rf Ùrb. 
UV1GER1NA, d'Orb. 


19 


Polymorpliina myrisliformis. 
Pidymeii'phina lactea. 

f'viy.'i iua pygma;a. 
i-lvigiTina angulosa. 


»„ 


H5 
138-139 


« 


• 








n. depre—, rf'OrA. 


; ' 


I.ilm-nlir.:. depressa. (0 


«,. 


s».»»» 


rr 








t i MILLE GLOBIGI Ul VH.l 
















SPIROLOCULINA, d'Ol*. 


















ORBUL1NA, d'Orb. 




















n. ntnbata, d'Orf». 


6 


spirokiculina depressa. 


VII 


177 


r 


r 


r 


' 


a. ....i,,r. u , d'Orb. 


S3 


Orbulina unîversa. 


i 




rr 


r 








m. HnuitGDiitfo, <1Y>&. 


7 


S|iin.iloi'iilin:i i|.-.piv?s,i, v.<r. Cyniliiniii 


Vil 


179 


r 








SPIRILLINA, Eftwnft. 


















_M1U0U teaiscimi, tient 


TRILOCULINA, d'Orb. 
















Spiiuuiha vjvipaiu, Ehr. 


8. ïlïlpnra, EAr. 


Si 


Spirillina perforala 


m 


202 


ar 










*«■—.'*»*■ 


8 


Miliolina liigniium. 

.Milinljna si'iiiiiniiuni, fur. oblonga. 


vu 


180-182 
186-187 


" 


ar 








m 


Spirillina margarilifera. 


VI. 


201 


* 


ac 


, 








-"•"•'■ 4 "»" ; CLODICEOIST.E. 
































GLOBIGER1NA, d'Orb. 




















T. nrongnlnrttl, d'Orb. 


11) 


Miijiilini'i liii'oriiis, l'/ir. elegans. 


VII 


198 


' 


r 




l.i(..|tir;i:iiiMiii;|.itiii>r.s,i/'(>i-;i 




56 


Globi^f-iina bulloïdes. 


, 


110-118 


ce 


c 


ac 






QUINQUELOCULINA, d'Orb. 


















PULLENIA, P. $i. 




















. ..ml.uK.rn, Linné, 


11 


Miliolina seminulum. 


VII 


183-185 


T 


ar 


c 


PULLEHU SPilfiBOIOKS, d'Orb. 


H. .plmi-olde», d'Orb. 


S7 


l'nlli'iiia splueroides. (i 


„„ 


53 


ar 










Q. hlcornl,, Wttllt. £ J(lC0b. 


12 


Milioliiiii hicoi-nîs. 


Vil 


190-101 


ar 


c 


c 




SPH/EROID1NA, d'Orb. 




















o. -ce»»*, -f»r/i- 


13 


Miliolina -.,'11111111111111, on. i.jiseilùi-ntis, 


VII 


188-189 


oa 


ac 


ac 


S.c« M ,™.,«L»iD«a,4'0rt 


s. ixilloldc-, d'Orb. 


88 


■i|-li:"H.idilia iinlli>idi<s. (ï 




sa 


ce 










«. Pemwacll, d'Orb. 


U 


Miliolina hicurnis, var. ailgulata. 


vu 


19G 


r 








SOUS-FAMILLE TEXTULAttlSiAK. 
















i nul IL n n OLIUA, 














TEXTULARIA, Defrance. 




















TROCHAMMINA, P. «M- 
















TtXTt'I.ARU \(.<-.\.v.m\*<.,'iihi 


T. vnrlnblllx, M'iU. 


89 


Toxiulaiia variabilîs. 


" 


162-163 


o 








T.i(i...liinu>A5Qi',il..TA,P.;W- 

Lnuow motiuhdei, 

VM.VIILIKA TR[ANCUWRlS,d'Orfr. 


r. iDccrta, <f Orii. 
t. innam, Stontagti. 
L1TU0LA, Lamk. 
L. C.nurlcml., d'Or*. 
VALVULINA, d'Orft. 


li. 
17 
18 


S|i.ni..iia arenacea. 
Rotalina inllala. 

Nonionina JefTreysii. 

Rotalina fnsca. 


,„ 


203 
114-115 


ecc 






IIi-luhm l'riKSLil, llis. 


t. ■mtiiiuia, Defrance. 
BfJLIMINA, d'Orb. 

D. nculcu.n, d'Orb. 


60 
61 


Ti'Miilaria varialiilis, var. diflbrmis. 

Ilnliiinna pupoides. 

Bulimina pupoîdes, <ar. nut^inala. 

liiiiiiiiina [iiipuidi.'S, var. spinidosa. 


l 


109-167 
«8-159 

124-195 

123 




' 


» 






SOUS-ORDRE PERKORATA. 














D. iXcR.nlImilnia, d'Orb. 


65 


Bulimina eleganlissima. 


v 


134-135 


rr 










FAMILLE LAGENIDA. 














CASS1DULINA, d'Orb. 




















LAGENA, Waiker. 


10 


Lagena vulgaris, var. striaia. 


, 


10 


ecc 


r 




Cassiuuiina l^ticata, d'Orb. 


v.>„ luMa , d'Orb. 


67 


Ciissiiiulina laivigata. 


T, 


143-144 


rrr 










L. -uICDia, Walk. Ji'-J. «r.CÏ 


20 


Lagena vulgaris, var. iiHerrupla. 


, 


U 


ar 








.-in —i mu 1 1. noi ai.i\ \, . 
















/ 


















DISÇ0RB1KA, P. # J. 




















( 


21 


Enlusoli-nia cosiaia. 


1 


18 


c 








D. ro.nceo, d'Or*. 


68 


Rolalina niamilla. 


IV 


109-111 




r 


ce 






S 


22 


Lagena vulgaris. 


1 


5 


ac 


r 




Il i -eu nui s.v ti'rdo, d'Orb, 


D. aeliriiGca, WH. 


09 


Rolalîna ochracca. 


IV 


112-113 


n 










1 


23 


Lagena vulgaris, var. claVala. 
Lagena vulgaris, var. perlucida. 


. 


7 


r 








d. globulavu, d'Orb. 
PLAN0RBULINA, d'Ort. 


70 


RCalioaconcamaula (junior). 


IV 


104-105 


ac 










■.. .ui.u, Jfcnlos». 


2B 


Lagena vulgaris, var. subsirïala. 


1 


" 


ar 








v. mcdllcrranc...l. , d'Orb. 


71 


Pl.uiuibulina vulgaris. 


v 


119-120 


ac 


c 








"•■«"-"■> *•#'• 


26 


Lagena crenala, « 


""" 


*-" 


rrr 








P. Vi. B e Non», d'Or!: 


72 


l'Iaiioilmliii.i l'ii-i'i-iana. (o] 




..-a. 


r 


r 






LaGENA SULCATA, IV. «J- /. 


L. aemlaitlaia, 11% 


97 


Lagena vulgaris, car. semislriaia. 


' 


8-9 


" 






Pu«a»Li8ir«»m,F.#lI 


TRUNCATULINA. 




















!.. KloboiK, fl/ollMoll. 


28 
30 


l-.iitosoli'uia globosa, 
.-.inosoleni;, globosa, var. lineaiii. 
Enlosolcnia margînata. 


, 


19-21 


2 




, 




t. tcIuIbcdo, Montlorlsp. 
PULVINULINAj P. $-J. 


73 
74 


ïniiicntiiliiia lobatula. 

Truncalulina rcrulgens. (t) 




121-123 


ce 


ce 


ar 






...„„„„..,., lto„„,„. ,„.( 


31 


Enlosolcnia marginal», var. luckla. 


', 


82-23 


ac 






I'UI-VISLI.I.NAREPAM!*, l'.$M 


P. r E „ Bn a , F. * W. 


75 


Rolalina concamerala. 


., 


101-103 


ar 










1 


33 


Miilosuli'iiia inaigmala, wr. quadrilla 


' 


2,-28 


' 








IpTurlcla, F. .)■ U. 
R0TALIA, Lamk. 


70 


iioialina oblonga. 


IV 


98-100 


r 












31 


Enlosolcnia squamosa lypica. 




29 


















90-92 












) 
















fiiini.il Hcccaru, Linii. 






Rolalina Reccarii. 
















l 


Jùiiosoloni.i squamosa, vu,: hesagona 
i:titosolr'iii:i M|i>aino>a,.".si_j|ai'iloiiiiis 


' 


32 
30 


" 








PATl'LLIKA. Will. 


78 


noialioanillda. 


" 


100-108 


ar 


c 


ac 








37 


l':itlosoli'iii;.sr[ii:imosn, ni;-, c.ik'iiulat:. 






















86-S9 






























. 




Paiellina corrugaïa. 














NODÛSAP.IA, Lamk. 


















i iiiii.ii: :\i.ii.mi.miii. 


















38 


Nodosai'ia ladicula. 


II 


36-38 


V 








OPLllCLILliNA, d'Orb. 




















m. prrala, ll'CTO. 


39 


Nmlosaiia pyrula. 


II 


39 


ar 








b .DMionoldo, Croît. 


80 


Xiniiniiina elegans. 


,„ 


71-75 


rr 


' 








DENTAL1NA, d'Oro. 


















POLYSTOMELLA, tfl'ifc. 






















10 


Itenlaiina siibarcuaiulu. 


II 


40-41 


ar 








p. aiiipa, Hbim. 


81 


l'olyioinella crispa. 


.11 


78-80 


rr 


ecc 


cet 




Nouosaria BiPiUHUS, Unn* 




II 


Deulalina »ubarcuaM, var. jtlgosa. 


II 


42 










,p. i( ti n «o-p-«i.ui, f. $■ irJ 


82 


Polyslomella umbilicatula. 


M, 


81-82 


ecc 


ce 


ce 






CIIISTELUMA, Inm*. 


















83 


i'oly.sioiiKlIa umbilicatula i\ iucerla. 


,11 


82- 


rr 












i, 


Crisldluria calcar. 


„ 


52-53 


M 




ar 


PotvsTOUEmcniBw. UtuU 


NMNIllNINA. fi'Orà. 


84 


.\iiiiioijina Itaileeana. 


m 


68-69 


' 




r 






C. crcpldnla, F. if «. 


r, 


Crislellaria subarctia.ula. 


,1 


«6-BO 


ac 












^ uni il ilnli(\ilula.j-,i,^jlaplanfAr) 


" 


70-71 


ecc 




c 






GLANDUL1NA, «iOrfr. 






















Nonioninacrassulaw.»^,!,...!..) 


page 


33 














u 


(ilandulina lasvigata. (s 




■ 


ar 








* Hraiilm, F- ^' '"■ 'J 1 - 


86 


Nonionina scaplia W 




"•"** 


ar 









iNutes. — (') L'.n i "lad.', (iliiii- a|,n-- <ni nnm il .--,.. ,.■ il.. !.. ikii.itiii.. c.jIoiiiic il ijii rr^.iril da [il 

n'exclut ]>a* la llialiitiant ,1,--, i. ,1a v.it i, la. ; aili.i la (ala.au . alyai i.. var. lafir, a/,li< ilaviaailra, 

Bill. Parker el RupCrl .1 - n'allai I |ia. la aaaaa iiupod 10 i|aa le Prol&MCUr Willi san aax 

(1) t.alla ilillara t > | .. . a^ i , | . 1 ii . , ,j ■ ■ , ila, i .naalila- i|ai lannaaal au. |ilam lias al aa\ linmaa, sianili 

il'uii iin|>arlaal imanaira |iatilia pai MM. /'nilii al linji. r/ Jaai, il ans las 'Viiloiou/nca! Irniuacll'ani 
llU Vutume, Un Iri-s-^ralat aainl la I a.niiiailala.. al a'asl à aas [ilanclics cl 

(2) (5) (4| (5) (0). Voir noie (■). 

(71 Nai. iîisl. Taans. ni ,\'„ r i| ,|,. ami liailann. Val. I, p. 83. A ealalogll 

|8) Voir iioio (i). 



s .la la iiillinaa lias noms lia Willia 



aiaa faai.iiiia./.a,, j, a», |5, .Vai lli 1/laiilic mal .irrli. (la.. 



lignas i|aa sa iii|i|airlalil im. nul 



i alnin/ mu/ /nia/mm, liy 1/anrn U. Ilrmllj. (1 pi.) 



I^JOTE! 



SUR LA 



r. 



DE LAEKEN, DE JETTE ET DE WEMMEL, 
par G. VINCENT et Th. LEFÈVRE. 



(Planches ES et EU.) 



SÉANCE DU 5 NOVEMBRE 1872. 



Ayant fait depuis longtemps des recherches dans nos envi-^ 
rons et notamment dans les localités de Laeken, de Jette et cle 
Wemmel, nous croyons être à même de faire connaître aujour- 
d'hui le résultat de nos observations géologiques et paléontolo- 
giques, ainsi que les données que nous avons pu recueillir sur 
cette intéressante partie de notre bassin tertiaire. 

Guidés par les savants travaux de Galeotti, de Dumont, de 
d'Omalius, de Lyell et de Dewalque , ainsi que par les notes 
publiées par notre regretté collègue le major H. Lehon, nous 
nous sommes particulièrement attachés à l'étude de ce plateau. 

Afin d'éviter des redites et grâce aux publications de nos 
prédécesseurs (1), nous pouvons omettre de décrire complète- 



(1) Consultez surtout : Galeotti: Mém. sur la constit. géogn. delaprov. 
de Brabant 1837. Mém. Cour, de l'Académie de Bruxelles, T. XII. — 

7 



50 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

ment cette assise, nous borner à noter de nouvelles observa- 
tions et faire remarquer que ces trois localités, quoique très- 
rapprochées les unes des autres, varient notablement clans leur 
faune. 

C'est sur plusieurs points culminants situés dans les villages 
qui font l'objet de la présente communication, que nous trou- 
vons à découvert l'étage supérieur de l'assise laekenienne , 
lequel est caractérisé principalement par la présence des Num- 
wulites Heberti que l'on rencontre toujours disséminées parmi 
les fossiles. 

Comme on le sait, Laeken ne peut pour le moment procurer 
aux paléontologues que fort peu d'espèces ; la seule découverte 
intéressante que nous y avons faite, est celle d'un mollusque 
d'un ordre que l'on ne connaissait pas dans cette assise : nous 
voulons parler d'un brachiopode appartenant au genre Argiope 
dont M. Nyst a bien voulu offrir la dédicace à l'un de nous et 
donner la description que nous intercalons parmi celles de nos 
espèces nouvelles. 

Nous saisissons cette occasion pour remercier notre savant 
Président pour cette marque d'amitié, ainsi que pour les services 
qu'il rend journellement à notre Société. 

Pour ce qui concerne la géologie de Laeken, nous signale- 
rons seulement la présence d'un banc calcaréo-sableux de fos- 
siles remaniés, cimentés entre eux, lequel a un pied d'épaisseur 
et se trouve à peu prèsàla superficie du terrain, reposant immé- 
diatement sur l'assise laekenienne supérieure prise pour type 

Ch. Lyell: On the tertiary strata of Belgium and french Flanders 1852. 
Transactions of the geological Society, of London. Trad. par MM. Ch. Le- 
hardy de Beaulieu et H. Toilliez, dans les annales des trav.pub. de Belgique, 
T. XIV, 1856, sous le titre de Mém. sur les terr. tert. de la Belgique et 
de la Flandre française. — H. Lehon: terr. tert. de Bruxelles: leur compo- 
sition, leur classement, leur faune et leur flore, 1862. Bull. Soc. Géol. de 
France,T. XIX, p. 804. — Hélert'. Observ. sur les Syst.Bruxellien et Lae- 
kenien faites à l'occasion du Mém. de M. Lehon, id. p. 832. — Lehon : 
rép. aux observ. de M. Hébert, 1863, id. T. XX, p. 193. 



MÉMOIRES. 



51 



par Dumont. Ce banc, dans lequel on trouve un grand nombre 
de Ditrupa strangidaîa, REupsammia Buriinana, de dents de 
Squales fortement roulées, ainsi qu'une partie des fossiles de la 
faune laekenienno inférieure, identiques à ceux de l'Avenue 
Louise, de St-Gilles etc., est considéré par nous comme un dé- 
pôt semblable à ceux que l'on observe clans ces localités. 

Nous donnons ici la coupe stratigraphique de ce dépôt anor- 
mal, afin de faire mieux connaître la superposition des couches 
dont nous venons de parler. 



CH 




/^IP'iWT- 



1. Humus. 

2. Limon hesbayen. 

3. Laekenien inférour. Couche à Ditrupa, avec Osirea cariosa, Ost. gryphina, etc. 

4. « supérieur. Avec Corbulapisum, Pectuncidus Nysti, Cardila eîegans. 



Il serait difficile maintenant de montrer encore cette coupe, 
le propriétaire du terrain venant de faire combler la sablière 
qui a donné lieu à ces observations. Toutefois, ceux qui s'oc- 
cupent de cette formation ou qui ont visité ce gisement, 
peuvent se rappeler avoir toujours trouvé les fossiles cités 
plus haut dans ces couches bien distinctes , c'est-à-dire les 
Corbules, les Pétoncles, les Cardites, etc., à la partie 
inférieure, les Huîtres, les Ditrupes, ainsi que les Oursins à 
la partie supérieure du terrain. 

Il est à supposer que la plupart des fossiles recueillis dans 
cette couche remaniée proviennent d'un dépôt observé en 
place non loin de là, et qu'ils ont été enlevés de ce dernier par 
quelque action diluvienne. 



52 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Galeotti, dans sa description du plateau de Laëken, cite (1) 
une roche accidentelle dans laquelle il dit avoir trouvé des 
Quinqueloculines, des débris de Dentales, des Nummulines et 
d'autres petites coquilles reliées ensemble par un ciment cal- 
caire ; c'est probablement la couche à Ditrupa dont nous venons 
de parler et dont nous donnons la faune recueillie par nous, 
dans le présent travail. 

A Jette, dans l'ancienne sablière où se trouvait le gite de 
Lehon, nous n'avons pu fouiller qu'un affleurement de quelques 
mètres, ce terrain ayant été rendu à la culture, nous avons dû 
y abandonner nos recherches; mais toujours est-il que la faune 
y diffère et qu'elle contient une quantité de petits Gastéropodes 
que nous ne connaissons ni à Laeken, ni à Wemmel. 

Citons entre autres les Ring ncula ringens ainsi que les Natica 
conica, de petite taille, qui y étaient très-abondantes. 

Il y avait dans cette exploitation trois couches fossilifères, 
dont une entièrement composée de Pecten comètes agglutinés 
entre eux et dans un état de parfaite conservation. Nous de- 
vons cette remarque à notre collègue et ami J. L. Weyers, 
qui, toujours prêt à rendre service à la science, s'est empressé 
de nous communiquer ce renseignement. 

Au-delà de Laeken et de Jette et en continuant à s'éloi- 
gner de Bruxelles dans la direction nord-ouest, on arrive 
bientôt au village de Wemmel, qui est une localité que nous 
avons pu étudier tout particulièrement, grâce à l'obligeance 
avec laquelle M. Crokaert a mis à notre disposition ses vastes 
propriétés. Nous avons pu y relever une coupe géologique très- 
intéressante qui mérite, croyons-nous, d'être publiée, car c'est 
le seul endroit qui nous ait montré le Laekenien sur une si 
grande échelle. 

Afin de faire mieux saisir la description de ce gisement, 
nous en donnons ici la coupe : 

(1) Galeotti. Mém, Cour* de l'Acad. de Bruxelles, 1838, page 53. 



MÉMOIRES. 



53 



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75 



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1. Limon hesbayen avec cailloux roulés vers la base. 

2. Sables diestiens remaniés. 

3. Banc de Nunimulites-Heberti. 

4. Zone supérieure. 

5. Sables verts sans fossiles. 

6. Zone inférieure. 



L'assise Laekenienne y est représentée par deux zones fossi- 
lifères parfaitement distinctes. La zone inférieure qui a environ 
4 mètres de puissance, est composée d'un sable fin, jaune ver- 
dâtre , avec petites poches de sable quelque fois panaché 



M SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

d'orange ; il contient peu de glaucome et de mica et renferme 
de nombreuses concrétions ferrugineuses parfois fossilifères. 
Les fossiles y sont bien conservés mais toujours d'une extrême 
fragilité. 

Il y a certaines remarques à faire relativement à la faune 
de cette zone : elle est riche en Gastéropodes et les coquilles 
des Mollusques Acéphales ont souvent leurs valves réunies ; ce 
cas se présente fréquemment pour les Tellina plagia, qui ont 
leur ligament conservé, les Panopœa intermeclia, les Pectcn 
comeus, etc. C'est cette zone qui nous a donné le poisson 
nouveau du genre Dentex que M. Van Beneden a bien voulu 
étudier en se réservant d'en donner ultérieurement une note à 
l'Académie. Nous nous empressons d'en témoigner toute 
notre gratitude au savant professeur de l'Université de Louvain. 

Nous y avons aussi remarqué l'extrême rareté des dents de 
Squales, car malgré toutes nos recherches, nous n'en possédons 
encore que quatre de Lamna elegans et une NOtodus macrotus. 
Elles sont relativement communes dans la zone supérieure, où 
elles se trouvent associées à des fragments de plaques dentaires 
de Raies, des genres iEtobates et Myliobates, ainsi qu'à des 
débris de Cheloniens. 

Les sables laekeniens de cette zone ont dû se déposer len- 
tement et à l'abri de tous les grands mouvements amenés par 
les cataclysmes qui ont déterminé les ravinements de certaines 
de nos assises. i 

Les sables de Jette qui ont fourni à Lehon une grande par- 
tie de sa collection, ainsi que les sables de Laeken, appartien- 
nent à cette zone. 

La zone supérieure, qui a en moyenne un mètre et demi de 
puissance , présente presque toujours, un remaniement très- 
accentué depuis la partie moyenne de cette zone jusqu'au banc 
de Nummulites inclusivement. Le sable y est doux, gris-ver- 
dâtre, contient de l'argile, est toujours très-glauconifère et 
très-peu micacé. Elle ravine la zone inférieure et renferme 
quelques fossiles qui lui sont propres, tels que la Cyfrina 



MÉMOIRES. 55 

Roffîaeni, la Twritella elegans , la Rostellaria lucida, etc., 
qui, quoique communs dans cette zone, n'ont jamais été retrou- 
vés dans la zone inférieure. Le Pecten corneus et le Pecten Honi 
y sont très-abonclants, mais jamais bivalves; comme les frag- 
ments de Cyprina Roffiaeni, ces fossiles sont souvent roulés 
et fortement usés par le transport qu'ils ont subi. 

Cette zone est recouverte horizontalement par un banc de 
Nummulites Heherti (1) qui en fait partie et qui a une épaisseur 
variable d'un ou de deux décimètres ; parfois ces Nummulites se 
présentent en couches d'un centimètre , stratifiées, alter- 
nant avec des couches de sable d'une même puissance. Les 
Operculina Orhignyi y sont très-communes et les fossiles que 
l'on y trouve, sont généralement roulés. 

Mentionnons encore la présence d'un sable vert, graveleux, 
glauconifère, sans fossiles, qui se trouve dans les deux zones 
qu'il ravine fortement. Ce sable a beaucoup d'analogie avec 
celui que l'on observe à l'avenue Louise, au-dessus des sables 
verts qui surmontent la couche à Ditrupa. 

Au-dessus de cette zone se trouvent des sables diestiens avec 
cailloux roulés, lesquels sables ont déjà été signalés sur le pla- 
teau situé entre Dilegem et "Wemmel, par feu A. Dumont (2), 
ainsi que par Lehon. Ils sont à leur tour surmontés par une 
couche de limon hesbayen. 

Telle est la série des couches superposées dans cette localité, 
où nous espérons pouvoir continuer nos recherches ; nous comp- 
tons y faire des sondages, afin de connaître le terrain sur 
lequel repose notre assise laekênienne. Jusqu'à présent c'est 
un problème, nous en chercherons la solution. 

(!) Pendant l'impression de notre travail, MM. H. Miller et Vanden 
Broeck ont lu, en séance, une note sur les Nummulites; il s'en suit que la 
Nummulite que nous désignons comme N. Helerti doit s'appeler, dès à 
présent, Nummulites planulata var. minor. 

(2) Rapport sur les travaux de la carte géographique 1839 : Bull. Acad. 
de Bruxelles, t, VI, 2 e partie, p. 480. 



56 SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE. 



REMARQUES DIVERSES. 
,■ \ 

Pendant le cours de nos recherches, qui ont puissamment 
contribué à enrichir les différentes faunes de nos environs, 
nous avons recueilli de nombreuses observations malacolo- 
giques, et parmi celles-ci nous croyons utile d'en signaler 
quelques-unes qui ont été faites dans les localités dont nous 
nous occupons en ce moment. 

Nous avons observé à Wemmel que certains testacés y ont 
vécu en famille ; nous avons constaté cela pour plusieurs es- 
pèces et entre autres pour la Turritella hrevis, la Cytherca 
Honi, la Pinna margaritacea, et aussi pour le Spatangus Oma- 
liusi et la Serpula Mellevillei; cela vient confirmer ce que nous 
avons déjà fait remarquer au sujet de cette intéressante forma- 
tion que, tout s'est déposé tranquillement. 

Disons également, à propos de la Serpula Mellevillei, que 
nous pouvons aujourd'hui affirmer, en nous ralliant à l'opinion 
émise en 1868 par M. Nyst (1), que les Galeolaria trochoïdes 
sont positivement les opercules des Serpules dont nous venons 
de parler; ces Annélides s'attachent particulièrement, comme 
l'a dit Lehon (2), au Vermetus Nysti. 

Nous sommes parvenus à déterminer des osselets triangu- 
laires, quelquefois longitudinaux, que l'on rencontre abondam- 
ment dans la zone supérieure. Selon M. le D r Wooclward (3), 
ils appartiennent à des Bullidés et sont des plaques calcaires 
qui se trouvent au nombre de trois, dans le gésier de ces 
Gastéropodes. 

(1) Prod. d'une descrip. Géoî. de la Belgique, par M. Dewalque, 
Liège 1868, pag. 409. « le Galeolaria troclilformis de la liste précédente 
est probablement Vopermle de JSerpula Mellevillei. » 

(2) Descriptions succinctes de quelques espèces fossiles des terr. éocènes 
des env. de Bruxelles, par MM. Nyst et Lehon. 

(3) Manuel de Conchyliologie par M. le D r S. P. Woodward, trad. de 
l'anglais, par M. Aloïs Humbert. — Paris 1870. 



MÉMOIRES. 57 

Faisons aussi connaître une découverte fort rare pour cette 
faune : nous sommes parvenus à avoir en entier un Nautïlus 
Lamarcki, cette belle coquille n'avait jamais été trouvée qu'en 
petits fragments qui seuls révélaient sa présence clans cet étage. 
Notre .exemplaire est presque entièrement recouvert de son test; 
il mesure 110 millimètres de largeur sur 180 millimètres de 
longueur. 

Mentionnons pour finir, que YOstrea cariosa et YOstrea 
gryphina, ainsi que quelques autres fossiles provenant de 
Laeken, se trouvent, clans certaines collections, classés parmi 
les fossiles du laekenien supérieur. Ils appartiennent au con- 
traire à l'étage inférieur ; e'est une erreur que nous croyons 
utile de signaler et que l'on ne peut laisser subsister plus long- 
temps. Cette couche est composée d'une faune qui n'a ja- 
mais pu être enlevée aux couches immédiatement inférieures ; 
elle renferme des dents de Squales et des chevrons de palais de 
Raies identiques à ceux de la couche roulée à Nummulites lœ- 
xigata et scabra. 

Comme nous l'avons déjà dit, nous considérons ce dépôt, ou 
couche à Ditrupa, comme du laekenien inférieur amené anté- 
rieurement aux sables laekeniens de Laeken. 

Ce qui a pu faire supposer que ces fossiles étaient contem- 
porains, c'est que par suite des pluies et des neiges, ils se dé- 
sagrègent facilement de la roche où ils reposent et viennent, 
dès-lors, se confondre avec ceux que recèle la partie inférieure. 



58 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

DESCRIPTION DE TREIZE ESPÈCES NOUVELLES. M 
Chenopus intuberculatus, Vinc. 

(Planche Iï, fig. 9 3 10). 

Localité : Wemmel. Coll. Vincent. 

Gisement : Zone inférieure. 

Ce Chenopus se rapproche par sa forme générale, du Che- 
nopus speciosus ftchlot. ,dont il n'a pourtant que la moitié de la 
taille ; comme lui, il semble être allongé et turriculé, autani 
qu'on peut en juger d'après notre exemplaire qui est fort mu- 
tilé. Ses tours, dont nous ne possédons que les deux derniers, 
sont couverts de fines stries transverses, régulières et rappro- 
chées. Le dernier est enflé et présente vers le milieu, une ca- 
rène régulière, arrondie et peu prononcée. L'ouverture est 
étroite et oblique; la dilatation du bord droit, qui est incom- 
plet dans notre individu, semble être en forme d'aile comme 
dans le Chenopus speciosus. Le bord gauche se continue sur le 
canal, qui est court et légèrement recourbé. 

Ne possédant qu'une partie de cette intéressante coquille, il 
nous est impossible d'en donner une description complète. 
Nous espérons que nous finirons par découvrir un exemplaire 
entier qui nous permettra de pouvoir décrire cette nouvelle 
espèce d'une manière plus détaillée. ■ 

Cancellaria laekeniana, Vinc. 
(Planche II, fig. 2, 5). 

Localité : Wemmel. Coll. Vincent. 

Gisement : Zone inférieure. 

Coquille fort élégante, se rapprochant par sa forme de la 

(i) Les fossiles décrits ci-après proviennent tous de l'assise laeke- 
nienne supérieure ; nous nous abstiendrons donc de renseigner le 
gisement à chacune de nos descriptions, et nous nous bornerons à 
indiquer la zone à laquelle ces fossiles appartiennent. 



MÉMOIRES. 59 

Cancellaria angusta, Watel., figurée dans l'ouvrage de 
M. Deshayes sur les Animaux sans vertèbres du bassin de Pa- 
ris, T. II, PL 73, ûg. 3 et 4. Elle est allongée, étroite; elle 
a une spire composée de sept à huit tours convexes, réunis par 
une suture assez profonde mais non canaliculée. Le dernier 
tour,très-cléveloppé, occupe à peu près la moitié de la longueur 
totale de la coquille. L'ouverture est allongée, très-étroite, 
à peine inclinée. Le bord droit est tranchant et finement plissé 
à l'intérieur. La columelle est assez longue et porte deux plis 
obliques ; son bord gauche se renverse en dehors et est cou- 
vert de fines rides. La surface est ornée de petites côtes ren- 
dues très-granuleuses par le passage de stries transverses ; ces 
côtes et ces granulations disparaissent vers le milieu du der- 
nier tour, où l'on ne voit plus que des stries transverses que 
rendent onduleuses les stries d'accroissement. 

Notre coquille mesure 21 millimètres de longueur sur 8 mil- 
limètres de diamètre. 

Cancellaria funiculifera, Vinc. 

(Planche II, fig. 1). 

Localité : Wemmel. Coll. Vincent. 

Gisement : Zone inférieure. 

Cette cancellaire est effilée ; elle a sa spire composée de huit 
tours convexes, séparés par une suture profonde. Ces tours 
sont ornés de côtes longitudinales, droites et peu épaisses. 
Des stries filiformes, régulièrement espacées et assez pronon- 
cées traversent les côtes et produisent sur leur sommet une fine 
granulation. Le dernier tour est un peu plus petit que la spire. 
L'ouverture est ovale, oblongue. Le bord droit est légèrement 
épaissi en dehors et plissé à l'intérieur. La columelle est droite 
et garnie de deux plis assez saillants. 

Cette belle coquille paraît être très-rare, nous n'en possé- 
dons encore qu'un seul exemplaire. • 

Elle mesure 22 millimètres de longueur sur 9 millimètres 
de largeur. 



60 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Fusus Crokaerti, Vinc. et Lef. 

(Planche III, fig. 1). 

Localité: Wemmel. Coll. Vincent. 

Gisement : Zone inférieure. 

Coquille fusiforme, effilée, ayant onze tours de spire. Ces 
derniers portent tous de très-fortes côtes tnberculeuses régu- 
lièrement espacées et anguleuses vers la partie supérieure du 
dernier tour. Toute la coquille est traversée par des stries assez 
rapprochées. L'ouverture est petite, ovale, semilunaire, et de- 
vait, selon toute probabilité, se prolonger en un canal grêle, 
allongé. Le bord droit est mince et tranchant. Son mauvais 
état ne nous permet pas d'en donner une description tout à fait 
complète. 

Nous dédions cette espèce à M. Crokaert, qui a toujours 
secondé nos fructueuses recherches auxquelles il s'intéresse vi- 
vement. 

Notre seul exemplaire mesure 28 millimètres de long sur 
12 millimètres de diamètre. 

Scalaria compressilamella, Vinc. 

(Planche II, fig. 8). 

Localité : Wemmel. Coll. Vincent. 

Gisement : Zone inférieure. 

Ce scalaire, qui paraît être extrêmement rare dans notre ter- 
rain laekenien supérieur, ne nous est encore connu que par 
deux exemplaires incomplets. Quoique mutilé, notre plus grand 
exemplaire dénote une coquille allongée et turriculée comme le 
Scalaria affinis, Desh., mais différant de celui-ci par la dispo- 
sition des lamelles. Ses tours de spire sont convexes, couverts 
d'un très-grand nombre de lamelles minces, droites, régulières- 
et très-rapprochées ; l'extrémité supérieure de ces lamelles est 
recourbée et légèrement renversée en dehors, l'extrémité infé- 
rieure pose sur un cordon formé par un grand nombre de petites 



MÉMOIRES. 61 

lamelles obliques. Le dernier tour porte à sa base un disque à 
bord angulaire; les lamelles qui s'observent sur celui-ci, sont 
beaucoup plus fines que celles de la surface de la coquille et 
convergent vers le centre. En outre, au moyen de la loupe, 
l'on aperçoit, vers le bord du disque, de très-fines stries granu- 
leuses traversant les lamelles. Une légère rampe qui remonte 
toute la coquille, sépare les tours. L ouverture, brisée dans 
notre exemplaire, semble ne pas être à bord continu. Les la- 
melles et les interstices sont lisses. 

Scalaria Dixoni, Lef. 
(Planche II, fîg. 5). 

Localité : Wemmel. Coll. Vincent. Coll. Lefèvre. 

Gisement : Zone supérieure. 

L'espèce que nous décrivons ici sous le nom du géologue à 
qui nous la dédions, est celle figurée comme Scalaria acuta, 
Sow. dans la Géologie des terrains tertiaires et crétacés de Sys- 
sex, de Dixon, pi. VII, ûg. 15. M. Desbayes, dans son ou- 
vrage sur les Anim. sans vert, dît, iassin de Paris, T. II, p. 340, 
pi. 23, ûg. 7-9, a rejeté la synonymie de son savant confrère, 
sans toutefois donner la description de l'espèce dessinée dans 
la géologie de l'auteur que nous venons de citer. 

Venant de trouver ce scalaire dans notre assise laekenienne, 
nous nous empressons d'en donner communication et d'en faire 
hommage à la mémoire de feu F. Dixon, qui le premier a signalé 
cette nouvelle espèce qu'il a, croyons-nous, rapportée par erreur 
à la coquille de M. Sowerby. 

Ce scalaire est peu allongé, turbiné, et devait être composé 
de 9 à 10 tours de spire très-convexes, anguleux à leur partie 
supérieure, peu espacés et comme disjoints; ils sont garnis de 
lames parallèles, épaisses et feuilletées, légèrement obliques et 
se terminant en épine près de la suture, où elles décrivent une 
rampe spirale plus ou moins concave; à la base du dernier 
tour ces lames portent un petit disque dû à leur expansion. Elles 



62 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

convergent vers le centre, caractère qui ne s'observe pas dans 
le Scâlaria acuta de M. Sowerby, où le tour correspondant est 
surmonté d'un chapiteau très-bien marqué, que l'on distincte 
facilement dans la figure donnée par M. Desliayes. 

Au moyen de la loupe, on remarque que les intervalles des 
lames sont sillonnés par de petites côtes horizontales peu con- 
vexes, finement striées; dans l'espèce française ces intervalles 
sont couverts de rubans parallèles, égaux. 

L'ouverture est presque circulaire, légèrement elliptique et 
largement bordée par la dernière ■ lame ; elle présente une 
auricule à sa partie inférieure et une seconde, correspondant à 
l'épine, à sa partie supérieure. 

Notre exemplaire mesure 6 millimètres de diamètre et 
devait avoir environ 16 millimètres de longueur. Nous ne 
possédons encore que les cinq derniers tours de cette espèce. 

Scâlaria lœvigata, Lef. 

(Planche II, fig. 6, 7). 

Localité : Wemmel. Coll. Lefèvre. Coll. Vincent. 

Gisement : Zone inférieure. 

Ce scalaire, que nous avons tout lieu de croire nouveau, 
n'ayant pu le trouver dans les ouvrages que nous avons con- 
sultés, est composé de 12 tours de spire lisses et peu convexes ; 
il est allongé, turriculé, légèrement renflé vers le milieu et 
couvert de très-fines stries obliques, très-nombreuses. 

Dans notre jeune spécimen, lequel ne compte que 8 tours 
de spire, les, quatre premiers portent quelques plis qui ne s'ob- 
servent que très-vaguement chez notre individu adulte ; dans 
ces deux exemplaires, la suture est profonde et canaliculée, le 
dernier tour est en partie recouvert par un disque saillant, 
arrondi à son point de contact avec le tour qui le supporte, les 
stries d'accroissement continuent sur ce disque, qui se prolonge 
jusque près de l'ouverture dont il est séparé par un bourrelet 
épais et arrondi qui occupe tout le bord droit en garnissant la 



MÉMOIRES. 63 

bouche ; l'ouverture, à peine oblique à l'axe, est presque cir- 
culaire et porte plusieurs stries concentriques et irrégulières. 

Disons encore que Ton remarque une oreillette à la base du 
bord côlumellaire. 

Cette nouvelle espèce a de l'analogie avec le Scalaria Caillati, 
Desh. figuré dans l'ouvrage des Anim. sans Vert., T. II, pi. 13, 
ûg. 18-20, mais ce dernier est dépourvu du disque que nous 
venons de décrire pour le Scalaria lœvigata. 

Le plus grand des exemplaires que nous figurons, mesure 
28 millimètres de longueur sur 9 de diamètre. 

Scalaria Nysti, Lef . 
(Planche II, fig. 4). 

Localité : Wemmel. 

Zone supérieure. - Coll. Vincent. <- 

Gisement : j ZmQ inférieure# Coll. Lefèvre. 

Cette nouvelle espèce est l'une des plus belles que nous con- 
naissons. Quoique un peu plus courte, elle a beaucoup d'analogie 
avec le Scalaria elegantissima, Desh. ; comme ce dernier, 
notre coquille est allongée, turriculée ; elle est composée du 
même nombre de tours également très-convexes et ornés d'une 
grande quantité de lames. 

Sa spire compte onze tours ; le dernier de ceux-ci porte 
20 lames qui sont tranchantes et qui se terminent en épine 
auprès de la suture sur laquelle elles tombent perpendiculaire- 
ment ; ces lames sont renversées en arrière de façon à couvrir 
une faible partie des intervalles, elles sont striées longitudinale- 
ment sur leur côté convexe ; les intervalles sont striés horizon- 
talement, ces stries se prolongent sur le côté concave des lames 
mais ne sont visibles qu'au moyen de la loupe. 

Dans notre scalaire le bord marginal est lisse, tandis qu'il est 
plissé clans Y elegantissima.Le dernier tour de spire du Scalaria 
Nysti offre une légère expansion des lames qui décrivent un 
petit disque sur lequel ces dernières continuent, pour se réunir 



U SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

ensuite vers le centre de la coquille ; ces lames forment à la 
base de l'ouverture, qui est circulaire, une petite oreillette 
correspondant au bourrelet ombilical. 

Nous dédions cette charmante espèce à notre Président 
M. H. Nyst, qui a publié, il y a peu de temps, dans les Annales 
de la Société, un travail général sur ce genre si intéressant ren- 
fermant de si belles espèces. 

Nous ne connaissons que deux spécimens de cette nouvelle 
coquille ; le type figuré mesure 32 millimètres de longueur sur 
12 millimètres de diamètre. 

Argiope Lefevrei, Nyst. 
(Planche III, fig. 7, 8). 

Localité : Laeken. Coll. Lefèvre. 

Gisement : Zone inférieure. 

« Cette petite coquille qui ne nous est encore connue que par 
une seule valve dorsale, communiquée par M. Lefèvre, à qui 
nous nous faisons un plaisir de la dédier, se rapproche de Y Ar- 
giope decemcosûata : Desh. : Desc. des anim. sans vert, du bassin 
'de Paris. Elle se distingue cependant facilement par ses côtes 
plus nombreuses, qui sont au nombre de six de chaque côté cle 
la coquille, plus une médiane qui remplace le sillon qui existe 
dans l'espèce de France sur laquelle on ne compte que dix côtes. 
Sa surface porte quelques sillons transverses qui accusent les 
divers accroissements de la coquille et enfin, vu à une forte 
loupe, son test est couvert, comme dans Y Argiope Baudoni, 
Desh. de très-fines ponctuations virguliformes plus ou moins 
régulières. A l'intérieur on aperçoit une crête ou cloison, qui 
partage la valve en deux parties égales ; ses bords sont faible- 
ment crénelés ; ces crénelures sont produites par les côtes longi- 
tudinales qui viennent y aboutir. 

Cette Argiope qui ne mesure que 3 .millimètres dans les deux 
dimensions, nous donne encore une nouvelle modification de 
forme pour les espèces des terrains tertiaires éocènes. » 

(Description inédite de M. Nyst.) 



MÉMOIRES. 65 

Modiola nitens, Lef. 

(Planche III, fig. 2, 5). 

Localité : Wemmel. Coll. Vincent. 

Gisement: Zone inférieure. 

Espèce qui ne nous est encore connue que par deux exem- 
plaires bivalves et qui offre quelque analogie avec la Modiola 
simplex , Sow., figurée parmi les fossiles des sables de 
Bognor, dans l'ouvrage de Dixon. Geol. andfoss. of Sussex, 
pi. XIV, ûg. 16. Comme cette dernière elle est allongée, 
mince, luissanteet nacrée extérieurement, elle doit faire partie 
des espèces lisses des Modioles proprement dites de M. Des- 
hayés. Le bord dorsal est droit, sans toutefois offrir cette 
échancrure que l'on remarque dans la figure donnée par Dixon ; 
le bord ventral est oblique mais n'a pas la dépression que l'on 
observe dans la Modiola simplex, le bord postérieur qui ter- 
mine ces derniers, est circulaire; quant au bord antérieur, il est 
très-petit et en forme de bec en avant des crochets qui sont peu 
apparents et presque terminaux. 

Cette nouvelle espèce est couverte, à la partie antérieure de 
l'angle oblique, de très-fines stries transverses, nombreuses, 
rapprochées qui, passé cette limite, deviennent presque invi- 
sibles même à l'aide de la^ loupe. 

Par rapport à la position de ses stries, cette coquille, offre 
le caractère inverse de la Modiola semilevigata, Desh., A?iim. 
sans vert. T. II, p. 26, pi. 75, ûg. 10-20, laquelle est striée 
à son coté postérieur et ne l'est que très-peu à son côté anté- 
rieur. 

Notre coquille étant très-fragile, il nous est impossible de sé- 
parer les valves et d'en compléter la description. Le plus 
grand individu mesure 30 millimètres de longueur, 14 milli- 
mètres de largeur et donne 8 millimètres pour l'épaisseur des 
valves réunies. 



66 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Cyprina Roffiaeni, Lef. 

Localité : Wemmel. Coll. Lefèvre. Coll. Vincent. 

Gisement : Zone supérieure. 

Cette nouvelle coquille est une des espèces caractéristiques 
de notre zone supérieure, où on la trouve assez abondam- 
ment, elle est rare entière mais ses fragments roulés sont très- 
communs. 

Nous nous faisons un plaisir de dédier cette espèce à notre 
collègue et ami M. F. Roffiaen, tout en laissant à M. H. Nyst 
le soin de la décrire et de la figurer ;' disons seulement qu'elle a 
beaucoup d'analogie avec la Cyprina planata de M. Sowerby 
figurée et décrite dans le Minerai Conchology. 

La découverte de la Cyprina Roffiaeni augmente la liste de 
nos Lamellibranches; elle l'enrichit même d'un genre nouveau 
pour la faune tertiaire de nos environs. 

Le plus grand exemplaire mesure 79 millimètres de largeur 
sur 71 millimètres de longueur. 

Gultellus wemmelensis, Lef. 
(Planche III, fig. 4, 5, 6.) 

Localité : Wemmel. Coll. Lefèvre. 

Gisement: Zone inférieure. 

Coquille allongée, équi valve, inéquilatérale, ayant beaucoup 
d'analogie avec le Cultellus grignonensis de M. Deshayes, dont 
la description se trouve dans le tome I, page 147 et le dessin à 
la pi. VII ûg. 13-14-15 de l'ouvrage des Anim. sans vert, 
du bassin de Paris. Comme celui-ci notre coquille est mince et 
très-fragile, sa surface est lisse, brillante et porte seulement 
quelques stries d'accroissement. Le bord cardinal est droit ; le 
ventral est moins arqué que dans le grignonensis; notre co- 
quille est très-étroite et a le bord antérieur très-peu développé. 
Les plus grands spécimens du Cultellus grignonensis mesurent 



MÉMOIRES. 67 

42 millimètres de longueur sur 13 de largeur ; le nôtre en a 11 
de plus pour cette première dimension et seulement 1 milli- 
mètre de plus pour la seconde ; ajoutons à cela que dans le Gri- 
gnonensis comme dans notre individu, le centre de la charnière 
se trouve identiquement à 7 millimètres du bord antérieur. 
Comme on le voit, notre Cultellus n'est pas celui de M. Des- 
hayes, dont il diffère parla forme, et nous croyons pouvoir le 
décrire sous le nom de Cultellus wemmelensis . 

Nous possédons deux valves de cette nouvelle coquille, elles 
nous montrent un crochet très-petit et à peine proéminent, 
une nymphe étroite et peu allongée ainsi que des charnières 
très-bien conservées, ce que l'on rencontre rarement dans ce 
genre dont les coquilles sont si délicates et si friables dans ce 
terrain. Les valves portent chacune deux dents, la dent anté- 
rieure de la valve droite est mince, tranchante sur ses bords et 
arrondie à sa partie supérieure ; elle est perpendiculaire au 
bord cardinal ; l'autre est obliquement inclinée sur ce dernier et 
en est complètement isolée à son extrémité. 

Sur la valve gauche la dent antérieure est lisse et conique, 
l'autre est composée de deux parties distinctes, dont l'une, par 
sa forme générale, est identique à la première dent quoique 
étant contournée et tordue ; la seconde dent s'échappant de la 
même base, s'incline en arrière et se termine entièrement libre 
et détachée du bord ; ces deux parties forment ensemble un 
angle presque droit et constituent la deuxième dent. Les deux 
dents de cette valve sont séparées par un intervale large et 
arrondi à la base, lequel se rétrécit légèrement à la partie 
supérieure. 

Ces coquilles étant maintenues par le sable sur lequel elles 
reposent, il nous est impossible d'en donner une description 
plus complète. 

En terminant nous ferons remarquer que M. Deshayes men- 
tionne un fragment de Cultellus provenant des sables moyens, 
qui, ayant l'extrémité postérieure proportionnellement plus 
étroite, constitue peut-être, d'après l'auteur, une espèce distincte. 



68 SOCIÉTÉ MALÀGOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Pour nous, nous croyons .avoir trouvé dans le Cultellus 
wemmelensis l'individu signalé dans les sables d'Ermenon- 
ville. 

Le plus complet de nos exemplaires mesure 53 millimètres 
de longueur sur 14 millimètres de largeur. 

Sphenotrochus cuneolus, Vinc. 

(Planche III, fig. 9). 

Localité : Wemmel. Coll. Vincent. 

Gisement : Zone supérieure. 

Ce Sphenotrochus, un peu plus long que large, a la forme 
d'un coin comprimé. Sur chaque face de l'exemplaire que nous 
figurons, on compte 18 lamelles longitudinales, granuleuses, 
parallèles entre elles et un peu plus fortes au sommet que dans 
le reste de leur longueur. Les 4 lamelles centrales sont presque 
droites et fort minces à partir de leur milieu jusqu'à la base ; 
les lamelles suivantes sont plus sinueuses et les 3 dernières 
approchant des bords, sont droites et épaisses dans toute leur 
longueur. La base, presque aussi large que le sommet, a le 
centre légèrement échancré et les côtés un peu arrondis. Le 
sommet porte une étoile oblongue. Le congénère de notre po- 
lypier auquel il se rapporte le plus est le Sphenotrochus mixtus 
Defr., figuré dans l'ouvrage de H. Michelin sur les polypiers 
fossiles du bassin parisien (groupe swpracrètacê) ; mais ce der- 
nier diffère surtout du Sphenotrochus cuneolus par la disposition 
des lamelles : dans celui-ci elles se dirigent parallèlement vers 
la base, tandis que dans le Sphenotrochus miœtus elles con- 
vergent vers l'axe du polypier. ' 

Ce polypier mesure 5 millimètres de hauteur, 3 à la base et 
5 au sommet. 



LISTE 



DES FOSSILES DE L'ÉTAGE LAEKENIEN SUPÉRIEUR 



DE LAEKEN, DE JETTE ET DE WEMM-EL (i), 






ESPECES. 



Wemmel 



n.3 



REPTILES. 
Débris de Chéloniens . . . 



POISSONS. 

Dentex laekeniensis, van Ben. (2). . . . 

Galeocerdo latidens, Ag '..'.,. 

Otodusmacrotus, Ag 

Lamna elegans, Ag 

Myliobates Sp.? 

OÈtobates rectus? Dix. . . 

» irregularis, Ag 

CRUSTACÉS. 

Pseudocarcinus (Cancer) Burtini ? Gai. 
(Pinces). 

CÉPHALOPODES. 

Belosepia Cuvieri, Desh 

» brevispina, Sow 

» Bîairivilleï, Desh 



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rr 
rr 



rr 



(1) Le degré d'abondance ou de rareté des espèces citées dans cette liste est indiqué 
approximativement par les lettres c — ce — r — rr qui signifient respectivement : com- 
mun, très-commun, rare, très-rare. La lettre F veut dire espèce nouvelle pour la 
Faune, la lettre N signifie espèce entièrement nouvelle. 

(2) Nom manuscrit. 



70 



SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 



. « 



ESPÈCES. 



Wbmmel 



C *® 

c t: 

SJ.= 



1 

2 
3 

5 

6 
7 
8 
9 
10 
11 
42 
13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 
21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 
30 
31 
32 
33 
M 
35 
36 
37 
38 



Beloptera belemnitoïdea, de Blainv. 

Nautilus Lamarcki, Desh 

» Sp? (Mandibules) 



GASTEROPODES. 



Rostellaria columbaria, Lamk 

» fissurella, Lamk 

» lucida, Morris 

Seraphs (Terebellum) fusiforme, Lamk. 

Triton colubrinum? Lamk 

Cancellaria striatula, Desh 

» laekeniana, Vinc 

» funiculifera, Vinc 

Pyrula (Ficula) nexilis, Lamk 

Fusus regularis, Sovv . . 

» longaevus, Brand 

» bulbus, Var D. Desh. ....... 

» bifasciatus, Sow 

» Crokaerti, Vinc. et Lef 

» turgidus, Brand 

» . undosus, Sow 

» scalaris, Lamk 

» porrectus? Sow 

Ringicula ringens, Desh. . 

Cassidaria carinata, Brug 

» singularis, Desh 

» enodis, Desh 

Ancillaria fusiformis, Lamk 

» buccinoïdes, Lamk 

Conus parisiensis, Desh , . . . 

» diversiformis? Desh 

Pleurotoma inflexa, Lamk 

» inarata, Sow 

» dentata, Lamk 

» teretrium, Desh 

)) amphiconus, J. Sow 

» costata, Vinc. (Coll.) . . . . 

Voluta spinosa, Lamk 

» bicorona, Lamk . . . . 

» ambigua? Lamk 

» recticosta? J. Sow. . . 

» mixta? Chemn 

Marginella quadriplicata, Nyst.(Mss.). . 



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MÉMOIRES. 



71 



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ESPÈCES. 



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39 Cypraea oviformis, Sow F 

40 Natica Hantoniensis, Sow F 

41 « epiglottina, Lamk 

42 » labellata? Lamk F 

43 » conica, Desh 

44 Sigaretus clathratus, Gm 

45 Pyramidella quadriplicata, Nyst .... F 

46 Eulima (Melania) nitida, Lamk F 

47 Chenopus intuberculatus, Vinc N 

48 Turritella elegans, Desh F 

49 » brevis, Sow 

50 » abbreviata, Desh 

51 Vermetus (Solarium) Nysti, Gai c 

52 Scalaria spirala, Gai c 

53 » multilamella, Bast . rr 

54 » subcylindrica, Nyst rr 

55 » affinis?Desh F 

56 » striatula, Desh F 

57 » Nysti, Lef N 

58 » lœvigata, Lef. N 

59 » Dixoni, Lef. N 

60 » compressilamella, Vinc N 

61 » iiiterrupta, Dix 

62 Littorina cyclostomoïdes, Desh. . . . 

63 Solarium trochiforme, Desh , 

64 » calvimontanum, Desh 

65 Bifrontia marginata, Desh. 

66 Phorus(Trochus)agglutinans, Lamk. . . 

67 Calvptraea trochiformis, Lamk 

68 » sulcata, Vinc. (Coll.). .... 

69 Dentalium fissura, Lamk 

70 » substriatum, Desh 

71 » acicula? Desh 

72 Tornatella Honi, Nyst 

73 » sulcata, Lamk 

74 Cylichna (Bulla) cylindroïdes, Desh. . ■ 

75 » » ambigena, Desh 

76 Scaphander (Bulla) attenuata? Sow. . . 

77 » » laevis, Defr 

78 Philine (Bullsea) extensa, Sow 

79 Osselets deBullidés F 



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BRACHIOPODES. 

Argiope Lefevrei, Nyst 



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72 



SOCIÉTÉ MALAGOLOGIQUE DE BELGIQUE. 



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45 



ESPÈCES. 



Wbhmel. 



LAMELLIBRANCHES. 

Ostrea flabellula, Lamk 

Anomia scabrosa, Wood . . 

Pecten corneus, Sow 

» sublsevigatus, Nyst 

» Honi, Nyst 

Avicula fragilis, Defr 

» média, Sow 

» papyracea, Sow 

Pinna margaritacea, Lamk 

Modiola nitens, Lef 

» hastata, Desh 

Mytilus (Modiola) nuculseformis, Lehon 

& Nyst 

» depressus? Desh 

» Sp? 

Arca barbatula, Lamk 

» aviculina, Desh 

Pectunculus Nysti, Gai 

» pulvinatus, Lamk 

Limopsis lima, Gai. & Nyst 

» auritoïdes, Gai 

Nucula parisiensis, Desh . . 

» lunulata, Nyst 

Leda (Nucula) Galeottiana, Nyst 

» » striata, Lamk 

Cardium asperulum, Lamk 

» Edwardsi, Desh 

» Honi, Nyst 

» porulosum, Brand 

Lucina Galeottiana, Nyst 

)) mitis, Sow 

» pulchella, Ag 

Diplodontapuncturata, Nyst 

Cyprina Roffiaeni, Lef 

Astarte Nysti, Kickx 

Grassatella Nystana, d'Orb 

» trigonata, Lamk 

Cypricardia (Venus) pectinifera, Sow. . 
Cardita (Venericardia) acuticostata, Desh 

» elegans, Lamk 

Verticordia obliquata, Edw. ...... 

Woodia profunda, Desh 

Lutetia parisiensis, Desh 

Cytherea Honi, Nyst 

» suberycinoïdes, Desh 

» sulcataria, Desh 



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MÉMOIRES. 



73 



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ESPÈCES. 



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Wbmmbl. 



46 Cytherea lsevigata, Lamk. . . 

47 Syndosmyabrevis?Desh. . . 

48 Tellina plagia, Edw 

49 » rostralis. Lamk. . . . 

50 » textilis, Edw. . . . . 

51 » canaliculata, Edw.. . 

52 Psammobia effusa? Lamk.. . 

53 Solen vaginalis, Desh. . . . 

54 » obliquus, Sow. . . . . 

55 » angustus? Desh. . . . 

56 Cultellus wemmelensis, Lef. 

57 Solecurtus Deshayesi, Desm. 

58 Corbula ficus? Brand 

59 » gallica, Lamk. . . . 

60 » Lamarcki, Desh. . . 

61 » pisum, Sow 

62 Panopsea intermedia, Sow. . 

63 » Heberti? Bosq. . . 

64 Pholadomya virgulosa, Sow. 

65 Fistulana angusta, Desh. . . 
QQ Clavagella coronata, Desh. . 
67 Teredo vermicularis, Desh. . 



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BRYOZOAIRES. 



1 Lunulites urceolata, Lamk. . . > . 

2 Cellepora petiolus, Dix 

3 Pyripora (Flustra) contexta, Goldf. 



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ANNÉLIDES. 

Serpula Mellevillei, Nyst & Lehon. . . . 

» Toilliezi, Nyst & Lehon 

Ditrupa, Sp? 



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ECHINODERMES. 



Spatangus Omaliusi, Gai. 
Cidaris? (Aiguillons) . . . 



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40 



74 



SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 






ESPÈCES. 



1 

2 
3 

5 
6 

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8 
9 

40 
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12 
13 



3& 

Astrea histrix, Def 

Diplhelia(Cariophyllia)multistellata,Gal. 

Turbinolia Nystana, Ed. & II 

Sphenotrochus cuneolus, Vinc 

Eupsammia Burtinana, Ed. & H 

Dendrophyllia? grànulata, Nyst 



FORAMINIFÈRES. 

Nodosaria , 

Cristellaria 

Polymorphina 

Uvigerina. . . . . 

Textularia 

Bulimina 

Truncatulina . 

Rotalia 

NummulitesHeberti, Lamk.(l). . . 

Operculina Orbignyi, Gai 

Nonionina 

Miliola 

Dactylopora cylindrica, Lamk. . . 





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Wemmel. 

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Quelques espèces nouvelles et inédites , citées dans notre 
liste sous leurs noms manuscrits ou de collection (Pleurotoma 
costata Vinc, Marginella quadriplicata Nyst, Calyptrœa sul- 
cata Vinc, Mytilus Sp?, Cyprina Roffîaeni Lef., Ditrupa 
Sp. ?...)? seront décrites dans le prochain volume de nos Annales. 



(1) Voir la note de la page 55. 



LISTE 

DES FOSSILES DE L'ÉTAGE LAEKENIEN INFÉRIEUR 

DE LAEKEN. 



POISSONS. 

Lamna elegans, Ag. 

» crassidens, Ag. 
Otodus macrotus, Ag. 
Carcharodon heterodon, Ag. 
OEtobates irregularis, Ag. 

CÉPHALOPODES. 

Belosepia Cuvieri, Desh. 
Beloptera belemnitoïdea, De Blainv. 
Nautilus Sp.? (Mandibules). 

GASTÉROPODES. 

Turritella brevis, Sow. 

LAMELLIBRANCHES. 

Teredo Burtini, Desh. 
Pecten plebeius, Lamk. 

)> corneus, Sow. 
Cardium Sp.? 

Peetunculus pulvinatus, Lamk. 
Nucula lunulata, Nyst. 
Ostrea gigantica, Brand. 

» gryphina, Desh. 

» cariosa, Desh. 

ANNÉLIDES. 

Ditrupa (Dentalium) strangulala, Desh. 

ÉCHIWODERMES. 

i 

Echinolampas Galleottianus, Forbes. 
Lenita (Nucleolites) patelloïdea, Gai. 

ANTHOZOAIRES. 

Eupsammia Burtinana, Ed. & H. 

JFORAMIMIFÈRES. 

Nummulites lsevigata, Lamk. 

» variolaria? Lamk, 

Orbitolites complanata, Lamk. 



isr o rsr iei 



SUR LE PARALLÉLISME DES COUCHES TERTIAIRES 
DE WEMMEL ET DE CASSEL. 



Dans le but d'étudier les couches tertiaires de Cassel, nous 
avons visité les environs de cette charmante petite ville, qui, 
bâtie sur le sommet du mont qui porte son nom, offre au tou- 
riste un des sites les plus pittoresques que Ton puisse rencon- 
trer dans un pays de plaine. Les collines de Cassel, dont le 
point culminant n'a pas moins de 157 mètres d'altitude, sont 
des témoins naturels qui ont été conservés lors de la dénudation 
de cette contrée. 

Les dépôts tertiaires dont ils sont formés ont été tout parti- 
culièrement étudiés par MM. Ortlieb et Chellonneix et minu- 
tieusement décrits par eux dans leur Etude géologique des 
collines tertiaires du département du Nord, comparées avec 
celles de la Belgique. Lille, 1870. 

Entre les dépôts tertiaires de Cassel et ceux de Wemmel et 
Jette, il existe une analogie frappante, qu'on retrouve dans les 
faunes de ces terrains. Mais s'il, existe à Cassel une série 
presque complète des couches laekeniennes , il n'en est 
plus ainsi à Bruxelles; ce n'est qu'après beaucoup de re- 
cherches que nous sommes parvenus à connaître quelques 
rares affleurements de l'étage supérieur. De là vient la diffi- 
culté de rapporter ces terrains, zone par zone, à ceux de Cassel. 
De plus, la zone fossilifère inférieure de Wemmel, Laeken 
et Jette, qui est très-dé veloppée dans nos environs, surtout 



MÉMOIRES. 77 

au Stuyvenberg, près de Laeken, semble ne pas exister à 
Cassel : elle ne figure pas dans la coupe du mont des Récol- 
lets donnée par MM. Ortlieb et Chellonneix dans l'ouvrage 
précité. 

Il est à remarquer que ces géologues ne font pas mention 
dans leur résumé stratigraphique des terrains que nous étudions 
depuis longtemps à Wemmel et Jette. Une découverte récente 
nous permet aujourd'hui de combler cette lacune. 

Il y a quelques mois, l'on a commencé à creuser à Jette, à un 
endroit situe à 65 mètres au-dessus du niveau de la mer, un 
puits devant servir à alimenter une briqueterie ; non loin de là 
passe la chaussée Romaine, qui est le point le plus élevé de 
la localité et dont l'altitude est de 80 mètres. A la superficie 
du puits nous constatons l'existence d'un limon sableux, avec 
cailloux roulés à la base, et immédiatement en dessous un 
sable d'une nuance chamois, micacé, sans fossiles, indiqué 
déjà par Lehon, dans sa coupe du chemin du Couvent. Vient 
ensuite une couche d'argile grise, compacte, légèrement rosée 
à la partie supérieure. Ces deux couches se trouvent représen- 
tées à Cassel, dans plusieurs carrières; l'argile grise notam- 
ment près de la Gendarmerie. Comme MM. Ortlieb et Chellon- 
neix nous croyons cette argile tongrienne. 

Les sables chamois dont l'âge n'a pu être, jusqu'aujourd'hui, 
déterminé avec certitude, s'observent au Mont-Rouge et au 
Mont-des-Chats, entre la limite supérieure du laekenien et 
inférieure du diestien. A Jette ils surmontent l'argile grise ; 
si ce dernier dépôt est tongrien, le sable chamois qui lui est 
superposé, doit rentrer, croyons-nous, dans le même système. 

Ensuite nous rencontrons dans notre puits une argile sa- 
bleuse d'un gris-jaunâtre, glauconifère, qui est notre zone 
laekenienne la plus élevée ; elle repose sur un sable gris-ver- 
dâtre, très-glauconifère qui est le prolongement de notre zone 
fossilifère supérieure de la carrière de Wemmel. A ces deux 
couches correspondent, à Cassel, la bande noire et l'argile glau- 
conifère. A Bruxelles et à Cassel la composition minéralogique 



78 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

est la même, dans les deux localités ces couches terminent la 
série de l'éocène moyen; enfin, leurs faunes sont pour ainsi dire 
identiques. Aujourd'hui, suivant MM. Ortlieb et Chellonneix, la 
bande noire et l'argile sableuse de Cassel forment une même 
zone paléontologique, il en est de même chez nous, avec la 
seule différence qu'à Cassel, c'est dans l'argile glauconifôre 
qu'on rencontre le plus grand nombre de fossiles, tandis qu'à 
Wemmel, c'est dans notre zone fossilifère supérieure, qui re- 
présente la bande noire, qu'on les retrouve. 

Nous venons de dire que la faune est presque identique. 
Il est cité, dans l'ouvrage des Collines tertiaires, comme fossiles 
caractéristiques communs, selon M. Nyst : 

Gorbula pistfm, Sow. Leda Galeottiana, Nyst. 

Venus suberycinoïdes, Desh. Ostrea inflata, Desh. 

— sulcataria, Desh. — flabellula, Lamk. 
Gardium Edwardsi, Desh. Voluta spinosa, L. 

— asperulum? Lamk. Bulla Parisiensis, d'Orb. 

— porulosum, Brand. Stalagmium Nysti, Gai. 
Nucula Parisiensis, Desh. Lunulites radiata, Lamk. 
Pecten corneus, Sow. — urceolata, Lamk. 

Toutes ces coquilles, à part Y Ostrea injlata, ont été retrou- 
vées par nous, aussi bien à Cassel qu'à Wemmel, Il ne sera 
pas sans importance, croyons-nous, de mentionner les sui- 
vantes, non connues de Cassel, et recueillies par nous dans les 
deux localités. 

Belosepia Cuvieri, Desh. 
Turritella brevis, Sow. 
Pleurotoma amphiconus? J. Sow. 
Crassateila Nystana, d'Orb. 
Tellina plagia, Edw. 
Pecten Honi ? Nyst. 

Le creusement du puits, qui a atteint 13 mètres de profon- 
deur, n'est pas encore assez avancé pour nous permettre de 
continuer cette étude. 

Sir Ch. Lyell, au moyen de quelques fossiles recueillis par 



MÉMOIRES. 79 

lui dans la bande noire de Cassel, avait cru y reconnaître un 
dépôt de formation laekenienne; plus tard MM. Ortlieb et 
Chellonneix confirmèrent cette opinion ; les observations que 
nous présentons aujourd'hui lèvent, croyons-nous, tout doute 
sur l'âge de ces terrains et doivent faire abandonner l'opinion 
de Dumont et de Meugy, qui les rangeaient dans le système 
tongrien. 



EXPLICATION DES PLANCHES- 



PLANCHE II. 



figure 1 Cancellaria funiculifera Vinc. — Coquille vue de face, grossie (1). 
2 » laekeniana Yinc. — Coquille vue de face. 

5 » » ■ — La même, vue du dos. 

4- Scalaria Nysti Lef. — Coquille vue de face. 

5 » Diœoni Lef. — Coquille vue de face. 

6 » lœvigala Lef. — Exemplaire adulte, vu de face.- 

7 » » — Spécimen jeune, portant quelques plis aux 

premiers tours de spire, vu de trois-quarts pour montrer le 
bourrelet du péristome. 
v 8 » compressilamella Yinc. — Exemplaire incomplet. 

9 Chenopus inluberculalus Yinc. — Exemplaire incomplet, vu de face, 

de grandeur naturelle. (Le pointillé 
indique les parties manquant à l'exem- 
plaire). 
10 )> n — Le même vu du dos. 



PLANCHE III. 

Figure 1 Fusus Crohaerli Yinc. et Lef. — De grandeur naturelle (le pointillé 
montre la partie manquant à l'exemplaire). 
2 Modiola nilens Lef. — Exemplaire bivalve, vu du dos, de grandeur 

naturelle. 
5 » » — Le même, vu par la valve gauche. 

4 Cullellus wemmelensis Lef. — Valve droite, vue intérieurement, de 

grandeur naturelle. 

5 » » — Valve gauche, vue extérieurement, de 

grandeur naturelle. 

6 ' » » — La même, vue intérieurement. 

7 Argiope Lefevrei Nyst. — Valve dorsale , vue intérieurement, très- 

grossie. 

8 » » — La même, vue extérieurement. 

9 Sphenolrochus cuneolus Vinc. — Exemplaire grossi. 



(1) Les coquilles grossies ont leur grandeur naturelle indiquée par un trait. 



SUR LÀ LUI MU LUI 



ET 



SUR SES VARIÉTÉS OBSERVÉES EN BELGIQUE 



PAR 

G. COLLIN. 

(Planche IV.) 



SÉANCE DU 1 er DÉCEMBRE 1872. 



Depuis le temps des Linné, des Klein et autres illustres 
savants, l'étude de la Malacologie s'est sensiblement répandue 
et, tandis qu'on la dépréciait auparavant, elle se voit aujour- 
d'hui prisée par un grand nombre de personnes. Partout l'on 
s'efforce d'étendre les notions de la Malacologie et ce vaste 
champ est bien loin d'être épuisé. On cherche beaucoup à dé- 
crire de nouvelles espèces et à faire connaître les faunes de 
pays éloignés du nôtre, et au milieu de toutes ces découvertes, 
l'on a peut-être tort de négliger d'approfondir l'étude de nos 
espèces déjà décrites depuis longtemps. Notre' Limnée com- 
mune (Limnea stagnalis Linné) en est un exemple. 

J'ai été à même, sans cependant avoir longtemps cherché 
(mes chasses, sur cette Limnée ne datant que de deux ans), de 
faire un certain nombre d'observations qui me paraissent dignes 
d'être mentionnées. 

Mes observations portant sur divers ordres de faits, j'ai cru 
bon de les présenter en trois parties, en citant d'abord les ano- 
malies de l'animal qui comprennent sa forme et sa couleur, en 
second lieu les variations de forme et de couleur de la coquille, 

n 



82 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

et enfin en rapportant des faits, concernant l'hérédité de cer- 
taines anomalies. 



I. 



ANOMALIES DE l' ANIMAL. 



1. Dédoublement des tentacules. (Figure I.) — L'animal est 
entièrement normal à l'exception de ses tentacules. Aux trois 
quarts de ceux-ci et du côté extérieur, il s'est produit une 
espèce de disjonction ou d'excroissance ressemblant elle-même 
9, un petit tentacule, et naissant à peu près en angle de trente 
degrés par rapport à l'organe mère. La partie dédoublée est 
colorée de la même teinte que le tentacule. 

L'on sait parfaitement que le tentacule a un nerf assez déve- 
loppé qui se ramifie, à une certaine hauteur, en plusieurs autres 
dont le principal continue jusque près du sommet. Le dédou- 
blement que j'ai observé est placé un peu plus haut que le com- 
mencement des ramifications du nerf principal; il est traversé 
par une de ces ramifications presqu'aussi grosse que celle qui 
atteint le sommet du tentacule ; cette ramification lui sert de 
nerf principal et est elle-même accompagnée de quelques nerfs 
secondaires très-peu visibles et extrêmement tenus. Ce lobe 
dédoublé, muni de ses nerfs, semble donc être un second organe 
olfactif supplémentaire. Je ne puis affirmer s'il possédait les 
mêmes propriétés que le tentacule dont il dérivait ou bien s'il 
avait d'autres facultés et par cela même un autre usage ; toute- 
fois il paraissait doué de la même sensibilité, car lorsqu'on 
venait à effrayer l'animal en marche, il ramenait les petits ten- 
tacules contre les grands avant de protéger ceux-ci. 

C'est dans une chasse faite avec M. Colbeau, le 11 mars 
1872, aux étangs d'Ixelles, que j'ai trouvé ce curieux individu. 

Moquin-Tandon, dans son Histoire naturelle des Mollusques 
terrestres et fluviatiles de France, tome I, p. 322-325, ne cite 
que quelques rares exemples d'anomalie par dédoublement. 



MÉMOIRES. 83 

2. Limnea stagnalis var. sinistrorsa Jeffr. (Figure 2.) — 
L'animal a les mêmes organes que le type, seulement il les a 
renversés : ainsi l'orifice respiratoire est ici situé du côté 
gauche, les orifices des organes sexuels sont aussi du même 
côté. Le cœur est à droite au lieu d'être à gauche, et les sys- 
tèmes reproducteur et digestif se trouvent de point en point 
tournés du côté opposé à celui qu'ils occupent dans les individus 
normaux. La coquille est parfaitement formée, c'est une 
Limnée ordinaire, sauf sa sinistrorsité. La figure, d'ailleurs, 
représente toute la différence qui existe entre un exemplaire 
normal et la variété sénestre. 

La découverte de cette grande rareté est due à notre collègue 
M. E. de Bullemont qui en a recueilli, non pas un individu, 
mais une vingtaine au moins, lors d'une excursion de la Société 
Royale Linnéenne de Bruxelles, faite en 1871, aux environs 
d'Aerschot. C'est dans une petite mare qui n'a pas cent mètres 
carrés, cachée au milieu des prairies, que tous les exemplaires 
sénestres se trouvaient réunis en même temps qu'un nombre 
beaucoup plus considérable d'exemplaires normaux, d'assez 
petite taille et de forme assez allongée. Le fond de cette mare 
est assez sablonneux et peu de plantes couvrent sa surface. 
Plusieurs autres mares paraissant se trouver dans les mêmes 
conditions, se rencontrent aux environs, mais elles ne ren- 
ferment pas d'exemplaires sénestres, et les exemplaires nor- 
maux, très-nombreux, y atteignent des dimensions plus grandes 
que dans la première. 

C'est la troisième fois seulement, croyons-nous, que l'on cite 
des exemples de sinistrorsité chez la L. stagnalis, et les deux 
premiers cas ne concernaient chacun qu'un unique exemplaire. 
(Voyez : Isid. Geoffroy St-Hilaire. 1836. Des anomalies de l'or- 
ganisation. Tome II, p. 27; et Jeffrey s. 1862. British Conc/io- 
logy. Vol. I, p. 112.) La découverte de M. de Bullemont est 
donc tout à fait remarquable. 

3. Limnea stagnalis var. lutea Mihi. (Figure 3.) — La 
forme de la coquille de cette variété est identique à celle du 



84 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

type, mais elle diffère par sa couleur, en ce qu'elle a sur 
presque toute sa surface une teinte rouge carmin qui s'accentue 
de plus en plus à mesure que l'on arrive plus près de la bouche 
(Var. rosea Gass.). L'animal est de même forme que celui d'une 
Limnée ordinaire, mais sa couleur est d un beau jaune d'or, 
presque jaune orange; tous les organes sont affectés de cette 
couleur, mais à des degrés plus ou moins forts ; la masse buc- 
cale se distingue parfaitement par sa couleur rouge carmin pâle 
qui permet d'en observer très-bien tous les mouvements. La 
belle teinte de l'animal est due à une quantité de petits points 
oranges, parsemés irrégulièrement sur la chair, sous l'épi- 
derme. 

Cette magnifique variété est encore le résultat de la pêche 
que j'ai faite avec M. Colbeau, le 11 mars 1872. Je l'ai trouvée 
en assez grand nombre (une vingtaine d'individus) dans un 
même étang à Ix elles, où se trouvait une très-grande quantité 
d'individus normaux; M. Vincent Ta rencontrée également 
dans l'étang de St-Josse-ten-Noode, Il me parait curieux d'ajouter 
que dans l'étang d'Ixelles, où j'ai recueilli cette variété, se 
trouvaient en même temps plusieurs exemplaires de la Limnea 
limosa L., ayant la même couleur orangée. Cette variété, par 
sa brillante couleur, donnerait aux aquarium qui la renferme- 
raient un effet vraiment magique. 

Il m'est entièrement impossible d'indiquer la cause de cette 
coloration de l'animal et de la coquille (1). 

(1) Je crois pouvoir mentionner ici en note la présence d'un Ento- 
zoaire dans une Limnée stagnale jeune dont j'étudiais l'anatomie. 
Il mesurait près d'un millimètre et se trouvait dans le canal intesti- 
nal : il avait quelqu'analogie avec une tige de bambou, dont chaque 
nœud, assez séparé, fait dépression, et une certaine ressemblance 
avec l'Entozoaire figuré par M. Vanden Broeck dans le tome V 
de nos Annales, pi. 2, f. 7 et 8. Je regrette de n'avoir pu l'ob- 
server et de ne pouvoir en donner une description détaillée : je ne 
rapporte le fait que pour constater la présence d'Entozoaires chez 
les Limnées. 



MÉMOIRES. 85 

II. 

ANOMALIES DE LA COQUILLE. 

Avant d'aborder l'énumération des modifications observées 
chez nous dans la coquille de la Limnea stagnalis, je crois 
devoir déclarer que, pour éviter d'entrer en discussion sur la 
valeur des termes variété, variation, -monstruosité, etc., je me 
suis décidé à me servir ici du mot variété pour désigner toutes 
les différences de forme, bien que certaines d'entre elles ne 
soient que des déformations purement accidentelles. J'entends 
donc ici par variété toute modification du type, soit variation 
ou déviation constante et héréditaire, soit anomalie ou mons- 
truosité temporaire ou non. 

J'ai cherché à désigner mes variétés par des noms indiquant 
par eux-mêmes la nature de la déformation de la coquille. 

1. Var. maxima Mihi. — Cette variété atteint jusqu'à 8 cen- 
timètres de longueur et plus; elle est de forme très-régulière. 
La bouche est plus ou moins évasée, ce qui donne à la coquille 
une forme plus ou moins renflée, mais toujours régulière. 

J'ai trouvé cette variété dans l'étang de la Cambre, aujour- 
d'hui comblé ; ce sont les plus grands exemplaires rencontrés 
en Belgique. On la trouve également aux environs de Hal. 
Souvent les individus de cette variété se rapportent également 
à la var. roseo labiata. 

Je la distingue de la var. major de Moquin-Tandon parce 
qu'elle est beaucoup plus grande, Moquin ne donnant que 65 
millimètres pour mesure de son plus grand échantillon. 

2. Var. expansa Mihi. (Figure 4). — Cette intéressante 
variété a sa spire tout à fait normale; sa bouche, au contraire, 
est identique à celle de la L. aurimlaria, c'est-à-dire très- 
évasée et arrondie ; le péristome est un peu épais ; le bord colu- 
mellaire un peu tordu et réfléchi. 

Cette variété est beaucoup plus rare que la précédente ; on 



86 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

l'a rencontrée quelquefois aux environs de Bruxelles; je la 
possède des étangs d'Ixelles et de Boitsfort. 

Selon mon collège, M. Colbeau, cette forme serait l'âge 
complètement adulte de la coquille. Je serais plutôt porté à y 
voir un passage entre la Z. stagnalis et la L. auricularia. 

3. Var. quaàmngulata Mihi. (Figure 5). — Cette variété a 
le haut de la coquille semblable au type ; mais l'ouverture est 
moitié plus petite que dans un exemplaire normal, elle est rec- 
tangulaire allongée, formant un angle presque droit aux deux 
côtés de son sommet, elle est également plus ou moins carrée 
à sa base mais dune manière moins prononcée. 

Cette variété semble assez répandue mais caractérisée à des 
degrés fort différents : lorsqu'elle est bien accentuée, elle offre 
un aspect fort singulier. Je possède un exemplaire d'un étang 
de Boitsfort dont l'ouverture n'a que 12 à 13 millimètres de 
largeur. 

4. Var. alla Mihi. — Cette variété est de forme un peu plus 
allongée que celle du type : elle est de couleur blanc de lait 
assez transparent. 

Elle a été trouvée une fois en assez grand nombre dans un 
petit ruisseau du Bas-Ixelles, derrière le jardin de l'Hermi- 
tage. Tous les exemplaires étaient entièrement recouverts d'une 
couche verte formée de conferves et autres plantes aquatiques, 
et ce n'est qu'après avoir été nettoyés avec soin qu'ils ont mon- 
tré leur véritable couleur. On a également rencontré plusieurs 
exemplaires dans les marais d'Exaerde. 

• 5. Var. erosa Mihi. — Les individus de cette variété ont, la 
plupart du temps, le test épaissi, mais parsemé, surtout vers le 
haut de chaque tour de spire, d'érosions plus ou moins fortes et 
nombreuses. 

Notre collègue, M. Lefèvre, en a trouvé un très-grand nom- 
bre à Moustier-sur-Sambre, près de Namur. 

Cette singulière anomalie, qui peut affecter toutes les coquilles 
fluviatiles, a été dernièrement le sujet d'un travail de M. le 



MÉMOIRES. 87 

D r C. Wiechmann, inséré dans nos Bulletins (1). Ce savant 
semble attribuer l'érosion delà coquille de la Z. stagnalis uni- 
quement aux atteintes que lui font subir continuellement ses 
congénères. Les observations de MM. Vanden Broeck et Pur- 
ves, publiées à la suite de ce travail, ne permettent pas d'adop- 
ter exclusivement cette cause d'érosion des coquilles. 

6. Var. regularis Mihi. (Figure 6). — C'est la plus belle de 
nos variétés de la L. stagnalis ; elle est ordinairement plus 
grande que le type, ses tours de spire sont soudés entre eux de 
manière à ne former aucune dépression aux sutures, comme 

cela se voit dans le type. 

On la trouve à Lessines , où les exemplaires sont les plus 
beaux et les plus purs. Je l'ai également rencontrée à Boitsfort 
mais elle y est très-rare. M. Vanden Broeck l'a trouvée dans 
des marais aux environs de Bruxelles. 

7. Var. distorta Mibi. (Figure 7). — On rencontre parfois 
des individus dont la spire se courbe plus ou moins d'un côté ou 
d'autre ; c'est à ces individus que je donne le nom de var. dis- 
torta. Les beaux échantillons sont extrêmement rares ; ceux 
qui n'ont que l'extrême sommet un peu fléchi sont, au contraire, 
assez communs. 

Les exemplaires que j'ai recueillis proviennent des étangs 
d'Ixelles et de Boitsfort. M. Colbeau en a trouvé à Oostduyn- 
kerke. 

s \ 

8. Var. aperta Mïhi. (Figure 8). — Cette déformation est 
assez singulière en ce qui regarde la partie inférieure de l'ou- 
verture : le bord du péristome est si ouvert à la columelle que 
Ton distingue parfaitement jusqu'à l'extrême sommet de la 
spire intérieure. Le reste de la coquille est identique au type, 
mais cette dilatation lui donne un aspect globuleux. 

On ne la rencontre que très-rarement : l'exemplaire qui est 
en ma possession provient des étangs d'Ixelles. 

(1) Ann. delà Soc. Malac. de Belg. Bullet. Tome VII, 1872, p.civ. 



88 SOCIÉTÉ MALACOLOGÏQUE DE BELGIQUE. 

9. Var. biplicata Mihi. (Figure 10). — Cette variété est la 
plus singulière et l'une des plus rares que Ion ait rencontrées. 
Elle est plus globuleuse et plus ramassée que le type, mais ce 
qui l'en distingue tout spécialement, ce sont deux plis très-for- 
tement accentués qui courent sur la columelle. La coquille est 
tellement régulière que l'on ne " saurait supposer que ces plis 
proviennent d'un accident quelconque. 

Le seul exemplaire connu est en ma possession : je l'ai trouvé 
dans un des étangs d'Ixelles. 

10. Var. costulata Mihi. — Cette coquille, quoique sembla- 
ble au type par sa forme, mérite cependant une attention toute 
particulière à cause des espèces de côtes dont elle est couverte. 
Ces côtes, qui rendent fort beau l'aspect de cette variété, se 
prolongent en ondulant légèrement sur chaque tour de spire 
dans le sens des accroissements de la coquille ; elles sont d'une 
grande régularité et équidistantes l'une de l'autre d'environ 
trois quarts de millimètre. 

Le seul exemplaire que je connaisse de cette variété a été 
trouvé dans un étang d'Ixelles. 

11. Var. minima J. Colb. (collection). (Figure 9). — Cette 
coquille, d'une petitesse extrême, ne mesure qu'un centimètre 
de hauteur : elle est mince, de forme raccourcie et ramassée 
sur elle-même, ce qui lui donne un peu l'aspect d'une L. limosa. 

L'unique exemplaire connu jusqu'à ce jour, a été découvert 
par M. Colbeau près de Bruxelles, dans le canal de Charleroi. 

12. Var. giblosa J. Colb. (collection). — Cette anomalie est 
de taille moyenne et porte une forte gibbosité sur le dernier 
tour de spire. Cette gibbosité s'étend sur toute la largeur de ce 
tour dans le sens des lignes d'accroissements. 

La découverte de cette singulière coquille est due à M. Col- 
beau qui l'a recueillie à Namur, dans la Meuse. J'en ai trouvé 
également un ou deux exemplaires à Forest, mais moins accen- 
tués que l'exemplaire de M. Colbeau. 



MÉMOIRES. 89 

13. Var. illaqueata J. Colb. (collection). — Cette variété 
est de forme plus ramassée que le type, sa bouche est assez 
évasée : elle se caractérise par des côtes irrégulières, mais 
très-bien accentuées, qui couvrent son dernier tour, dans le 
sens de la spire. 

Je ne connais qu'un seul exemplaire bien caractérisé de 
cette variété, trouvé par M. Colbeau dans les étangs de Saint- 
Josse-ten-Noode. On rencontre parfois des individus portant 
des traces légères de ces côtes. 

14. Var. scalaris Van den Broeck (Ann. Soc. Malac. de 
Belg., Tome V, planche 2, ûg. 1.) — La forme générale de 
cette coquille est celle d'un tire bouchon ; chaque tour de 
spire est très-arrondi. 

Un exemplaire de cette belle variété a été trouvé à Blan- 
kenberghe, par feu M. le major Le Hon. 

15. Var. aquarii J. Colb. (Ann. Soc. Malac. de Belg., 
Tome I, planche 2, ûg. 6.) — Coquille de taille très-petite, 
16 millimètres, mince et de forme un peu raccourcie. 

J'ai obtenu quelques exemplaires de cette variété dans mon 
aquarium, mais leur forme n'est pas toujours la même. 

16. Var. arenaria J. Colb. (Ann. Soc. Malac. de Belg., 
Tome I, planche 2, ûg. 5.) — Coquille petite, de 29 à 30 mil- 
limètres et moins, de forme assez étroite, la plus grande lar- 
geur étant d'environ 12 millimètres ; ayant environ 6 tours de 
spire. Ouverture peu grande, à bord droit un peu infléchi à son 
insertion sur le dernier tour. 

Trouvée en grand nombre par M. Colbeau dans une flaque 
d'eau des dunes, près de Oostduynkerke. 

17. Var. productaJ. Colb. (Matériaux pour la Faune Malac. 
de Belg.) — Coquille plus allongée que le type. 

Étangs d'Ixelles et de Rouge-Cloî>tre. Aerschot. 

18. Var. rosea Gass. (Tableau des Moll. terr. et d'eau douce 
de TAgenais.) — Coquille de couleur rosée. 

12 



90 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

J'ai trouvé en assez grand nombre, dans un étang à Ixelles, 
des exemplaires que je crois pouvoir rapporter à cette variété 
de couleur. 

19. Var. subfusca Moq. (Hist. Nat. des Moll. terr. et nuv. 
de la France.) — Coquille brunâtre. 

Commune aux environs de Bruxelles. 
Je rapporte à la variété de Moquin, mais avec un certain 
cloute, nos exemplaires de couleur plus ou moins brunâtre. 

20. Var. major Moq. — - Coquille beaucoup plus grande, 
cornée. 

Cette variété se rencontre dans un grand nombre de mares 
et étangs un peu abrités de la Belgique. 

Moquin ne donne pas la taille de cette variété, mais comme 
il donne pour dimensions extrêmes de l'espèce : hauteur 40 à 
65 mill., diamètre 20 à 30 mill., il est à supposer que sa va- 
riété major se rapporte aux plus grands exemplaires qu'il a vus. 

21. Var. pumila Moq. — Coquille beaucoup plus petite, 
couleur d'ambre. 

Je ne connais en Belgique que les localités de Forest et 
d'Aerschot où elle ait été trouvée. 

De même que pour la variété précédente, Moquin ne donne 
pas la taille de la var. pumila ; on doit sans doute y rapporter 
les plus petits exemplaires dont il parle. 



. Var. turgida Moq. — Coquille plus ventrue, cendrée. 
On la trouve dans un grand nombre de marais et étangs des 
environs de Bruxelles, à Ixelles, St-Josse-ten-Noode etc., et à 
Aerschot. 

23. Var. roseo-labiata Wolf. (Moq.) — Coquille un peu plus 
étroite, d'un brun-noir, ouverture bordée intérieurement de 
rose-violet. 

Trouvée à Ixelles, à Hal et dans quelques autres localités du 
Brabant. 



MÉMOIRES. 91 

24. Ya.Y.fragilis L. (Moq.) — Coquille beaucoup plus petite, 
plus étroite, plus mince, couleur d'ambre. 

Trouvée rarement dans les marais de peu d'étendue, aux 
environs de Bruxelles et à Aerschot. 



III. 



DE L'HÉRÉDITÉ CHEZ CERTAINES ANOMALIES DE LA LlMNEA 

STAGNALIS L. 

Autant est intéressante la question de l'hérédité, autant elle 
est ardue à traiter; aussi n'ai-je nullement cette prétention et 
me bornerai-je à faire connaître quelques observations que j'ai 
faites sur nos Limnea stagnalis. 

On sait que les différentes espèces chez les Mollusques, et 
chez les animaux en général, sont loin de présenter la fixité 
constante dans leurs générations ; elles semblent, au con- 
traire, s'altérer . constamment, changer de forme et de cou- 
leur. Etudier cette question c'est reconnaître combien sont va- 
riables les espèces et par conséquent combien sont intimes les 
passages des unes aux autres. 

Il est de fait que les Mollusques les plus communes sont 
aussi ceux qui offrent le plus de chances de se transformer et de 
produire de nouvelles formes : il est également vrai que ceux 
dont l'habitat comprend la plus grande étendue sont exposés 
à différentes conditions d'existence qui doivent produire les 
variations de leur animal et de leur coquille. Cette règle est 
surtout vraie pour le genre Limnée dont les espèces varient 
d'une manière très-prononcée, même dans une seule localité. 

Une autre cause de variation, mais qui se présente beaucoup 
plus rarement, est l'accouplement de deux espèces dis- 
tinctes (1). 

(1) J'ai observé cette année dans mon aquarium l'accouplement 
d'une Limnea auricularia avec une Limnea limosa et celui d'une Lim- 
nea limosa avec une Limnea palustris. 



92 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Toutes ces causes tendent à rendre plus rare le type et à 
faire apparaître temporairement certaines variétés. 

Mais la question la plus importante et sur laquelle les opi- 
nions sont les plus opposées est celle-ci : « Les nouvelles varié- 
tés peuvent-elles donner des générations semblables à elles?» 

Pour ce qui concerne la Limnea stagnalis^ je puis affirmer 
que certaines d'entre elles se reproduisent, tandis que d'autres 
se modifient de diverses façons. 

Malgré le petit nombre d'observations que j'ai faites jus- 
qu'aujourd'hui, je crois que l'on peut dire que « lorsque deux 
Limnées de variété semblable, quelqu'éloignée qu'elle soit du 
type, s'accouplent et vivent dans des conditions identiques à 
celles dans lesquelles elles sont nées et ont vécu elles-mêmes, 
la variété de forme ou de couleur de l'animal ou de la coquille 
persistera chez les petits » . 

Il nous reste à faire connaître nos observations. 

1 . Limnea stagnalis var. sinistrorsa. — Comme je l'ai dit 
plus haut, c'est à notre collègue M. E. de Bullemont que l'on 
doit la découverte de cette variété. Il la recueillit une première 
fois en 1871 , et cette année-ci il la retrouva encore au même 
endroit en nombre aussi considérable. Or, les exemplaires qu'il 
a recueillis cette année diffèrent assez sensiblement de ceux 
de l'année dernière qui étaient plus allongés et portaient quel- 
ques érosions, tandis que les derniers ne montrent pas ces éro- 
sions et sont plus globuleux. De plus, les individus de 1871 
étaient adultes, tandis que ceux de 1872 sont plus fragiles et 
de taille plus petite. Je crois que ces indices sont déjà assez 
concluants pour admettre deux générations. Mais, grâce à 
l'obligeance de notre collègue, qui nous a remi quelques exem- 
plaires vivants, j'ai pu, cette année, constater directement 
l'hérédité de la variété dans mon aquarium où ces exemplaires 
ont pondu, et où les jeunes ont aujourd'hui atteint une longueur 
de 2 millimètres. 

J'ai pu constater aussi que nulle Limnée dextre ne pouvait 



MÉMOIRES. 93 

par aucun moyen s'accoupler avec une Limnée sénestre ; ce 
qui, du reste, était facile à concevoir. Mais il était important 
de s'en assurer, car cela peut prouver que la première ponte 
qui a donné la variété sénestre se composait de plusieurs indi- 
vidus affectés de cette anomalie ou tout au moins que plusieurs 
individus ont surgi en même temps dans la mare : ceux-ci s'ac- 
couplant parfaitement entre eux puisque leurs organes, sauf 
leur situation, sont normalement conformés, et qu'ils sont 
entr'eux dans les mêmes conditions que les Limnées ordinaires, 
ont donné naissance aux nombreux descendants que nous trou- 
vons aujourd'hui. Ces descendants ne peuvent naturellement 
pas varier quant à leur caractère distinctif pour retourner au 
type, il faut qu'ils se reproduisent tels qu'ils sont ou qu'ils dis- 
paraissent tout d'un coup, car « il n'y a pas de subsénestre ou 
d'intermédiaire entre la forme dextre et la forme sénestre ». , 
mais ils peuvent, comme le type, présenter des différences quant 
à leur taille etc. suivant les circonstances où ils se trouvent. 

Il est donc de fait acquis que la variété sénestre est hérédi- 
taire et se maintient. 

2. Limnea stagnalis var. lutea. — C'est encore une variété 
que j'ai eu le bonheur de conserver et de voir se reproduire 
dans mon aquarium. Généralement elle tend à perdre peu à 
peu sa brillante couleur d'or pour devenir d'un blanc de lait, 
mais parfois aussi elle se reproduit de couleur aussi vive. 

La première ponte que j'ai obtenue provenait d un exem- 
plaire de notre variété qui s'était accouplé avec un individu de 
couleur normale, l'éclosion eut lieu le 21 mars 1872, les jeunes 
étaient les uns jaunes, les autres noirâtres et par la suite tous 
prirent cette dernière couleur. La seconde éclosion, qui eut lieu 
le 4 juin suivant, de deux individus de la variété lutea, pro- 
duisit des jeunes de couleur jaune noirâtre et d'autres jaune 
blanchâtre ; ceux-ci conservent aujourd'hui encore leur couleur 
qui tend à devenir peu à peu plus vive, tandis que les noirâtres 
tendent au contraire à devenir plus pâles. Dans la troisième, 



9 4 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

éclosion du 21 juin, provenant des deux mêmes individus, une 
partie des jeunes, ceux qui sont nés les premiers, étaient noirs, 
les autres jaunes. 

3. Limnea stagnalis var. maxima. — Il y a une dixaine 
d'années, des Limnées de taille ordinaire furent prises dans les 
étangs d'Ixelles et placées dans le petit bassin de la Cambre, 
situé à proximité des premiers. Sous l'influence des conditions 
nouvelles dans lesquelles elles se trouvaient, ces Limnées se 
sont accrues d'une manière assez sensible ; leurs générations 
suivantes, placées dans le même milieu, ont continué à sac- 
croître et ont donné naissance à notre variété ; ce milieu ne 
changeant pas, la variété devint héréditaire. 

Dans mon aquarium, au contraire, des individus de la variété 
maxima ont donné, dès la première ponte, des jeunes de dimen- 
sions fort réduites, plus petites même que celles des exemplaires 
des étangs dlxelles dont ils provenaient; à la seconde, les di- 
mensions étaient plus petites encore, et elles sont arrivées fina- 
lement à produire la variété aquarii^tout en conservant cepen- 
dant la forme plus ou moins renflée de leurs premiers parents. 

Nous voyons donc ici une espèce qui se modifie en deux 
sens opposés selon les milieux où elle vit et où elle se pro- 
page. 



EXCURSION ANNUELLE 



DE LA 



SOCIÉTÉ MALÂCOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

RAPPORT 

SUR L'EXCURSION DANS LES ENVIRONS DE VIRTON 

(province du Luxembourg) 

du 15 au 17 septembre 1872. 

Par G. MALAISE. 

SÉANCE DU 1 er DÉCEMBRE 1872. 

Le dimanche 15 septembre, ou plutôt le samedi soir 14, se 
trouvaient réunis à Virton, MM. les membres qui comptaient 
assister à l'excursion votée par la Société Malacologique de 
Belgique. Etaient présents : MM. Nyst, Colbeau, de Looz- 
Corswarem, Malaise, Thielens, membres de la Société, et 
M. Emile Colbeau. 

M. E. Mobimont, contrôleur des douanes, naturaliste bien 
connu par ses travaux ornithologiques sur le Luxembourg (1), 
est présenté aux membres, et offre de les accompagner le lundi 
et le mardi. 

On décide que le dimanche sera consacré à l'exploration des 
environs d'Ethe, le lundi on ira à Ruette et à Grand-Cour, et 
le mardi on visitera les environs d'Or val. 

L'excursion sera consacrée à des recherches de fossiles dans 
le terrain jurassique, témoin des études de MM. Chapuis et 

(1) En 1847, il a publié : Les Oiseaux luxembourgeois, in-8° de 389 
pages. 



96 



SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 



Dewalque et de MM. Piette et Terquem. On a choisi Virton 
comme centre ; en l'absence d'un chemin de fer, cette localité 
ne vaut guère Arlon. Les assises inférieures qui se trouvent 
au voisinage de cette dernière localité, manquent aux environs 
de Virton et de plus les chemins de fer de Longwy et de 
Luxembourg eussent facilité les moyens de transport. 

M. C. Malaise est chargé de la rédaction du rapport de l'ex- 
cursion. 

Le terrain jurassique occupe toute la partie sud de la pro- 
vince du Luxembourg, à partir d'une ligne plus ou moins si- 
nueuse qui se dirige du sud d'Attert vers Muno. Voici les divi- 
sions que l'on y a établies. On trouve dans le Précis élémentaire 
de Géologie, de M. d'Omalius d'Halloy, 8 e éd., Bruxelles et 
Paris 1868, la classification suivante : 

Étage bathonien j Calcaire de Longwy. 



Étage liasique 



Oolithe ferrugineuse de Mont-St-Martin. 

Marne de Grand- Cour. 

Macigno d'Aubange. 

Schiste d'Ethe. 

Grès de Virton à Ostrea cyrnbium. 

Calcaire sableux d'Orval. 

Marnes et calcaires de Strassen à Ostrea 

arcuata, Ammonites bisulcatus, Belem- 

nites brems. 
Grès de Luxembourg à Ammonites angtila- 

tus, Lima gigantea, Montlivaultia Guet- 

tardi. 
Marnes de Jamoigne à A mmonites angulatus. 
Marnes d'Helmsingen à Ammonites jolanor- 

bis et Cardinia Besliayesiana. 



Étage rhétien j Grès de Martinsart kAmcula contorta. 



MÉMOIRES. 97 

M. le professeur G. Dewalque donne la classification sui- 
vante de notre terrain jurassique, dans son : Prodrome d'une 
description géologique de la Belgique (Bruxelles et Liège, 1868.) 

Système l Etage ( Calcaire de Longwy. 
bathonien ( bajocien \ Limonite oolithique de Mont-St- 

f Martin. 
Lias ( 8. Marne et schiste de Grand- 
supérieur ( Cour. 

v 7. Macigno d'Aubange. 
Système I Lias 6. Schiste d'Ethe. 

liasique ) ^ '5. Grès de Virton. 

4. Marne de Strassen. 
Lias ] 3. Grès de Luxembourg, 
inférieur \ 2. Marne de Jamoigne. 
1 . Grès de Martinsart. 

Dans une note additionnelle, pp. 307-309, pour établir plus 
d'uniformité dans la classification, il divise la marne de Ja- 
moigne en trois assises : marne d'Helmsingen, marne de Ja- 
moigne, calcaire et marne de Warcq. Les diverses zones du 
grès de Luxembourg deviennent de même grès de Luxem- 
bourg, grès de Floren ville, calcaire sableux d'Orval. Enfin la 
marne de Strassen est divisée en calcaire et marne de Warcq, 
marne de Strassen. La seule différence concerne l'étage à 
Gryphée arquée, où M. d'Omalius n'établit pas de divisions, 
tandis que M. Dewalque en admet une, aussi bien dans les 
marnes que dans les grès. 

Le dimanche 15 septembre, on quitte Virton vers 9 heures 
du matin, et on se dirige vers Ethe en suivant les travaux du 

chemin de fer. 

"i * 

Schiste d'Ethe. A Ethe, la Société va visiter, à l'est de ce 
village, les excavations d où l'on extrait les argiles provenant 
de la décomposition des schistes d'Ethe et les nodules qui leur 

43 



98 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

sont subordonnés. Ces fosses sont à peu près abandonnées, ce- 
pendant on trouve dans les nodules ferrugineux : 

Céphalopodes. 

Ammonites capricornis Schloth. 
» Dmoei Sow. 
sp. (1). 

Lamellibranches . 
Ostrea cymbium Lamk. 

Brachiopodes. 
Des fragments de Terebratula et de Bhynchonella (2). 

Grès de Virton. On explore ensuite la tranchée qui se 
trouve au nord de l'église d'Ethe. Elle est creusée dans des 
bancs de grès de Virton, peu inclinés, et se désagrégeant en 
sable. 

Les fossiles y sont assez abondants. On y rencontre : 

Céphalopodes. 

Belemnites abbreviatus Miller. 

5î elongatus Miller. 
Ammonites multicostatus Sow. 

» Valdani d'Orb. 

(1) Par sp. nous n'entendons pas une espèce nouvelle, mais une 
espèce différente des précédentes, et dont l'état de conservation ne 
permet pas une détermination rigoureuse. 

(2) Les espèces ont été trouvées par les différents membres de la 
Société qui ont pris part à l'excursion. Nous avons également eu 
communication d'une liste dressée par M. A. Thielens. 



MÉMOIRES. 99 

Gastéropodes. 
Pleurotomaria expansa Sow. 

Lamellibranches . 

Cardinia gigantea Quenst . 

r, sp., moule intérieur. 
Pinna infiata Ch. etDew. 
Lima punctata Sow. 
Avicula Sinemuriensis d'Orb. 
Pecten cequimhis Sow. 

» clisciformis Schûbl. 

« textorius Schl. 
Ostrea cymbium Lamk. 

53 irregularis Mùnst. 

Brachiopodes. 

Terebratula punctata Sow. 

» subpunctata Dav. 
Rhynchonella variabilis Schloth. 

» tetraedra Sow. 
Spiriferina rostrata Schloth. 
Lingula Voltzi Terq. 

Echinodermes. 

# 

Tiges diLJncrines. 

Grès de Luxembourg. Plus au Nord, dans la seconde 
tranchée, près les Forges de la Claire-Eau, on trouve des 
grès tout pétris de moules et d'empreintes de Cardinia, mais 
d'une extraction très-difficile, dans l'état actuel de décomposi- 
tion peu avancée des roches qui les contiennent. 



100 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Grès de Virton. En retournant d'Ethe vers Virton, on voit, 
à droite et au nord de la route, en sortant du village, dans 
la direction de Belmont, des excavations dans les sables, d'où 
l'on a extrait des bancs de grès. On y rencontre : 

CÉPHALOPODES. 

> 

Nautilus aratus Schloth.. 

Ammonites multicostatus Sow. 

Ammonites, des fragments appartenant à deux 'espèce s. 

Gastéropodes. 
Pleur otomaria, moule intérieur. 

Lamellibranches . 

Ostrea cymbium Lamk. 

Brachiopodes. 
Terebratula subovoidea Roem. 

Le lundi, 16, on se rend àRuetteoù l'on arrive vers lOheures 
du matin. 

Schiste et marne de Grand-Cour. Sur la colline au sud- 
est de Ruette, on trouve à là surface du sol, qui provient de 
la décomposition des roches sous-jacentes, de nombreux dé- 
bris. 

CÉPHALOPODES. 

Belemnites acuarius Schloth. 

» compressus Voltz. 

» irregularis Schloth. 

55 trijpartitus Schloth. 
Nautilus aralus Schloth, 



MÉMOIRES. 101 



Ammonites bifrons Brug. 
» communis Sow. 
» cornucopiceY. et B. 
» heterophyllus Sow. 
» radians Rein. 
» Eaquinianus d'Orb. 



Lamellibranches . 



Arca inœquwahis Roem. 
Posidonomya Bronni Voltz . 
Avicula substriata Ziet. 
Plicatula pectinoides Lamk. 

Brachiopodes. 

Rhynchonella variabilis Sow. 
Lingula Longo-viciensis Terq . 

Macigno d'Aubange. On gravit la côte et on redescend 
pour se rendre dans un chemin qui a raviné le macigno ; on y 
fait une ample moisson de fossiles appartenant à peu de 
genres ou espèces. 

CÉPHALOPODES. 

Belemnites abbreviatus Mill. 
Ammonites sp. 

Lamellibranches , 

Pholadomya Hausmanni G-oldf. 

» foliacea? Ag. 

» sp. 
Pleuromya Audouini Brongn. 
Pecten equivalvis Sow. 
Plicatula pectinoides Lamk. 
Ostrea cymbium Sow, 



102 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Brachiopodes. 

Terebratula punctata Sow. 
Spiriferina rostrata Schloth. 
Rhynclionella muta Sow. 

» tetraedra Sow. 

)j mriabïlis Schloth. 
Lingula sacculus Ch. et Dew. 

Schiste et marne de Grand-Cour. On se dirige ensuite 
vers Grand-Cour et, en remontant le chemin de St-Remy à 
Grand-Cour, on voit les schistes qui tirent leur nom de cette 
localité ; on y rencontre Ammonites communis et la plupart des 
fossiles que nous avons signalés précédemment à ce niveau. 
On peut s'assurer de leur superposition au macigno. 

Limonite oolithique de Mont-Saint-Martin. La limo- 
nite oolithique de Mont-Saint-Martin est à peine développée 
ici, et les recherches de minerai paraissent n'avoir donné que 
des résultats infructueux. 

Calcaire de Longwy. On observe au nord de Grand-Cour 
le calcaire de Longwy. On y a ouvert de nombreuses carrières 
ou excavations, dans lesquelles on rencontre beaucoup de fos- 
siles, malheureusement incrustés pour la plupart. 

CÉPHALOPODES. 

Belemnites giganteus Schloth. 
Ammonites sp. 

Gastéropodes. 

Chemnitzia, moule intérieur. 
Turbo, idem. 

Pleurotomaria, idem. 
EuompJialus, idem. 



MÉMOIRES. 103 

Lamellibranches . 



Pleuromya tenuistria Mûnst. 
Pholadomya triquetra? Ag. 
Ceromya sp. 
Trigonia costata Lamk. 
Mytilus giblosus Sow. 
Avicula echinata Sow. 
Lima proboscidea Sow. 

» semiçircularis Goldf. 
Pecten Germanie d'Orb. 

» textorius Schloth. 
Ostrea acuminata Sow. 

» Marshi Sow. 

Brachiopodes, 

Terehratula perovalis Sow. 
BhynchonellaDavidsoni Ch. etDew. 

« Langleti Ch. etDew. 

55 obsoleta Sow. 

55 P allas Ch. et Dew. 



Annélides. 



Serpula Jllaria GoMf. 
» socialis Goldf. 

ÉcHINODERMES. 

Piquants à 1 Oursins. 
Tiges d'LJncrines. 

Polypiers. 

Isastrœa Bernardana d'Orb. 
Thamnastrea Dumonti Ch. et Dew. 



Schiste et marne de Grand-Cour. Après avoir parcouru 
pendant quelque temps la bande de calcaire de Longwy, nous 



104 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

redescendons vers Ruette en traversant des champs dont le 
sol provient de la décomposition des schistes et marnes de 
Grand-Cour. On y trouve la plupart des fossiles signalés pré- 
cédemment dans ce même niveau. 

Le mardi 17, une voiture nous transporte aux environs 
d'Orval. 

Grès de Luxembourg. On fait un point d'arrêt dans les grès 
près des forges de Berchiwez ; on y trouve Cardinia (moules 
intérieurs), Pecten disciformis Schùbl., Pecten sp., Ostrea 
arcuata Lamk. On retrouve les mêmes fossiles à Meix-devant- 
Virton. 

Grès de Virton. En remontant la côte vers Nicha mpsart, 
on trouve des marnes avec quelques fossiles. Ces marnes ap- 
partiennent au grès de Virton. 



Belemnites. 



CÉPHALOPODES. 



Lamellibranches . 



PleiiTomya sp. 
Posidonomya sp. 
Ceromya sp. 

Pecten textorius Schloth. 
Ostrea cymbwm Lamk. 

Brachiopodes. 
Rhynchonella tetraedra Sow. 

Grès de Luxembourg. Entre Gérouville et Limes, on ob- 
serve dans les carrières quelques fossiles. 

Céphalopodes. 
Ammonites bisulcatus Brug. 



MÉMOIRES. d05 

Gastéropodes. 
Chemnttzia ingrata? Qh. et Dew. 

Lamellibranches . 

Cardinia, moules intérieurs. 
Pecten textorhis Schloth. 
Ostrea arcuata Lamk. 

Après avoir dépassé les magnifiques ruines d'Orval, nous 
nous arrêtons à Villers-devant-Orval. Au nord de ce village, se 
trouvent différentes carrières dans le grès de Luxembourg. 

On y rencontre divers fossiles. 

Céphalopodes. 

Nautilus affinis Ch. et Dew. 
Ammonites bisulcatus Brug. 
« Conybeari Sow. 

Gastéropodes. 

Chemnitzia, moule intérieur. 
Pleur otomaria. 

Lamellibranches. 

Tancredia ovata Terq. 
Cardinia copides de Ryckh. 

» sp., moules intérieurs. 
Pinna dilwciana Schloth. 
Ameuta Sinemuriensis d'Orb. 
Lima sp. 
Pecten disciformis Schiibl. 

« textorius Schl. 
Ostrea arcuata Lamk. 

» irregularis Mûnst. 

14 



106 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Brachiopodes . 

Terebratula perforata Piette . 
Rhynchonella tetraedra Sow. 

Polypiers. 
Isastrcea Condeana Ch. et Dew. 

Nous avons eu l'occasion, dans la présente excursion, de voir 
une partie du terrain jurassique que l'on trouve en Belgique. 
Dans le système liasique, nous avons partiellement exploré les 
grès de Luxembourg, dans le lias inférieur ; tout le lias moyen 
(grès de Virton, schiste d'Ethe, macigno d'Aubange) et supé- 
rieur (marne et schiste de Grand-Cour). Dans le système ba- 
thonien, nous avons observé le calcaire de Longwy de l'étage 
bajocien. Nous avons pu récolter les fossiles caractéristiques de 
ces diverses assises. 

Nous eussions pu avoir des listes contenant plus de fossiles, 
en y réunissant ceux que nous avions ramassés dans de précé- 
dentes excursions, nous avons préféré ne donner que ce que 
nous avions vu, de cette façon nous n'exposerons pas à des 
mécomptes ceux qui fouilleront après nous. 

Quant à parler ou à traiter d'espèces, dites nouvelles, la 
question est grave et difficile. A notre avis, il vaut mieux 
reconnaître les espèces déjà nommées, que de chercher 
à en créer de nouvelles , qui n'auront qu'une utilité , ou 
plutôt qu'un tort, c'est d'ajouter à des synonymies déjà trop 
chargées. Il peut aussi se faire qu'il y ait des espèces con- 
nues dans d'autres pays, mais non encore signalées pour la 
Belgique. Pour dire qu'une espèce jurassique ou autre est 
nouvelle, il faut connaître toutes les espèces d'une même for- 
mation, belges et étrangères, et ici c'est ce que possèdent les 
auteurs qui ont décrit les espèces jurassiques de notre pays; 
c'est donc à eux qu'il faudrait s'adresser pour les espèces nou- 



MÉMOIRES. 107 

velles pour la Belgique et je suis persuadé que nous mettrions 
tous volontiers à leur disposition nos spécimens douteux. 

Quant aux espèces achetées, il faut s'en défier; souvent les 
gisements et les niveaux géologiques sont mélangés. Ainsi à 
Ruette, on nous a apporté avec des Ammonites des schistes et 
marnes de Grand-Cour, un Oursin qui provenait probablement 
du calcaire de Longwy et un Montlimultia, dont il serait diffi- 
cile de dire la provenance exacte. 

Il y a certainement encore ample moisson à faire dans les 
diverses assises, si riches en fossiles, du terrain jurassique du 
Luxembourg. On y découvrira probablement beaucoup d'espè- 
ces, nouvelles pour la Belgique ou pour la science. Ce n'est 
pas seulement les petites espèces qui ont pu échapper aux in- 
vestigations, témoin le beau travail de M. le professeur P. Van 
Beneden, sur les Sauriens jurassiques du Luxembourg, et le 
magnifique exemplaire de poisson, trouvé récemment dans les 
marnes de Grand-Cour, aux environs de Ruette, par M. E. 
Mohimont. 



BULLETINS 



DE LA 



r r 



T 



ImjUL 



DE 



BELGIQUE 



TOME VII 



Année fl$7£. 



k 



BRUXELLES 



IMPRIMERIE ET LITHOGRAPHIE DE V e NYS 

37, RUE POTAGÈRE, 57 



BULLETIN DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ. 



BULLETIN DES SÉANCES 



DE LA 



r r 



SOCIETE MALACOLOGIQUE 



DE 



BELGIQUE. 



Séance du 7 janvier 1872. 

Présidence de M. Nyst. 

La séance est ouverte à 2 1/2 heures. 

Sont présents: MM. Nyst, président; Weyers; Collin ; Van 
den Broeck; Roffiaen; De Bullemont; Preudhomme de 
Borre; Bau^ens; Miller; Pire; Colbeau, secrétaire. 

M. le capitaine H. Ronday assiste à la séance. 

M. Le Comte fait excuser son absence. 

Le procès-verbal de la séance du 3 décembre 1871 est lu et 
approuvé. 

Correspondance . 

L'Université royale de Norwège , la Société helvétique des 
Sciences naturelles, la Société d'histoire naturelle de Berne, 
remercient la Société pour l'envoi de ses Annales. 

L'Université royale de Norwège, la Société d'histoire natu- 
relle de Berne, la Société Courlandaise de littérature et des 
arts, annoncent l'envoi de leurs publications. 

La Société royale Linnéenne de Bruxelles adresse le pro- 
gramme de ses conférences pour la période d'hiver 1871- 
1872. — Remerciements. 



V[ SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE. 

M. J. G. Bischoff, Kônigsplatz, à Augsbourg, offre en vente 
des coquilles terrestres et fluviatiles et divers autres objets 
d'histoire naturelle, etc., provenant des environs d'Alep (Syrie). 

M. Th. Le Comte prie la Société d'excuser son absence. 

Bons et envois reçus (1). 

Ouvrages offerts par MM. Preudhomme de Borre et 
Senoner. 

Publications reçues en échange des Annales de la part de 
l'Université royale de Norwège, de la Fédération des Sociétés 
d'horticulture de Belgique, de l'Institut I. R. géologique d'Au- 
triche, de la Ligue de l'Enseignement, de la Direction du Jour- 
nal de Conchyliologie, et des Sociétés des Sciences naturelles 
de Brème, d'Acclimatation de Sicile, Royale des Sciences mé- 
dicales et naturelles de Bruxelles, Courlandaise de littérature 
et des arts, Entomologique de Belgique, d'Histoire naturelle 
de Berne. 

Des remerciements sont votés aux donateurs. 

Le Secrétaire dépose pour la bibliothèque un exemplaire des 
tirés à part des premiers mémoires- du tome VI (1871) des An- 
nales de la Société. 

Communications et propositions du Conseil. 

M. le Président annonce que le Conseil, dans sa séance de 
ce jour, a reçu membre effectif de la Société M. le capitaine 
Alexandre Henné, à Bruxelles, présenté par MM. Nyst et 
Van den Broeck. 

Le Secrétaire dépose les listes des doubles des collections 
malacologiques classées de la Société, dressées par la Commis- 
sion des collections. 



(t) Le détail de ces dons et envois sera consigné au Bulletin bibliogra- 
phique et au Bulletin des collections, faisant suite au Bulletin des séances 
de la Société. 



BULLETIN DES SÉANCES — ANNÉE 1872. VU 

Nomination de Membre honoraire. 

M. le Président propose, au nom du Conseil, de décerner à 
M. Adolphe Senoner, de Vienne, le diplôme de Membre hono- 
raire, en reconnaissance des services qu'il n'a cessé de rendre 
à la Société depuis qu'il en fait partie comme membre corres- 
pondant. — Cette proposition est unanimement adoptée. 

Lectures. 

M. Pire donne lecture de la notice suivante : 



Liste des Mollusques terrestres et fluviatiles recueillis 
aux environs de Magnée et dans diverses localités de la 
province de Liège. 

La curieuse découverte du Planorbis complanatus scalaire 
que j'ai trouvé en si grande abondance dans une mare à Magnée, 
ma déterminé à recueillir quelques données sur la faune mala- 
cologique de cette partie du pays. Me proposant de communi- 
quer une liste de ce qui a été trouvé jusqu'à ce jour dans cette 
intéressante localité, je me suis adressé à mes amis M. l'abbé 
Strail, curé de Magnée et M. Lucien De Koninck. Ces Mes- 
sieurs, répondant à ma demande, m'ont fourni chacun une note 
très-complète de leurs trouvailles et c'est en combinant ces deux 
listes et en y ajoutant les découvertes faites par MM. Colbeau, 
Roffiaen et Van den Broeck lors de leur visite à Magnée, et 
enfin les miennes propres, que j'ai formé le petit catalogue que 
je présente à la Société. 

Arion rufus L. Chaudfontaine. Fond de Forêt. 
» } 5 var. aterh. Chaudfontaine. 
» » var. fasciatus Vanden Broeck. Fond de Forêt. 
» subfuscus Drap. Magnée. 
» fuscus Mûll. Fond de Forêt. 
» n var. leucopheus Norm. Chaudfontaine. 



VIII SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE. 

Limax maximus L. Chaudfontaine. Fond de Forêt. 

» 53 var. vulgaris Moq. Chaudfontaine. Fond 

de Forêt. 
n parvulus Norm. Fond de Forêt. 

Vitrin a péllucida Mûll. Fond dé Forêt. 

J3 annularis Venetz ? Chaudfontaine. Fond de Forêt. 

SucciNEAj^m L. Chaudfontaine. Ile Renori (Meuse). 
» elegans Riss. Fond de Forêt. 

Zonites fulvus Mûll. Fond de Forêt. 

» hicidus Drap. Chaudfontaine. Fond de Forêt. 
33 cellarius Mûll. Fond de Forêt. Esneux. Chokier. 
33 nitidulus Drap. Chaudfontaine. Fond de Forêt. 
33 striatulus Gray. Chaudfontaine. 

Hélix rotundata Mûll. Magnée. Chaudfontaine. Fond de 

Forêt. Esneux. Chokier. 

» 33 var. major. Chaudfontaine. 

33 obvoluta Mûll. Fond de Forêt. Colonstère. Comblain 
au-Pont. 

33 arhistorum L. Spa. 

33 lapicida L. Fond de Forêt. Aywaille. Flône sur 
Meuse, Esneux, Comblain-au-Pont. 

33 costata Mùll. Esneux. Chokier. 

33 33 var. pulchella Miill. Chaudfontaine. Comblain- 

au-Pont. 

33 nemoralis L. Magnée. Chaudfontaine. Fond de Forêt. 
Comblain-au-Pont et dans beaucoup d'autres locali- 
tés. M. L. De Koninck en a trouvé un échantillon 
scalaire à Glons. 

33 hortensis Mùll. Chaudfontaine. Fond de Forêt. 

3) pomatiaL. Magnée . Fond de Forêt. Comblain-au-Pont. 

33 incarnata Mûll. Fond de Forêt. Engihoul sur Meuse. 

33 depilata C. Pfr. ? Chaudfontaine. Fond de Forêt. 

33 hispida L. Magnée. Chaudfontaine. 

» unifasciata Poir. Magnée. 



BULLETIN DES SÉANCES — ANNÉE 1872. IX 

Hélix ericetorum Mùll. Fond de Forêt. Chaudfontaine. La 

Rochette. Chèvremont. Colonstère. Cho- 
kier. Huccorgne. Comblain-au-Pont. 
?5 » var. major Moq. .Chokier. 

Bulimus obscurus Mùll. Fond de Forêt. Chokier. 

55 subcylindricus L. Magnée. Chaudfontaine. Liège. 
Colonstère. Chokier. Esneux. Comblain au Pont. 
Clausilia laminata Turt. Fond de Forêt. Chokier. 

» parmda Stud. Magnée. Fond de Forêt. Chaudfon- 
taine . Comblain-au-Pont . 
v nigricans JefFr. Chaudfontaine. 
» Rolfhii Gray. Fond de Forêt. Chokier. 
j 3 lineolata Held. Fond de Forêt. 
Fup a pervcr sa L. Chaudfontaine. 
» secale Drap. Comblain-au-Pont. 
» doliolum Brug. Comblain-au-Pont. 
» muscorum L. Chokier. Comblain-au-Pont. 
Carychium minimum Mùll. Angleur. 
Planorbis nitidus Mùll. Magnée. Chaudfontaine. 
55 complanatus L. Magnée. 
55 55 var. scalaris. Magnée. 

55 carinatus Mùll. Chaudfontaine. Liège. Herstal. 
55 wrtex L. Magnée. 
55 nautileus L. Magnée. 
55 âfcs Mùll. Comblain-au-Pont. 
55 contortus L. Chaudfontaine. 
55 corneus L. Herstal. 
Prysa fontinalis L. Chaudfontaine. Liège et Esneux dans 

l'Ourthe. 
Limn^ea auricularia L. Chaudfontaine. Fond de Forêt. 
Liège». Herstal. Comblain-au-Pont. 
55 limosa L. Mêmes localités. 
55 peregra Mùll. Magnée. Tilf. Colonstère. 
55 stagnalis L. Liège. Herstal. Comblain-au-Pont. 
» » var. turgida Moq. Herstal. 



-\ SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Limn^ea truncatula Mùll. Magnée. Chaudfontaine. Liège. 
Comblain-au-Pon t . 
v palus tris Miill. Magnée. 
Akcyiajs Jluviatilis Miill. Fond de Foret. Spa. Liège. Com- 

blain-au-Pont. Esneux dans l'Ourthe. 
» 55 var. rupicola Boub. Fond de Forêt. 

» lacustris L. Magnée. 
Cyclostoma clegans Mùll. Flône sur Meuse. Glons. Esneux. 

. . Huy- 

Bythinia mridis Poir. Fond de Forêt. Colonstère. Angleur. 
55 tentaculata L. Chaudfontaine. Herstal. Comblain- 

au-Pont. Liège et Esneux dans l'Ourthe. 
Paludina viviparaL. Liège. Herstal. 
V aly at a piscinalis Mùll. Herstal. Comblain-au-Pont. 
NERiTmAJluviatilisL. Liège dans la Meuse. Liège, Esneux 

et Comblain-au-Pont dans l'Ourthe. 

Anodonta cygnea L. Liège. Etang du château de Wégi- 

mont à Ayeneux. 
55 55 var. ventricosa Pfr. Liège. Comblain-au- 

Pont. Moha sur Mehaigne. 
Unio batavus Lam. Liège. 
55 pictorum L. Liège. Herstal. 
55 tumidus Philps. Liège. 
Cyclas cornea L. Magnée. Chaudfontaine. Liège. Comblain- 
au-Pont. 
57 caliculata Drap. Magnée. 
Dreissen a polymorp ha Pall. Liège; trouvé mort dans le gra- 
vier de la Meuse. 

M. Van den Broeck donne lecture du travail suivant : 

Considérations sur les déviations scalariformes présen- 
tées PARLES PLANORBIS COMPLANATUS DE LA MARE DeMaGNÉE. 

A la séance de novembre dernier, notre collègue M. le pro- 
fesseur Pire nous a lu une communication des plus intéressantes 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 4872. XI 

concernant la découverte qu'il vient de faire récemment dans 
les environs de Chaudfontaine ; découverte des plus remar- 
quables et destinée par son importance à faire époque dans les 
annales de la Malacologie (1). 

Je me permettrai de rappeler ici en les résumant, les faits 
exposés par notre honorable collègue dans son intéressante 
notice. 

Ainsi que Ton s'en souvient, c'est dans une mare à Magnée 
village voisin de Chaudfontaine, que M. Pire a trouvé le Pla- 
norbis complanatus scalaire. Cette anomalie ne se trouvait pas 
seulement représentée par un seul échantillon comme on aurait 
pu le croire, mais par un grand nombre d'individus. Depuis 
lors, diverses excursions ont été faites dans cette localité par 
plusieurs d'entre nous et il a déjà été recueilli plus de deux 
mille planorbes scalaires, sans compter un nombre bien plus 
considérable encore d'exemplaires plus ou moins modifiés ou 
déformés. 

La mare dont il s'agit est de dimension .moyenne et ne pré- 
sente rien de particulier quant à la nature de l'eau, ni par rap- 
port aux conditions géologiques, minéralogiques, etc. . . Du reste 
pour tous les éclaircissements nécessaires à ce sujet, il me 
suffira de renvoyer aux considérations présentées dans la 
notice de M. Pire. Je me permettrai cependant d'attirer tout 
particulièrement l'attention sur la présence d'une épaisse (2) 
couche végétale composée de racines, de plantes aquatiques et 
principalement d'une immense agglomération de Lemna, qui 
recouvrant la mare sur tous les points de sa surface, forment un 
véritable feutrage, d'une épaisseur remarquable. 

Sauf quelques rares Cyclas caliculata et un seul exemplaire 



(1) Voir le Mémoire présenté par M. Pire à la séance de novembre, 
Ann. Soc. Mal. de Belg. tome VI Mém. p. 23. 

(2) Au moment où M. Pire a visité la mare pour pour la première fois 
(en septembre), la couche végétale atteignait une épaisseur de vingt à trente 
centimètres. 



XII SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

de Limnœa truncatula, le Planorbis complanatus est parmi les 
mollusques la seule espèce qui ait été trouvée dans la mare ; 
mais ce planorbe y vit en très-grande abondance. La quantité 
relative des exemplaires véritablement scalaires et très-consi- 
dérable, et pour en donner une > idée approximative, il me 
suffira de rappeler que lors des recherches faites minutieuse- 
ment chez moi dans une certaine quantité de Lemna, j'ai trouvé 
en moyenne dans une poignée de celle-ci, de 6 à 10 exem- 
plaires scalaires (parfois 12 à 15), près d'une centaine d'échan- 
tillons présentant diverses déformations ou déviations, très- 
minimes parfois il est vrai, et enfin un nombre excessivement 
restreint d'exemplaires normaux. Parmi les scalaires les uns 
sont, ou très-allongés et terminés en pointe, ou courts et cylin- 
driques; les autres, sans forme bien définie, ont les tours de 
spire irréguliers et s 'enchevêtrant comme dans un nœud; il en 
est aussi dont les tours de spire sont en partie détachés et 
séparés les uns des autres ; tous enfin présentent les formes les 
plus intéressantes, les plus inattendues dont les belles planches 
de M. Pire donnent du reste une parfaite idée. 

Une observation de la plus haute importance et qui dérive à 
première vue du simple examen des planorbes scalaires, est que 
ceux-ci appartiennent incontestablement à plusieurs géné- 
rations. Depuis les plus petits échantillons de la série n'ayant 
que deux tours de spire à peine jusqu'aux plus grands et aux 
plus vieux exemplaires adultes, tous les âges sont représentés ; 
aucun doute ne peut être admis à ce sujet. 

Un autre point à noter également concernant les plus petits 
exemplaires et ceux de moyenne taille, c'est que la plus grande 
partie, pour ne pas dire la totalité de ces planorbes, qui sem- 
blent normaux au premier abord, présentent également des 
particularités remarquables. Les premiers tours de spire sont 
un peu saillants et se trouvent le plus ordinairement dans un 
autre plan que les suivants ; fort souvent aussi ils laissent, au 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. XIII 

milieu de la coquille, un espace vide fermé par les tours pré- 
cédents (i). 

Enfin pour compléter et terminer cet exposé, je rappellerai 
que parmi les plus grands échantillons non scalaires du Pla- 
norbis complanatus il s'en trouve beaucoup qui ont une partie 
du dernier tour de spire détachée et relevée, ou bien formant 
arc sur le tour précédent, ainsi que l'on peut s'en assurer 
d'après la seconde planche du mémoire de M. Pire. 

En se basant sur ces données, Ton peut voir que deux causes 
bien différentes concourent actuellement au développement et à 
la propagation de la forme scalaire; l'une toute interne, l'autre 
ayant pris son origine dans l'action des circonstances extérieures, 
c'est-à-dire dans l'influence qu'exerce sur l'animal et sa coquille 
Faction des conditions d'existence. En effet, dans la dernière 
génération par exemple, nous avons vu qu'un très-grand nombre 
d'exemplaires sont scalaires, et qu'ils le sont dès le premier 
tour de spire; de même nous venons de voir que les autres, qui 
actuellement sont revenus à la forme normale, présentent éga- 
lement au début de leur croissance des déviations bien mar- 
quées. Puisque en naissant, ceux-ci également avaient déjà des 
tendances scalaires, il résulte que dans la génération entière la 
scalarité a été amenée par transmission héréditaire. Que cette 
disposition se soit maintenue chez les uns, et qu'elle ait été suivie 
chez les autres d'un retour au type, cela importe peu, du moins 
au point de vue actuel (2). Il suffit d'avoir fait constater que la 

(1) Cet espace vide au commencement de la spire montre bien clairement 
que lors des premiers moments de leur croissance, les planorbes affectés de 
cette particularité présentaient une tendance des plus énergiques à la 
scalarité; car cette déviation est la preuve qu'il y a eu, dès la naissance, 
un certain moment de croissance en tube presque rectiligne, c'est-à-dire de 
croissance scalaire portée au plus haut point. 

(2) Ce retour au type n'offre rien de surprenant ; parmi la grande 
quantité d'exemplaires provenant de la génération dont je parle, il devait 
naturellement s'en trouver chez lesquels les particularités héréditaires étant 



XIV SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

forme scalaire, ou une tendance plus ou moins marquée vers 
cette forme s'est reproduite dans toute une génération par héré- 
dité, c'est-à-dire par une cause interne et inhérente à l'animal. 

Quant à l'autre cause, avant d'en rechercher l'origine, je me 
bornerai à constater de visu son existence, et pour cela je mon- 
trerai qu'elle a pu agir, et agit encore maintenant, tout à fait en 
dehors de la transmission par héi édité. Etudions pour cela les 
plus grands exemplaires adultes de Planorbis complanatus 
appartenant à une génération antérieure aux dernières qui ont 
été modifiées. Ces exemplaires sont par conséquent parfaitement 
normaux dans les premiers tours et si, plus tard dans le cours de 
leur croissance, ils venaient à présenter quelque particularité de 
structure, on ne pourra certes pas l'attribuer à l'hérédité. 
Mais c'est précisément ce qui a lieu, car nous voyons ces pla- 
norbes offrir, dans les derniers tours seulement, des anomalies 
de structure : ces déviations ne peuvent par conséquent être 
attribuées qu'à une action extérieure ayant agi à certains 
moments de la croissance et pendant un certain temps seule- 
ment. 

La présence de ces deux causes différentes étant établie, je 
vais tâcher maintenant d'exposer ce qui a dû se passer dans la 
mare lors de l'apparition des premières formes scalaires. J'ai 
tantôt attiré l'attention sur la grande abondance du Planorbis 
complanatus, et c'est déjà là une circonstance très-favorable 
pour la variation; car, comme le fait remarquer Darwin (1), un 
grand nombre d'individus, en offrant plus de chances de varia- 



moins prononcées que chez d'autres, ne se sont pas maintenues ; de plus 
dans le jeune âge, la coquille a pu ne pas être modifiée encore par l'action 
des circonstances extérieures que je vais exposer plus loin. Du reste la loi 
de retour au type tend toujours à combattre les variations naissantes et 
enfin il faut toujours un certain temps avant que celles-ci aient peu à 
peu remplacé entièrement l'ancienne forme. 

(1) De l'origine des espèces par Ch. Darwin. Trad. franc. 3 me édition, 
p. 118 et 127. 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. XV 

tions avantageuses dans un même temps donné, doit être consi- 
déré comme un élément de haute importance dans la formation 
de nouvelles espèces, et il résulte de ce fait que les espèces les 
plus communes étant celles qui offrent le plus grand nombre de 
variétés ou d'espèces naissantes, il est évident que les espèces 
les plus nombreuses en individus ont aussi plus de chance de 
produire des variations individuelles favorables. Et à plus forte 
raison cette influence sera mieux prononcée encore dans un 
espace restreint où la concurrence vitale est beaucoup plus vive 
que partout ailleurs. 

Nous voyons donc que les planorbes de Magnée se trouvent 
dans des conditions toutes particulières favorisant la présence 
de nombreuses variations et offrant par conséquent beaucoup de 
chance pour ces planorbes d'arriver à des variations favorables. 
Nous allons maintenant rechercher quelles pourraient être ces 
variations favorables? J'ai fait remarquer tantôt la forte épais- 
seur de la couche de Lemna qui recouvre toute la mare. Il ne 
faut pas non plus perdre de vue que les planorbes sont' des mol- 
lusques pulmonés, c'est-à-dire qu'ils doivent respirer l'air en 
nature à la surface de l'eau. Dans la mare, les planorbes sont 
obligés de séjourner dans l'épaisse couche de feuilles et de 
racines enchevêtrées des Lemna, de s'y mouvoir en tous sens et 
de la traverser sans cesse, non-seulement suivant qu'ils veulent 
se tenir à la surface ou à diverses profondeurs selon les 
influences du temps, de la température et de la succession du 
jour et de la nuit, mais surtout , et c'est là le point le plus 
important, afin de pouvoir venir respirer à la surface. Or la 
coquille des planorbes offrant un diamètre transversal très-con- 
sidérable devient ici un obstacle gênant qui entrave le mollusque 
dans ses mouvements, s'oppose à son libre passage au tra- 
vers des Lemna et l'empêche de venir librement respirer à la 
surface de l'eau. 

Si l'on se reporte maintenant à l'époque où le Lemna minor 
s'est montré pour la première fois en si grande abondance dans 
la mare, ou sans remonter aussi loin, à une époque quelconque 



XVI SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

depuis ce moment, on voit clairement que les planorbes, con- 
trariés dans le parfait accomplissement de l'une des fonctions 
les plus importantes de l'existence, devaient éprouver certaines 
difficultés à vivre et à se propager dans ces conditions ; et l'on 
comprend aussi que parmi les nombreuses variations qui néces- 
sairement ont dû se produire dansia mare, celles qui donnaient 
aux exemplaires qui en étaient affectés le plus d'avantages au 
point de vue des mouvements et de la locomotion au travers des 
Lemna, ces variations ont dû, aussitôt leur apparition, se fixer 
et se propager rapidement. Quelles sont donc ces variations 
avantageuses? Mais d'après ce qui précède ne voit-on pas que 
ces modifications favorables devaient être celles dont le but con- 
sistait à diminuer la surface de la coquille faisant obstacle 
aux mouvements de translation de l'animal, variations qui 
par conséquent tendaient à donner aux planorbes la forme 
allongée ou scalaire ! Comme c'est bien sous cette dernière 
forme en effet, que les planorbes ont le plus de facilité à tra- 
verser la couche de lemna, les premiers exemplaires qui acci- 
dentellement ou pour toute autre cause en avaient été affectés, 
se trouvaient donc plus favorisés que les autres ; et les avantages 
qu'ils avaient alors sur ceux-ci étaient importants, puisqu'ils 
influaient sur l'acte de la respiration, fonction d'où dépend la 
santé et la vitalité du mollusque, et par conséquent la propaga- 
tion de son espèce. 

En résumé, une tendance à la scalarité s'est à la longue mon- 
trée dans la mare : que sa présence soit accidentelle ou qu'elle 
soit le résultat d'une action quelconque, cela importe peu (1); il 

(1) Je ne crois pas que ce soit à un simple hasard qu'il faudrait attribuer 
l'introduction de la forme scalaire, mais bien à Vaction directe, de la couche 
de Lemna. Car les planorbes, en se mouvant continuellement dans celle-ci, 
doivent nécessairement opérer avec la partie antérieure du corps des 
mouvements de traction énergiques assez répétés, afin de pouvoir faire 
passer leur coquille au travers des feuilles et des racines qui font obstacle. 
Ces efforts doivent nécessairement agir sur l'animal dont le pied, la tête et 
les bords du manteau tendent conséquemment à dévier du plan de crois- 



BULLETIN DES SÉANCES — ANNÉE 1872. XVII 

suffit que la forme scalaire se soit montrée et qu'elle ait affecté 
un ou plusieurs planorbes. Puisque par sa nature elle consti- 
tuait une variation favorable il est tout simple qu'elle se soit 
maintenue dans les individus chez lesquels elle s'est montrée 
pour la première fois et qu'elle se soit propagée depuis, c'est-à- 
dire transmise par hérédité aux générations suivantes. Alors 
que les exemplaires qui n'avaient pas cette tendance ont dû 
continuer à vivre avec autant de difficulté qu'auparavant ou 
se modifier de tout autre façon, ou bien encore ont dû s'éteindre 
peu à peu ainsi que leur postérité (1), les premiers, mieux favo- 

sance et à s'écarter du reste de la coquille ; et celle-ci étant précisément 
sécrétée parles bords du manteau sera également modifiée par action réflexe, 
et c'est cette modification qui lui donne la forme allongée ou scalaire. On 
comprend qu'à la longue et agissant plus ou moins fortement sur un 
nombre très considérable d'exemplaires, cette action aura fini par influen- 
cer fortement un ou plusieurs d'entre eux au point de leur donner, sinon 
la forme scalaire parfaite, tout au moins une tendance très prononcée. 
C'est ainsi que, d'après moi, aurait pu se produire l'apparition de la pre- 
mière forme scalaire dans la mare, ce qui n'exclut du reste aucune des 
nombreuses autres causes probables ou possibles. Pour ce qui concerne 
les générations actuelles de planorbes, si l'on admet cette action des Lemna, 
on comprend qu'elle agit en augmentant la tendance scalaire qu'ils ont déjà 
acquise par hérédité, et je me permettrai de faire remarquer combien toutes 
les formes indistinctement des planorbes recueillis, confirment cette opinion. 
De plus, si telle est l'origine de ces déviations scalaires, celles-ci montreront, 
dans tous les cas où l'hérédité n'entre pas en ligne de compte, des alterna- 
tives d'action et n'inaction correspondant aux saisons, car on doit se 
rappeler que les lemna sont des plantes annuelles, et que ce n'est que pen- 
dant une certaine époque de Tannée qu'elles se présentent abondamment à 
la surface de l'eau. Or, il suffit d'examiner les échantillons chez lesquels 
l'action héréditaire ne se trouve pas fortement accusée, ou bien n'existe 
pas, comme dans les plus vieux exemplaires normaux, pour se convaincre 
de la présence incontestable de ces alternatives d'influence et de croissance 
normale. Sans entrer dans plus de détails je renverrai simplement aux 
dernières ligures de la seconde planche du mémoire de M. Pire. 

(1) Ce ne sont pas uniquement les grandes difficultés du mouvement, 
ni du mécanisme de la respiration qui tendent à faire diminuer le nombre 
des planorbes normaux ; mais c'est aussien vertu des lois générales for- 

c 



XVIII SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

risés dans la lutte vitale ou « le combat pour l'existence « 
comme l'appelle Darwin, ont pris le dessus ; ils ont survécu et 
ont transmis à leurs descendants leurs particularités avanta- 
geuses. 

Parmi ceux-ci, il a dû s'en trouver chez lesquels la tendance 
scalaire se trouvait mieux transmise que chez d'autres et ce 
sont encore ceux-là qui ont eu le moins à souffrir dans l'inévi- 
table mortalité que les animaux subissent dans les premiers 
temps de la croissance. Plus tard ils ont encore pris le dessus 
comme étant les plus favorisés, aussi bien dans leur conserva- 
tion individuelle que dans les chances de propagation de 
leur race. 

L'influence directe du milieu ambiant, dont j'ai déjà montré 
au commencement de cette notice la présence évidente , et par 
action réflexe son influence sélective, ont encore agi sur les pla- 
norbes, d'un côté en ajoutant à la somme des particularités 
favorables des uns, de l'autre côté en éliminant les exemplaires 
non modifiés c'est-à-dire non favorisés, ou bien finissant par 
influencer ceux-ci également lorsqu'ils ont atteint une certaine 
taille (i). 

Ces trois causes, l'hérédité, l'influence directe et la sélection 
ou » survivance du plus apte " travaillant de concert et agis- 

mulées parDarwin se basant sur ce que les formes les plus alliées étant celles 
qui se font la plus ardente concurrence, il résulte que chaque nouvelle 
variation ou espèce en voie de formation lutte surtout contre ses plus 
proches parentes et tend à les exterminer... on comprend quel sens il faut 
attacher à ce mot. 

(i)Età propos de la taille des plus grands Pîanorbis complanattis normaux 
ou modifiés vers le dernier tour seulement, je ferai remarquer que Ton n'a 
pas encore recueilli dans la mare un seul planorbe de grande taille. Tous 
les exemplaires appartiennent à une var. minor. Ce qui prouve bien que 
ce sont les plus grands exemplaires normaux qui ont disparu les premiers, 
plus fortement influencés qu'ils se trouvaient par l'action sélective de la 
couche de lemna, tandis que la race qui a persisté et qui a donné naissance 
à la variation qui nous occupe, provient de la descendance des planorbes 
de moindre taille. 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. XIX 

sant sans cesse ont, sauf les inévitables cas d'atavisme, modi- 
fié les planorbes de Magnée au point où ils sont maintenant, et 
arriveront graduellement par en changer totalement la forme 
au point d'en faire une race à part, bien différente du type et 
destinée à remplacer celui-ci. 

Je ne veux pas conclure cependant que si les planorbes ne 
fussent pas devenus scalaires, ils auraient infailliblement dimi- 
nué de nombre, car toute autre modification favorable aurait pu 
remplacer la scalarité et présenter ses avantages, si toutefois 
le fait de cette modification avait pu permettre aux pla- 
norbes de remplir leurs fonctions respiratoires d'une manière 
régulière sans les obliger à venir si souvent à la surface de 
l'eau. Voici par exemple ce qui aurait pu se faire. Les pul- 
monés fluviatiles ont, outre leur cavité pulmonaire, quelques 
rudiments d'appareil branchial. Celui-ci, malgré son faible déve- 
loppement, permet à ces mollusques, pendant la période d'en- 
gourdissement ou lorsque pour une raison quelconque ils ne 
peuvent venir à la surface, de s'assimiler pour les besoins de la 
respiration l'air contenu en dissolution dans l'eau, c'est-à-dire 
de respirer comme les mollusques à branchies ; mais ce mode 
de respiration n'est que temporaire et ne pourrait jamais suffire 
à conserver la vitalité du mollusque, ainsi qu'il résulte du reste 
de l'observation et des expériences faites à ce sujet. Ceci établi, 
on comprend que si la forme scalaire ne se fut pas montrée , 
les mollusques dont l'appareil rudimentaire branchial se serait 
trouvé le moins développé auraient les premiers disparu de la 
mare, tandis que les planorbes survivants seraient ceux chez 
lesquels au contraire ces organes se seraient trouvés plus per- 
fectionnés ; et par l'effet de l'usage et de l'exercice ces individus 
se seraient encore modifiés favorablement dans ce sens. 
Naturellement ils auraient transmis ces particularités à 
leurs descendants, et de même parmi ceux-ci, ce seraient encore 
les plus favorisés qui auraient survécu ; et on comprend que 
par cette adaptation aux circonstances extérieures les planorbes 
eussent pu se modifier sans devenir scalaires et prospérer tout 



XX SOCIÉTÉ MALACOLOGÏQUE DE BELGIQUE. 

aussi bien qu'ils le font actuellement sous l'influence de cette 
forme (i). Peut-être même est-ce le cas pour les exemplaires de 
moyenne taille dont j'ai déjà parlé tantôt, ceux qui ayant le 
moins hérité des caractères de la scalarité et qui, nés cependant 
avec des tendances manifestes vers cette forme, ont repris la 
croissance normale. Outre le retour au type dont j'ai déjà parlé 
tantôt et le peu d'effets que peut avoir eu l'action de la couche 
de Lemna sur des coquilles de taille aussi petite, ce que je 
viens de dire ne pourrait-il pas s'appliquer ici ? C'est-à-dire, ces 
planorbes ne seraient-ils pas précisément ceux chez lesquels les 
parties branchiales de l'organe respiratoire se trouveraient le 
plus développées? C'est là une supposition que pourrait peut- 
être bien confirmer l'examen attentif de ces organes et leur 
comparaison avec ceux des planorbes normaux de même taille 
provenant de n'importe quelle localité. 

D'autres modifications auraient encore pu se présenter , mais 
il est inutile d'en parler ; j'ai seulement voulu établir que bien 
que ce soit l'influence de la couche de Lemna qui a contribué 
à la scalarité des Planorbes , il ne faut pas en déduire que 
cette scalarité soit un corollaire obligé de la grande abondance 
de ces plantes. 

Par rapport à la place qu'elle occupe dans la série animale, 
pourrait-on considérer la forme scalaire comme une véritable 
espèce naissante, susceptible au bout d'un certain temps de se 
fixer définitivement, de se propager et de s'étendre au dehors 
de son aire actuelle? C'est là une question à laquelle je crois 
pouvoir répondre affirmativement , mais qui, pour sa discussion 
m'amènerait trop loin et me ferait d'ailleurs dévier du but que 
je me sais proposé en commençant cette notice. Aussi j'ai 
l'intention de réserver pour une prochaine séance l'exposé des 
principales bases d'argumentation sur lesquelles on pourrait 

(1) Cette modification de l'appareil respiratoire ne constituant pas un 
progrès mais plutôt un recul dans l'évolution de l'espèce, ne pourrait toute- 
fois se maintenir que pour autant que les conditions particulières qui l'au- 
raient forcément amenée continueraient à subsister. 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. XXI 

s'appuyer pour montrer que la forme scalaire, telle qu'elle s'est 
produite dans la mare pourrait, au bout d'un certain nombre de 
générations, devenir apte à se maintenir définitivement et à se 
propager au-delà de son centre de création, c'est-à-dire dans 
des conditions normales d'existence. Cela reviendra à montrer 
qu'au point de vue général la forme turriculée ou scalaire con- 
stitue pour les Planorbes un progrès véritable, un avancement 
incontestable dans la série. Cela prouvé, on comprendra claire- 
ment que l'action de la couche de lemna dans la mare a tout 
simplement consisté à devancer les effets du temps et l'on aura 
vu ainsi une fois de plus que la forme allongée ou scalaire, 
constitue pour les Planorbes un progrès, non-seulement au 
point de vue particulier qui nous occupe, mais aussi en général 
et par rapport à l'évolution de l'espèce dans le temps. 

Quoiqu'il en soit, nous venons d'assister à la création d'une 
forme nouvelle se reproduisant et transmettant ses caractères 
par hérédité, c'est-à-dire ayant les principales attributions des 
formes spécifiques. Le sujet est certainement intéressant et 
l'observation valait la peine d'être mise en lumière. C'est pour- 
quoi j'ai cru utile de présenter ces considérations sur la décou- 
verte de M. Pire, espérant que quelque autre, plus à même que 
moi, voudra bien les reprendre et montrer beaucoup mieux et 
plus clairement que je n'ai pu le faire, l'application au cas pré- 
sent, des grandes lois qui président à la transformation des 
êtres et à la création des formes nouvelles, c'est-à-dire à l'ordre 
de faits le plus intéressant et le moins connu que nous pré- 
sente l'étude de la nature. 

Communications et propositions diverses des Membres. 

M. Nyst dépose la proposition suivante : 

Il existe dans plusieurs collections privées et publiques des 
espèces non décrites de Mollusques fossiles de notre pays et il 
me paraît qu'il est fort important pour nos progrès dans la con- 



XXII SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE. 

naissance de nos diverses faunes et de nos terrains, qu'elles ne 
restent pas inconnues indéfiniment. J'ai donc l'honneur de 
proposer à la Société d'émettre le vœu que chacun de nos con- 
frères qui serait en possession de telles espèces en donne, dans 
un avenir prochain, la description qui prendrait place dans les 
Annales de la Société. Ce travail de détail devrait, me paraît- 
il, être restreint aux espèces belges afin que, plus tard, l'un ou 
l'autre de nous s'occupant d'un travail d'ensemble, trouve 
dans les publications de la Société une grande partie des élé- 
ments nécessaires suffisamment élaborés. Ce serait, Messieurs, 
un moyen facile et certain d'arriver bientôt à connaître nos 
riches faunes fossiles encore trop peu connues pour pouvoir 
être comparées avec succès à celles des pays limitrophes. 

Je donne un exemple des indications qui seront nécessaires 
pour donner à cette proposition une valeur scientifique d'un 
grand intérêt. Les notices devraient être précédées des indi- 
cations suivantes : 

(Exemple) Faune Bruxellienne. 

Description d'une Scalaire nouvelle provenant de S 't- Gilles, 

par M. N. 

M. Colbeau fait remarquer qu'il doit être bien compris que ce 
voeu n'implique nullement l'idée de restreindre la liberté des 
membres de présenter leurs travaux dans la forme qu'ils jugent 
la plus convenable. 

M. Pire craint que le manque d'ouvrages nécessaires à con- 
sulter pour acquérir une certitude sur la nouveauté d'une 
espèce, empêche souvent les membres de publier. 

La proposition de M. Nyst est unanimement approuvée. 

La séance est levée à 4 1/2 heures. 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. XXIIL 

Séance dm 4 février 1872. 
Présidence de M. Nyst. 

La séance est ouverte à 2 1/2 heures. 

Sont présents : MM. Nyst, président; Le Comte; Van den 
Broeck ; Collin ; De Bullemont ; Fontaine ; Van Volxem ; 
Weyers; Rosart; Miller; Fologne; Roffiaen; Pire; Colbeau, 
secrétaire. 

M. Thielens fait excuser son absence. 

Le procès-verbal de la séance du 7 janvier 1872 est adopté. 

Correspondance . 

L'Institut royal des sciences, lettres et arts de Venise, la 
Société hollandaise des Sciences de Harlem, la Société des 
Sciences naturelles de Neuchatel, remercient la Société pour 
l'envoi de ses Annales. 

L'Université de Leiden, la Société hollandaise des Sciences 
de Harlem, annoncent l'envoi de leurs publications. 

La Société royale des Sciences physiques et économiques de 
Kônigsberg adresse une partie de ses écrits et demande d'entrer 
en relations d'échange régulier de publications. — Cette de- 
mande est acceptée avec empressement et rechange de la col- 
lection entière des Annales lui sera offerte. 

L'Académie des Sciences de Chicago fait connaître par lettre 
circulaire les pertes qu'elle a essuyées lors de l'incendie de la 
ville, au mois d'octobre 1871, et réclame le concours des asso- 
ciations scientifiques pour l'aider à les réparer. — L'Assem- 
blée décide que la collection complète d3S Annales lui sera 
envoyée. MM. les membres de la Société sont invités à vouloir 
y joindre leurs propres publications et à réunir, s'il est possible, 
une collection d'espèces belges vivantes et fossiles pour lui 
envoyer en même temps. 

M. Kawall adresse un travail manuscrit destiné aux An- 



XXIV k SOCIETE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

nales de la Société et donne des indications sur plusieurs Socié- 
tés scientifiques russes. — Remerciements. 

M. Senoner remercie la Société pour l'honneur qu'elle lui a 
fait en le nommant membre honoraire ; il se propose d'envoyer 
des notices pour ses Bulletins. 

M. Henné remercie également pour sa réception comme 
membre effectif de la Société. 

M. G. N. Meyer, poulier Nés. A. N° 15, à Amsterdam, offre 
en vente par parties une collection d'environ 2400 espèces de 
coquilles classées et cataloguées etc., ainsi que des ouvrages 
ayant rapport à cette collection : il donnera tous les éclaircisse- 
ments qu'on lui demandera à ce sujet. 

Dons et envois reçus. 

Brochures offertes parleurs auteurs MM. Agassiz, Hidalgo, 
Pire. 

Brochure offerte par M. Nyst. 

Coquilles fossiles, don de M. Rosart. 

Ecritoire, don de M. Le Comte. 

Portrait photographié de M. Henné, don de M. Henné. 

Publications reçues en échange des Annales de la part de 
l'Académie royale des sciences de Belgique, de l'Institut royal 
des Sciences de Venise, du Comité royal géologique d'Italie, de 
l'Université de Leiden, de la rédaction du Bulletin scientifique 
du département du Nord, des Sociétés Médico-chirurgicale de 
Liège, Malacozoologique allemande de Francfort, des Sciences 
naturelles de Neuchatel, Italienne des Sciences naturelles, Hol- 
landaise des Sciences à Harlem, Entomologique de Belgique, 
Royale des Sciences médicales et naturelles de Bruxelles, Lin- 
néenne de Bordeaux, Royale des Sciences physiques et écono- 
miques de Kônigsberg. 

Des remerciements sont votés aux donateurs. 

Le Secrétaire dépose pour la bibliothèque trois exemplaires 
des Procès-verbaux de la Société, séance du 7 janvier 1872, 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. XXV 

ainsi qu'un exemplaire de deux tirés à part extraits de 
cette même séance. 

Communications du Conseil. 

M. le Président annonce la perte que la Société vient de faire, 
ainsi que la science, par la mort de M. le major H. Le Hon, 
l'un de ses membres effectifs. — M. Nyst veut bien se charger 
de donner dans les Bulletins une notice biographique sur 
M. Le Hon. 

Présentation de travaux pour les Annales. 

M. Kawall adresse une notice manuscrite intitulée « La 
pêche des perles en Livonie » . — Sont nommés commissaires 
pour l'examen de ce travail MM. Colbeau et Rosart. 

Communications et propositions diverses des Membres. 

M. Pire annonce que la Société royale Linnéenne de 
Bruxelles publiera à, partir du mois de mars prochain, un 
Bulletin qu'elle adressera à la Société, désirant recevoir ses 
publications en échange. 

M. Van den Broeck a vu dernièrement dans les collections 
du Jardin Zoologique d'Anvers un certain nombre de coquilles 
provenant de quelques localités du Hainaut, ce sont : de Quié- 
vrain Zonites cellarius, Hélix rotundata et pulchella, Bulimus 
acicula de très grande taille, Pupa muscorum, Vertigo anti- 
vertigo, Carychium minimum, Planorbis vortex, Physa hypno- 
rum, Limnœa auricularia et ovata et deux espèces de Pisi- 
dium; de Jurbise Planorbis albus, Bythinia tentaculata, un^ 
petite espèce de Hydrobia, Vafoata depressa et Pisidium am- 
nicum; de Espain Cyclas lacustris et deux autres espèces du 
même genre; de Baisieux Bulimus obscurus et Pupa doliolum; 
de Dour Hélix fasciolata et ericetorum; du Bois d'Angre Pupa 
edentula; du Bois de Lesdai Cyclostoma elegans. 

M. Le Comte met sous les yeux de l'Assemblée des exem- 
plaires bien caractérisés des variétés de la Cyclas rivicola 
Leach, dont il a donné la description à la séance du 3 dé- 

d 



XXVI SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

cembre 1871, (variétés nucleus , cinerea, citrinella, lirnbata, 
radiata) ; il montre ensuite un certain nombre iï Hélix nemo- 
ralis jaunes, à bandes transparentes jaunes, à péristome blanc 
jaunâtre et sans tâche brunâtre à la gorge. Depuis 7 à 8 ans 
il trouve communément cette variété dans les broussailles et 
les orties le long d'une prairie à Lessines : elle se rencontre 
aussi, mais plus rarement, en d'autres localités du pays, Louvain, 
Charleroi, Wavre etc. On la trouve également en Allemagne, 
Hongrie, Dalmatie etc. ; il s'étonne qu'elle n'ait pas été nommée 
par Rossmâssler, Pfeiffer, Moquin etc., et propose de la dési- 
gner sous le nom de var. pallida. 

M. Nyst montre une Hélix nemoralis scala- 
riforme recueillie à Glons-sur-Geer par M. 
L. De Koninck et mentionnée à la dernière 
séance de la Société par M. L. Pire dans sa 
Liste des Mollusques des environs de Chaud- 
fontaine etc. (Voir la figure ci-contre). 

H. nemoralis scalariformis 

M. Miller fait voir plusieurs dessins d'un Foraminifère fos- 
sile du terrain laekenien de St-Gilles lez-Bruxelles, commun 
sur YOstrea cariosa, le Pecten plebeius etc. Ce Foraminifère, 
qui a été pris pour une Annélide et désigné sous le nom de 
Spirorlis elegans Defr. par Galeotti et par Nyst, doit rentrer 
dans le genre Placopsilina d'Orb. et dans le genre Lituola de 
Carpenter. 

M. Van den Broeck annonce le départ de notre collègue, 
M. Purves, pour l'île d'Antigoa (Antilles), où il séjournera 
quelques mois et qu'il se propose d'explorer avec soin au point 
de vue de l'histoire naturelle et spécialement des mollusques 
vivants et fossiles. Il annonce aussi que notre collègue , 
M. Craven, actuellement à Bombay, a fait d'intéressantes 
récoltes de mollusques aux environs de cette ville et dans sa 
traversée de l'Angleterre aux Grandes Indes : il sera de retour 
vers la fin de l'été. 

La séance est levée à 4 1/2 heures. 




BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. XXVII 



Séance du 3 mars 187%. 

Présidence de M. Nyst. 

La séance est ouverte à 2 1/2 heures. 

Sont présents MM. Nyst, président; Roffiaen; Van Volxem; 
Weyers ; Van den Broeck ; Collin ; Grégoire ; Seghers ; Mour- 
lon ;Le Comte; Rosart; Miller; Colbeau, secrétaire. 

MM. Lanszweert, Thielens, Staes, Lambotte, Fontaine, font 
excuser leur absence. 

Le procès-verbal de la séance du 4 février 1872 est adopté. 

M. Van den Broeck demande des éclaircissements sur la 
manière de faire éventuellement des rectifications aux Bulletins 
des séances distribués mensuellement, avant de les reproduire 
dans le volume des Annales. Il croit que si une erreur se produi- 
sait dans un Bulletin mensuel, elle devrait être rectifiée sim- 
plement dans le Bulletin mensuel suivant, et qu'il ne devrait 
plus en être fait aucunement mention dans les Bulletins publiés 
aux Annales. 

M. Van Volxem n'est pas de cet avis; pour qu'il n'existe 
point deux comptes-rendus différents d'une même séance, il 
demande qu'il soit admis que le Bulletin des séances, publié 
dans le volume d'Annales, reproduise exactement in-extenso, 
les procès-verbaux distribués mensuellement et que les correc- 
tions typographiques seules y soient admises. 

M. Mourlon fait observer que l'on pourrait peut-être, pour 
éviter les corrections à un texte imprimé, retarder d'un mois la 
publication d'un procès- verbal, c'est-à-dire de ne le publier 
qu'après son adoption à la séance suivante. 

M. Colbeau s'attache à montrer le double but que l'on a eu 
en vue en décidant la publication mensuelle des procès- 
verbaux des séances, savoir : de permettre à tous les membres 



XXVIII SOCIETE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

d'en prendre connaissance avant la séance suivante et de 
pouvoir en redresser, s'il y a lieu, les inexactitudes, ce 
qui est souvent difficile à une simple audition en séance, et 
d'éviter ainsi de les reproduire dans le volume d'Annales ; 
ensuite de permettre aux membres, par leur distribution 
immédiate aux sociétés correspondantes, etc., de pouvoir 
prendre date pour certains travaux, et de faire connaître sans 
tarder les observations, avis, etc., d'un caractère urgent ou 
seulement d'actualité. Les Bulletins mensuels ont à certains 
égards un caractère provisoire et peuvent être regardés comme 
une publication distincte de la Société, un journal si l'on veut, 
paraissant sous la rédaction du secrétaire. En retarder la publi- 
cation, de même que reproduire dans les Annales les erreurs 
qui s'y seraient glissées, serait aller à l'encontre du but que Ion 
a voulu atteindre. 

M. Roffiaen, pour éviter la confusion résultant du même 
nom Bulletins, employé pour désigner la publication mensuelle 
de la Société ainsi que la seconde partie de ses Annales, pro- 
pose de remplacer pour la publication mensuelle, le mot Bul- 
letins par celui de Procès-verbaux. 

Cette proposition est adoptée. En conséquence la publication 
mensuelle de la Société portera pour titre « Procès-verbaux des 
séances de la Société Malacologique de Belgique, » et le nom de 
« Bulletins des séances » sera réservé à ces mêmes procès-ver- 
baux publiés dans les Annales, après modifications, s'il y a lieu, 
et adoption par la Société. 

Correspondance . 

La Société Physiographique de Lund remercie pour la récep- 
tion des Annales. 

La Société des Naturalistes de Dorpat annonce l'envoi de ses 
publications. 

L'Académie Royale des Sciences de Belgique adresse son 
programme de concours pour 1873. 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. XXIX 

Dons et envois reçus. 

Ouvrages présentés par leurs auteurs MM. Hidalgo et Bel- 
lynck. 

Portraits photographiés de MM. Staes, membre honoraire, 
et Heynemann, président de la Société Malacozoologique alle- 
mande. 

Coquilles des côtes de Belgique offertes par M. Putzeys. 

Publications reçues en échange des Annales de la part de 
l'Académie royale de Belgique et de l'Académie Impériale des 
Sciences de St-Pétersbourg, des Sociétés Médico-chirurgicale 
de Liège, Impériale des Naturalistes de Moscou, Malacozoolo- 
gique allemande, Royale des Sciences médicales et naturelles de 
Bruxelles, des Naturalistes de Dorpat, Entomologique de Bel- 
gique, Linnéenne de Normandie, d'Histoire naturelle de Saint- 
Gall, des rédactions du Bulletin scientifique du Département du 
Nord et des Annales des publications zoologiques de Londres. 

Des remerciements sont votés aux donateurs. 

Le secrétaire dépose pour la bibliothèque, trois exemplaires 
du Procès- verbal de la séance du 4 février 1872. 

Communication du Conseil. 

M. le Président annonce que plusieurs membres, répondant 
à l'invitation de la Société, ont remis diverses de leurs bro- 
chures, etc., pour l'Académie des Sciences de Chicago. 

Présentation et réception de membres correspondants. 

M. D. F. Heynemann, président de la Société Malacozoolo- 
gique allemande de Francfort, présenté par MM. Nyst et Col- 
beau, et M. le D r W. Kobelt, secrétaire de la même Société, 
présenté par MM. Nyst et Van den Broeck, sont reçus membres 
correspondants de la Société. 

Rapports. 

MM. Rosart et Colbeau font un rapport verbal sur le travail 
de M. Kawall « La pêche des perles en Livonie, » concluant 
à l'impression dans les Bulletins. — Adopté. 



XXX SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Lectures. 

M. Collin donne lecture de la note suivante : 

« En traversant ces jours derniers l'avenue du bois de la 
Cambre, j'ai remarqué des tas de sable destiné au macadam. 
Renseignements pris, j'ai pu savoir que ce sable provenait du 
Rupel, près de Boom, vers son embouchure clans l'Escaut. 
Sachant que la faune malacologique de cette rivière nous est 
encore peu connue, et que tout renseignement tendant à étendre 
nos connaissances sur la distribution géographique de nos mol- 
lusques peut intéresser la Société, j'ai cru bon cle dresser la 
liste des espèces que j'y ai trouvées, s'élevant à 25. Parmi 
elles, il en est une surtout qui doit fixer tout particulièrement 
l'attention : c'est la Cyclas solida Normand, qui n'y semble pas 
rare. Cette espèce qui n'est connue que de quelques localités en 
Europe, n'a encore été citée, pour la Belgique, que des environs 
de Tournay. Il est encore une autre espèce sur laquelle je crois 
devoir attirer l'attention, c'est le Pisidium amnicum Mùll. qui 
est d'une variabilité telle dans sa forme, que l'on pourrait y 
distinguer plusieurs variétés. (Moquin- Tandon , clans son 
ouvrage sur les mollusques de la France, parle de variétés de 
Pisidium amnicum quant aux couleurs et aux stries, mais il ne 
fait aucune mention de variétés de forme). » 

Coquilles fluviatiles trouvées dans des sables provenant du rupel. 

Paludina vivipara L. Planorbis vorteœh. 

Bythinia ZeackiiShe^. » albus Mûll. 

?5 tentaculatah. Cyclas rivicola hesich. 

Vahata piscinalis Mull. » corne a h. 

Nerita fluviatilis L. » solida Norm. 

Limnœa limosah. Pisidium Henslowanum Shepp. 

55 UmosavsLY. mdgaris Pfr. » amnicum Mûll. 

v staynalisL. » cazertanum Poli . 

» truncatula Mull. » pusillum ? Gmel. 

» palustris Mûll. UniopictorumL. 

Planorbis complanatus L. » tumidus Philps. 

» carinatus Mùll. Anodonta complanata Zgl. 

Dreissena polymorpha Pall. 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. XXXI 

M. Van den Broeck lit le travail suivant : 

NOTE SUPPLÉMENTAIRE AUX CONSIDÉRATIONS SUR LES DÉVIATIONS SCALARIFORMES 
DES PLANORR1S COMPLANATUS DE LA MARE DE MAGNÉE. 

Depuis la publication de ma notice intitulée : Considéra- 
tions sur les déviations scalariformes des Planorhis compla- 
natus de la mare de Magnée, j'ai recueilli divers avis et ren- 
seignements dont je crois utile de présenter ici le résumé en 
supplément à mon premier travail. 

Je citerai d'abord un ouvrage de Carpenter publié à Londres 
en 1862. « Introduction to tlie study of the Foraminifera » 
dans lequel notre collègue M. Miller m'a fait remarquer un 
passage fort intéressant qu'il est bon de noter. L'auteur, par- 
lant des déviations de forme que présentent certains forami- 
nifères dans des localités déterminées, cite pour les mollusques 
un cas analogue. Il dit que la collection de M. Bean de Scarbo- 
rough (Comté de York) contient un grand nombre de spéci- 
mens de Planorbis complanatusJ). curieusement déformés, tous 
recueillis dans un même ruisseau. 

Ralph Tate (i) et Woodward (2) parlent tous deux de dévia- 
tions scalaires observées chez les Planorhis complanatus d'une 
mare à Rochdale (Angleterre). La figure donnée par ces 
auteurs (3) correspond identiquement à la forme la plus ré- 
pandue parmi les Planorbes scalaires de la même espèce 
dans la mare de Magnée. 

De plus il paraîtrait, bien que jusqu'à présent je n'ai reçu 
aucune confirmation de ce fait, qu'en Allemagne, une décou- 
verte analogue aux précédentes vient d'être faite tout récem- 
ment. 

Je rappellerai encore deux faits semblables signalés par 
notre collègue M. Le Comte ; en premier lieu, c'est la décou- 

(1) A plain and easy account of the land and fresh water Mollusks of 
Great-Britain by Ralph Tate. London 1862. 

(2) Manuel de Conchyliologie, par S. P. Woodward. Paris 1870. 

(3) Woodward p. 314. Ralph Tate p. 215. 



XXXII SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

verte dans un marécage à Houraing-Lessines (Voir Ann. 
Soc. Mal. Belg. T. V Bull. p. LVII), de Planorbis complanatus 
déformés, ayant la fin du dernier tour tendant à se détacher et 
l'ouverture descendante; les exemplaires déformés étaient 
parait-il presque aussi nombreux que le type. Ensuite c'est la 
découverte d'une mare aux environs de Lessines contenant un 
grand nombre de Planorbis wrtex L. singulièrement déformés 
et dont quelques exemplaires sont vraiment d'une forme très 
remarquable. 

Il paraît enfin que dans diverses localités déterminées, en 
Allemagne et en Suisse principalement, le Planorbis albus 
Mûll. à coquille déformée et irrégulière dans sa croissance est 
beaucoup plus commun que le type ; c'est cette forme qui est 
connue sous le nom de Planorbis albus var. cleformis. 

Nous sommes ici devant une série de faits et d'observations 
dont l'ensemble a évidemment une certaine importance. Aupa- 
ravant, les découvertes de Planorbes irréguliers dans la crois- 
sance et surtout de Planorbes scalaires étaient excessivement 
rares. 

Depuis un certain nombre d'années au contraire, ces obser- 
vations sont devenues beaucoup plus fréquentes et il suffit de 
consulter les ouvrages scientifiques, les revues et les publica- 
tions des sociétés savantes pour se convaincre que, vers ces 
derniers temps surtout, bon nombre d'observations importantes 
ont été faites de divers côtés au sujet des déviations des Pla- 
norbes. Pour ne donner qu'un exemple je citerai la Belgique, 
où de nombreuses découvertes de ce genre ont été faites depuis 
peu sur divers points du pays (1). 

De plus, il est à remarquer que ces observations ne tendent 
pas seulement à se multiplier, mais que le plus souvent 

(l) Annales de la Société Malacologique de Belgique, Tome I, 1863-65, 
Mémoires p. 41, 54, 68, 115. Tome III, 1868, Mémoires p. 102. Tome IV, 
1869, Mém.p.82 et pi. II fig. 1. Tome Y, 4870, Mém. p. 33, pi. II fig. 2 
et Bulletins p. LVII. Tome VI, 1871, Mém. p. 23, pi. II, III et Bull, séance 
du 3 décembre. 



BULLETIN DES SÉANCES — ANNÉE 1872. XXXIII 

on observe en outre dans le phénomène une tendance à se 
généraliser, c'est-à-dire à se présenter chez de nombreux échan- 
tillons à la fois. Car les rares planorbes scalaires que l'on avait 
cités auparavant avaient toujours été observés isolés ; jamais la 
scalarité n'avait été constatée, comme elle vient de l'être main- 
tenant sur divers points du globe, reproduite par de nombreux 
exemplaires réunis ; et ce qui est plus important encore, c'est qu'il 
n'avait jamais été question de l'hérédité de ce mode de crois- 
sance, ce fait capital dont les Planorbes scalaires de la mare de 
Magnée nous ont donné un exemple si remarquable. 

Il résulte de là que l'on pourrait bien se demander si au lieu 
de considérer la scalarité chez les Planorbes comme une ano- 
malie ou une monstruosité, il ne faut pas au contraire envisager 
ce phénomène comme représentant les premiers essais d'un 
commencement de perfectibilité ou de progrès dans l'évolution 
du genre Planorbe. La forme allongée ou turriculée, que l'on a, 
peut-être à tort, l'habitude de désigner chez les Planorbes sous 
le nom de forme scalaire, est évidemment le plan de structure 
typical chez les mollusques gastéropodes, tandis que la struc- 
ture planorbiforme est une véritable exception, que, seul dans 
la série entière, le genre Planorbe offre chez toutes ses espèces. 

On reconnaît chez beaucoup de mollusques , surtout chez les 
terrestres et les fluviatiles qui sont, comme on le sait, d'appa- 
rition géologique plus récente que les mollusques marins, une 
tendance à rallongement de la spire, tendance qui s'est très-sou- 
vent manifestée chez divers genres et chez de nombreuses 
espèces de ce groupe, par l'apparition d'exemplaires scalaires ou 
à spire très-élevée , tandis que Ion connait à peine quelques 
rares exemples de coquilles dont la spire s'est fortement sur- 
baissée et qu'enfin il ne s'est jamais, à ma connaissance, rencon- 
tré un seul cas de coquille turriculée devenue planorbiforme (1). 

(1) Il faut se garder de considérer comme étant dans ce cas des coquilles 
dont la spire a été incomplètement écrasée, sous les pieds de l'homme ou 
des animaux par exemple, ce qui, tout en permettant au mollusque de con- 

e 



XXXIV SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

La forme planorbaire, semblant donc être la moins parfaite 
et la moins élevée dans la série, et de plus, constituant ainsi 
que je viens de le dire, une véritable exception, qu'y a-t-il 
donc d'étonnant à ce que nous assistions en ce moment aux pre- 
miers essais d'un mouvement général de progrès dans l'évolu- 
tion du genre Planorbe, c'est-à-dire qu : au bout d'un certain 
temps, fort long peut-être, ces apparentes anomalies condui- 
raient tout simplement à faire rentrer la structure exceptionnelle 
de ce genre dans le plan normal de structure des mollusques 
gastéropodes, qui est la forme allongée ou turriculée. 

Je pense qu'il serait intéressant de noter exactement tout ce 
qui pourra être observé à ce sujet, et c'est pourquoi, profitant de 
la publicité du présent bulletin, je fais appel à mes collègues et 
à tous les malacologistes, afin de les engager à communiquer 
ou à publier tout ce qui pourrait servir à compléter l'histoire et 
à suivre les progrès actuels de la scalarité dans le genre Pla- 
norbe. 

Je tiens encore à mentionner une expérience que j'ai faite 
au sujet des Planorbis complanatus de Magnée et que je crois 
utile de citer, parce que dans diverses correspondances échan- 
gées au sujet de ma notice, j'ai vu à plusieurs reprises se 
répéter le désir, exprimé par des personnes s'intéressant à la 
question, de me voir faire quelques essais en confirmation 
expérimentale de mes vues. 

Voici en quoi consiste l'expérience dont il s'agit : lorsque je 
suis revenu de Magnée, j'avais déposé l'énorme quantité de 
Lemna que j'en avais rapportée, dans une cuve remplie d'eau. 
Les Lemna formant à la surface entière de cette eau une 
couche bien plus compacte et plus épaisse que dans la mare, les 
conditions particulières de celle-ci se trouvaient donc repro- 



tinuer sa croissance, l'a empêché de reprendre sa forme primitive, de sorte 
que la spire ressoudée dans cette nouvelle position, reste quelquefois très 
aplatie et semble être planorbiforme. J'ai recueilli moi-même à Dinant 
une Hélix hortensïs Miill. dans ces conditions. 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. XXXV 

duites dans la cuve et s'y trouvaient même exagérées, si je puis 
m'exprimer ainsi. Près de huit jours s'étaient écoulés avant que 
j'eusse pu enlever mes Lemna et en séparer par le triage les 
Planorbes qui s'y trouvaient mêlés, en nombre très considérable 
comme on sait. Mais pendant tout ce temps j'avais peu à peu 
recueilli une grande quantité d'exemplaires scalaires en enle- 
vant tous les jours les échantillons qui se montraient à la sur- 
face et autour des parois de la cuve. Fort peu de grands 
exemplaires non scalaires se trouvaient avec eux, tandis que les 
petits échantillons s'y trouvaient très abondamment au con- 
traire . 

Ayant enfin enlevé mes Lemna, j'ai trouvé en dessous 
un grand nombre de Planorbis complanatus non scalaires 
de grande taille, et ce qui est plus important, j'ai recueilli 
au fond de la cuve une énorme quantité, c'est-à-dire plus d'un 
millier, d'exemplaires morts de Planorbis complanatus grands 
et moyens de la forme du type, tandis que je n'ai pas trouvé six 
échantillons scalaires dans ces conditions. Il résulte de là que 
les individus scalaires avaient parfaitement pu se mouvoir au 
milieu de cette épaisse couche de Lemna et l'avaient traversée 
pour venir à la surface, tandis que la plupart des autres 
n'avaient pu passer et que beaucoup étaient morts étouffés. 
Quant aux individus jeunes, ils avaient eu plus de facilité que 
les grands exemplaires pour arriver à la surface en raison du 
faible diamètre de la coquille; toutefois, comparés à des sca- 
laires, même adultes, ils se trouvaient encore moins favorisés, 
parce que pour un même diamètre de coquille, leur force mus- 
culaire était moindre. 

C'est cette observation très concluante, comme on le voit, qui 
a servi de point de départ aux considérations présentées dans 
ma première notice, et l'idée principale développée dans celle-ci, 
savoir que la scalarité constitue pour les Planorbes un avantage 
dans la mare de Magnée, se trouve ainsi démontrée expérimen- 
talement. 

MM. Colbeau et Collin ont tous deux confirmé cette observa- 



XXXVI SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

tion par leurs remarques personnelles, ainsi qu'il fallait du 
reste s'y attendre. J'ajouterai même que M. Colbeau a profité 
de cette remarque pour trier ses Planorbes scalaires et les sépa- 
rer des Lemna et des exemplaires normaux. Il y est parvenu 
en enlevant tout simplement les échantillons scalaires qui appa- 
raissaient successivement à la surface d'un vase contenant les 
Lemna de Magnée. Au bout de quelques jours il ne restait 
que peu de scalaires sous les Lemna, tandis qu un grand 
nombre d'exemplaires normaux s'y trouvaient encore réunis. 

Communications et propositions diverses des membres. 

M. Vanden Broeck cite un extrait du Tome VII (1861) de la 
revue « Annals and Magazine of NaturalHistory. » Cet article 
intitulé « On the discovery of Physa acuta (Drap.) in Eng- 
lancl » publié par le Rév. Alf. Merle Norman vol. VII, 3 e série, 
page 114 et pi. IX, fîg. 5 à 9, relate la découverte de la Physa 
acuta D, en Angleterre. Une description détaillée de cette 
Physe, ainsi que de bonnes figures de l'animal et de sa coquille, 
sont données avec la plus grande exactitude, de façon à ne 
laisser aucun doute sur l'identité de l'espèce. Plusieurs échan- 
tillons de cette Physe ont été recueillis dans l'un des étangs du 
Jardin Botanique de Kew par M. Choules. Il paraît que ces 
exemplaires ont été apportés avec des plantes aquatiques d'un 
fossé clans les environs de Londres, qui serait par conséquent 
le point de départ de l'extension géographique de la Physa 
acuta en Angleterre. 

M. Vanden Broeck rappelle que la Physa acuta ne se trou- 
vait auparavant que dans les parties tout à fait méridionales du 
continent. En France, elle n'existait que dans les régions du 
midi et du centre et ce n'est que tout récemment qu'elle est 
remontée vers le nord. Il rappelle aussi que l'acclimatation de ce 
mollusque en Belgique vient d'être constatée pour la première 
fois en 1869 par suite de la découverte de quelques exemplaires 
vivants dans le canal de Charleroi à Bruxelles. En 1870, la 
Physa acuta s'y trouvait très abondamment; de plus, elle se 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. XXXVH 

trouvait déjà à Anvers et peu de temps après, plus avancée 
encore vers le Nord, puisque en 1871, elle a été recueillie en 
quantité dans le canal de Selzaete, et ensuite dans les scores 
ou marais cle la Flandre Zélandaise (Hollande), près cle 
la frontière belge (1). 

Les Physa acuta trouvées en Angleterre, de même que les 
exemplaires recueillis dans les localités précitées, présentent 
quelques différences avec le type cle l'espèce; et ces caractères, 
tels que petite taille, faible épaisseur du test, sont communs 
aux exemplaires de ces différentes provenances. 

M. Van den Broeck a observé en Belgique une certaine 
coïncidence entre un changement de forme de la Physa fonti- 
nalis L. caractérisé par une spire très-allongée (var. ajjleœoïdes 
J. Colb.) et l'apparition de la Physa acuta dans les eaux où 
habite la première espèce (Voir Ann. Soc. Mal. T. VI, Bull, 
séance du 1 er juin 1871). 

En signalant de nouveau ce fait, M. Van den Broeck exprime 
le désir que des observations et des recherches analogues 
soient faites à l'avenir partout où la Physa acuta se montrera, 
d'abord afin de suivre exactement les progrès de l'extension 
géographique de ce mollusque et ensuite dans le but d'étudier 
les changements qui pourraient s'opérer dans les faunes locales 
par suite de l'introduction de cette espèce. 

M. Le Comte fait part de son prochain départ pour la Styrie 
et contrées voisines où il se propose de faire un assez long 
séjour : il se met à la disposition de la Société pour lui être 
utile pendant le cours de son voyage. — L'assemblée, en 
remerciant M. Le Comte, décide qu'une délégation lui sera 
donnée pour représenter la Société près des Sociétés étrangères, 
à l'effet de nouer des relations avec elles. 

M. Grégoire communique une remarquable collection de fos- 
siles bruxelliens et laekeniens qu'il a recueillis aux environs de 

(i) Voir Ann. Soc. Malac. Tome V, Mémoires, p. 19. 



XXXVIII SOCIETE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Bruxelles, parmi lesquels se trouvent un bon nombre d'objets 
nouveaux tant en Coquilles qu'en Polypiers et Echinodermes, etc. 
M. Grégoire est prié de donner pour les Annales une notice sur 
les choses intéressantes qu'elle contient. 

La séance est levée à 5 heures. 



LA PECHE DES PERLES EN LIVONIE, 
Par H. Kawall. 

La pêche des perles a été pratiquée par les paysans de la 
Livonie depuis environ trois siècles : les perles qu'ils en reti- 
rent ne sont certainement pas comparables à celles de la mer 
des Indes ni en beauté ni en valeur, mais telles qu'elles sont, 
elles n'en ont pas moins été recherchées comme ornements, et le 
sont encore de nos jours, par les dames et parfois par les 
hommes eux-mêmes ; et une Impératrice de Russie n'a pas dé- 
daigné de se parer de ce produit de nos eaux. L'avidité du 
gain, qui a pour ainsi dire détruit nos forêts et épuisé de leurs 
poissons nos lacs et nos rivières, et même nos mers, a égale- 
ment exercé son influence sur la pêche des perles dans notre 
province où l'on comptait jadis au-delà de quarante cours d eau 
oh.Vwdii\àMagaritanamargaritifera Retz., dont l'animal pro- 
duit la perle. 

La plus ancienne publication sur les perles de la Livonie et 
de l'Estonie est celle de Denys Fabricius, qui les compare à 
celles des Indes Orientales, dans son ouvrage « Scriptores rerum 
Liwnicarum » 1612. Tome II, page 440. Il s'exprime ainsi : 
« Nec illud intermittendum putavi , etiam fluvios reperiri in 
Livoniaubi nascuntur uniones in conchis et ipse vidi non mino- 
ris magnitudinis ut videantur orientales esse, prsecipue cum 
bene rnaturescunt ; sed quia imperitia laborant rustici illius 
loci, uttempus maturitatis non advertere possint certum, fit ut 
colligere eos nequeant, idcirco rariores. » 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 4872. XXXIX 

Après lui vient Mylius qui, dans ses « Memorabilia Saxoniœ 
subterranea » Tome II, page 20, parle, sans le nommer, d'un 
écrivain rapportant que les perles livoniennes avaient déjà 
attiré l'attention du gouvernement lorsque la Livonie apparte- 
nait au roi de Suède. Cet écrivain, dit-il. avait eu à Riga, en 
1700, une conversation avec un inspecteur de la pêche des 
perles en Livonie, nommé Krey, qui lui avait communiqué un 
rapport détaillé de cette pêche. Selon lui, les perles ne se trou- 
vaient que dans les petites rivières et les ruisseaux et n'avaient 
été connues que des paysans qui les récoltaient secrètement et 
les vendaient pour Moscou. Alors le roi de Suède, Charles XI, 
avait ordonné (le 22 octobre 1694) qu'à l'avenir il ne serait plus 
permis d'en vendre à l'étranger, mais qu'elles devraient être 
remises aux officiers royaux à un prix fixé. Il s'en suivit qu'on 
n'en transporta plus à Moscou; mais aussi, par contre, un très- 
petit nombre fut livré aux commissaires du roi et la pêche 
devint presque nulle. Ce ne fut qu'avec beaucoup de peine que 
les commissaires trouvèrent des gens au courant de cette pêche 
et connaissant les localités. On apprit donc d'eux que les 
coquilles perlières ne vivaient que dans les ruisseaux d'eau 
pure et vive, ceux surtout où les truites aiment à faire leur 
séjour. Dans ces ruisseaux, les coquilles sont couchées dans 
les gouffres, profondément enterrées les unes au dessus des 
autres, là où il y a beaucoup de sable et de grès. On ne doit 
les pêcher que du milieu de juillet au milieu d'août , parce 
que plus tôt elles n'ont pas de perles mûres, et que plus tard 
celles-ci sont pondues comme des oeufs dans lesquels les jeunes 
moules sont couvées. On trouve dans ces couches, dit le rap- 
porteur, des coquilles des deux sexes que les pêcheurs savent 
distinguer tout de suite en les regardant et en tâtant leur forme. 
Les femelles seules ont des perles, quelquefois trois ou quatre, 
dont les plus en avant sont les plus grandes , les postérieures 
diminuant en grandeur. Les pêcheurs maniaient ces coquilles 
si adroitement avant qu'elles se referment, qu'ils pouvaient 
écosser les perles sans les ouvrir avec force et sans les blesser, 



XL SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

puis ils les reposaient en leur place où elles restaient vivantes, 
et quelques années après elles reproduisaient des perles : ils 
n'ouvraient pas les coquilles mâles et les replaçaient de suite. 
Quelquefois les coquilles femelles n'avaient point de perles, et 
le rapporteur affirmait qu'elles -étaient infertiles ou qu'elles 
avaient déjà pondu leurs œufs ; dans quelques unes aussi qui 
avaient commencé à pondre on avait trouvé trois, deux et une 
perle dans le tube-matrice. Les perles, disait-on, pondues par 
la mère s'accroissent, deviennent vivantes, deviennent elles- 
mêmes des coquilles ; et voilà pourquoi l'on trouverait difficile- 
ment une perle pondue de quelque "valeur. Pour prouver sa 
théorie sur la génération des perles, qui ne sont, d'après lui, 
que des œufs, il produit qu'un pêcheur a apporté une perle à 
un gentilhomme Livonais, major dans l'armée suédoise, et que 
celui-ci, l'ayant mise sur sa table, la vit avec étonnement s'ou- 
vrir et se refermer d'elle-même et prendre la forme d'une jeune 
moule. Avec ces idées sur la reproduction des perles, les pê- 
cheurs ménagaient toujours quelques couches de coquilles dans 
les ruisseaux, et c'est dans ces couches qu'ils avaient rencon- 
tré le plus grand nombre déjeunes coquilles montrant d'abord 
extérieurement la couleur des perles. 

Le père Gabriel Rzaczynski, dans un livre très rare intitulé : 
« Historia naturalis curiosa Regni Poloniœ, Magni Ducatus 
Lithuanien annexarwmque provinciaruni, etc. 55 Sandomirse, 1 721 , 
4°, nous fait connaître l'ouvrage et l'écrivain non nommé par 
Mylius, et donne d'autres renseignements qui ne sont pas sans 
intérêt pour la Russie. Je ne puis m'empêcher de rapporter ce 
qu'il dit, page 31 : « Russia alba complexa ingentem lacum 
parentem fluminis non exigui, in quo, juxta Tylkowsky Curio 
Phys. Part. 8. sect. 9. circa solstitium aestivum, instruitur 
eorumdem piscatio ( — se. perlarum). Krey minister regius 
sueticus piscaturse perlarum in Livonia et Ingermanlandia, tan- 
quam inspecter praafectus erat anno 1700. Pauperes agrestes 
piscatui maxime idonei, sequentia manifestarunt : Valentini 
Hist. simplicium reformata promulgat. Primo conchae marga- 



BULLETINS DES SÉANCES — ANNÉE 1872. . XLl 

ritiferse in iis solum inveniuntur rivis dequibus pura recensque 
scaturit aqua; cobites, barbatulse, truttae aluntur. Secundo ma- 
xime arenosum sabulosumque fundum amant, quo se profunde 
tegunt, et juxta se proxime jacent. Tertio si perlas inde acqui- 
rendi est animus non citius debent disturbari, quam a medio 
julii ad augusti médium, ante id tempus enim nullae sunt perlée, 
post illud vero ex istis tanquam ovulis juniores conchse gene- 
rantur. Mares nullas apud se continent perlas, sed feminse, 
quse dorso ferunt intestinulum, ponendis seu excludendis ovis 
conveniens. Exempla haec similiaque alibi lecta evincunt nec 
Provincias nostras egenas esse margaritarum. 

Ad Podhayce oppidum Roxolanise, viro religioso, villano 
famé ingenti presso, stagnum obtulerat uniones testaceis clau- 
sos. Contigisse idem in terra Leopoliensi ad Kuhaiow pagum 
oculatus retulit testis fidern ut inveniret, divitem partum exhi- 
buit, vicinis aquis ereptum. Eremitae cuidam, rivi circa Brze- 
zany uniones praebuerant , quos iter agens Sokaliô Kamenecum 
muneris titulo postquam accepit Illustriss. Felicianus Potocld 
Palatinus Cracoviensis , veri , neque ignobiles apparuerunt in 
conspectu gemmarii. In eodem Russiae Palatinatu, non pauca 
stagna nuviis aucta traduntur ferre unionum deposita. Insu- 
per, nonnemo ex Moschoviticis castris, piscationis concharum 
margaritiferarum gnavus narrabat. Ostrogii in Volhynia flumen 
Harin possidere easdem. Omnes hi uniones nostri , quam vis 
colore argenteo debito, aliisque proprietatibus reperibilibus in 
orientalibus, non existant donati, attamen utiles in officinis ad 
compositos pulveres, aquas perlatas, ad salia, olea, tincturas, 
cseteraque cordalia. » 

Fr. Chr. Zeze, dans ses « Considérations sur les lièvres 
blancs en Livonie, » 1749, donne en appendice un travail sur la 
pêche des perles en cette province, sous le règne de l'Impéra- 
trice Elisabeth ; on y lit, page 52, que longtemps on n'a pu 
reconnaître par des caractères extérieurs les coquilles renfer- 
mant des perles mûres ; on les ouvrait toutes sans discernement 
et souvent on en faisait périr ainsi des centaines sans rencon- 

/ 



XLII SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

trer une seule perle. L'on avait bien publié partout que celui 
qui pourrait découvrir ces caractères recevrait une riche récom- 
pence, mais personne ne se présenta. Enfin cependant ils le 
furent à la suite de lorfgues recherches et d'observations réité- 
rées. Je tiens de la bouche du frère de l'auteur même de la 
découverte que lorsque la perle est bien mûre , elle descend 
vers le ventre de la coquille qui s'entr'ouvre aussitôt et l'expulse. 
Quand cela se passe il découle de la perle un suc couleur de 
pourpre qu'on peut alors apercevoir distinctement sans ouvrir 
entièrement la coquille. Il affirme avoir expérimenté que l'ani- 
mal se détache de sa vieille coquille et en forme en-dessous une 
nouvelle qui croît insensiblement : la vieille devient alors fra- 
gile et friable à la manière des lamelles d ardoise. C'est au mo- 
ment où l'on aperçoit déjà par places la nouvelle coquille que 
les perles acquièrent leur meilleure grandeur et leur maturité 
la plus complète : ce sont donc celles là qu'il faut rechercher 
de préférence. 

On voit combien sont erronées la plupart des observa- 
tions données par les auteurs que je viens de citer : elles nous 
montrent l'état des connaissances sur la nature et sur la forma- 
tion des perles à l'époque où ils vivaient. 

On compte encore un certain nombre d'écrivains qui se sont 
occupés de ce sujet et qui nous fournissent les divers rensei- 
gnements qui vont suivre. 

Kelch, dans sa Chronique de Livonie, Reval, 1695, ra- 
conte que de son temps l'on péchait dans le ruisseau de Men- 
zen (paroisse deHarjel), des perles qui, par leur grosseur et 
leur forme arrondie, pouvaient très-bien passer pour des perles 
orientales. Mais lorsque Fischer fit paraître la première édi- 
tion de son Essai d'une histoire naturelle de Livonie, Leip- 
sick, 1778, la récolte en était déjà fort diminuée. 

Hupel , dans ses Nouvelles topograpliiques de Livonie et 
d'Estonie, 1774, tome I, page 134, nous apprend que le ruis- 
seau nommé Schwarzbach, près de Werro, a toujours été le 
plus célèbre pour ses perles et qu'il en a donné d'excellentes de 



BULLETIN DES SÉANCES — ANNÉE 1872. XLIII 

la grosseur d'un pois ; il ajoute que l'on peut sans exagération 
porter à quarante le nombre de lacs et de ruisseaux qui en 
fournissent, mais que la plupart du temps elles sont de peu de 
valeur; les ruisseaux l'Ammat et la Tirse cependant en ont 
aussi donné de belles. Un vieux cabaret de paysans, apparte- 
nant au bien Drouwenen (paroisse de Tirsen) porte de temps 
immémorial le nom de « Pehrhi-Krohgs ?? (cabaret aux perles). 
Hedenberg, dont nous allons parler, y avait sa résidence. 

On cite encore comme produisant des perles , mais don- 
nant peu de profit, les ruisseaux la Pake et la Rause qui s'y 
jette, près de Palzmar; la Poddez, affluent de FEwst qui se 
jette dans la Duna; la Woïdau, qui se décharge dans le 
Schwarzbach après avoir reçu la Schwarzbeek ou Melluppe ; le 
Petribach se déchargeant également dans le Schwarzbach. Au 
temps passé, les paysans de la Woïdau en vendaient un cuille- 
ron de bois pour un rouble. (Voyez Hupel, I, p. 134 et 242 et 
supplément p. 350 et 401; Fischer, 2 e édit. Riga, 1791, p. 68; De 
Wahl, Bivalves d'eau douce de Livonie, Dorpat, 1855, p. 44.) 

En 1742, la pêche des perles fut réorganisée, sur la pro- 
position qu'un suédois nommé Hedenberg, jadis commissaire 
des postes, fit au Sénat de St-Pétersbourg. Muni des fonds 
nécessaires et assisté d'une escorte suffisante, il se mit à explo- 
rer toutes les eaux commençant par le Lac de Kolken où il 
trouva quelques perles précieuses qu'il fit parvenir à l'Impéra- 
trice. Ses appointements furent alors portés à 300 roubles et 
les endroits où l'on espérait rencontrer des perles furent gardés 
par des soldats. L'on accorda aux propriétaires des biens ainsi 
réservés une gratification pour les perles recueillies , savoir de 
60 roubles pour la demi once de grandes et de 30 roubles pour 
la demi once de petites; en échange, ils devaient s'abstenir de 
faire eux-mêmes la pêche des perles et concédaient aux soldats 
la pêche des poissons. Mais peu de temps après on abandonna 
la chose, et au temps où Hupel vivait ces redevances n'exis- 
taient déjà plus, seulement on devait donner avis au Gouverne- 
ment Impérial de la découverte des perles les plus remarqua- 



XLIV SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE. 

bles , c'est-à-dire de celles atteignant la grosseur des œufs de 
moineau. (Voyez Hupel, tome II, page 461). 

Autrefois quelques ruisseaux d'Estonie , au golfe de Fin- 
lande, principalement celui près de Kolk, et le petit lac con- 
tigu, fournissaient de belles perles en abondance. On cite 
comme en provenant un superbe collier qui se trouve encore 
aux mains du possesseur du majorât de Kolk et que l'on admire 
déjà sur le portrait de la fondatrice de ce majorât : les perles 
qui le composent sont de la grosseur de pois et pèsent de 6 à 
10 grains, leur couleur tire un peu sur le gris bleuâtre. Le 
ruisseau près de Maart (paroisse de Jegelecht) en fournissait 
également (voyez Hupel, II, p. 461 et Possart, Géographie, 
p. 155), mais de récentes recherches sont restées sans succès. 
D'après Burger (Journal Radouga, Padyra, Reval, 1832, V,- 
p. 70) le comte Stenbock, au milieu du siècle dernier, en re- 
cueillait d'une grandeur assez considérable dans quelques ruis- 
seaux près de la côte, et il y a environ 36 ans, l'on en trouvait 
encore de la grosseur d'un petit pois. Le propriétaire de Sompâ 
(paroisse de Jewe), en a ramassé un assez bon nombre dans le 
ruisseau de Purtz, mais petites, irrégulières, d'un pâle verdâ- 
tre et sans lustre. Les paysans en trouvent encore de semblables 
qu'ils vendent aux colporteurs au prix de 10 à 20 kopecks. 

On dit encore qu'en Finlande un pasteur de Tammerfors, 
nommé Kreander, recherchait assiduement les perles dans son 
voisinage et en offrit, plusieurs bourses à l'Empereur Alexan- 
dre I er . (Voyez le journal hebdomadaire Das Juland, Dorpat, 
1856, n° 26, p. 409 et 411 note.) 

J'ajouterai maintenant quelques renseignements personnels 
qui m'ont été communiqués par mon ami M. le prévôt Doebner 
de Kalzenau (Livonie) , aujourd'hui âgé de près de 70 ans et 
qui a vécu lui-même à l'époque de la pêche des perles. D'après 
lui, la Wessert ou Wesset pouvait être comptée jadis comme 
riche en perles, mais depuis le . défrichement cle ses rives et 
l'établissement de moulins qui ont modifié le cours de ses eaux, 
les coquilles qui s'y trouvent encore n'y deviennent pas 



BULLETIN DES SÉANCES — ANNÉE 1871 XLV 

grandes (1) et les perles en ont pour ainsi dire disparu, au 
point que son ancienne célébrité pourrait être reléguée parmi 
les fables. 

Mon ami a possédé un certain nombre de belles perles de 
cette rivière, achetées par son père, et dont il a fait présent çà 
et là; je dois moi-même à sa générosité les échantillons que je 
conserve. Il a eu l'occasion de voirie double collier appartenant 
à M me la baronne Charlotte von der Pahlen, composé de 54 perles 
de taille variable , toutes recueillies dans la Wessert, au com- 
mencement de ce siècle, dans son parcours sur ses propriétés 
de Fehteln (paroisse de Kalzenau). La plus grande, parfaitement 
ronde et toute nacrée, atteint un diamètre de 9 millimètres, cinq 
ont environ 7 millimètres et onze autres ont 6 millimètres, mais 
toutes ne sont pas également rondes et régulières et leur cou- 
leur varie du bleu au jaunâtre ; enfin les autres, plus petites, 
de 5 et 4 millimètres, ne sont pas toutes de premier choix. La 
même dame en possède encore un certain nombre d'autres dont 
l'une, parfaitement ronde et de couleur mate grise, mesure un 
diamètre de 11 millimètres. 

Aujourd'hui quelques paysans seuls recherchent encore, à 
l'occasion, les perles dont ilsfontle commerce; mais comme ils 
n'y mettent aucun ménagement et qu'ils détruisent des milliers 
de coquilles, on comprend facilement que la récolte va toujours 
en s'appauvrissant et qu'elle finira par entièrement dispa- 
raître. 

Si pour terminer nous jetons un rapide coup d'ceil sur les 
autres gouvernements de la Russie, nous trouvons qu'il n'y 
manque pas de rivières et de ruisseaux fournissant des perles, 
mais probablement peu estimées ou bien dont la recherche ne 
donne pas un bénéfice suffisant. 

(î) D'après De Wahl la Margaritana margaritifera Retz, atteint les 
dimensions suivantes : longueur 77.8 à 116.4 millimètres; hauteur 38.9 à 
56.7 millimètres; largeur 19.4 à 32.4 millimètres. Les quelques coquilles 
que je possède de la Wessert sont beaucoup plus petites. 



XLV1 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Guldenstedt, dans le « Voyage en Russie et aux provinces 
du Caucase, » de' 1768 à 1774, publié par P allas, parle de 
coquilles avec perles vivant clans le fleuve du Don. Et il est 
étonnant que Krynicki, dans son travail « Conckylia tam ter- 
restria quum Jluviatilia Imper ii Rossici indigena, etc. » (Bùllet. 
de la Soc. I. des Natur. de Moscou, 1837), ne mentionne pas la 
Margaritana margaritifera parmi les nombreuses espèces qu'il 
é minière. 

Lovetzky, dans le Bullet. de la Soc. I. des Natur. de Mos- 
cou, 1830, a publié une « Notice sur les perles du gouverne- 
ment de Viatlia. » 

Dans quelques rivières de la Mer Blanche l'on exerce aussi 
depuis longtemps cette industrie. La Gazette du gouvernement 
d'Arkangel publie, en 1839, qu'un paysan du village de Wok- 
novvolozk, district de Loin, envoya à la Grande-Duchesse héré- 
ditaire de Russie 25 perles de diverses grandeurs, trouvées 
par lui dans la rivière Koska de l'Onega, et pour lesquelles il 
reçut un cadeau de 150 roubles (voyez Gazette de Riga, 1869, 
n° 252). 

Enfin, si l'on veut étudier la pêche des perles en Allemagne, 
on peut consulter l'ouvrage de Th. von Hessling « Die Perl- 
muschel und ilire Perlen, » publié en 1859. 



Séassce dai 7 avril 187&. 
Présidence de M. Th. Le Comte. 

La séance est ouverte à 2 1/2 heures. * 

Sont présents MM. Le Comte, vice-président; Roirlaen; De 
Sélys Longchamps ; Van Volxem; Vanden Broeck; Collin; 
Weyers ; Rosart ; Pieudhomme de Boire ; Desguin ; Pire ; Col- 
beau, secrétaire. 



BULLETIN DES SÉANCES — ANNÉE 1872. XLV1I 

MM. Nyst, De Bullemont, Fologne, Fontaine, font excuser 
leur absence. 

Le procès-verbal de la séance du 3 mars 1872 est adopté. 

M. Vanden Broeck demande que les procès-verbaux men- 
tionnent les titres des ouvrages reçus, autres que les publi- 
cations périodiques des Sociétés correspondantes, etc. Après 
quelques explications, cette proposition est adoptée. 

Correspondance. 

M me Le Hon fait part de la mort de son époux, M. le major 
Le Hon. — L'assemblée décide qu'une lettre de condoléance 
lui sera adressée au nom de la Société. 

L'Académie Slavo-méridionale des Sciences d'Agram, la 
Société Entomologiquè Italienne, la Société des Naturalistes 
d'Augsbourg, remercient pour la réception des Annales ou 
annoncent l'envoi de leurs publications. 

La Société royale Linnéenne de Bruxelles adresse le pro- 
gramme de ses conférences et de ses excursions scientifiques 
pour l'été 1872, en invitant les membres de la Société à y 
prendre part. — Remerciements. 

La même Société fait connaître son intention d ouvrir un 
concours malacologique lors de son Exposition de cette année 
et demande à la Société de vouloir en indiquer le sujet et d'en 
rédiger les conditions. Trois médailles (vermeil, argent et 
bronze) seraient attribuées à ce concours. — Diverses opinions 
sont émises à ce sujet. L'on se met d'accord pour admettre la 
rédaction suivante qui est celle qui a été adoptée pour le con- 
cours entomologiquè de 1871 : « A la plus belle collection de 
'mollusques utiles et de mollusques nuisibles à V agriculture et a 
F horticulture. » Quant aux conditions de ce concours, l'assem- 
blée ne croit pas qu'il soit nécessaire d'en indiquer d'autres que 
les conditions générales de l'Exposition. Le Conseil est chargé 
de faire part de cette délibération à la Société royale Linnéenne 
et de lui exprimer en même temps tous les remerciements de la 
Société. 



XLVIII SOCIÉTÉ MALÀCOLOGIQUÉ DE BELGIQUE, 

/ 

Dons et envois reçus. 

Portrait photographié de M. Van Volxem. — Don de M. Van 
Volxem. 

Mollusques d'Italie en vie (Zonites Algirus) remis par 
M me Le Hon au nom de son mari, M. le major Le Hon. 

Publications reçues en échange des Annales de la part de 
l'Académie royale des Sciences de Belgique, de l'Académie 
Slavo-méridionale des Sciences d'Agram, de l'Institut royal 
grand-ducal de Luxembourg, de la Ligue de l'Enseignement, 
de la rédaction du Bulletin scientifique clu Département du 
Nord, et des Sociétés des Naturalistes d'Augsbourg, d'Histoire 
naturelle de Colmar, Médico-chirurgicale de Liège, Royale des 
Sciences médicales et naturelles de Bruxelles, Algérienne de 
Climatologie, Entomologique italienne, Entomologique de Bel- 
gique, Vaudoise des Sciences naturelles, d'Acclimatation de 
Palerme. 

Des remerciements sont votés aux donateurs. 

Le secrétaire dépose pour la bibliothèque trois exemplaires 
du procès-verbal de la séance du 3 mars 1872, ainsi qu'un 
exemplaire de la « Note sur le gîte fossilifère d'Aeltre, » par 
Nyst et Mourlon, tiré à part du Tome VI des Annales de la 
Société. 

Communications et propositions du Conseil. 

Le Président annonce que le Conseil, dans sa séance de ce 
jour, a reçu membres effectifs de la Société : M. L. De Koninck, 
professeur à l'Université de Liège, membre de l'Académie 
royale, etc., présenté par MM. Nyst et Colbeau, et M. Hector 
Denis, avocat, à Ixelles, présenté par MM. Rosart et Colbeau. 

Il annonce ensuite que la Société d'Histoire naturelle de 
Colmar propose l'échange régulier de publications avec la 
Société. — Cette proposition est unanimement acceptée. 

Communications diverses des membres. 

M. Collin montre le dessin de deux anomalies de Limnées(Z. 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. XLIX 

stagnalish.) qu'il a trouve es dans les premiers jours du mois de 
mars, aux étangs d'Ixelles. L'une a la coquille normale quant 
à la forme, mais la couleur en est d'un rouge carmin aux trois 
derniers tours de spire et le reste a même une teinte rosée ; 
Tanimal en est d'un jaune brillant ou pour mieux dire d un 
jaune d'or. Il en a recueilli trois exemplaires. Il serait à 
désirer qu'elle pût se propager pour l'embellissement des aqua- 
rium où elle produirait un effet charmant. La seconde ano- 
malie a la coquille d'un aspect fort singulier : elle est renflée, 
l'ouverture en est presque ronde et la columelle porte deux 
plis fortement accentués que l'on ne peut attribuer à un bris 
quelconque de la coquille, car on n'en aperçoit nulle trace. 
M. Collin donnera la- description détaillée et les figures de 
ces Limnées dans un travail sur ses chasses de Tannée qu'il 
se propose de présenter à la Société. 

M. Vanden Broeck rend compte d'une excursion qu'il a faite 
avec M. Collin , le 10 mars, à Jette et dans les bois connus 
sous le nom de Poel-Bosch et de Laerdbeek-Bosch. Il fait 
remarquer que lors des excursions qu'il a faites aux envi- 
rons de Bruxelles vers le milieu et à la fin de mars des 
années 1869, 1870 et 1871, la plupart des grandes espèces 
étaient encore épiphragmées, tandis que cette armée , grâce à 
la température exceptionnelle de l'hiver, presque tous les mol- 
lusques étaient déjà en mouvement. D'après ses observations 
sur les grandes espèces d'Hélix des environs, celle qui la pre- 
mière se réveille de son sommeil hivernal, est l'Hélix nemoralis, 
puis vient l'Hélix hortensis ; plus tard, lorsque la température 
est beaucoup radoucie, l'Hélix incarnata se met en mouvement, 
puis l'Hélix aspersa et en dernier lieu l'Hélix pomatia. A la 
date du 10 mars de cette année, ces deux dernières espèces 
étaient seules encore épiphragmées. Quant aux Zonites,Bulimus, 
Clausilia,etc.,et petites espèces d'Hélix, ils commençaient déjà 
à se mettre en mouvement au mois de février. Chez les grandes 
Hélix, d'après ces mêmes observations, alors que les exemplaires 

9 



L SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

adultes sont encore épiphragmés et cachés sous terre , les 
jeunes sont déjà en mouvement et grimpent contre les murs 
et le long des branches. C'est du moins ce qu'il a remarqué 
souvent chez l'H. pomatia, l'H. aspersa et l'H. nemoralis. 

MM. Vanden Broeck et Collin ont constaté à Jette de nom- 
breux cas d'accouplement chez YH. nemoralis L. Dans les fos- 
sés humides ils ont pris en grande abondance le Limax parvu- 
lus Norm. Dans les bas-fonds du Poel-Bosch, ils ont trouvé un 
grand nombre à' Hélix pygmœa Drap, et à' Hélix aculeatalsivXl., 
principalement sousles feuilles mortes amoncelées sur les talus 
humides. Ils ont également recueilli un nombre très considé- 
rable d'exemplaires albinos Mke., de Y Hélix incarnata Mùll., 
excellente variété- dont il n'avait encore été mentionné qu'un 
seul exemplaire pour notre faune (à Rouge-Cloître). Enfin, 
dans le Laerdbeek-Bosch, ils ont encore retrouvé V Hélix acu~ 
leata Miill. ainsi que YArion leucophœus Norm. Cette dernière 
espèce a déjà été citée l'année passée pour cette même localité, 
et jusqu'ici, ce bois paraît être la seule station de YArion leuco- 
plimus Norm. aux environs de Bruxelles. 

M. Vanden Broeck rend également compte d'une excursion 
qu'il a faite le 31 mars avec M. De Bullemont aux environs de 
Quiévrain et au bois d'Angre. 

Près delà station de Quiévrain, dans les fossés des chemins 
ils ont trouvé Physa hypnorum L., Limnœa truncatula Miill. 
minor y L.palustris Mùll., L. UmosaL. var. inter média Fér., 
CarycMum minimîimMùll. , Hélix MspidaL. et H. costata Mùll. 
ABaisieux, dans le bois du Duit, Arion ru/us L., A. leuco- 
phceus Norm., Limax agrestis L., Hélix rotmidata Mùll., H. 
nemoralis L. , ZZ\ hispida L. , Pupa doliolum Drap. , Clausilia ni- 
gricans Jeffr. et Cl. plicahùla Drap, Ces deux dernières espèces 
se trouvaient assez abondamment sur les détritus et le bois 
mort des vieilles souches qui se trouvent dans les bas-fonds du 
bois du Duit. On sait que la Cl. jplicatulaDr&ip. n'a encore été 
trouvée en Belgique que dans ce bois, dans les environs d'An- 
gre, comme on va le voir, et enfin à Salm-Château dans le 



BULLETIN DES SÉANCES — ANNÉE 1872. Ll 

Luxembourg. Sur les talus des chemins avant d'entrer dans le 
bois d'Angre, M.VandenBroeck a rencontré Arionrufus h,, A. 
fuscus Mùll., Limax agrestis L., Hélix yomatia, L., H. nemo- 
ralisL. , Zonites cellarius Mùll., Clausilia nigricans Jeffr. et Cl. 
plicatula Drap.; cette dernière très abondante est représentée 
par des échantillons d'aspect un peu différent de ceux du bois 
du Duit. 

Dans le bois d'Angre, M. Vanden Broeck a rencontré Arion 
tu fus L., A. fiiscus Mùll., A. leucophœus Norm. ces derniers 
plus beaux que les exemplaires trouvés aux environs de Bruxel- 
les, Limax maximus L. var. cinereo-niger Sturm, L. maximus 
L.var. niger Moq., L. arborum Bouch., Z.agrestisL., Zonites 
cellarius Mùll. Un exemplaire de cette dernière espèce est très 
remarquable : au lieu de présenter une coloration d'un bleu 
ardoisé assez foncé comme dans le type du cellarius, ce mollus- 
que est d'un blanc de lait le plus pur ; il n'offre en aucun point 
du corps la moindre trace d'une teinte différente ; la tête, le cou, 
les tentacules, tout est d'un blanc admirable; les yeux seuls 
font exception et en partie seulement, car au lieu de présen- 
ter, comme d'habitude, un petit point noir à l'extérieur du 
bouton des tentacules , ils se montrent sous la forme d'un 
tout petit anneau noir en forme d'iris entourant une pupille 
blanche. La partie extérieure du manteau est également d'une 
autre teinte que dans le type : au lieu d'être d'un brun jaunâ- 
tre finement ponctué de noir, le manteau est également blanc 
avec de grandes taches rousses très serrées et de coloration 
très vive. L'aspect de ce mollusque est vraiment très remar- 
quable, mais la coquille n'offre rien de particulier. Vitrina 
pellucida Mùll., H.pomatia L. exemplaires de grande taille, 
H. incamata Mùll. idem. , H. nemoralis L. , H, horten- 
sis Mùll. quelques variétés locales assez jolies, H. obvoluta 
Mûll. pas rare sous les pierres, H. rotundata Mùll., H. his- 
pida L. , Bulimus obscurus Mùll. , Cyclostoma elegans Mùll. pré- 
sentant de belles variétés de couleur, Cl. plicatula, Drap. var. 
infataMoc[. un seul exemplaire, Clausilia nigricans Jeffr. et Cl. 



LU SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

laminata Turt. Les exemplaires de cette dernière espèce sont 
bien différents de ceux que l'on trouve à Bruxelles et dans la 
vallée de la Meuse. Ils sont courts et épais ; le test est blanchâ- 
tre et d'apparence grossière ; le manteau est recouvert, dans 
les premiers tours surtout, de taches blanches qui se voient par 
transparence au travers de la coquille, et qui s'étendent même 
chez quelques exemplaires au point de donner à la première 
moitié de la spire l'apparence d'une surface entièrement blanche, 
sans que la coquille appartienne cependant à la variété albinos. 

M. Vanden Broeck termine cette énumération en regrettant 
que le mauvais temps qui Ta arrêté dans ses recherches, ne lui 
ait pas permis de les rendre plus longues et leurs résultats plus 
intéressants. 

M. Vanden Broeck montre quelques dessins et donne lecture 
de la note suivante : En étudiant les Arion leucoplimus que j'ai 
rapportés des deux excursions dont je viens de parler, j'ai 
acquis l'intime conviction que cet Arion doit être considéré 
comme espèce distincte au lieu d'être réuni comme variété à 
YArionfuscus Mûll. comme l'on fait généralement les auteurs 
qui n'ont eu connaissance de cette espèce que par la description 
fort incomplète qu'en a donné Normand (i). U Arion leuco- 
phcBus Norm. est une espèce très remarquable, possédant des 
caractères spécifiques constants et très nettement tranchés. Sa 
taille est plus grande que celle de YA.Juscus; il s'en distingue 
à première vue par sa forme générale qui se rapproche beau- 
coup plus de celle de VA. ru/us que de VA. Juscus. Sa colora- 
tion est d'un gris ardoisé un peu lilas : le pied est entièrement 
blanc inférieurement, ses bords sont excessivement larges, sur- 
tout postérieurement, les bandes ou fascies sont situées beau- 
coup plus vers le haut du dos que chez l' Arion Juscus ; enfin, il 
existe constamment une petite crête dorsale saillante sur toute 
la longueur du dos. J'ajouterai encore que la forme du sillon 



(1) Description de six Limaces nouvelles, par J. Normand. Valen- 
ciennes, 1852. 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. LUI 

caudal constitue chez les Avion mfus , fuscus et leucophœus un 
caractère distinctif très constant dont les dessins que je viens 
de montrer donnent du reste une meilleure idée que toute des- 
cription. Dans le jeune âge, VA. leucophœus est assez différent 
de l'adulte, mais cependant suffisamment reconnaissable. Je 
me propose de publier bientôt la description détaillée et l'ana- 
tomie de VA . leuœphœus en faisant ressortir le mieux possible 
les différences internes et externes qui séparent, des formes voi- 
sines, cette jolie espèce si remarquable et encore si peu connue. 

La séance est levée à 4 1/2 heures. 



Séance du 5 mai fl879. 
Présidence de M. Nyst. 

La séance est ouverte à 3 heures. 

Sont présents : MM. Nyst, président; Rosart; Denis; Col- 
lin; Roffiaen; Vanden Broeck ; Le Comte; Thielens ; De Bul- 
lemont ; Weyers ; Van Volxem ; Miller ; Lefèvre ; Mourlon ; 
Desguin; Colbeau, secrétaire. 

MM. E. Colbeau et H. Roffiaen assistent à la séance. 

MM. De Sélys Longchamps, Breyer, Devos, Fontaine font 
excuser leur absence. 

Le procès-verbal de la séance du 7 avril 1872 est adopté. 

Correspondance. 

La Société Entomologique de Belgique adresse l'invitation 
de prendre part à sa prochaine excursion annuelle, qui aura 
lieu à Hastière, le 19 mai, — Remerciements. 

Le comité d'organisation du Congrès international d'anthro- 
pologie et d'archéologie préhistoriques fait parvenir le pro- 



LIV SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

gramme de la 6 me session du Congrès, qui aura lieu à Bruxelles 
du 22 au 30 août 1872. — Remerciements. 

La Société d'histoire naturelle de Colmar annonce l'envoi de 
ses publications. 

■ La Société zoologique-botanique de Vienne remercie pour 
l'envoi des Annales. 

MM. H. Denis et L. De Koninck remercient pour leur récep- 
tion comme membres effectifs de la Société. 

M me Le Hon, par l'organe de M. Nyst, remercie la Société 
de sa lettre de condoléance qu'elle conservera comme un pré- 
cieux souvenir, tant pour elle que pour son fils à qui elle la 
destine plus tard. 

Dons et envois reçus. 

M. L. De Koninck fait parvenir son portrait photographié. 

MM. Deshayes et Frauenfeld adressent plusieurs de leurs 
brochures extraites des publications de diverses sociétés 
savantes, etc. 

La Société a reçu diverses publications en échange des 
Annales de la part de l'Académie royale des sciences de Bel- 
gique, de l'Institut L R. géologique d'Autriche, de la rédaction 
du Bulletin scientifique du département du Nord, et des Socié- 
tés I. R. Zoologique-botanique de Vienne, Médico-chirurgicale 
de Liège, Zoologique-minéralogique de Ratisbonne, R. des 
Sciences médicales et naturelles de Bruxelles, d'Acclimatation 
de Palerme, Chorale et littéraire des Mélophiles de Hasselt, 
Malacozoologique allemande de Francfort, Entomologique de 
Belgique. 

Des remerciements sont votés aux donateurs. 

Le secrétaire dépose trois exemplaires du procès-verbal de 
la séance du 7 avril 1872. 

Communications du Conseil. 

M. le Président annonce que le Conseil, dans sa séance de 
ce jour, a reçu membres effectifs de la Société M. le comte 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 4872. LV 

Franz von Egger et M. le comte Gustav von Egger, tous deux 
à Treibach (Carinthie), présentés par M. Vanden Broeck, et 
M. Théodore Lefèvre, à Bruxelles, présenté par MM. Vincent 
et Le Comte. 

Présentation de travaux pour les Annales. 

MM. Nyst et Mourlon se proposent de présenter prochaine- 
ment pour les Annales, une Esquisse de Paléontologie strati- 
graphique sur les assises tertiaires des environs de Bruxelles, 
suivie d'un Tableau synoptique des espèces fossiles de l'étage 
Eocène moyen de Belgique, comprenant les systèmes Bruxel- 
lien et Laekenien de Dumont. 

Communications et propositions diverses des Membres. 

M. Colbeau propose d'échanger les Annales contre le Bulle- 
tin de la Société royale Linnéenne de Bruxelles, celle-ci ayant 
déjà manifesté son désir à cet égard. — Cette proposition est 
adoptée. 

MM. Weyers et Thielens annoncent que la Société royale 
de botanique de Belgique a décidé qu'elle ferait une excursion 
dans l'Eifel, au commencement du mois de juillet prochain : il 
serait désirable que notre excursion put coïncider avec la 
sienne. 

M. Roffiaen rapporte une conversation qu'il a eue dernière- 
ment avec notre collègue, M. le major Cocheteux, relativement 
au permis accordé à la Société de recueillir les coquilles fossiles 
dans les nouveaux forts d'Anvers. Les travaux sont pour le 
moment suspendus et n'ont, du reste, pas encore atteint la 
couche fossilifère. M. le major Cocheteux s'empressera de pré- 
venir la Société delà reprise des travaux. — Remerciements. 

M. Le Comte rend compte d'une excursion faite le mois der- 
nier à Folx les Caves par quelques membres de la Société, 
pendant laquelle plusieurs espèces non mentionnées dans le 
rapport de M. Thielens (Voir Annales, tome VI, 1871) ont été 
recueillies , entre autres la Retecava clathrata Orb. et une 



LVÏ SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

espèce remarquable de Spongiaire? en expansions foliacées 
larges et irrégulières rappelant la forme de la Flustra jolia- 
cea, etc. 

M. Colbeau a trouvé dernièrement dans le limon hesbayen, 
à Dieghem, sur le plateau de Loo, à gauche de la route de 
Haecht vers la borne n° 8, quelques espèces de coquilles terres- 
tres dont la plupart sont abondantes et dont l'ensemble dénote 
une localité sèche plutôt que humide. Ce sont : Succinea oblonga 
Drap. ; Hélix pygmœa Drap. ; H. costata Mùll. var. pulchella 
Mùll.; H. nemoralis L., dont plusieurs individus de forme plus 
globuleuse, à bouche plus petite et à péristome plus épais et 
plus arrondi; H. hispïda, L.; H. fasciolata Poir. atteignant 
souvent une très-grande taille ; H. ericetorum Mùll. espèce que 
Ton ne retrouve plus vivante autour de Bruxelles ; Bulimns sub- 
cylindricus h.;B. acicula Mùll. ; Pupa muscorumh. Il retournera 
au même endroit et espère bien en découvrir d'autres encore. 

M. Collin, rappelant sa découverte récente de quelques Lim- 
n<ea stagnalis dont l'animal est d'un beau jaune, annonce qu'il 
a eu le bonheur, ainsi que M. Miller, d'en retrouver encore 
plusieurs au même endroit, de sorte que le nombre d'exemplai- 
res recueillis jusqu'à ce jour se monte à environ une vingtaine. 
Plusieurs de ces Limnées ont pondu dans son aquarium, mais 
les oeufs n'en étant pas encore éclos, il ne peut dire aujour- 
d'hui si cette brillante couleur est héréditaire, toutefois certains 
indices le lui font supposer. Il ajoute qu'il vient de rencontrer 
aussi, dans les mêmes conditions, deux individus de la L. 
limosa offrant la même anomalie de couleur. 

Il signale ensuite un cas de monstruosité qu'il a observé 
chez un animal de couleur normale de la L. stagnalis et 
consistant en ce que chaque tentacule montre à sa partie supé- 
rieure et latérale un petit lobe s'écartant à angle droit et 
formant dédoublement de cet organe ; il est à espérer que 
les causes qui produisent ces singulières anomalies pourront 
bientôt recevoir leur solution. 

M. Vanden Broeck montre deux échantillons de YHydrobia 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 4872. LVII 

viridis Poir. qu'il a pêches morts dans l'étang de Dieghem et 
qui lui paraissent différer des exemplaires provenant des 
Ardennes. 

M. Nyst fait part d'une observation qu'il a faite par rapport 
à l'époque d'apparition de la Amphipeplea glutinosa et qui a 
été récemment confirmée pour les environs de Paris par M. le 
D r Jousseaume ; c'est que cette espèce ne se rencontre guère 
qu'aux mois de mars et d'avril, ou du moins que c'est à cette 
époque qu'elle est la plus abondante et qu'elle a atteint sa plus 
grande taille. 

MM. Le Comte et Vanden Broeck peuvent également con- 
firmer le fait par leurs propres observations faites pendant 
plusieurs années consécutives à Lessines et à Bruxelles. 

M. Colbeau fait remarquer que le genre Vitrina, qui semble 
représenter le genre Amphipeplea parmi nos mollusques ter- 
restres, ayant comme lui la coquille extrêmement fragile et 
lisse et le manteau la recouvrant en partie, etc., se rencontre 
également chez nous plus communément vers l'hiver qu'en 
toute autre saison. 

M. Nyst annonce que M. le D r F. Jousseaume , 6, rue de 
Vanves, à Paris, qui s'occupe de mollusques terrestres et flu- 
viatiles et autres, accepte de faire des échanges et demande 
les espèces vivantes et fossiles du grand genre Cyprœa, dont il 
se propose de publier une monographie. Il annonce aussi que 
M. Cotteau, juge au tribunal civil d'Auxerre (Yonne), désire 
les Oursins de Belgique et en offre d'autres en échange. 

La séance est levée à 5 heures. 



h 



LVIH SOCIÉTÉ MALACOLOGLQUE DE BELGIQUE. 

Séance du S juin 1972. 

Présidence de M. Nyst. 

La séance est ouverte à 2 1/2 heures. 

Sont présents : MM. Nyst, président; Roffiaen ; Collin; Vin- 
cent ; Vanden Broeck ; Le Comte ; Fontaine ; Rosart ; Weyers ; 
Miller; Desguin; Denis; Colbeau, secrétaire. 

M. H. Roffiaen assiste à la séance. 

MM. Lefèvre, Preudhomme de Borre, Mourlon, font excu- 
ser leur absence. 

Le procès-verbal de la séance du 5 mai 1872 est adopté. 

Sur une observation de M. Vanden Broeck, au sujet de l'in- 
terprétation à donner à sa proposition fuite à la séance der- 
nière, l'Assemblée décide qu'il est bien entendu que les tirés 
à part d'articles faisant partie des publications que la Société 
reçoit à titre d'échange, ne doivent pas être mentionnés sépa- 
rément aux procès-verbaux mensuels. 

Correspondance. 

L'Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux- 
Arts de Belgique, par lettre datée du 10 mai, invite la Société 
à se faire représenter à son jubilé centenaire qui sera célébré 
les 28 et 29 mai 1872. — Le Conseil s'est réuni d'urgence à ce 
sujet et a délégué son secrétaire pour représenter la Société à 
cette solennité, son Président et son vice-Président se trouvant 
empêchés. — Le secrétaire rend compte des cérémonies qui 
ont eu lieu à cette occasion. 

La Société royale Linnéenne de Bruxelles adresse un certain 
nombre de programmes de son exposition de 1872, pour être 
distribués aux membres qui désireraient prendre part aux con- 
cours. — Le 216 me concours porte : A la plus belle collection 
de mollusques utiles ou de mollusques nuisibles à l'agriculture 
et à l'horticulture. 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. L1X 



1 er Prix, 


médaille en vermeil. 


2 e » 


» en argent. 


3 e » 


» en bronze. 



Les inscriptions seront reçues par M. G. Carron, secrétaire- 
adjoint, rue Coppens, 5, à Bruxelles. Les exposants devront 
adresser leurs listes d'inscription avant le 19 septembre et les 
produits au plus tard le 21 , avant 5 heures du soir, au local de 
l'Exposition (Palais de Justice, à Bruxelles). 

Le Muséum Francisco-Carolinum de Linz, annonce l'envoi 
de publications. 

La Société Entomologique italienne accuse réception des 
Procès- verbaux. 

MM. Heynemann, Lefèvre, comte Goblet d'Alviella remer- 
cient pour leur réception comme membres de la Société. 

Le secrétaire communique, au nom de M. Preudhomme de 
Borre, le programme de la 38 me session du Congrès scientifique 
de France , qui aura lieu le 1 er juillet de cette année à Saint- 
Brieuc (Côtes-du-Nord). — Remerciements. 

Bons et envois reçus. 

Portrait photographié de M. Lefèvre. — Don de M. Lefèvre. 

Coquilles terrestres de Meran (Tirol). — ■ Don de M. Heyne- 
mann. 

Publications reçues en échange des Annales de la part du 
Comité royal Géologique d'Italie, du Muséum Francisco-Caroli- 
num de Linz, et des Sociétés Royale Linnéenne de Bruxelles, 
d'Acclimatation de Palerme, Royale des Sciences Médicales et 
Naturelles de Bruxelles, Entomologique de Belgique, Suisse 
d'Entomologie, Médico-chirurgicale de Liège, des Sciences natu- 
relles de Brème, Entomologique Italienne, d'Histoire naturelle 
d'Offenbach, d'Histoire naturelle de Colmar. 

Des remerciements sont votés au donateurs. 

Le secrétaire dépose pour la bibliothèque trois exemplaires 
du procès-verbal de la séance du 5 mai 1872, ainsi qu'un exem- 



LX SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE. 

plaire d'un tiré à part du tome VII, 1872, des Annales, inti- 
tulé : La Pêche des Perles en Livonie, par H. Kawall. 

Communications du Conseil. 

M. le Président rappelle que la prochaine réunion de la So- 
ciété sera l'Assemblée générale annuelle, le lundi 1 er juillet, à 
midi. Un avis qui sera publié à la suite du procès- verbal de la 
séance présente en fera connaître l'ordre du jour. 

Présentation et réception de membre correspondant. 

Sur la présentation de MM. Preuclhomme de Borre et Nyst, 
M. le marquis Frederico Lancia di Brolo, secrétaire perpétuel 
de l'Académie royale des Sciences de Palerme, est reçu membre 
correspondant de la Société. 

Présentation de travaux pour les Annales. 

M. Vincent donne lecture d'un travail, accompagné de 
figures, intitulé : Les Faunes Bruxellienne et Laekenienne de 
Diegliem. — L'Assemblée en décide l'impression clans les Mé- 
moires du tome VII des Annales. 

Communications et propositions diverses des membres. 

Sur les observations de MM. Vanden Broeck et Collin, l'as- 
semblée est d'avis qu'une demande de subside devrait être 
adressée à l'Etat, à l'effet de mettre la Société à même de pou- 
voir acquérir le mobilier nécessaire à la conservation de ses 
collections malacologiques, et surtout une bibliothèque qui 
puisse renfermer les nombreux ouvrages qu'elle possède déjà 
et ceux qu'elle ne cesse de recevoir chaque jour. 

MM. Miller et Rofïiaen demandent que toute proposition 
faite en séance soit formulée par écrit par son auteur. 

MM. Desguin et Denis voudraient que l'on fixât certains 
jours pour que les Membres puissent se réunir au local de la 
Société afin d'y étudier les collections et d'y consulter la bi- 
bliothèque. 

La proposition de MM. Miller et Rofïiaen et celle de MM. Des- 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. LXI 

guin et Denis seront portées à l'ordre du jour de l'assemblée 
générale. 

M. Collin annonce qu'il vient de découvrir, dans les chasses 
faites par M. de Bullemont aux environs d'Aerschot, sept 
exemplaires de Limnœa slagnalis L. Var. sinistrorsa, parmi 
une trentaine d'individus recueillis au hazard dans une même 
petite mare. Ces exemplaires sénestres, comme les exemplaires 
normaux recueillis en même temps, sont de taille au-dessous 
de la moyenne (30 millimètres de longueur environ), ils sont tous 
très-bien formés et adultes. Il attire l'attention sur cette magni- 
fique découverte et surtout sur le grand nombre d'exemplaires 
réunis, car il ne Gonnaît qu'un seul cas de cette anomalie, 
cité par Geoffroy St-Hilaire qui n'en donne pas la description. 
Il regrette n'avoir pu faire l'anatomie de l'animal qgii aurait 
peut-être présenté quelques faits curieux. 

M. Collin revenant sur ses communications faites à la séance 
dernière, confirme l'hérédité de la couleur jaune chez lesZ. sta- 
gnalis de son aquarium qu'il n'avait fait que supposer ; il fait 
en même temps remarquer que dans la même ponte, éclose il y 
a une huitaine de jours, se trouvent des individus de couleur 
jaune et d'autres de couleur normale. 

M. Vanden Broeck donne lecture de la note suivante : 

« Lors de l'excursion de la Société entomologique faite à Has- 
tière le 19 mai et jours suivants, plusieurs d'entre nous se 
sont joints à nos confrères, dans le but d'étudier, au point de 
vue malacologique, divers points de cette intéressante localité 
que nous n'avions encore pu visiter dans nos précédentes ex- 
cursions à Hastière. 

j 5 Un temps humide et pluvieux nous ayant favorisé pendant 
le premier jour au grand détriment des entomologistes, nous 
avons pu ramasser un nombre assez considérable d'échantillons 
de la plupart des nombreuses espèces qui se trouvent dans cette 
riche localité ; pour les coquilles fluviatiles, nos recherches dans 
la Meuse comme dans l'Iiermeton, ont été complètement entra- 
vées par la crue inusitée des eaux. 



LX1I SQCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

« Quant aux mollusques terrestres, malgré le grand nombre 
d'échantillons recueillis, nous n'avons trouvé rien de très- 
remarquable comme valeur spécifique, nous avons toutefois 
rencontré quelques variétés intéressantes. 

55 Comme la faunule d'Hastière a déjà été publiée précé- 
demment dans nos Annales, nous croyons inutile de donner ici 
la liste complète des espèces recueillies. Cependant parmi celles 
déjà citées précédemment, nous en mentionnerons quelques- 
unes, qui par les variétés qu'elles nous ont offertes, ou par la 
taille des échantillons recueillis, nous semblent suffisamment 
intéressantes pour être citées de nouveau. 

55 Ainsi nous avons retrouvé en abondance le Zonites glaber 
Stud., excellente espèce et qui jusqu'ici n'est bien représentée 
en Belgique que par la localité d'Hastière seulement. Parmi 
les échantillons recueillis , plusieurs atteignent une très- 
grande taille, (parfois 10 mm de diamètre). V Arion lencophœus 
Norm. se trouve assez communément avec l'espèce précé- 
dente , dans les herbes et sous les pierres , dans l'ancien 
cimetière d'Hastière, contre l'église. Parmi les espèces non 
citées auparavant nous avons également remarqué au même 
endroit Arion ruftis L. ; Arion ruf us, var. ater et var. ruber; 
Arion siibfusms Mûll.; Limax agrestis L.; Limax maximus, 
var. vulgaris etc., etc. 

55 Sur les hauteurs formant à droite la côte de la vallée qui 
s'élève derrière le village d'Hastière nous avons trouvé entre 
autres : Limax arborum Bouch., Vitrina pelhccida, Vitrina 
major ■, Hélix rupestris , Pupa doliohm, Clansilia nigricans etc. 

55 Au pied des rochers qui bordent la route d'Hastière à Vaul- 
sort, le long de la Meuse, des milliers d'Hélix ericetorum se 
trouvaient en mouvement. Un grand nombre d'exemplaires 
présentaient une taille vraiment remarquable; nous avons 
mesuré plusieurs coquilles de deux centimètres de diamètre. 
Parmi les variétés recueillies nous avons remarqué var. 
trivalis, var. lutescens et var. minor ainsi que quelques beaux 
échantillons à bandes larges isolées, bien définies et au 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. LX11I 

nombre de une, deux, trois ou quatre ; la variété unifasciata 
surtout est très bien caractérisée et fort pure comme dessin, 
c'est-à-dire ne présentant absolument aucune trace d'autres 
fascies que la bande large. Hélix unifasciata Poiret, rare. 
Pupa umbïlicata , cette bonne espèce ne se trouvait ici 
représentée que par quelques rares exemplaires. De nom- 
breuses Clausilia iiplicata Leach se trouvaient également au 
même endroit que les espèces précédentes; la plupart des 
coquilles atteignent 19 à 20 millimètres de hauteur et les 
linéoles blanches qui bordent la suture sur tous les tours de 
spire, sont excessivement marquées chez ces exemplaires. 
La Clausilia parvulg, nous a, au contraire , fourni plusieurs 
exemplaires de la variété minor; ces coquilles, fort mignonnes, 
n ont que 7 mm de hauteur. 

» Dans les herbes humides, au bord de la Meuse, près de 
Vaulsort, nous avons trouvé un exemplaire d'une curieuse petite 
iimace qui semble se rapprocher du Limax parzulus Norm., 
quoiqu'elle présente une queue plus courte et plus obtuse, et 
un manteau énorme, disproportionné au corps et le couvrant 
presque en entier, ce qui donne à la limace un aspect très irré- 
gulier et tout à fait caractéristique. La limacelle n'est pas symé- 
trique, de plus elle présente une légère carène oblique dans le 
sens de la longueur. 

a Le long des bords d un bras marécageux de la Meuse, 
entre Hastière et la vallée de l'Hermeton, nous avons retrouvé 
Y Hélix arhistorum en grande quantité. 

« Citons encore Arion rtifus xar. ruher, Limax maximus 
xar. cinereo niger, Limax parmlus, Succinea elegans^ rare, 
Sîiccinea putris et xar. nigro limhata y assez communes, Zonites 
fulms quelques coquilles de très grande taille, Hélix sericea 
commune, Hélix depilata, Hélix depïlata? xar. rosea. Nous 
nommons ainsi quelques exemplaires trouvés parmi les autres 
du type, très bien caractérisés par une coloration d'un brun 
rosé, d'un très joli effet. Ces coquilles présentent à peine 
une légère trace de la zone blanchâtre du type, elles sont plus 



LXIV SOCIÉTÉ MALÀGOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Y 

élevées et fragiles. De plus ces coquilles sont fortement pu- 
bescentes, même chez les adultes ce qui les éloigne encore 
du type de Y Hélix depïlata chez lequel les poils tombent le plus 
souvent de très bonne heure. L'ouverture est plus ronde que 
dans le type et une forte callosité blanche en forme de bourrelet 
se montre au bord inférieur de l'ouverture. 

» La vallée de l'Hermeton, qui était le principal but de notre 
excursion à Hastière , ne nous a, à part une seule espèce, 
fourni absolument rien de remarquable ou d'intéressant. Nous 
avons plus haut indiqué la cause qui nous a empêchés de faire 
la chasse aux fluviatiles. Quant aux terrestres, ils ne semblent 
pas nombreux dans la vallée, ainsi que nous nous y étions du 
reste attendu, vu que le sol et les escarpements de cette gorge, 
au lieu d'être de nature calcaire, comme à Hastière, sont for- 
més de psammites et de roches pauvres en calcaire ou en 
étant complètement dépourvues. 

» Toutefois nous avions espéré trouver quelques espèces 
particulières ou des variétés intéressantes ; espoir qui ne s'est 
pas réalisé, caries quelques espèces vulgaires que nous y avons 
rencontrées, ne nous ont rien offert de particulier ; ce sont Hé- 
lix pomatia. Hélix depilata, Hélix obwluta, Hélix rotundata. 
Hélix fygmœa , Clausilia larninata, Clausilia Rolphii etc.. 

jj Une seule bonne espèce a été trouvée dans la vallée, c'est 
un Bulime, fort rare jusqu'ici dans le pays, le Bulimîis Men- 
Jieanus, dont il a été recueilli deux exemplaires vivants, tout 
au fond de la vallée, là où le sentier remonte la côte et se perd 
insensiblement dans le bois. 

« Pour terminer, nous mentionnerons enfin une découverte 
des plus intéressantes faite à Hastière, découverte qui consti- 
tue l'un des meilleurs résultats de notre excursion dans cette 
localité. 

55 Les membres de la Société Malacologique qui ont déjà 
visité Hastière connaissent une station fort intéressante dans 
la petite vallée qui s'élève derrière le village même. Sur la côte 
exposée au sud, un peu plus loin que la caverne à ossements, 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. LXV 

bien connue depuis quelque temps, au milieu des ronces et des 
buissons épineux qui couvrent tout le coteau, on avait fréquem- 
ment trouvé, et chaque fois en abondance, de fort belles varié- 
tés d : ) Hélix hortensis albinos, c'est-à-dire présentant des landes 
transparentes. L année dernière nous avions trouvé au même 
endroit une douzaine d'exemplaires (Y Hélix rotundata albinos. 
Cette année-ci nous venons d'y retrouver non-seulement ces 
deux espèces albinos (1) mais encore la Clausilia larninata, 
Y Hélix lapicida et Y Hélix obwluta, tous albinos également! 
Les deux dernières espèces sont chacune représentées par un 
exemplaire vivant, adulte et d'une frai cheur admirable. L'Hélix 
obvoluta surtout (espèce chez laquelle cette variation n'a jamais 
été citée jusqu'ici) est vraiment belle. Le péristome est d'un 
blanc porcellané brillant, le test est entièrement transparent 
et les poils de la coquille eux-mêmes sont tout à fait incolores. 
Le mollusque, sans être blanc, était infiniment plus pâle que 
dans le type. 

» La présence au même endroit de ces cinq espèces, toutes 
représentées par des échantillons albinos, semble indiquer 
qu'une cause commune a pu agir pour produire ces variations 
si curieuses, le grand nombre d? Hélix hortensis et di Hélix ro- 
tundata surtout constitue un argument en faveur de cette idée. 

» Cependant nous avons recueilli, en même temps que les 
uniques exemplaires albinos des trois autres espèces, un certain 
nombre d'échantillons normaux de ces mêmes espèces. 

53 Nous croyons donc qu'avant de pouvoir commencer la re- 
cherche et Tétude des causes qui auraient pu produire ces ano- 
malies, il serait utile et nécessaire de faire de nouvelles recher- 
ches au même endroit, et nous attirons sur ce point l'attention 
de ceux d'entre nous qui seraient disposés à visiter de nouveau 
l'intéressante localité d'Hastière. » 

La séance est levée à 5 1/2 heures. 

(i) La transparence des bandes peut être considérée, à noire avis, comme un cas 
d'albinisme. 



LXVI SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Assemblée générale extraordinaire du 23 juin 1872. 

Présidence de M. Miller. 

La séance est ouverte 2 1/2 heures. 

La liste de présence porte les signatures de MM. A. De 
Borre; Ernest Vanden Broeck ; Jules Colbeau; H. Rosart; 
Henry Miller; C. Van Volxem; G. Collin; Fr. Roffîaen; 
J. L. "Weyers; P. Desguin. 

MM. Nyst, Fologne, Thielens, Mourlon, Seghers, font 
excuser leur absence. 

En l'absence du Président et du Vice-Président M. Miller, 
membre du Conseil, préside la séance. 

Le Président annonce d'abord que le Conseil, dans sa séance 
du 18 juin dernier, a reçu membres effectifs de la Société : 

M. Rutot, • Aimé, ingénieur au chemin de fer, à Liège, 
présenté par MM. Vincent et Colbeau. 

M. Klecack, B. commissaire de district, à Sign (Dalmatie), 
présenté par MM. Nyst et Preudhomme de Borre. 

M. Baleton, Will. Edw. F. G. S. à Maidstone (Angleterre), 
présenté par MM. Vincent et Lefèvre. 

M. Bubics, S. C. 0. chambellan de Sa Sainteté, à Vienne 
(Autriche), présenté par MM. Le Comte et Nyst. — M. Bubics, 
ayant envoyé la somme de 200 francs, a été inscrit au tableau 
comme membre effectif à vie, conformément à la décision 
prise par l'Assemblée générale du 1 er juillet 1870. 

Le Président donne lecture de la circulaire du 19 juin 1872 
adressée aux membres de la Société, et expose l'ordre du jour 
de la séance par lequel l'Assemblée est appelée à se prononcer 
sur l'opportunité de changer le jour de l'Assemblée générale 
ordinaire du 1 er juillet de cette année, les élections commu- 
nales ayant lieu ce même jour dans tout le pays. 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. LXVÏI 

Le Secrétaire donne lecture des articles des Statuts concer- 
nant l'ordre du jour. 

Avant d'aborder la discussion, l'Assemblée déclare expressé- 
ment qu'elle ne considère pas le changement de la date de 
l'Assemblée générale de cette année comme une modification 
aux statuts, mais seulement comme imposé par un cas de force 
majeure tout accidentel. 

La discussion est ouverte. 

MM. Colbeau et De Borre déclarent que, selon eux, la néces- 
sité de la remise de l'Assemblée générale à une autre date ne 
leur paraît pas bien évidente ; toutefois ils se rallieront, à cet 
égard, à l'opinion de la «majorité. 

L'Assemblée décide qu'il y a lieu de changer le jour de 
l'Assemblée générale du 1 er juillet de cette année. 

Plusieurs membres pensent que l'Assemblée aurait pu être 
remise au dimanche 7 juillet ; mais une question de convenance 
s'y oppose, l'excursion annuelle de la Société royale de Bota- 
nique de Belgique ayant lieu ce même jour, et plusieurs de 
nos collègues se proposant d'ailleurs d'y prendre part. 

M. Rosart propose de l'ajourner au dimanche 14 juillet, ou 
bien à la veille, samedi 13. L'Assemblée coïnciderait ainsi 
avec la kermesse de Bruxelles et nous pourrions espérer que 
les membres étrangers à la ville y assisteraient en plus grand 
nombre. 

M. Rofiiaen propose de la fixer au dimanche, 30 juin. 

Ces deux propositions ne sont pas adoptées et l'on se met 
d'accord pour reporter l'Assemblée générale après les élections 
et avant l'excursion de la Société de Botanique, en la laissant 
le plus près possible de sa date ordinaire. 

En conséquence, M. De Borre propose de la fixer au mardi, 
2 juillet, à midi. 

Cette proposition est unanimement adoptée. 

M. Van Volxem ne pourra assister à l'Assemblée, devant 
partir avant cette date pour un voyage scientifique de plusieurs 
mois au Brésil. 



LXVIII SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

L'Assemblée décide unanimement qu'une délégation de la 
Société sera donnée à M. Van Volxem, pour la représenter 
auprès des Associations scientifiques de ce pays et tâcher de 
nouer des relations avec elles. 

La séance est levée à 3 1/2 heures. 



AssemMée générale du 2 juillet 181®. 
Présidence de M. Nyst. 

La séance est ouverte à 1 heure. 

La liste de présence porte les signatures de MM. Paul Co- 
gels; De Bullemont; Jules Colbeau; H. Nyst; G. Colliu ; 
E. Vanden Broeck ; M. Mourlon ; Seghers ; Fr. Roffiaen ; Arm, 
Thielens; Th.Lefèvre; C. Staes; Henry Miller; J.L.Weyers. 

MM. Denis, Desguin, Fontaine, Hallez, De Borre, Pire, 
Timmermans, font excuser leur absence. 

Le procès-verbal de l'Assemblée générale du 1 er juillet 1871 
et celui de l'Assemblée générale extraordinaire du 23 juin 1872 
sont lus et adoptés. 

Rapport du Président. 

M. le Président donne lecture du rapport suivant sur les tra- 
vaux de la Société pendant l'année sociale 1871-1872, et sur 
sa situation à la date de ce jour. 

« Messieurs et chers confrères, 

55 Appelé aux termes des statuts de la Société à vous pré- 
senter le rapport annuel sur sa situation, j'ai l'honneur de vous 
informer que le nombre de ses membres a continué à s'ac- 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. LXIX 

croître assez sensiblement; en juillet 1871, elle comptait 
87 membres, dont 6 honoraires, 29 correspondants et 52 effec- 
tifs ; aujourd'hui > nous avons la satisfaction de vous annoncer 
qu'elle compte 100 membres, dont 7 honoraires, 30 correspon- 
dants. et 63 effectifs. Le nombre de ces derniers s'est accru de 
seize, dont un à vie, celui des membres correspondants de trois 
et celui des membres honoraires de un, qui était déjà membre 
correspondant. Si par le concours de chacun de vous, Mes- 
sieurs, nous sommes parvenus à un résultat aussi satisfaisant, 
j'ai par contre la douleur de vous annoncer que nous avons 
perdu l'un de nos membres effectifs, le major H. Le Hon, que 
la mort est venue nous ravir au moment où il aurait pu nous 
être si utile, tant par ses bienveillants conseils et ses lumières 
scientifiques que par ses travaux; nous le comptions à peine 
parmi nous, de retour d'un voyage qu'il venait de faire en 
Italie, pour y étudier cette belle nature, que déjà, malgré les 
fatigues occasionnées par un grand travail qu'il avait entrepris 
sur les poissons fossiles de nos terrains tertiaires, et qu'il n'a 
malheureusement pas pu terminer, il s'empressait de parti- 
ciper à nos travaux. Il pouvait aussi nous être d'un grand 
secours pour nos relations à l'étranger, c'est donc assez vous 
dire, Messieurs, que cette perte est doublement douloureuse 
pour la Société. Nous devons aussi regretter la démission d'un 
membre effectif, et trois membres effectifs étrangers ont été 
considérés comme démissionnaires, ne nous ayant plus 
donné signe de vie depuis plus de trois ans. Un membre cor- 
respondant, M. V. Pecchioli, est décédé, cette perte sera 
d'autant plus sensible à la Société, qu'elle doit à ce membre les 
communications de plusieurs des travaux qu'il a publiés; un 
autre membre correspondant a été nommé membre honoraire. 
" Les jours et heures choisis pour les réunions mensuelles 
continuent à exercer une heureuse influence ; le nombre des 
membres qui y assistent progressant d'année en année. 
MM. Le Comte, Colbeau, Roffiaen, Pire, Miller, Vanden 
Broeck,Weyers, Collin, etc., vous ont fait des communications 



LXX SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

fort intéressantes sur la répartition géographique des mollus- 
ques terrestres et fluviatiles de notre pays, etc. Les variétés 
des diverses espèces ont aussi fait l'objet d'un examen sérieux 
de la part de plusieurs membres. D'importants travaux ont 
aussi été présentés par MM. Le Comte, Miller, Mourlon, Nyst, 
Pire, Vanden Broeck, Thielens, Vincent, Grégoire et Kawall. 
Une partie de ces travaux et communications est comprise 
dans le tome VI (1871) des Annales et une autre partie, à dater 
de janvier 1872, est réservée pour le tome VII (1872). Nous 
sommes en outre, Messieurs, heureux de pouvoir vous annoncer 
que d'autres membres nous en ont encore promis pour ce der- 
nier volume. 

» L'excursion annuelle, faite à Orp-le-Grand et aux environs 
de cette localité, a démontré qu'il restait encore beaucoup à faire, 
celle-ci ayant ou de fructueux résultats qui sont consignés dans 
un rapport que l'un de nos membres, M. Thielens, a bien 
voulu se charger de nous faire, en y joignant une liste aussi 
complète que possible des espèces fossiles qui y ont été décou- 
vertes, tant dans les couches du terrain crétacé que dans celles 
des terrains tertiaires qui y ont été explorées avec une ardeur 
vraiment extraordinaire. 

» Plusieurs de nos collègues ont répondu aux invitations de 
la Société Entomologique de Belgique et de la Société Royale 
Linnéenne de Bruxelles, en se joignant à elles pour explorer 
diverses contrées de notre pays. Ces courses ont produit des 
résultats fructueux qui ont été communiqués à nos séances et 
consignés dans nos publications. 

n Beaucoup d'autres excursions ont été faites dans le pays 
par plusieurs membres en particulier, et tout nous porte à 
croire qu'en étendant insensiblement le réseau de nos recher- 
ches, elles se multiplieront de plus en plus et feront mieux 
connaître la faune fossile de notre sol qui est encore loin d'être 
entièrement connue. Nous avons. pu en juger par les belles col- 
lections qui viennent d'être recueillies dans le Hainaut, depuis 
quelques années seulement, par nos savants confrères, 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. LXXl 

MM. Briart et Cornet, que nous venons de visiter. C'est assez 
vous dire qu'un vaste champ s'offre encore à vos explorations et 
qu'il nous reste encore beaucoup à récolter et à connaître chez 
nous, sans que nous soyons pour cela obligés de devoir sortir 
de notre pays pour trouver de quoi satisfaire nos goûts. 

» D'autres membres mettront à profit les voyages qu'ils sont 
appelés à faire dans des contrées lointaines, savoir : MM. Craven 
qui se trouve actuellement à Madras, Purves qui explore l'île 
d'Antigoa, Van Volxem qui, avec MM. le baron de Sélys- 
Longchamps fils et Van Beneden, fils du savant professeur de 
rUniversité de Louvain, viennent de partir hier pour aller 
explorer scientifiquement les côtes du Brésil, et enfin notre 
vice-président, M. Le Comte, qui vient aussi de nous quitter 
pour se rendre dans les montagnes de la Styrie. Tous ces 
messieurs ont promis de nous communiquer les résultats de 
leurs recherches et de nous mettre en rapport avec les amateurs 
et sociétés savantes de ces contrées qu'ils vont visiter. Des 
délégations leur ont été délivrées afin de leur faciliter l'entrée 
des sociétés étrangères. 

» Déjà le cercle de nos relations avec les corps savants s'est 
élargi, et nous sommes heureux de pouvoir vous annoncer 
qu'une dixaine de sociétés sont encore entrées en relation 
d'échange de publications, c'est donc aujourd'hui avec plus de 
cent sociétés savantes et journaux scientifiques que nous 
échangeons régulièrement nos publications. Cet heureux ré- 
sultat est dû aux efforts constants de votre Conseil, qui a porté 
toute son attention sur la haute importance qu'il y a pour la 
Société à entretenir des relations actives avec les corps savants 
régnicoles et étrangers. Continuons, Messieurs, à agir dans 
cette voie et je ne doute aucunement qu'elle nous procure 
encore de très-heureux résultats. Nous nous empressons donc 
de renouveler nos remerciements aux collègues qui ont eu 
l'extrême obligeance de nous aider de leur concours. Pour ce 
qui concerne la valeur des échanges, chacun pourra l'appré- 
cier en consultant le nombre de volumes reçus à chacune de 
nos séances. 



LXX1I , SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

» D'autres relations existent encore qui prouvent que la posi- 
tion acquise par la Société s'améliore de jour en jour. Ainsi 
les excursions en commun avec diverses sociétés du pays en 
sont une preuve. Le Congrès d'Anthropologie préhistorique qui 
est appelé à réunir, d'ici à quelques jours, sur le sol belge, les 
sommités scientifiques, non-seulement de l'Europe, mais disons 
même du monde entier et où se discuteront des questions du 
plus haut intérêt scientifique, ainsi que le Congrès scientifique 
de France, ont bien voulu nous honorer de l'envoi de leur pro- 
gramme. C'est assez vous dire, Messieurs, quelles reconnaissent 
les services que nous rendons à la science en recherchant avec 
ardeur tout ce que le sol de notre pays peut encore renfermer 
et nourrit encore actuellement. 

» Je ne dois pas oublier de vous rappeler, Messieurs, que la 
Société Linnéenne a organisé un concours malacologique à 
notre intention et que l'Académie royale des sciences, belles 
lettres et des beaux-arts de Belgique a tenu à ce que la Société 
fut représentée par l'un de ses membres à sa fête jubilaire. 

» Des permis de circulation dans les nouveaux forts d'Anvers, 
avec autorisation d'y recueillir les coquilles et polypiers fos- 
siles, ont été mis à la disposition des membres de notre Société. 

« Enfin, Messieurs, nous continuons à entretenir les meil- 
leurs rapports avec la Société Royale de Zoologie qui a bien 
voulu mettre le local dont nous disposons à notre disposition et 
nous vous proposons de lui voter encore des remerciements, 
ainsi qu'à M. le D r Hammelrath, son directeur-général. 

» Le tome VI (année 1871) de nos Annales, non encore ter- 
miné aujourd'hui, comprend plusieurs travaux importants et sera 
accompagné de cinq planches. Ces travaux sont dus à MM. Le 
Comte, Miller, Grégoire, Piré,Nyst, Mourlon et Thielens. Les 
auteurs ont déjà reçu plusieurs tirés à part qu'ils ont pu dis- 
tribuer aux amateurs et membres de la Société. Les bulletins 
du même tome comprennent de nombreuses communications 
très-intéressantes. 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. LXXIII 

» Le tome VII (année 1872), par suite de la nouvelle mesure 
qui a été prise de publier mensuellement les procès-verbaux 
des séances, a déjà une partie de ses bulletins achevée. Des 
communications importantes de MM. Vanden Broeck, Pire, 
Kawall, Collin, Le Comte, Colbeau, sont publiées. M. Vincent 
nous a aussi communiqué pour les mémoires du même tome un 
travail sur le gîte fossilifère de Dieghem. MM. Miller et Van 
den Broeck ont encore sur le métier un très-important travail 
qui embrassera les Foraminifères vivants et fossiles de Bel- 
gique. D'autres promesses nous sont encore faites et sont même 
déjà en train d'exécution. 

J5 La nouvelle mesuré prise pour la publication des procès-ver- 
baux des séances mensuelles aura pu être appréciée par chacun 
de vous, car elle offre surtout l'avantage de les faire con- 
naître plus rapidement que par le passé et de permettre aux 
membres de se tenir au courant des découvertes ou observa- 
tions qui ont pu se faire dans le courant du mois, lorsqu'ils 
n'ont pu assister à la séance. 

» La bibliothèque s'est encore accrue au point de nous obliger 
à devoir demander au gouvernement un nouveau subside pour 
pouvoir assurer sa bonne installation ainsi que sa bonne conser- 
vation. Tout en regrettant de devoir vous annoncer que nous 
venons de recevoir l'information qu'il ne pourra être donné 
suite à notre demande dans le courant de cet exercice , nous 
sommes heureux de pouvoir vous annoncer que le gouverne- 
ment, désirant cependant contribuer à seconder nos efforts, a 
bien voulu nous faire espérer qu'un subside nous sera accordé 
pour l'exercice prochain. 

» Nous devons des remerciements à MM. Nystet Senoner pour 
des ouvrages offerts; ainsi qu'à MM. Beltynck, Brusina, Dali, 
D'Ancona, De Borre, Desguin, Deshayes, Dupont, Frauenfeld, 
Heyden, Hidalgo, Kawall, Kobelt, Mourlon, Pire, Vanden 
Broeck, Verkrùsen, Westerlund, etc., qui nous ont adressé 
plusieurs de leurs propres publications. 

j 



LXXIV SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

» L'augmentation des collections a été relativement peu con- 
sidérable cette année, cependant MM. Craven, Desguin, 
Weyers, Rosart, Putzeys, Heynemann et Le Hon, ont contri- 
bué à les enrichir. Les coquilles offertes par M. Desguin, qui 
consistent surtout en espèces recueillies sur les côtes du Maroc, 
de l'Ile Jersey et du Brésil, ont été remises entre les mains de 
M. Nyst, qui a bien voulu se charger de les déterminer et d'en 
dresser les listes pour la société : ces listes seront d'une grande 
utilité, pouvant par la suite servir à déterminer la distribution 
géographique de chaque espèce. 

» Pour ce qui concerne la classification des collections, celle-ci 
n'a pas fait de grands progrès ; cependant les catalogues des 
familles entièrement achevées (Auriculide, Otinidœ, Cyclo- 
phoriclœ, Helicinidœ, Truncatellide^ Assiminiidœ, etc.), ont été 
déposés en séance, ainsi que des catalogues de la collection 
spéciale de notre pays, savoir : celui des mollusques terrestres 
et fiuviatiles vivants et celui des coquilles fossiles de nos ter- 
rains quaternaires. 

» M. Nyst s'est chargé de revoir la famille des Scalaridœ et a 
déterminé les espèces qu'il a pu confronter avec celles qui se 
trouvent actuellement dans les galeries du Musée royal d'his- 
toire naturelle, ainsi que dans les ouvrages qu'il a pu consulter ; 
ce même membre a bien voulu se charger d'en entreprendre 
d'autres en même temps qu'il fera le travail pour celles de la 
collection de cet établissement, appelé à rendre de grands ser- 
vices ; il propose, au nom de M. Dupont qui en est le directeur, 
d'établir l'échange des espèces qui pourraient exister en double 
de part et d'autre. 

» Le comptoir d'échange, pour les doubles n'a pas encore pu 
être organisé, ceux des familles classées étant encore trop peu 
nombreux. Afin d'activer le travail de classification , il a été 
fait une proposition de se réunir un certain nombre de jours au 
local de la Société pour y terminer l'étude des collections ainsi 
que pour permettre aux membres de consulter les ouvrages de 
la bibliothèque. Cette proposition, Messieurs, est à notre ordre 
du jour. 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. LXXV 

» Comme pour les années précédentes, les archives de la 
Société se trouvent classées par années et conservées dans des 
cartons. 

» L'album contient aujourd'hui 52 portraits. Il s'est enrichi 
des photographies de MM. Candèze, De Koninck, De Looz, 
Desguin, Henné, Heynemann, Lefèvre, Loumyer, Staes et 
Van Volxem. Plusieurs membres ont encore promis de l'aug- 
menter. 

n Le mobilier est entretenu en bon état et s'est augmenté 
d'un superbe encrier en bronze qui nous a été offert par notre 
vice-président M. Le Comte. 

r> Les boîtes des collections demandent certains travaux 
d'appropriation ; le nombre devrait aussi en être augmenté et 
il serait urgent d'acquérir une bibliothèque pour y renfermer 
les livres de la Société. 

» Enfin, Messieurs, je suis très-heureux d'avoir à vous 
apprendre que la situation financière de la Société doit être 
regardée comme très-bonne, et même assurée, puisque nous 
avons aujourd'hui 168 fr. 81 cent, en caisse, ainsi qu'il conste 
des comptes qui vous seront soumis par M. le Trésorier, et que 
nous pouvons faire face à nos dépenses sans majorer la cotisa- 
tion des membres. Ces heureux résultats, Messieurs, c'est votre 
œuvre; vous l'avez dit un jour, avec le concours et l'union de 
tous ses membres, la prospérité d'une Société ne saurait être 
douteuse et il ne nous reste plus, Messieurs et très-chers Col- 
lègues, qu'à vous remercier du concours que vous avez bien 
voulu nous prêter pour arriver à ce beau résultat, » 

Applaudissements . 

L'Assemblée approuve unanimement la gestion du Conseil. 

Budget. 

Le Trésorier expose, au nom du Conseil, les comptes de la 
Société, arrêtés au 29 juin 1872, en séance du Conseil, après 
examen de la Commission des comptes ; il résulte que les recettes 



LXXVI .SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

de l'exercice 1871-72 se sont élevées au chiffre de 1747 fr. 22 
et les dépenses du même exercice au chiffre de 1578 fr. 41. 

L'Assemblée, en approuvant, vote des remerciements à 
M. le trésorier E. Fologne. 

Le Trésorier présente ensuite, au nom du Conseil, le projet 
de budget pour l'exercice 1872-73, prévoyant en recettes la 
somme de 2293 fr. 81 et en dépenses la somme de 2219 fr. 94. 

Après discussion sur chacun de ses articles, le projet est 
adopté. 

Par suite, la cotisation des membres, pour 1872-73, est 
fixée à 15 francs, de même que le prix du volume d'Annales 
(tome VII, 1872) correspondant à cette cotisation. L'abonne- 
ment aux procès-verbaux seuls, de cette année, est fixé à 
2 fr. 50, et le prix de chaque procès- verbal à 25 centimes. 

L'Assemblée ûxe de nouveau à 15 francs le prix de chacun 
des six premiers volumes des Annales avec remise d'un tiers 
pour les membres de la Société. 

Elle décide aussi que les membres auront la faculté d'acqué- 
rir, à moitié prix, pour une fois seulement, la collection com- 
plète des volumes publiés avant l'année de leur réception. 

Fixation dîijour des séances mensuelles . 

L'Assemblée maintient pour jour des séances mensuelles le 
premier dimanche de chaque mois, à 2 heures de relevée. 

La généralité des membres voudrait que l'Assemblée géné- 
rale annuelle eut également lieu le premier dimanche de juillet 
au lieu du 1 er juillet, et que l'Assemblée mensuelle du même 
mois fut ainsi supprimée. Mais ce changement entrainant une 
modification aux statuts de la Société, et la proposition n'ayant 
pas été préalablement portée à l'ordre du jour, le Conseil est 
chargé de convoquer la Société en assemblée générale à l'effet 
dé prendre une décision sur cet objet. 

La publication du procès-verbal de l'assemblée générale de 
ce jour et sa distribution ne pouvant être faites avant le premier 
dimanche du présent mois, faute de temps, les membres pré- 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. LXXVII 

sents ne croient pas devoir se réunir ce mois en assemblée 
mensuelle. 

Choix de la localité et de V époque de V excursion annuelle de la 
Société. 

M. Thielens rappelle qu'il a déjà proposé une excursion dans 
l'Eifel, aux environs de Gerolstein qu'il vient de visiter, loca- 
lité riche en fossiles et en mollusques vivants ; en fixant notre 
excursion au dimanche 7 juillet prochain, elle aurait de plus 
l'avantage de coïncider avec l'excursion de la Société royale de 
botanique de Belgique. 

M. Vanden Broeck propose une excursion sur les côtes de 
France, à Boulogne, où les espèces marines sont très-abon- 
dantes ainsi que les espèces terrestres et iluviatiles, et où les 
espèces fossiles sont également nombreuses. 

MM. Nyst et Roffiaen sont d avis qu'il est préférable pour la 
Société de faire ses excursions dans le pays où il reste encore 
tant de localités à explorer et tant de découvertes à faire, sur- 
tout pour les espèces fossiles. 

M. Colbeau ne partage pas cet avis, tout en reconnaissant 
qu'une grande partie de notre pays ne nous est guères connue, 
mais la Société ne doit point borner ses études à nos seules 
espèces. Quant à l'excursion dans l'Eifel, l'époque proposée par 
M. Thielens est trop rapprochée. 

M. Nyst croit qu'une excursion dans le Limbourg, à Kleyn- 

Spauwen, Vliermael, Tongres etc. donnerait les meilleurs 

•résultats quant à l'observation des espèces fossiles du système 

tongrien qui s'y trouvent en grande abondance ; de plus les 

espèces vivantes de ces localités sont encore peu connues. 

MM. Thielens et Weyers, pour le cas où l'Eifel soit écarté, 
proposeraient plutôt une excursion dans le Luxembourg, à Vir- 
ton, Aubange et environs où d'importants travaux actuellement 
en voie d'exécution nous donneraient une occasion exception- 
nelle de recueillir une quantité d'espèces fossiles : de plus la 
Société n'a pas fait encore d'excursion dans les terrains juras- 



LXXVIIl SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

siques, et quant aux espèces vivantes c'est certainement une 
des régions du pays où Ton peut le plus espérer faire de nou- 
velles découvertes. 

M. Mourlon préférerait une excursion dans nos terrains 
tertiaires qui sont ceux dont s'occupent le plus grand nombre de 
membres. Il croit plus utile à la science d'étudier d'abord à fond 
l'un de nos terrains, avant de porter nos recherches dans 
d'autres. 

M. Colbeau fait observer que les excursions organisées par 
la Société doivent plutôt être variées, afin que chacun puisse 
acquérir quelques données nouvelles et par suite faire choix des 
parties de la Malacologie qu'il voudrait étudier plus spéciale- 
ment. 

L'Assemblée décide que l'excursion de la Société aura lieu 
cette année à Virton, le dimanche 15 septembre 1872. 

Propositions diverses. 

Sur la proposition faite à la séance du 2 juin 1872 par 
MM. Desguin et Denis et reproduite par plusieurs membres, 
l'Assemblée décide que le 1 er et le3 me mardi de chaque mois 
sera consacré au classement des collections malacologiques 
et de la bibliothèque. Les membres qui voudraient prêter leur 
concours à ce travail sont priés de se rendre au local de la So- 
ciété l'un des jours désignés, vers 6 heures du soir. 

L'Assemblée, sur la proposition faite par MM. Roffiaen ei 
Miller à la séance du 2 juin 1872 et renouvelée en ce jour, décide 
que les propositions importantes sujettes à discussion, devront 
être présentées par écrit aux séances de la Société. 

Nomination de trois membres du Conseil pour les années 
1872-73 et 1873-74. 

MM. Fologne, Roffiaen et Weyers ayant obtenu la majorité 
des suffrages, sont proclamés membres du Conseil pour les 
années 1872-73 et 1873-74. 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. LXXIX 

Nomination de la Commission des comptes pour Vannée 
1872-73. 
MM. De Bullemont, Seghers et Timmermans sont élus. 

La séance est levée à 4 1/2 heures. 



Assemblée générale extraordinaire dn 4 août 1872. 

Présidence de M. Nyst. 

La séance est ouverte à 2 1/2 heures. 

•La liste de présence porte les signatures de MM. Em. De 
Bullemont; Jules Colbeau; Fr. Roffiaen ; Ernest Vanden 
Broeck; G. Collin ; J. L. Weyers; H. Nyst; G. Vincent; 
Th. Lefèvre; Henry Miller. 

MM. Dewalque, Desguin, De Koninck, Preudhomme De 
Borre, Mourlon, Fontaine, Briart, font excuser leur absence. 

Le procès-verbal de l'Assemblée générale du 2 juillet 1872 
est adopté. 

M. le Président donne lecture de la circulaire, adressée aux 
membres, relative à l'ordre du jour de l'Assemblée : 

u Proposition de fixer l'Assemblée générale annuelle au 
premier dimanche de juillet, à 2 heures, et de supprimer l'As- 
semblée mensuelle du même mois. » 

Le Secrétaire donne lecture des articles des statuts concer- 
nant l'ordre du jour. 

La discussion est ouverte. 

Personne ne demande la parole et la proposition est unani- 
mement adoptée par l'Assemblée. 

MM. Dewalque et Desguin font connaître par lettre qu'ils 
adhèrent à la proposition ; plusieurs autres membres absents 
font savoir qu'ils y donnent également leur consentement. 



LXXX SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

M. le Président, en présence de l'unanimité des membres 
qui ont fait connaître leur opinion favorable, et en l'absence de 
toute objection à la mesure proposée, déclare la proposition 
adoptée. 

En conséquence le premier paragraphe de l'article 10 des 
Statuts est modifié comme suit : 

Les Membres de la Société se réunissent de plein droit en 
Assemblée générale annuelle, le premier dimanche de juillet, 
à 2 heures, au local delà Société. 

Le premier paragraphe de l'article 1 1 des Statuts est à son 
tour modifié de la manière suivante : 

Les Membres de la Société se réunissent chaque mois, sauf 
au mois de juillet, en Assemblée ordinaire mensuelle. 

La séance est levée à 2 3/4 heures. 



Séance du 4 août 1&7%. 

Présidence de M. Nyst. 

La séance est ouverte à 3 heures. 

Sont présents : MM. Nyst, président; De Bullemont; Rof- 
fiaen ; Vanden Broeck ; Collin ; Weyers ; Vincent ; Léfèvre ; 
Miller; Colbeau, secrétaire. 

MM. Dewalque, Desguin, De Koninck, Preudhomme De 
Borre, Mourlon, Fontaine, Briart, font excuser leur absence. 

MM. Emile Colbeau, Hector Rofïiaen , Emile Vincent 
assistent à la séance. 

Le procès-verbal de la séance du 2 juin 1872 est adopté. 

Correspondance . 

M. le marquis Fr. Lancia di Brolo remercie pour sa nomi- 
nation comme membre correspondant, annonce l'envoi de pu- 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872, LXXXI 

blications et se propose d'adresser à la Société des coquilles des 
mers de la Sicile. 

MM. A. Rutot etB. Klecack remercient pour leur nomina- 
tion comme membres effectifs et se proposent également d'en- 
richir les collections de la Société. 

La Société royale des Sciences d'Upsal, la Société de Litté- 
rature et des Arts de la Courlande, l'Institut Smithsonien, 
la Société royale des Sciences de Gothembourg, l'Académie des 
Sciences d'Agram, l'Académie des Sciences de la Nouvelle-Or- 
léans, remercient pour la réception des Annales et annoncent 
l'envoi de leurs publications. 

M. le ministre de l'intérieur regrette que la situation du cré- 
dit des lettres et des Sciences, pour l'année 1872, ne lui per- 
mette pas d'accorder le subside extraordinaire demandé cette 
année par la Société. 

M. Senoner fait connaître plusieurs Sociétés disposées à 
entrer avec nous en relations d'échange de publications. — 
Remerciements. 

M. Le Comte fait savoir qu'il a remis la collection des An- 
nales de la Société à l'Académie impériale des Sciences de 
Vienne et que celle-ci adressera en échange ses publications sur 
les sciences naturelles. — Remerciements. 

M. Hagenmûller adresse à la Société l'un de ses ouvrages et 
offre d'envoyer une collection de coquilles terrestres et fluvia- 
tiles de TAlgérie. — L'assemblée remercie M. Hagenmûller et 
accepte son offre avec reconnaissance. 

MM. Thielens et Malaise donnent divers renseignements 
sur les localités de la province du Luxembourg où la Société se 
propose de faire son excursion annuelle, le 15 septembre pro- 
chain. — Remerciements. 

Dons et envois reçus. 

Portrait photographié de M. Miller. — Don de M. Miller. 
Brochures et ouvrages offerts par leurs auteurs MM. Thie- 
lens, Kawall, Matthew, Dali (Report on tlie Brachiopoda, etc. . . . 

I 



LXXXII SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DF BELGIQUE. 

with a révision of the Craniidœ and Discinide) , Kobelt 
{Fauna der nassauischen Mollusken), Hagenmùller {Catalogue 
des M 611. ter. etfluv. d'Alsace), Dupont, Desguin, De Koninck 
(Monographie des genres Productus et Chonetes. Notice sur 
une nouvelle espèce de Davidsonia. Nouvelle notice sur les fos- 
siles du Spitzberg). 

Ouvrages offerts par MM, Lancia di Brolo (Memoria sopra 
alcuni Pleur otomif os sili dei dintorni di Palermo, par J. G. Bru- 
gnone) et Senoner. 

Coquilles diverses offertes par MM. Nyst, D r Kobelt, Messe- 
maeker, Rosart. 

Publications reçues en échange des Annales de la part des 
Académies des sciences de Leiden et d'Agram, de l'Institut 
I. R. géologique d'Autriche, du Comité royal géologique d'Ita- 
lie, des Musées de Zoologie comparée de Cambridge et d'Histoire 
naturelle de Klagenfurt; de la Fédération des Sociétés d'horti- 
culture de Belgique et des Sociétés Malacozoologique allemande, 
des Sciences naturelles de Zwickau, Entomologique de Belgi- 
que, Impériale des Naturalistes de Moscou, Royale des Sciences 
d'Upsal, Algérienne de climatologie, Courlandaise de littéra- 
ture et des arts, Entomologique italienne, d'Acclimatation de 
Palerme, Isis de Dresde, Médico-chirurgicale de Liège, Royale 
Linnéenne de Bruxelles, des Naturalistes de Coire, Royale des 
Sciences de Gothembourg, des Amis des Sciences naturelles de 
Rouen, d'Histoire naturelle de Copenhague, des Sciences do 
Breslau, d'Histoire naturelle de Groningue, Royale des Sciences 
médicales et naturelles de Bruxelles, Italienne des Sciences 
naturelles. 

Des remerciements sont votés aux donateurs. 

Le Secrétaire dépose pour la bibliothèque les Procès-verbaux 
des séances des 2 et 23 juin et du 2 juillet 1872 de la Société 
(trois exemplaires), ainsi qu'un exemplaire du tiré cà part de 
trois mémoires des Annales, tome VI (1871): Relation de V ex- 
cursion de la Société a Orp-le- Grand, par Arm. Thielens et 
Description d'une Serpula et Description d'une Ostrea fossiles 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. LXXXIII 

de la Craie, par Nyst, de plus un exemplaire d'un tiré à 
part des Bulletins du tome VII : Note supplémentaire aux 
considérations sur les Planorbes scalariformes , par Vanden 
Broeck. 

Communications du Conseil. 

Le Président annonce que le Conseil, dans sa séance de ce 
jour, a reçu membres effectifs de la Société : 

MM. Lagrange, Eug., étudiant, à Bruxelles, présenté par 
MM. Collin et Vanden Broeck; Borsu, Jos., à Etterbeek, pré- 
senté par MM. Rosart et Colbeau ; Van Bemmel, Ch., étu- 
diant, à St-Josse-ten-Noode, présenté par MM. Dupont et Col- 
beau; De Reul, X., à Sehaerbeek, présenté par MM. Dupont 
et Roffiaen; Berchem, ingénieur principal des mines, àNamur, 
présenté par MM. Dupont et Colbeau. 

Sur la proposition du Conseil, l'assemblée décide un échange 
de publications avec les sociétés « Schlesiscbe Gesellschaft fur 
vaterlândische Cultur » de Breslau, et « Verein fur Naturkunde 
zu Zwickau » de Zwickau (Saxe), qui ont fait parvenir leurs 
publications à la Société. 

M. le Président annonce que la Société est sur le point d'ex- 
pédier les ouvrages qui lui sont parvenus pour l'Académie de 
Chicago ; il prie les membres qui voudraient encore joindre à 
l'envoi quelques unes de leurs publications de les faire remettre 
sans retard chez M. le secrétaire. 

Présentation et réception de Membre correspondant. 

Sur la proposition de MM. Thielens et Colbeau, M. Mat- 
thew, G.-F., secrétaire de la Société d'histoire naturelle de 
S*- John, membre de la commission géologique du Canada, etc. 
est nommé membre correspondant de la Société. 

Lecture. 

M, Vincent donne lecture de la note suivante ; 



LXXXIV SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Préliminaire d'une notice sur les fossiles de l'assise 
supérieure du systeme ypresien. 

Comme on le sait, il n'est connu de l'assise supérieure du 
système ypresien qu'une faune très-restreinte et dont la liste a 
été publiée par M. Dewalque, dans son ouvrage intitulé : 
Prodrome d'une description géologique de la Belgique. 

A la suite de divers grands travaux de déblai qui ont été 
entrepris depuis quelque temps dans les environs de notre 
ville, nous avons, moi et mon fils, dirigé tout spécialement nos 
recherches dans ce dépôt. Nous sommes parvenus à découvrir 
un certain nombre de fossiles, une cinquantaine d'espèces, des 
plus intéressants et nouveaux, au moins pour la faune ypre- 
sienne. 

La liste suivante que j'ai l'honneur de présenter aujourd'hui 
à la Société, n'est encore que provisoire ; des ouvrages spéciaux 
sur les fossiles des terrains correspondant à notre terrain 
ypresien, dans les pays étrangers, nous manquent pour pouvoir 
faire une détermination définitive. 

J'y reviendrai plus tard et je décrirai cette faune si impor- 
tante de la même manière dont j'ai décrit celle de Dieghem, 
c'est-à-dire en divisant le terrain en zones fossilifères et en 
observant exactement la position particulière de chaque indi- 
vidu. Je puis annoncer dès maintenant que ces zones sont au 
nombre de deux, et que j'ai donné le nom de zone a Turritella 
édita à la zone supérieure, à l'inférieure celui de zone a Echi- 
nodermes. 

LISTE DES FOSSILES (1). 

Zone inférieure, 

Cheloniens. — Deux espèces. 
Cœlorhynchus rectus Agass. 

(1) Nous devons à l'obligeance de notre Irès-honoré collègue et président, M. Nyst, 
la détermination des espèces marquées de la lettre (iV). 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. LXXXV 

Lamna elegans Agass. 

» Hopei? Agass. 
Otodus macrotus? Agass. 
Myliobates Toliapicus? Agass. — Commun. 
Plusieurs dents de diverses autres espèces de poissons. 
Nautilus. — Très-différent des Nautiles des terrains plus 

récents. 
Xenojphorus (Trochus) umbilicaris? Brand. 
Natica paùula Desh. — Commun. 

7) sigaretina? Lmk. 
Modiola.... 

Pecten corneus? Sow. — Commun. 

Cardium.... — De grande taille (longueur 90 millim., lar- 
geur 73 millim. 
Phaladomya. . . . 
Lunulites. . . . 

Spatangus Omaliusi? Goldf. 
Hemiaster acuminatus? Goldf. — Commun. 
Scutellina? — Deux espèces. 
Nummulites planulata. — Très-commun. 

Zone supérieure. 

Lamna elegans Agass. 

Xanthopsis unispinosus Coy. 

Thenops syllarijormis Bell. 

Turritella édita Sow. (A 7 ). — Très-commune. 

» hybrida Desh. (N). — Commune. 

n ... — (Petite espèce). 
Vermetus Bognoriensis . (A 7 )- — Très-commun 
Pleurotoma.... 
Teredo.... 
Ostrea cariosa? Desh. 

u 

Anomia sublœmgata D'Orbig. 
Pecten corneus? Sow, — Commun, 



LXXXVI SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Spondylus demissns? Desh. (N). 

Crassatella diibia Nyst. (N). 

Cardita pulchra? Desh. {N). — Commun. 

Lucina ? 

Pectunculus . . . . 

Nummulites planulata. — Très-commun. 

Foraminiferes . — Plusieurs espèces. 

Communications diverses des Membres, 

M. Nyst, en classant les collections du Musée royal, a eu la 
bonne fortune de rencontrer parmi les Terebratula grandis Sow. 
du crag corallifère d'Anvers, un certain nombre d'exemplaires 
ayant parfaitement conservé intactes leurs apophyses ; de plus 
il a découvert dans l'un d'eux une espèce de Spongiaire per- 
forée par des Saxicava. 

M. Vanden Broeck signale la découverte qu'il a faite sur 
nos côtes de plusieurs échantillons d'un Bracliiopode vivant de 
taille presque microscopique ; peut-être de petits individus de 
la Terebratula capsula Jeffr ? 

M. Vanden Broeck a le regret d'annoncer que ses observa- 
tions sur les Planorbes scalariformes de Magnée devront pro- 
bablement être interrompues, M. l'abbé Strail, curé de ce vil- 
lage, lui ayant dit que plusieurs personnes s'étaient rendues à 
différentes reprises à la mare, au commencement de cette 
année, et en avaient enlevé une grande partie des Lemna ; 
M. l'abbé Strail s'est assuré cependant que les Planorbes sca- 
lariformes y existent encore, mais qu'ils y sont devenus très- 
rares ; toutefois l'on peut espérer les retrouver plus abondam- 
ment, car il a constaté la présence de jeunes individus. 

M. De Bullemont a visité de nouveau le petit étang des envi- 
rons d'Aerschot, où il avait découvert, l'année dernière, des 
Limncea stagnalis sénestres ; il en a recueilli encore une ving- 
taine d'exemplaires, parmi lesquels de très-petits qui pour- 
raient appartenir à une seconde génération. 

M- Colbeau communique une lettre de M. Le Comte signa- 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. LXXXVII 

lant les captures qu'il a faites dans quelques localités de l'Au- 
triche et de la Bavière. — La Société espère que M. Le Comte 
lui fera parvenir un travail général sur les résultats de ses 
excursions. 

M. Weyers dit quelques mots sur l'excursion de la Société 
royale de Botanique dans l'Eifel, à laquelle il a pris part avec 
d'autres de nos collègues ; il indique la montagne isolée du 
Hohlberg, près de Gerolstein, comme particulièrement riche 
en fossiles devoniens qui y sont répandus par milliers sur le sol ; 
il ajoute que M. Thielens donnera sur cette excursion une note 
plus détaillée. 

La séance est levée à 5 heures. 



Séance du 1 er septembre 1872. 

Présidence de M. Miller. 

La séance est ouverte à 3 heures. 

Sont présents : MM. Rutot; Collin; Miller; Vincent; Col- 
beau, secrétaire. 

MM. Dewalque, Roffiaen, Denis, Nyst, Lagrange, Vanden 
Broeck, Lefèvre, font excuser leur absence. 

En l'absence du Président et du Vice-Président, M. Miller, 
membre du Conseil, préside la séance. 

Le procès-verbal de l'Assemblée mensuelle du 4 août 1872 
est adopté. 

Le procès-verbal de l'Assemblée générale extraordinaire du 
même jour ne donne lieu à aucune observation. 

Correspondance. 

La Société des Naturalistes de Brunn, l'Académie des 
Sciences de Catane, l'Institut d'Essex, la Société hollandaise 



LXXXVIII SOCIÉTÉ MALACOLGGIQUE DE BELGIQUE. 

des Sciences, accusent réception des Annales et annoncent 
l'envoi de publications. 

MM. Berchem et Lagrange remercient pour leur réception 
comme membres effectifs de la Société. 

MM. Nyst et Vanden Broeck s'excusent de ne pouvoir' 
assister à la séance. M. Vanden Broeck annonce de plus que 
nos collègues MM. Purves et Craven sont de retour de leur 
voyage aux Indes. 

M. le comte De Looz fait savoir qu'il prendra part à la pro- 
chaine excursion de la Société, à Virton. 

M. Dewalque regrette de ne pouvoir y prendre part, devant 
s'absenter du pays à cette époque. 

Dons et envois reçus» 

Portrait photographié de M. Rutot. — Don de M. Rutot. 

Ouvrage par M. Edw. Young. — Don de l'auteur. 

Publications reçues en échange des Annales de la part du 
Département de l'Agriculture des Etats-Unis, de l'Académie des 
Sciences de Catane, de l'Académie Impériale des Sciences de 
Saint-Pétersbourg, de l'Académie Californienne des Sciences, 
de l'Institut Smithsonien, de l'Institut d'Essex, de la Ligue de 
l'Enseignement, et des Sociétés Malacozoologique allemande, des 
Naturalistes de Brunn, des Amis de la nature de Reichenberg, 
Paléontologique et Archéologique de Charleroi, Royale des 
Sciences médicales et naturelles de Bruxelles, Hollandaise des 
Sciences à Harlem, des Sciences naturelles de St-Gall, des 
Sciences naturelles de Brème. 

Des remerciements sont votés aux donateurs. 

Le secrétaire dépose pour la bibliothèque trois exemplaires 
des procès-verbaux de 1 Assemblée générale extraordinaire et 
de l'Assemblée mensuelle du 4 août 1872. 

Communications du Conseil. 

Le Secrétaire annonce que la Société a reçu de M. Thie- 
lens une caisse de fossiles présentée en échange. — Renvoi à 
la séance prochaine. 



BULLETIN DES SÉANCES — ANNÉE 1872. LXXX1X 

Il annonce ensuite que le Conseil s'est réuni, le 20 août, à 
propos de l'excursion delà Société à Virton et a prié MM. Thie- 
lens et Malaise de s'entendre pour son organisation etc. et de 
faire part de leur programme en cette séance. Il donne lecture 
des lettres qui lui sont parvenues à ce sujet. 

L'Assemblée approuve les principales dispositions qu'elles 
renferment et décide qu'elles seront insérées à la suite du 
procès-verbal de la présente séance. Elle laisse aux excursion- 
nistes le soin de choisir eux-mêmes les localités à explorer et 
de limiter la durée de l'excursion. 

Communications des Membres. 

M. Collin annonce qu'il possède actuellement dans son aqua- 
rium déjeunes individus sénestres de X&Limnœa stagnalis pro- 
venant d'une ponte d'un des exemplaires sénestres recueillis 
aux environs d'Aerschot par M. De Bullemont. Cette anomalie 
remarquable se reproduit donc positivement par hérédité. 

M. Colbeau a obtenu chez lui toute une éclosion de Hélix 
incamata albinos, provenant d'un individu affecté lui-même 
d'albinisme. 

M. Miller annonce que la première partie du travail sur les 
Foraminifères de la Belgique, qu'il a entrepris avec M.Vanden 
Broeck, sera présentée à la prochaine séance. 

La séance est levée à 3 1/2 heures. 



Séance du G octobre 1872. 
Présidence de M. Nyst. 

La séance est ouverte à 2 1/2 heures. 

Sont présents : MM. Nyst, président; Craven ; Collin; 
Purves ; Roffiaen ; Vincent ; Vanden Broeck ; Miller ; Lefèvre ; 
Weyers; Pire; Colbeau, secrétaire. 



XG SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

M. Emile Vincent assiste à la séance. 

MM. Lagrange, Mourlon, Malaise, font excuser leur ab- 
sence. 

Le procès-verbal de la séance du 1 er septembre 1872 est 
adopté. 

Correspondance . 

La Ligue de l'Enseignement fait part d'un projet d organisa- 
tion d'une école-modèle à Bruxelles. 

La Commission royale des échanges internationaux demande 
à la Société d'adhérer à son principe et de lui communiquer 
divers renseignements. 

La Société d'Histoire naturelle de Colmar, la Société des 
Sciences naturelles de Styrie, l'Université de Leiden annon- 
cent l'envoi de publications. 

M. Hidalgo annonce également l'envoi d'un de ses ouvrages. 

Dons et envois reçus. 

Portrait photographié de M. Hidalgo. — Don de M. Hi- 
dalgo. 

Coquilles offertes par MM. Thielens, Hart, Le Comte. 

Brochures offertes par leurs auteurs MM. Robert Stearns 
(Conchological memoranda etc.), Kawall, Pire. 

Ouvrages offerts par M. Senoner (Specie e mrieta di Mol- 
luschi délia Zombardia, par A. et G. B. Villa, etc.). 

Publications reçues en échange des Annales de la part de 
l'Académie royale des Sciences de Belgique, de l'Institut I. R. 
géologique d Autriche, de l'Université de Leiden, et des 
Sociétés des Sciences naturelles de Styrie, Royale Linnéenne 
de Bruxelles, Scientifique et littéraire du Limbourg, Entomo- 
logique de Belgique, Médico-chirurgicale de Liège, Malaco- 
zoologique allemande. 

Des remerciements sont votés aux donateurs. 

Le Secrétaire dépose pour la bibliothèque trois exemplaires 
du procès-verbal de la séance du 1 er septembre 1872. 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. XGl 

Communications du Conseil. 

Le Président annonce que le Conseil, dans sa séance de ce 
jour, a reçu membres effectifs de la Société, MM. J.Ortlieb, à 
Croix près Roubaix et E. Chellonneix, à Lille, présentés par 
MM. Thielens et Nyst, et M. Ubaghs, Casimir, à Maestricht, 
présenté par MM. Thielens et Colbeau. 

Il fait ensuite part du décès de M. Goswin Loumyer, phar- 
macien, ex-interne à l'Hôpital militaire de Bruxelles, l'un des 
plus anciens membres effectifs de la Société, enlevé prématu- 
rément à la science. 

Présentation et réception de Membre honoraire. 

M. le Président annonce que le Conseil, sur la demande de 
MM. Nyst et Roffiaen, a décidé qu'il proposerait à la Société 
de décerner à M. le professeur S. Nilsson, à Lund, le diplôme 
de membre honoraire, en témoignage de reconnaissance pour 
les services éminents qu'il a rendus à la Science. 

L'Assemblée approuve unanimement la proposition du Con- 
seil. 

En conséquence M. Nilsson est proclamé membre honoraire 
de la Société. 

Présentation de travaux pour les Annales. 

M. Nyst annonce que M. Malaise, chargé du rapport sur 
l'excursion de la Société à Virton, présentera son travail à la 
séance de décembre. 

M. Vanden Broeck donne lecture de la première partie d'un 
mémoire intitulé : Les Foraminifères vivants et fossiles de la 
Belgique, par MM. Henry J. Miller et Ernest Vanden Broeck. 

L'impression dans les Annales en est décidée. 

Lectures. 

M. Vincent montre le moulage d'un Fusus serratus trouvé 
aux environs de Bruxelles, et lit la note suivante : 

« Fusus nouveau pour la faune bruxellienne. 

« Me trouvant, il y a quelques jours, près de la plaine des 



XCI1 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Manœuvres, j'y découvris des grès coquilliers qui venaient 
d'être extraits d'un puits. Ces grès appartenant au banc coquil- 
lier que l'on rencontre généralement dans nos environs, à la 
superficie des sables blancs de l'assise bruxellienne, étaient 
composés presque entièrement de moules de Cytherea subery- 
cinoides, de Lucina pulchella et de Mactra semisulcata : Ils 
renfermaient aussi quelques moules de Gastéropodes communs 
dans cette zone fossilifère, entre autres le Fusus ficulneus, la 
Voluta cythara, la Cassiclaria carinata. C'est dans ces grès 
que je viens de découvrir le Fusus scrratus, une des plus élé- 
gantes espèces de ce genre et qui, jusqu'aujourd'hui, n'a encore 
été mentionné dans aucune de nos listes publiées. Il est décrit 
à la page 513 et figuré planche 73 figures 12 et 13 dans l'ou- 
vrage de M, Deshayes, intitulé : Fossiles des environs de 
Paris, n 

M. Collin donne lecture de la note suivante : 

« Note sur quelques variétés rencontrées chez le Pisidium 

amnicum. Mûll. 

« La variabilité de formes et de couleurs chez les mollus- 
ques en général, a été de longue date l'objet de contestations 
et de discussions sans nombre ; elle a poussé certains malaco- 
logues à étendre, à prodiguer même les espèces ; a obligé en 
quelque sorte d'autres plus circonspects et désireux de rendre 
la science plus lucide, à faire des variétés. Considérant cepen- 
dant chaque mollusque en particulier et se mettant sous les 
yeux un nombre considérable d'exemplaires de plusieurs loca- 
lités, on pourra s'apercevoir que le désir de faire de nouvelles 
espèces ou de nouvelles variétés est quelquefois poussé à 
l'excès. 

j) Dans la séance du 3 mars 1872 j'ai donné une petite liste 
des mollusques que j'avais trouvés dans les sables du Rupel ; 
j'y ai mentionné le Pisidium amnicum Mûll., dont les for- 
mes étaient si différentes que j'avais cru devoir le faire re 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. XCIII 

marquer. Il m'a semblé que je ne pourrais assez éveiller l'at- 
tention des malacologues et j'ai cru qu'il serait bon de m'étendre 
dune manière un peu plus explicite à ce sujet : c'est ce qui 
ma poussé à présenter aujourd'hui cette petite note. 

75 Je viens de dire qu'il serait bon, avant de faire des variétés 
d'une espèce, d'avoir bon nombre d'échantillons de diverses 
localités pour observer si le climat, la situation topographique 
et hydrographique n'est pas un grand point pour la diversité 
des formes et des couleurs clans une espèce ; mais pour le Pisi- 
dium qui nous occupe, le cas est tout différent, puisqu'il pro- 
vient d'une seule et même localité. Reste donc à savoir quelle 
peut être la cause ou les causes pour lesquelles ce Pisidium a 
subi ces diverses variations. Je laisse à d'autres, plus à même 
que moi, de résoudre cette question ; mais je me permettrai 
toutefois d'opiner que peut-être les courants, quelques minimes 
qu'ils puissent être, pourraient influer sur la coquille. On sait 
que c'est dans le milieu de la rivière que le mouvement de l'eau 
est le plus accentué et que, par conséquent, les coquilles qui 
s'y trouvent, doivent, pour résister à cette espèce de pression, 
avoir un test plus solide. Quant aux côtés du cours d'eau, le 
liquide est souvent divisé soit par des angles du bord, soit par 
des racines ou quelqu 'autre obstacle et par conséquent produit de 
nombreux contre-courants dirigés dans divers sens et pouvant 
influer diversement sur la coquille ; reste donc à savoir si sur les 
coquilles ces mouvements ne produisent pas des changements. 
Je crois toutefois pouvoir, en attendant la solution de ce 
problème, présenter ici quelques formes qui m'ont le plus 
frappé parmi les nombreux échantillons que j'ai récoltés, 
d'autant plus que M. Moquin-Tandon, dans son travail spécial 
sur les mollusques de la France, n'en fait aucune mention. 

» Les vignettes ci-contre ne sont à vrai dire qu'un mince 
aperçu de la quantité des différences de formes que j'ai ren- 
contrées, mais je me suis borné à celles-ci, parce qu'elles 
étaient en beaucoup plus grand nombre, plus caractéristiques 
et, somme toute, que les autres différences se rapportaient plus 
ou moins à celles-ci. 



XCIV 



SOCIÉTÉ MALAC01,0G1QUE DE BELGIQUE. 





» Fig. I. Coquille carrée ovalaire, plus renflée 
que le type représenté par la figure VII. Elle est 
inéquilatérale comme le type , seulement le côté 
droit est plus bas que le côté gauche , contraire- 
ment à ce qui se présente chez ce dernier et elle est en même 
temps moins régulière. Les exemplaires de la variété représen- 
tée par cette figure ayant été trouvés en grande abondance ne 
peuvent être considérés comme une anomalie de la coquille, 
mais comme une variation naturelle de celle-ci, de plus, la 
variation dont il s'agit affectant plutôt les caractères généri- 
ques de la coquille que ses caractères spécifiques, peut être 
considérée comme très-importante. 

» Fig. II. Cette coquille ressemble assez par 
sa forme à une Cyclade et on la prendrait pour 
telle sans la charnière bien caractérisée, elle est 
presque équilatérale et assez enflée ; cette varia- 
tion semble donc indiquer une tendance du Pisiclium vers une 
autre forme générique représentée par la Cyclade. 

» Fig. III. Elle représente une variation assez sin- 
^^\ gulière; les exemplaires qui s'y rapportent sont fort 
f^ J arrondis, n'offrant plus rien de la forme habituelle 

de l'espèce; cette variété est plus épaisse que toutes 
les autres. 

» Fig. IV. C'est l'opposé de la figure précédente ; 
c'est la coquille qui a le test le plus mince, elle est 
équilatérale ovalaire et plus petite que les autres ; 
par sa forme elle se rapporte assez à l'Unio batavus Nilss. 
Tous les exemplaires que j'ai eus sous les yeux étaient parfai- 
tement adultes. 

r> Fig. V. Elle ressemble à la figure IV en ce 
sens que les exemplaires en ont presque la même 
forme, mais seulement ils sont plus élevés et plus 
épais. 

» Fig. VI. Enfin la figure VI se rapproche 
assez de la figure IV, mais elle est beaucoup plus 
renflée et plus bombée. 






BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. XCV 

» Fig. VIL Je ne parle pas de cette dernière 
figure, qui constitue le type, car la description de 
M. Moquin-Tandon est ce qu'il y a de plus complet. 
» Je me borne à citer ces quelques variétés, quoiqu'on en 
pourrait de beaucoup augmenter le nombre par d'autres non 
moins bien caractérisées, mais j'ai cru que pour le moment 
celles-ci pouvaient donner une idée suffisante des effets de la 
variation dans ces coquilles et montrer en même temps dans 
quel sens elle semble s'opérer. Nous voyons d une manière 
assez évidente que dans les variations dont nous avons parlé, 
la forme type du pisidium paraît être remplacée, peut-être avec 
avantage, par une forme plus équilatérale et que, par consé- 
quent, cette dernière forme, du moins dans les circonstances 
où ces coquilles ont été trouvées, semble indiquer une perfec- 
tion de la coquille. » 

M. Colbeau communique la liste ci-jointe des mollusques 
vivants recueillis pendant l'excursion faite par la Société à 
Virton : 

u Mollusques observés aux environs de Virton. 

u Les mollusques vivants observés aux environs de Virton, 
du 15 au 17 septembre derniers, pendant l'excursion de la 
Société, ne sont pas nombreux, les recherches s'étant surtout 
portées vers les fossiles. Leur énumération ne comprend pas 
d'espèce nouvelle pour la faune malacologique de notre pays, 
mais elle fait connaître de nouvelles localités pour la plupart 
de celles qui y sont citées ; elle peut donc offrir en cela quel- 
qu 'intérêt, venant en complément des listes publiées précé- 
demment dans nos Annales pour la province du Luxembourg, 
par MM. Purves, Vanden Broeck et par moi. Elle pourrait 
encore être intéressante en ce que tous ces mollusques ont été 
observés sur nos terrains jurassiques et appartenant au bassin 
de la Meuse. Il me parait évident que cette région nourrit bien 
d'autres espèces encore, peut-être même des espèces particu- 
lières ne vivant pas dans les autres parties de notre pays. 



XCVI SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE. 

Arion ru fus L. — Commun à Virton dans les jardins, les 
prairies, les campagnes. Grandcour. Les indi- 
vidus observés appartenaient aux variétés rouges 
et aux variétés brunes. 
» fuscus Mûll. — Jardins à Virton. 
Limax agrêstis L. — Très-commun à Virton dans les jar- 
dins, les prairies, les campagnes. Les individus 
observés appartenaient aux variétés de couleur 
grisâtre. 
» parvulus Norm. — Deux individus dans une prairie 
sous Virton. 
Vitrina pellucida Mûll. — Prairie sous Virton, un seul 

exemplaire. (M. Emile Colbeau.) 
Succinea putris L. — Virton, Ethe, dans les prairies de la 
vallée du Ton; assez commune sur diverses 
plantes. 
5> oblonga Drap. — Dans les gazons et sur la terre 
d'une prairie sous Virton, assez commune. Ex- 
emplaires de forme assez courte, paraissant se 
rapporter à la variété arenaria Bouch. 
Zonites nitidus Mùll. — Prairie sous Virton. 

n lucidus Drap. — Jardins à Virton sous les pierres, 
les plantes, etc., pas rare. 
Hélix rotundata Mûll. — Sous les pierres, etc., dans les 
jardins à Virton. 
» lapicida L. — Murs secs des jardins à Virton. jCar- 

rières à Grandcour. 
» costata Mûll. Vâr.pulc/iella Mûll. — Virton, dans les 
gazons des prairies et les pelouses des jardins. 
v nemoralis L. — Virton. Ethe. 
v hortensis Mûll. — Virton. Ethe. Ruette. 
» joomatia L. — Commune dans les bois, les broussailles, 

les haies à Virton, Ethe, Grandcour. 
» hispida L. — Virton, dans les jardins, les prairies, 
les campagnes, sur les plantes basses, sous les 
feuilles, les pierres, etc. 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872 XCV1I 

7> unifasciata Poir. — Commune dans les gazons sur 
les coteaux arides à Ethe, Grandcour. La plu- 
part des exemplaires appartiennent à la var. 
alla Moq. 

» ericetorum Mùll. — Commune sur les cotes sèches et 
arides, dans les carrières, à Ethe et à Grand- 
cour, et à Virton dans les campagnes aux Lords 
des chemins. Exemplaires généralement de pe- 
tite taille, d'aspect roussâtre et à bandes nette- 
ment marquées. 

Bvlimus subcylindricus L. — Jardins et prairies à Virton. 
Pupa muscorum L. — Grandcour. (M. Nyst.) 

Clausilia parmla Stud. — Murs des jardins à Virton, assez 
commune. 
» nigricans JefF. — ' Jardins à Virton, sous les 
pierres, etc. 

Planorhis albus Mùll. — Fossé à Ethe, près du Ton, com- 
mun sur les plantes aquatiques. 

Limnœa Umosa L. — Variété de petite taille. Dans les 
fossés des prairies et dans le Ton à Virton et à 
Ethe : très-commune à Belmont, près d'Ethe, 
dans les eaux des prairies. 

n tnincatula Mùll. — Source à Ethe ; commune dans 
les fossés des prairies à Virton. 
Ancylus Jlv/ciatilis Mùll. — Un seul exemplaire dans le Ton 
à Ethe. (M. Emile Colbeau.) 

Neritinajhwiatilislj. — Nous n'avons pas rencontré cette 
espèce, mais M. Thielens nous a dit l'avoir 
reçue en nombre comme provenant des environs 
de Virton. 

Unio latarMS Lam. Var. citer Nilss. — Ruisseau à Mont- 
Quintin. (Collection de M. Mohimont.) 

m 



XCVI1I SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

M. Pire fait voir un Planorbis complanatus verméti forme, 
provenant de Magnée et donne lecture de la note suivante : 

« Une nouvelle forme de Planorbis complanatus L. 

« Ayant visité la mare de Magnée en septembre dernier, 
j'ai constaté que les individus scalaires du Planorbis compla- 
natus y sont devenus fort peu abondants probablement à cause 
des chasses multipliées dont cette curieuse coquille a été l'objet. 
Ce fait est d'autant plus regrettable que nous ne pourrons plus 
désormais poursuivre nos recherches sur cette curieuse anoma- 
lie et qu'il sera fort difficile, si non impossible, de se pronon- 
cer sur la valeur des idées qui ont été émises à 
ce sujet. 

Parmi les formes anomales du PL compla- 
natus, il en est une qui a été découverte par M. 
l'abbé Strail, depuis la publication de mon tra- 
vail. C'est un Planorbis vermétiforme. Tous les 
tours de spire sont détachés, ce qui donne à la 
petite coquille l'aspect d'un tire-bouchon. Elle 
mesure 5 millimètres. (Voyez la figure ci-jointe.) (Fig ve 




P. complanatus 
vermetiformis. 
ure grossie 6 fois.) 



Communications des Membres. 

M. Vincent annonce que M. Balston l'a chargé de remercier 
la Société pour sa réception comme membre effectif. 

M. Nyst annonce la découverte qui vient d'être faite à Nil- 
Saint- Vincent d'un gîte fossilifère tertiaire renfermant le Fusus 
subcarinatus Lk, var. C. Desh., ainsi que le Murex tricari- 
natus. C'est la première fois, à sa connaissance, que l'on dé- 
couvre ce Fusus en Belgique. D'autres espèces, également 
intéressantes, ont été découvertes dans cette localité ; il espère 
pouvoir en présenter une liste complète lorsqu'elles auront 
été étudiées. 

M. Craven fait voir le journal de notes qu'il a tenu pendant 
le cours de son voyage aux Grandes-Indes, relatant avec la 
plus grande exactitude les nombreuses observations malacolo- 



BULLETIN DES SÉANCES ~ ANNÉE 1872. XCIX 

giques qu'il a été mis à même de faire, et rempli de figures 
qu'il a peintes d'après nature. Son intention est de publier suc- 
cessivement dans les Annales de la Société ses découvertes 
intéressantes. Il se propose de donner d'abord un travail sur le 
genre Chéletropis dont on ne connaissait qu'une seule espèce 
et dont il a recueilli six espèces bien distinctes qu'il a figurées. 
Il ne pense pas que l'on puisse rapporter ce genre à de jeunes 
Murex, ses observations lui font croire qu'il doit être maintenu. 

M. Purves donne quelques détails sur un voyage qu'il a fait 
pendant l'été passé aux Antilles. Il a visité les Iles de Saint- 
Thomas , Antigoa, la Guadeloupe, la Martinique, Tabago, 
Barbade et est descendu même jusqu'aux côtes de l'Amérique 
du Sud dans la Guyanne Anglaise. 

La partie des Antilles qu'il a le mieux explorée est l'Ile d' An- 
tigoa qui était sa résidence habituelle. Cette île, située par 17° 
de lat. N. est à 13 lieues au nord de la Guadeloupe; sa super- 
ficie n'est pas considérable, car elle n'a que 7 lieues de long 
sur 5 de large, mais malgré cette faible étendue elle offre un 
champ très-intéressant aux investigations du naturaliste. 

Antigoa est d'origine volcanique et de formation très-mo- 
derne, et le sol de cette île est fort important à étudier au 
point de vue géologique. Il montre diverses alternances de for- 
mations volcaniques, de roches argilleuses stratifiées et de 
dépôts calcaires. Entre ces deux dernières couches existent 
des bancs d'une roche de silex très-remarquable au point 
de vue paléontologique. M. Purves y a trouvé réunies en 
grand nombre, des coquilles terrestres et fluviatiles mêlées 
avec des espèces d'eau saumâtre et avec de nombreux forami- 
nifères ! Toutes ces coquilles sont converties en silex : non 
pas les moules, mais les coquilles elles-mêmes. Le bois sili- 
cifié est également représenté dans cette couche ; il y est très- 
abondant et parfois représenté par des souches toutes entières 
ou des fragments énormes. Tous ces objets se présentent avec 
une conservation réellement surprenante dans tous les détails 
de leur structure. 

M. Purves fait passer sous les yeux de la Société un frag- 



C SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

ment de silex montrant à découvert l'intérieur d'une de ces 
coquilles silicifiées et présentant l'animal lui-même converti 
en silex : certains détails de l'organisation sont, à cause de la 
transparence de la roche, admirablement visibles et nettement 
caractérisés. Presque toutes les espèces et la plupart des genres 
de coquilles qui se trouvent ainsi passées à l'état de silex sont 
aujourd'hui éteints dans l'île. 

Quoique la faune malacologique récente d'Antigoa ne soit 
pas très-riche en espèces terrestres et fluviatiles, elle présente 
quelques formes qui sont particulières à l'île, entre autres 
l'Hélix formosa. Pendant longtemps M. Purves n'avait trouvé 
cette rare et belle espèce qu'à l'état subfossile dans des couches 
de marne et réunie à d'autres espèces très-intéressantes, ap- 
partenant aux genres Helicina, Melampus, Succinea, etc., qu'il 
n'a pu, pour la plupart, retrouver vivantes dans l'île et qui 
n'avaient jamais été remarquées des habitants. Peu de 
temps avant son départ, explorant une partie inhabitée de l'île, 
dans la région opposée aux roches calcaires, il a trouvé l'Hélix 
formosa vivante. Cette espèce vit en société et se tient attachée 
aux troncs des arbres. On sait que cette remarquable Hélice 
n'avait encore été citée comme vivante que pour deux localités 
seulement : Antigoa (1) et Barbuda (petite île à 8 lieues 
d'Antigoa). 

Les espèces recueillies par M. Purves à Antigoa se rap- 
portent aux genres suivants : Succinea 3 espèces, Hélix 1, 
Bulimus 8, Stenogyra 1, Pupa 3, Planorbis 5, Physa 4, 
Auricula 3, Cistula 2, Truncatella 4, Paludina 2, Dreis- 
sena 1, Cyclas 1. Ces chiffres ne sont qu'approximatifs et 
ne seront définitivement consacrés que lorsque M. Purves aura 
publié la liste détaillée des espèces composant la faune d'An- 
tigoa. Dans cette énumération seront également comprises 
quelques formes nouvelles dont il parlera plus tard. Par son 
ensemble, la faune de l'île d'Antigoa semble se rapprocher 

(1) Cette Hélice composait, avec six autres coquilles, tout ce qu'on connaissait 
précédemment de la Faune malacologique d'Antigoa. 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. Cl 

d'avantage de la faune de l'Amérique du Sud que de celle de 
l'Amérique du Nord. 

Des découvertes intéressantes ont également été faites par 
M. Purves dans les autres îles qu'il a visitées ; il se réserve 
d'en parler tout au long dans le travail qu'il présentera au 
sujet de son voyage. 

A Antigoa, comme aux autres îles, les recherches malaco- 
logiques n'ont malheureusement pu offrir des résultats aussi 
brillants qu'on pouvait' s'y attendre à cause de la sécheresse 
désespérante qui, durant tout son séjour, a constamment 
contrarié la recherche des mollusques vivants. 

M. Purves donne encore quelques détails sur les relations 
scientifiques qu'il s'est créées pendant son voyage. A la Guade- 
loupe il a reçu un accueil des plus aimables de MM. Mazé et 
Schramm, naturalistes distingués. La science a malheureuse- 
ment à déplorer la perte des collections et manuscrits de 
M. Schramm, lors du terrible incendie qui anéantit, il y a quel- 
que temps, Pointe-à- Pitre. A Barbade, l'honorable gouverneur, 
M. Rawson, lui a fait d'une manière charmante les honneurs 
de sa magnifique collection, arrangée avec un goût exquis et 
très-riche en espèces terrestres des Antilles. A Antigoa, comme 
aux autres localités que M. Purves a explorées, il n'a pas ren- 
contré d'autres naturalistes ou amateurs de malacologie , 
toutefois il s'est conservé des relations qu'il se propose d'utiliser 
plus tard pour obtenir plus de matériaux qu'il n'a pu en rappor- 
ter lui-même pour l'exécution cle son travail. Dans ce mémoire 
qui sera publié dans les Annales de la Société Malacologique 
de Belgique, M. Purves donnera une notice détaillée sur l'île 
d'Antigoa,- considérée au triple point de vue géologique, paléon- 
tologique et malacologique et il donnera également quelques 
indications sur les autres îles qu'il a visitées. 

La séance est levée à 5 heures. 



Cil SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE. 

Séance du 3 novembre 1872. 
Présidence de M. Nyst. 

La séance est ouverte à 2 1/2 heures. 

Sont présents : MM. Nyst, président; Roffiaen; De Bulle- 
mont; Thielens ; Purves; Vanden Broeck; Collin ; Monteiro 
Da Silva ; Hallez ; Vincent ; Lefèvre ; Weyers ; Miller ; Preud- 
homme De Borre; Colbeau, secrétaire. 

MM. Emile Colbeau, Emile Vincent, Verlière, assistent à 
la séance. 

MM. Craven, Desguin, Le Comte, Fontaine, font excuser 
leur absence. 

Le Secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance du 
6 octobre 1872. 

Ce procès-verbal est adopté. 

Correspondance. 

M. Matthew remercie la Société pour sa réception comme 
membre correspondant et annonce l'envoi d'un article, destiné 
aux Annales, sur la signification bathymétrique des Mollusques 
du Post-Pliocène de l'Acadie. 

La Société des Naturalistes de Modène annonce l'envoi de 
ses publications. 

Lettre de faire part du décès de M. C. Wesmael, membre 
de l'Académie royale des Sciences de Belgique etc., Président 
honoraire de la Société Entomologique de Belgique. — La So- 
ciété Malacologique était représentée à ses funérailles par son 
Président et son Secrétaire, et par plusieurs de ses membres. 

Dons et envois reçus : 

Portrait photographié de M. Matthew. — Don de M. Matthew. 
Fossiles offerts pa** M. Thielens, au nom de M. Goblet, rece- 
veur des douanes, à Orval. 



BULLETIN DES SÉANCES — ANNÉE 1872. GUI 

Publications reçues en échange des Annales de la part de 
l'Académie Royale de Belgique, de la Ligue de l'Enseigne- 
ment et des Sociétés Entornologique Italienne, Entomologique 
de Belgique, Médico-Chirurgicale de Liège, Royale des Sciences 
Médicales et Naturelles de Bruxelles, Malacozoologique alle- 
mande, des Naturalistes de Modène. 

Des remerciements sont votés aux donateurs. 

Communications du Conseil. 

Le Président annonce que le Conseil, dans sa séance de ce 
Jour, a reçu membres effectifs de la Société, M. Dollfus, G, à 
Roubaix, présenté par MM. Nyst et Mourlon ; M. Monteiro 
Da Silva, R, étudiant en sciences, à Bruxelles, présenté par 
MM. Collin et Colbeau; M. Moquin-Tandon, G, docteur en 
sciences, à Vienne, présenté par MM. Le Comte et Colbeau. 

Présentation et réception de Membre correspondant. 

Sur la proposition de MM. Thielens et Colbeau, M. le Dr. 
C. A. Westerlund, à Ronneby (Suède) est nommé membre cor- 
respondant de la Société. 

Présentation de travaux pour les Annales. 

M. Lefèvre donne lecture d un travail, accompagné de figures, 
intitulé : Note sur la F amie Laekenienne supérieure des envi- 
rons de Bruxelles, par G. Vincent et Th. Lefèvre. 

L'impression dans les Mémoires de la Société en est décidée. 

MM. Lefèvre et Vincent se proposent de donner à la pro- 
chaine séance la description de plusieurs autres espèces nou- 
velles, à joindre au travail qu'ils viennent de présenter. 

Lectures. 

M. Thielens lit la traduction suivante d'un travail de 
M. le D r Wiechmann, membre correspondant de la Société : 



CIV SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

JS xfêriences sur les causes de destruction de la coquille 

des Zimnœa stagnalis L. , par le D r C. M. Wiechmann, 

Traduit de l'allemand par M. Armand Thielens. 

Il n'est pas rare de trouver au bord de nos étangs de grandes 
coquilles de Limnœa stagnalislj. auxquelles la pointe de la spire 
fait défaut, et dont une partie de la lèvre extérieure est plus ou 
moins endommagée ; parfois aussi Ton rencontre des individus 
vivants dont la coquille est couverte d'érosions irrégulières et 
semble percée de trous. Un exemplaire de cette nature a été 
figuré par le D r Kobelt dans son beau travail „ Zur Kenntniss 
Europaischen Limnaeen " (Malakozoologische Blâtter, de Pfeif- 
fer, vol. XVII pi. 2 f. 4.) 

Jusqu'à ce jour on a généralement attribué ces érosions ou 
blessures, ou cicatrices, comme on veut les nommer, en partie 
à l'acide carbonique des eaux, en partie à l'action d'algues ou 
d'animaux parasites. 

Il résulte d'observations que j'ai attentivement et longtemps 
suivies sur des Limnées vivant dans les étangs de ma propriété 
de Kadow, que cette manière de voir doit être abondonnée. Je 
me suis en effet positivement assuré que les érotions des Lim- 
nœa stagnalis provenaient, non point des causes dont je viens de 
parler, mais du fait même de ces mollusques qui se dérobaient 
les uns aux autres une partie du calcaire dont ils ont besoin 
pour leur existence. 

Dès le premier printemps de 1870, j'eus l'occasion de cons- 
tater ce fait ; je poursuivis mes observations pendant l'été sui- 
vant, mais malgré la grande quantité de coquilles qui me pas- 
sèrent par les mains, je ne pus en cette saison trouver sur 
aucune d'elles de traces de blessures récentes. Mes observations 
recommencèrent l'année suivante et aboutirent au même 
résultat : négatif en été, il était affirmatif au printemps. 

Afin d'être positivement fixé, je fis cette année les essais sui- 
vants : 

Le 23 février, c'est-à-dire à l'époque où la glace commence à 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872 GV 

se fondre, je fermai aux deux extrémités un conduit d'environ 
1 mètre de profondeur, reliant deux grands étangs très-riches 
en Limnées. J'en retirai tous les poissons et j'y plaçai 120 Lim- 
nœa stagnalis d'assez grande taille, après m'être assuré que 
leurs coquilles étaient intactes, ou du moins ne portaient que 
des traces insignifiantes d'érosion ; car je dois faire observer ici 
que ces Limnées, bien que la glace n'eut pas disparu, ram- 
paient déjà lentement autour des tiges de l'année dernière, et 
que ce jour-là même, leurs coquilles présentaient déjà l'indice 
de blessures récentes. 

Le 24 février, je remplis un grand baquet d'eau provenant 
de l'étang et je le plaçai près de mon habitation dans un endroit 
abrité après y avoir introduit 45 Limnœa stagnalis. Je leur 
donnai pour nourriture des carottes et je renouvelai fréquem- 
ment l'eau puisée toujours dans le même étang. 

Déjà deux jours après, je pus constater que la lutte com- 
mençait parmi mes prisonniers; les blessures prirent de l'exten- 
sion et je remarquai bientôt que c'étaient presque toujours les 
mêmes individus qui étaient en butte aux attaqiles de leurs 
compagnons de captivité. J'en eus la preuve par ce fait qu'une 
Limnée que je dégageai de l'étreinte de ses congénères fut de 
nouveau, au bout d'une heure, recouverte par 4 individus qui 
s'étaient cramponnés à elle. 

Le 13 mars, je dus à mon grand regret cesser mes expé- 
riences. Je fis vider le fossé et en retirai mes Limnées parmi 
lesquelles 60 étaient à peine ou pas du tout cariées, 29 l'étaient 
plus fortement et 13 étaient très-gravement endommagées. 
Quant à celles renfermées dans le baquet, 8 étaient affreuse- 
ment rongées : ; je laissai ces dernières encore une journée 
seules; le lendemain, je constatai que 6 restaient inertes, tandis 
que les 2 autres, et c'étaient précisément les plus détériorées, 
rampaient assez lestement et s'attaquaient aux jeunes feuilles 
des plantes aquatiques. 

Le 15 mars, je tuai les animaux qui avaient le plus souffert 
et j'obtins ainsi une belle série de coquilles estropiées que je 

n 



CVI SOCIÉTÉ MALAGOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

présentai le 30 mai à l'Assemblée générale de notre Société des 
Amis des Sciences naturelles du Mecklembourg. Parmi ces 
exemplaires, il s'en trouve plusieurs dont non -seulement les 
premiers tours de spire sont rongés depuis le sommet jusqu'à 
la moitié de la longueur de la coquille, mais dont le péristome 
a été en outre attaqué avec le dernier tiers du dernier tour. 
Dans la plupart des cas la coquille est perforée et détruite, 
cependant il arrive parfois que les couches superficielles seules 
ont disparu. 

Mes expériences démontrent que les érosions constatées sur 
les Limnœa stagnalis sont produites par les animaux eux-mêmes 
qui s'entredévorent pour se procurer la chaux nécessaire à leur 
existence; elles démontrent aussi que ces blessures si graves se 
l'ont dans un laps de temps relativement fort court, puisque 
dix-huit jours ont suffi pour opérer la quasi destruction de nos 
coquilles. Elles prouvent en outre que ces blessures ne se font 
qu'au premier printemps, c'est-à-dire à l'époque de la vie nou- 
velle, et que lesanimauxles opèrent même sous une couche déglace. 

La rude température qui règne à cette époque est sans doute 
la cause pour laquelle le phénomène, dont il vient d'être ques- 
tion, n'a pas été plus tôt observé, peu de naturalistes sortant 
alors de leur cabinet de travail. Je dois ajouter cependant que 
le D r Kobelt semble avoir été sur la vraie voie, lorsque dans son 
remarquable ouvrage " Fauna der Nassauischer Mollusken ,,, 
page 231, il émet l'opinion que les blessures des Limnœa sta- 
gnalis pourraient bien avoir été faites par ces mollusques eux- 
mêmes ; il dit, en effet, qu'il a plusieurs fois rencontré ces 
Limnées fixées par amas les unes sur les autres; toutefois, à la 
page suivante il attribue ces blessures à l'influence chimique de 
l'acide carbonique contenu dans l'eau des montagnes. Je ne 
prétends nullement nier cette influence chimique, mais je me 
vois obligé de déclarer que cette influence doit être entièrement 
rejetée dans les expériences que j'ai faites, ayant en effet pu 
observer l'œuvre de destruction depuis son commencement et 
pour ainsi dire d'heure en heure. 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. CVII 

Il reste toutefois beaucoup de points à éclaircir,et de nouvelles 
expériences devraient être tentées dans des conditions diffé- 
rentes: il faudrait notamment rechercher pour quels motifs ces 
blessures sont nulles ou insignifiantes dans certains étangs, 
tandis que dans d'autres elles sont graves et nombreuses; il 
faudrait aussi s'assurer si des individus aussi détériorés que ceux 
dont je parlais tout à l'heure, sont restés viables et en état de 
reconstituer leur coquille. 

Je termine cette notice en signalant que j'ai également re- 
marqué des cicatrices sur la coquille des Limnea palustris Mùll. 
et Limnea ovata Drap. Sur les premières j'ai constaté des éro- 
sions petites, irrégulières et très-serrées les unes contre les 
autres, le test semblait pointillé; mais je n'ai jamais observé de 
larges échancrures comme celles des Limncea stagnaïis. Parfois 
j'ai surpris de jeunes Limnea ovata rongeant des coquilles 
vides, exécutant également ce travail avec une grande rapi- 
dité. 

M. Colbeau fait observer que les intéressantes expériences de 
M. le D r Wiechmann viennent en confirmation d'observations 
du même genre, entre autres de quelques-unes consignées par 
M. P. Fischer dans sa " Note sur l'érosion du têt chez les 
coquilles rluviatiles univalves », et ajoutent en même temps 
plusieurs données nouvelles sur cette question. M. Colbeau 
croit que les érosions que l'on remarque sur les coquilles doivent 
être attribuées à différentes causes, à l'action des mollusques 
eux-mêmes résultant du manque de calcaire, comme à celle de 
l'acide carbonique des eaux et à celle des algues et animaux 
parasites, etc., mais il pense que ces causes diverses n'agissant 
pas de la même manière, les érosions qui en proviennent doivent 
différer entre elles et permettre par leur examen d'en déter- 
miner l'origine. 

M. Vanden Broeck fait remarquer que les observations de 
M. le D r Wiechmann ont pour but de démontrer expérimenta- 



CVHI SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

lement, et démontrent fort bien du reste, que les érosions que 
présente parfois le test des mollusques sont produites par ces 
animaux eux-mêmes. Il est possible qu'aucune expérimentation 
directe de ce fait n'ait encore été faite jusqu'aujourd'hui, mais 
cette cause d'érosion n'en était pas moins connue et se trouve 
mentionnée dans la plupart des auteurs qui se sont occupés de 
la question. M. Vanden Broeck rappelle que lui-même, dans 
un travail inséré dans les Annales de la Société, tome V (1S70), 
disait à propos de la Limnœa peregra recueillie à Roumont, 
que la plupart des exemplaires avaient la partie dorsale de la 
coquille extraordinairement mince et que plusieurs même 
avaient les viscères faisant légèrement hernie au dehors. Il 
ajoutait qu'il avait eu l'explication de cette singularité en voyant 
les Limnées se passer mutuellement sur le dos en se léchant la 
coquille afin de se procurer le calcaire qui leur est nécessaire. 
Il partage donc entièrement à cet égard l'opinion de M. le D r 
Wiechmann et reconnaît pleinement la valeur scientifique des 
résultats qu'il a obtenus. Mais il ne peut admettre que l'action 
de l'eau ne puisse entrer absolument pour rien dans les causes 
de l'érosion des Limnées observées par M. le D r Wiechmann, 
seulement il reconnaît que cette action peut avoir été très-faible 
et même presque nulle dans les conditions particulières où il a 
opéré. 

M. Vanden Broeck, abordant un autre point sur lequel 
M. Wiechmann semble insister, c'est-à-dire l'époque à laquelle 
les Limnées recherchent avidement le calcaire, fait remarquer 
que, s'il peut être vrai qu'au commencement du printemps, 
moment où la vie se réveille et où toutes les forces de l'orga- 
nisme reprennent leur activité, les besoins de la croissance sol- 
licitent plus vivement les mollusques à se procurer le calcaire 
qui leur est nécessaire, il n'est pas moins certain que ces besoins 
se font sentir pendant tout le temps de la croissance, c'est-à-dire 
pendant la plus grande partie de l'année. Il cite à l'appui 
son observation rapportée plus haut, qui fut notée au mois de 
septembre 1870. 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. CIX 

M. Purves se rallie aux vues de M. Vauden Broeck et fait 
observer en plus, au point de vue de l'évidence constatée des 
effets d'érosion produits par l'eau, que dans nos rivières de la 
région des Ardennes, où l'eau est dépourvue de calcaire, on 
observe ces effets d'érosion marqués à un très-haut degré sur les 
coquilles des Acéphales, notamment sur l'Unio crassus. Dans 
ce cas-ci, c'est évidemment à l'action de l'eau qu'il faut attri- 
buer l'enlèvement du calcaire, car les conditions anatomiques et 
physiologiques des mollusques Acéphales ne permettent en 
aucune façon de supposer qu'ils puissent se comporter comme 
les mollusques Céphales et se ronger mutuellement le test. 
L'action de l'eau étant prouvée sur la coquille des Acéphales, 
il en conclut qu'on ne peut raisonnablement lui refuser une 
influence analogue sur la coquille des Limnées et autres Céphales 
fluviatiles. M. Purves ayant longtemps habité Roumont, a sou- 
vent observé le fait relaté par M. Vanden Broeck au sujet de 
la Limnœa peregra, et il est d'accord avec M. le l) r Wiechmann 
pour reconnaître que c'est surtout au printemps que les Lim- 
nées se réunissent en plus grand nombre pour s'enlever mu- 
tuellement le calcaire ; il a parfois observé en cette saison des 
quantités considérables d'individus agglomérés et rampant les 
uns sur les autres. 

M. Thielens présente les listes suivantes des fossiles dévo- 
niens et des Mollusques vivants qu'il a recueillis cette année 
dans l'Eifel : 

VOYAGE DAftS L'EIFEL. 



Liste des fossiles dévoniens et des Mollusques vivants recueillis 
en juin et juillet 1872 à Gérolstein^ Pelm, Prïïni, Refrath, 
Paffrath, Bensberg et Casselbourg , 

par Armand Thielens. 

Chargé par la Société Royale de Botanique d'organiser 
l'excursion que ce corps savant avait décidé de faire cette année 



CX SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

dans les montagnes volcaniques de PEifel, je partis pour accom- 
plir ma mission le 6 juin dernier. J'avais pour compagnons de 
voyage MM. Hayez et notre collègue Camille Van Volxem. 

Nous visitâmes successivement Mayence, Coblence, Ems, 
Andernach, le Laacher-See, la Vallée de Brohl, Bonn, Colo- 
gne, Daun, Pelm et enfin Gérolstein. 

Je profitai de mon passage dans ces dernières localités pour 
y explorer les terrains dévoniens et y faire une ample moisson 
des nombreux fossiles qu'ils renferment. 

M. Van Volxem ayant été subitement rappelé chez lui avant 
la fin de l'excursion, me quitta à Gérolstein, M. Hayez en fit 
autant; ce fut donc seul que je me rendis à Refrath, Paffrath, 
et Bensberg près de Cologne. Ces villages, on le sait, possèdent 
également de riches gîtes à fossiles dévoniens. 

En juillet, lorsque la Société Royale de Botanique fit l'excur- 
sion que j'avais préparée et qui avait Gérolstein pour point 
central, je ramassai dans ce village, ainsi que dans ceux de 
Pelm et de Prûm, de nouvelles provisions de fossiles. 

C'est le résultat de ces deux courses que je présente aujour- 
d'hui à la Société Malacologique. 

Bien que tous les gîtes que j'ai visités, ceux de Gérolstein 
surtout, soient d'une richesse vraiment extraordinaire, il fau- 
drait néanmoins séjourner assez longtemps dans ces localités 
pour y réunir toutes les espèces qui y sont signalées. Dans mes 
deux séjours je n'ai pu disposer en faveur de la Paléontologie 
que du temps que me laissait libre la Botanique ; j'ai pu cepen- 
dant, comme on le verra par la liste ci-après, rassembler en peu 
de temps une assez grande quantité d'espèces. 

Puisse le résultat que j'ai obtenu avec tant de facilité engager 
mes confrères de la Société Malacologique à faire, à leur tour, 
une excursion dans l'Eifel; un pays admirable et surtout une 
riche moisson, voilà ce qu'ils trouveront dans cette belle partie 
de la Prusse. 



BULLETIN DES SËANCES - ANNÉE 1872. CXI 

Terrains Dévoniens. 

CRUSTACÉS. 

1 Bronteus flabellifer Goldf. — Gérolstein. 

2 Hoinalonotus obtusus Burm. (Fragmentdc queue). — Pelm. 

3 Phacops latifrons Bronn. — Gérolstein, Pelm, Prùm. 

CÉPHALOPODES TENTA CULIFERES. 

1 Cyrtoceras depressus Arch. et Vern. (Gyroceras depressus 

d'Orb.). — Gérolstein. 

2 « lamellosus Arch. et Vern. — Gérolstein. 

3 « ornatus Philips. — Gérolstein. 

4 « tetragonus Arch. et Vern. — Gérolstein. 

5 Gyroceras Eifelensis d'Orb. (Cyrtoceratites Eifelensis Arch . et 

Vern.). — Gérolstein, Prùm. 

6 « nodosus Bronn. — Gérolstein. 

7 Orthoceratites subfusiforme Mùnst. (Gomphoceras subfusi- 

forme d'Orb.). — Pelrn. 

8 « Sp.? — Gérolstein. 

9 „ Sp.?— Ed. 

10 Phragmoceras subventricosus Arch. et Vern. {Campulites 

subventricosus d'Orb.). — Gérolstein. 

MOLLUSQUES GASTÉROPODES. 

1 Bellerophon lineatus Goldf. — Gérolstein, Pelm. 

2 « tuberculatus Pér. — Gérolstein. 

3 « Sp.? — Prûm. 

4 Chemnitzia Sp. ? — Gérolstein. 

5 Euomphalus lsevis Arch. et Vern. (Straparollus priscus 

d'Orb.). — Paffrath. 

6 // serpula Goldf. — Gérolstein. 

7 « Verneuillii Goldf. (Straparollus Veriieuillii 

d'Orb.). — Gérolstein. 

8 « Wahlenbergi Goldf. {Straparollus Walden- 

bergi d'Orb.). — Gérolstein. 

9 Macrocheilus arculatus d'Orb. (Buccinum arculatumSch].). 

— Paffrath. 



GXU SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

10 Murchisonia bilineata Arch. et Vern. — Refrath. 

11 Pileopsis prisca Goldf. {Capulus priscus d'Orb.). — Gérol- 

stein, Prûm, 

12 Pleurotomaria delphinuloides Goldf. — PafFrath. 

13 Spirorbis aximus Stein. {Straparollus maaimus d'Orb.). — 

PafFrath, Refrath. 

14 Rotella heliciformis Goldf. (Piioneïïus heïiciformis d'Orb). 

— PafFrath. 

15 Turritella Sp.? — Gérolstein. 

MOLLUSQUES LAMELLIBRANCHES. 

a. Orthoconques sinupalléales . 

1 Sanguinolaria truncata Goldf . (Lyonsia truncata d'Orb.). — - 

Gérolstein. 

b. Orthoconques intêgropalléales . 

1 Cardiola concentricaKeyserl. (Carclium concentricum d'Orb.). 

— Prûm. 

2 Conocardiuin clathratum d'Orb. — Prûm. 

3 Lucina proavia Goldf. — Gérolstein, Pelm. 

4 Megalodon cucullatus Sow. — Paffrath. 

c. Pleuroconques. 
L Pterinea Arduennensis Hein g. — Priirn. 

MOLLUSQUES BRACHIOPODES. 

1 Athyris concentrica de Buch. — Gérolstein, Pelm, Prûm. 

2 « ,/ variété? — Pelm. 

3 « pumila Schnur. — Gérolstein. 

4 Atrypa aspera Schl. — Gérolstein, Pelm, Prûm, Bensberg. 

5 « desquammata Sow. — Gérolstein, Pelm, Prûm. 

6 « « variété. — Gérolstein, Pelm. 

7 « flabellata Goldf. —Pelm. 

8 Calceola sandalina Lam. — Gérolstein, Pelm. 

9 /, „ {Faciès interna valvœ minoris. Cette 

valve isolée se trouve rarement). — 
Pelm. 



BULLETIN DES SÉANCES - ANNÉE 1872. CXIII 

10 Camaraphoria microrhyncha Stein. — Gérolstein. 

11 ChonetescrenulataKon.(0rM2<? crenulatalloew). — Paffrath. 

12 Davidsonia Bouchardiana Kon. — Gérolstein. 

13 Leptsena depressa Daim. — Gérolstein, Pelm, Prùm. 

14 ,/ Isepis d'Orb. — ïd. 

15 „ Naranjuana. — Id. 

16 Orthis Eifelensis Vern. — Gérolstein, Pelm. 

17 » a variété. — Gérolstein. 

18 « interlineata Sow. — Gérolstein, Pelm, Prùm. 

19 h opercularis Scbnur. — Gérolstein. 

20 » striatula d' Orb. (Terebratidites striatu/at us Schloth.). 

— Gérolstein, Prùm. 

21 n tetragona P. Roem. — Pelm, Prùm. 

22 Pentamerus brevirostris Phil. — Gérolstein. 

23 n gaîeatus Daim. — Gérolstein, Prùm. 

24 » « var. formosa Schnur. — Gérolstein. 

25 « optatus Schnur, non Barr. — Id. 

26 n Sp. ? — Prùm. 

27 Retzia ferita deBuch. — Gérolstein. 

28 Rhynchonella primipilaris de Buch. — Id. 

29 « pugnus Schloth. — Id. 

30 » Schnurii Vern. — Id. 

31 Spirigerina reticularis d'Orb. — Gérolstein, Pelm, Prùm, 

Paffrath, Refrath. 

32 « « var. squammifera Schnur. — Ref- 

rath. 

33 n n var. zonata Schnur. — Prùm, Ref- 

rath. 

34 „ u var.? — Paffrath. 

35 Spirifer concentriez Schnur. — Gérolstein. 

36 n curvatus Schnur. — Gérolstein, Pelm. 

37 » elegans Stein. — Gérolstein. 

38 « heteroclytus Defr. — Gérolstein, Prùm. 

39 w lsevicostatus Valenc (Spirifer ostiolat us Schloth.). 

— Prùm. 



CX1V SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

40 Spîrifer leevigatus Schl. — Prïim. 

41 « ostiolatus Vern. — Gérolstein. 

42 » speciosus de Buch. — Gérolstein, Pelm, Prûm. 

43 ,, subeuspidatus Schnur. — Gérolstein, Prùm 

44 » undiferusF. Roem. — Gérolstein. 

45 » undosus Schnur. — Pelm. 

46 „ Sp.? — -Paffrath. 

47 Strtptorhynchus umbraculum de Buch. — Gérolstein, Pelm 

48 Stringocephalus Burtini Defr. — Paffrath. 

49 Terebratula absoluta Goldf. — Gérolstein. 

50 « ventrosa F. Roem. — Pelm. 

51 « Sp.? — Pelm. 

52 « Sp.? — Paffrath. 

53 a Sp. ? — Pelm. 

54 » Sp. ? — Paffrath, Refrath. 

55 Uncites gryphus Delr. — Refrath. 

ECHINODERMES CRINOIDES. 

1 Acanthocrinus Sp.? (Fragments). — Gérolstein. 

2 Actinocrinus triacondactylus Mùll. — Id. 

3 Cupressocrinus abbreviatus Goldf. — Pelm, Prûm. 

4 « crassus Goldf. — Gérolstein, Pelm. 

5 « gracilis Goldf. — Pelm. 

6 „ Sp.?— Pelm. 

7 a Sp.? — Gérolstein. 

8 Cyathocrinus rugosus Mùll. — Pelm. 

9 Eucalyptocrinus rosaceus Goldf. — Gérolstein, Pelm, Prûm, 

10 Melocrinus hieroglyphicus Goldf. (Calice). — Pelm. 

11 Rhodocrinus crenatus Goldf. — Gérolstein. 

12 « echinatus Schl. — Id. 

ANTHOZO AIRES. 

1 Alvéolites suborbicularis Lam. — Refrath, 

2 Aulopora serpens Goldf. — Gérolstein. 

3 n h var. minor. — Id. 

4 » tubaeformis Goldf. — Id. 



BULLETINS DES SÉANCES. - ANNÉE 1872. CXV 

5 Calamopora basaltica Goldf. (Favosites basaïtica Lam. — 

Gérolstein. 

6 h u (Spécimen tubis repletis). — Id. 

7 m u (Spécimen tubis vacuis). — Id. 

8 « Gothlandica Goldf. (Favosites Goldf ussi à' Orh.). 

— Id. 

9 « « (Specimina intégra, margitudine 

naturali). — Id. 

10 « (var. tuburum nuclei). — Id. 

11 „ polymorphaGoldf. (Favosites polymorpha d' 'Orb.) 

— Gérolstein, Paffrath. 

12 « w (Spécimen tubis repletis), — Gé- 

rolstein. 

13 » n var. globuliformis. — Id. 

14 n » var. ramosa. — Id. 

15 a " var. tuberosa. — Id. 

16 « spongites Goldf. (Favosites spongites d'Orb.). 

— Pelm. 

17 " « var. ramosa. — Paffrath. 

18 Cyathophyllum tinïm&sGoiàf. (Lit/iostrotàion ananas à'Orh.). 

— Gérolstein. 

19 « Bononiense Edw. et Haim. — Pelm. 

20 « ceratites Goldf. — Gérolstein, Priïm, Bens- 

berg. 

21 » « (Specimina proliféra). — Gérolstein. 

22 „ dianthus Goldf. — Id. 

23 « helianthoides Goldf. — Id. 

24 " * (Specimina elongata , proli- 

féra). — Id. 

25 « » (Specimina trochiformi a). - Id. 

26 » hexagonum Goldf. — Gérolstein, Refratb, 

Bensberg. 

27 « hypocrateriformis Goldf. — Gérolstein. 

28 « lamellosum Goldf. (Cystipàyllum lamello- 

sum d'Orb.). — Id. 



CXVI SOCIÉTÉ MALACOLOGÏQUE DE BELGIQUE. 

29 Cyathophylluni quadrigeminum Goldf. {Favastrœa quadri- 

gemina d'Orb.). — Gérolstein, Refrath, 
Bensberg. 

30 « turbinatum Goldf. — Gérolstein. 

31 « vesiculosum Goldf. — (Cystiphyllum vesi- 

culosum Phil . ) . — Id . 

32 „ Sp.?— ïd. 

33 « Sp. ? — Id. 

34 Eavosites cervicornis Orb. — Prurn. 

35 « fibrosa Goldf. — Gérolstein. 

36 // Goldfussi Edw. et Haim. — Id. 

37 » polymorpha Goldf. — Id. 

38 » Sp.?— Id. 

39 „ Sp.? — Id. 

40 Heliolithis (Astrm) porosa Goldf. — Gérolstein, Pelm. 

41 Syringopora abdita Vern. — Gérolstein. 

Certain nombre d'espèces n'ont pu, jusqu'à présent, être dé- 
terminées ; nous nous proposons d'en donner ultérieurement la 
liste. 

M. von Landenberg, hôtelier à Gérolstein, a eu l'obligeance 
de nous offrir quelques beaux ossements et un grand fragment 
de molaire à'Flepfias primigenius provenant du Bachenloch 
près de Gérolstein. En outre, M me V e Scholtz , digne femme de 
70 ans, qui nous a fait connaître les meilleurs gisements et qui 
nous a servi de guide dans toutes nos excursions dans l'Eifel, 
nous a fourni les quelques espèces suivantes : Bactrites subco- 
nicas Sandb., Cardiola retrostriata Dekey (Cardium retrosti'ia- 
tum d'Orb.), Goniatites retrorsus de Buch et sa variété amby- 
globus, Goniatites Sp.?, Rhynchonella subseniformis Schnur., 
appartenant aux terrains dévoniens supérieurs et provenant de 
Budesheim, ainsi que les suivantes du dévonien inférieur de 
Stattfeld : BellerophonSp.?, Chonetes Sp.?, Ctenocrinics typus 
Bronn, Leptœna Sp.?, Pleurodyctium problematicum Goldf., 
Spirifer cultrijugatus F. Roem., Spirifer micr opter us Schnur. 



BULLETIN DES SÉANCES. - ANNÉE 1872. CXVII 

Le temps nous a manqué pour nous occuper des espèces 
vivantes : nous avons néanmoins rassemblé, pendant un séjour 
d'une heure au milieu des ruines du château de Casselbourg, 
près de Pelm, les mollusques suivants : 

1 Arion rufus Mtill. 11 Hélix hortensis Mùll. 

2 Azeca Menkeana Pfeiff. 12 ,, incarnata Mùll. 

3 Bulimus montanus Drap. 13 ,, lapicida L. 

4 « obscurus Mùll. 14 „ personata Lk. 

5 Clausilia dubia Drap. 15 « rotundata Mùll. 

6 » nigricans Jeffr.var. 16 Pupa doliolum Brug. 

7 * parvula Stud. 17 Vitrina major Fér. 

8 « Rolphii Gray. 18 Zonites cellariusMùll. 

9 Hélix ericetorum Mùll. .19 „ nitidulus Drap. 
10 « hispida L. 

M. Vincent donne lecture de la note suivante : 

Un Behsepia et un Cerithium nouveaux pour la Faune 

Bruxellienne . 

Le hameau de Roodebeek , sous Woluwe-St-Lambert , 
situé au N. E. de Bruxelles et à trois quarts de lieue de cette 
dernière localité, recèle des richesses paléontologiques im- 
menses. Je tâcherai, un peu plus tard, de faire connaître à la 
Société le résultat des recherches que mon fils et moi avons 
faites dans cette localité. Comme à Rouge-Cloître, on y trouve, 
à la superficie des sables blancs de l'assise bruxellienne, un 
banc de fossiles assez bien conservés mais très-fragiles, parmi 
lesquels se trouvent disséminés des grès renfermant des quan- 
tités de fossiles à l'état de silice et d'une conservation souvent 
remarquable. Les Cytherea sulerycinoides Desh. sont les co- 
quilles les plus communes que nous y avons rencontrées. 

Le Behsepia De/rancii Desh. que j'ai l'honneur de faire 
connaître aujourd'hui à la Société, a été trouvé dans cette 
couche. Le Cerithium globulosum Desh. a été extrait d'un de 
ces grès siliceux. Tous les deux sont décrits et figurés dans 



CXVIU SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

l'ouvrage de M. Deshayes intitulé : Fossiles des environs de 
Paris ; le premier à la page 759, planche 101, figure 1 et 2; 
le second à la page 379, planche 57, figures 11, 12 et 13. 

M. Vincent fait passer sous les yeux de la Société les deux 
coquilles dont il est question dans cette note. 

Communications des Membres. 

M. Collin se propose de présenter à la séance de décembre 
un petit travail sur les Limnaea stagnalis de Belgique. 

La séance est levée à 4 1/2 heures. 



Séance du 1 er décembre fl$72. 

Présidence de M. Nyst. 

La séance est ouverte à 3 1/2 heures. 

Sont présents : MM. Nyst, président; Collin; Vincent; Ru- 
tot; Vanden Broeck; Purves; Miller; Desguin ; Denis; Thie- 
lens; De Bullemont; Bauwens; Lefèvre; Malaise ; Weyers ; 
Monteiro Da Silva ; Colbeau, secrétaire. 

MM. E. Colbeau, E. Vincent, Veriière, assistent à la 
séance. 

MM. Rofïiaen, Mourlon, Pire, font excuser leur absence. 

Le procès-verbal de l'Assemblée du 3 novembre 1872, est 
adopté. 

Correspondance. 

La Société d'Histoire naturelle de Berne, la Société Suisse 
pour l'étude de l'histoire naturelle, la Société Géologique de 
France, l'Académie des Sciences d'Agram, accusent récep- 
tion des Annales et annoncent l'envoi de leurs publications. 

MM. Chelionneix et Ortlieb remercient pour leur admission 
en qualité de membres effectifs de la Société. 



BULLETIN DES SÉANCES. - ANNÉE 1872. CXIX 

Dons et envois reçus. 

Ouvrages adressés par leurs auteurs, MM. Chellonneix et 
Ortlieb. 

Coquilles offertes par MM. Candèze et Desguin. 

Publications reçues en échange des Annales de la part du 
Bureau des Signaux du département de la guerre des Etats- 
Unis, de l'Académie des Sciences d'Agram, de l'Académie 
royale des Sciences de Belgique, du Comité royal géologique 
d'Italie, de l'Institut national Genevois et des Sociétés Royale 
Linnéenne de Bruxelles, d'Histoire naturelle de Berne, Suisse 
pour l'étude de l'Histoire naturelle, pour l'étude de la Faune 
et de la Flore de la Finlande, Impériale des Naturalistes de 
Moscou, Royale des Sciences médicales et naturelles de 
Bruxelles, d'Histoire naturelle de Nuremberg, Géologique de 
France, Entomologique de Belgique. 

Des remerciements sont votés aux donateurs. 

Le secrétaire dépose pour la Bibliothèque trois exemplaires 
des procès-verbaux des séances de la Société du 6 octobre et 
du 3 novembre 1872. 

Communication du Conseil. 

M. le Président annonce que le Conseil, dans sa séance de 
ce jour, a reçu membres effectifs de la Société, M. Bricourt, pro- 
priétaire, à Ixelles, présenté par MM. Desguin et Nyst, et 
M. Morton Allport, à Hobart-Town (Tasmanie), présenté par 
MM. De Borre et Nyst. 

Présentation de travaux pour les Annales. 

M. Collin lit un travail sur les variétés de la Lymnea sta- 
gnalis L. observées en Belgique, et fait passer sous les yeux de 
la Société plusieurs exemplaires de ces variétés avec les des- 
sins qu'il en a faits. — Commissaires : MM. Vanden Broeck 
et Colbeau. 

M. Malaise dépose un Rapport sur l'excursion de la Société 
à Virton, après avoir donné lecture de son introduction. — 



CXX SOCIÉTÉ I MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Sont nommés commissaires pour l'examen de ce travail, 
MM. Dewalque et Nyst. 

MM. Lefèvre et Vincent font connaître les descriptions de 
quelques espèces nouvelles du Laekenien supérieur, pour être 
jointes à la Note qu'ils ont présentée à la dernière séance. — 
Adopté. 



Lectures. 

M. Thielens donne lecture de la note suivante, extraite 
d'une lettre qui lui est adressée par M. Senoner : 

« Les observations données par M. John Gulick sur les 
Hélicides des Iles Sandwich, dans les Mittheilungen der Natur- 
forscher, n° 142, p. 325, offrent un intérêt tout particulier 
pour les Malacologistes. Les espèces réunies par les auteurs 
sous le nom de Achatinella, forment un groupe naturel que l'on 
doit néanmoins subdiviser en plusieurs genres qui semblent 
être généralement répartis dans des régions distinctes. 

» Gulick établit pour les Sandwich quatre provinces ren- 
fermant chacune un certain nombre d'espèces spéciales ; ainsi 
1° àKauai seulement l'on trouve les Carelia, 2° à Oahu, les 
Bulimella et les Helicterella, 3° à Maui, Molokai et Lanai, les 
Newcombia et 4° à Hawaii, certaines formes particulières qui 
ne sont pas encore entièrement définies. Les espèces habitant 
les champs sont celles dont la dispersion est la plus étendue, 
viennent ensuite celles qui vivent à terre au voisinage des bois, 
puis enfin celles qui vivent sur les arbres. 

n Comment expliquer pourquoi ces espèces sont renfermées 
dans d'aussi étroites limites et ne les franchissent pas pour se 
mélanger aux autres qui en sont si rapprochées? Comment ont- 
elles été distribuées dans leur habitat particulier? Comment 
aussi expliquer pourquoi dans la partie orientale de Oahu, les 
Achatinella vivent sur un arbre nommé Kukuc, tandis que dans 
la partie occidentale elles vivent sur les buissons et que ce 
même arbre est habité par les Bulimella, etc., etc. Gulick 
soulève ainsi diverses questions qu'il m'est impossible d'énu- 



BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1872. GXXI 

mérer dans cette lettre et auxquelles il s'efforce de répondre 
par les observations de Darwin, Herbert, Spencer, etc. 

» Il divise les Achatinella en deux groupes naturels, le pre- 
mier, composé de sept genres (Achatinella, Bulimella, Helic- 
terella, Partulina, Newcombia, Laminella, Auriculella), com- 
prend des espèces vivant toutes sur les arbres et qui sont 
généralement sénestres ; le deuxième groupe comprend trois 
genres (Amastra, Leptachatina, Carelia), dont la plupart des 
espèces vivent à terre et sont dextres. Le genre Hélix, de son 
côté, est représenté dans toutes ces îles par des espèces vivant 
à terre, et qui sont petites et dextres. Gulick se demande si le 
mode de vivre sur les arbres, n'aurait pas ici une influence 
quelconque, etc. 

n Les questions posées par Gulick offrent un si grand in- 
térêt que je crois bien faire d'appeler sur elles toute l'attention 
des naturalistes. Ces questions demanderont bien certainement 
des observations assidues et je ne puis assez engager à réunir 
tous les matériaux qui pourraient en faciliter la solution. 

n Sachant que quelques-uns de nos collègues s'occupent de 
l'étude des Foraminifères, j'ai pensé qu'il leur serait agréable 
de leur signaler l'apparition d'un travail de J. L. Neugeboren, 
sur les Cristellaria et les Robulina du miocène marin de La- 
pugy en Transylvanie (Archiv. des Vereines fur Siebenburg. 
Landeskunde. N. F. X. Band. 2 Hft. Hermannstadt 1872). 

» Neugeboren fait observer que les genres Cristellaria et 
Robulina, de l'ordre des Hélicostègues de d'Orbigny, sont si 
voisins entre eux, en même temps que du genre Marginulina y 
de l'ordre des Stichostègues du même auteur, que le profes- 
seur Reuss a créé le groupe des Cristellaridea dans lequel il 
range ces trois genres Marginulina , Cristellaria et Robulina. 

» L'auteur énumère 14 espèces de Cristellaria et 21 espèces 
de Robulina. Parmi les 14 Cristellaria, 8 sont identiques à des 
espèces du bassin tertiaire de Vienne et 3 sont décrites comme 
nouvelles : C. Reussana (qui doit être réunie à C. Josephina 
et peut-être aussi à C. Hauerina), C. Bronnana (également la 

P 



CXXII SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

même que C. Josephina) et C. Biehana. Quant aux Robulina, 
sur les 21 espèces, 11 se retrouvent dans le bassin de Vienne 
et 4 dans la couche à Septaria de Berlin ; les espèces de ce 
genre, décrites comme nouvelles, sont R. compressa, R. ar- 
mata (très-voisine de R. calcar et de R. echinatd), R. nota- 
lilis (se rapprochant beaucoup de R. imperatoria), R. inflata 
(la même que R. deformis), R, Aknerana et R. gonophora. » 

Communications et propositions diverses des Membres. 

M. Malaise rappelle qu'il a été l'un des premiers à signaler 
le gîte de Fossiles Bruxelliens de Nil-St- Vincent (Blamont et 
Trois-Fontaines), dont M. Nyst a parlé à l'avant-dernière 
séance de la Société ; il y a recueilli un grand nombre d'es- 
pèces, peut-être une centaine, dont plusieurs seront sans doute 
nouvelles pour notre Faune : il les communiquera volontiers 
à M. Nyst lorsqu'il voudra s'occuper de leur détermination. 

M. Thielens cite quatre espèces nouvelles pour la Faune 
crétacée de Folx-les-Caves, qu'il a récemment découvertes ; ce 
sont Spondylus sp?, Cyphosoma Milleri Desm., Apiocrinus 
sp?, Tragos globularis Phil. Elles proviennent de la couche 
supérieure du tuffeau. 

M. Weyers donne lecture de la proposition suivante : 

« Beaucoup d'entre nous ont déjà souvent reçu par la poste, 
dans les conditions réservées aux échantillons, des objets d'his- 
toire naturelle venant des Pays-Bas, d'Angleterre, de France, 
de Prusse, d'Autriche, d'Espagne et de Portugal. Mais il n'est 
guère un seul d'entre-nous qui ait pu obtenir jusqu'à présent, 
de nos bureaux de poste, l'expédition d'objets identiques en 
destination des mêmes pays. La poste nous objecte que les 
échantillons de marchandises seuls peuvent profiter d'un privi- 
lège réservé au commerce. Cependant les conventions postales 
en vertu desquelles les étrangers nous font leurs expéditions, 
sont précisément celles sur lesquelles nous nous basons pour 
demander de faire à l'étranger des envois identiques à ceux 
que nous en recevons. 



BULLETIN DES SÉANCES. - ANNÉE 1872. CXXIIÏ 

» D'où provient cette différence d'exécution? Evidemment 
d'une interprétation qui est fausse d'un côté ou de l'autre. Si 
celle de nos agents postaux est la vraie, pourquoi reçoivent-ils, 
pourquoi transportent-ils sur notre territoire à titre d'échantil- 
lons, les objets auxquels je fais allusion? Pourquoi nous les 
font-ils remettre par les facteurs? Si au contraire, l'interpréta- 
tion donnée par tous les pays qui nous entourent doit être ad- 
mise, il faut admettre également que nous avons le droit de 
faire aux étrangers des expéditions semblables à celles que 
ceux-ci nous adressent. 

» Je pense que si nous obtenions du département des travaux 
publics une interprétation ou décision officielle, une circulaire 
portant que « les objets d'histoire naturelle présentés aux bu- 
» reaux de poste dans les conditions déterminées pour le trans- 
» port des échantillons, seront acceptés tant pour l'intérieur 
» que pour les pays avec lesquels nous avons des conventions», 
cette circulaire préviendrait toute difficulté ultérieure. 

« Notez bien qu'il ne s'agit pas d'objets d'histoire naturelle de 
nature commerciale et expédiés par des commerçants, sinon 
nous ne gagnerions rien en réalité. Il s'agit d'obtenir que la 
poste rende chez nous les mêmes services que ceux qu'on en 
retire ailleurs, par exemple en Angleterre et en Allemagne, où, 
à ma connaissance, la poste transporte des colis souvent assez 
lourds et volumineux. 

« L'idée que je soumets à l'Assemblée ne concerne pas seule- 
ment la Société Malacologique ; elle concerne aussi la Société 
Entomologique et d'autres Sociétés encore qui y ont le même 
intérêt. 

« Ma conclusion serait donc qu'une demande fut adressée au 
ministère des travaux publics par le conseil de la Société, 
soit isolément, soit conjointement avec les autres Sociétés inté- 
ressées. » 

Plusieurs membres confirment les observations deM.Weyers 
en disant n'avoir pu expédier de Bruxelles des coquilles comme 



CXXIV SOCIÉTÉ MALAGOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

échantillons, quoique s 'étant conformés aux règlements sur les 
expéditions de ce genre. 

D'autres membres, au contraire, disent avoir pu en expédier 
de certains bureaux de poste et en avoir également reçu pro- 
venant d'autres bureaux du pays. 

En présence de la divergence qui existe dans l'interpréta- 
tion des instructions ministérielles, l'on est d'accord pour 
adopter la proposition de M. Weyers. 

La séance est levée à 5 1/2 heures. 



II 

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 



LISTE DES OUVRAGES 

DÉPOSÉS 

A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ 

PENDANT L'ANNÉE 1872. 



Academia lugduno-batava. — Annales Academici 1865-1866; 1866-1867; 

1867-1868. Lugduno-Batavorum, 1870.1871.1872. 3 vol. 

In-4°. 
Académie Impériale des Sciences de St-Pétersbourg. — Bulletin, tome 

XVI n os 2 à 6. St-Pétersbourg, 1871 ; et tome XVII n° 1 à 3. 

St-Pétersbourg, 1871 et 1872. 4°. Planches. 

— Mémoires, septième série, tome XVIII, n° 3. St-Pétersbourg, 
1872. In-4°. 

Académie Royale des sciences, des lettres et des beaux -arts de 
Belgique. — Académie royale de Belgique. Centième anni- 
versaire de fondation. Tome I. Bruxelles 1872. In-8°. 

— Annuaire, 38 me année 1872. Bruxelles 1872. Portraits. 

— Bulletin, 40 me année, 2 rae série, tome 32, n os 9-12, Bruxelles 
1871, In-8°. Planches. 41 me année, 2 me série tome 33, n os 1-6; 
et tome 34, n 03 7-10, Bruxelles 1872. In-8°. 



CXXVIII SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Accademia Gioenia di scienze naturali in Catania. — Atti délia Accademia 
Gioenia. série terza. Tome V. Catania, 1871. In-4°. Planches. 
Agassiz, Louis. — A letter concerning Deep-sea Dredgings etc. In-8°. 

(Extrait du Bulletin of the comparative zoôlogy of Cambridge. 1871.) 

Bailey, J. W. — Notes on new species and localities of microscopical 
organisms. "Washington. 1854. In-4°. Planches. 

(Smitbsonian contributions to knowledge.) 

— (Vide : Matthew). 

Bellynck, le père Auguste. — Les anomalies dans le règne végétal. 
Bruxelles, 1871, In-8°. 

(Extrait du Bulletin de l'Académie royale des sciences de Belgique 2* série 
tome 32.) 

Bioche, A. ET Fabre, G. — Note sur des couches à coquilles marines 
situées entre la 3 me et la 4 me masse du gypse à Argenteuil, 
suivie d'une note de M. Deshayes. In-8°. Planches. 

(Extrait des Bulletins de la Société géologique de France 2* série tome XXIII.) 

BRUGNONE, ABB. Gius. Ant. — Memoria sopra alcuni Pleurotomi fossili 
dei dintorni di Palermo. Palermo 1862. In-4°. Planches. 

Bulletin scientifique, historique et littéraire du département du Nord 
et des Pays voisins, publié sous la direction de MM. Gosse- 
let et Desplanque. — 3 me année 1871, n 03 11 et 12, Lille 
1871. 4 me année, 1872 n os 1 à 4, Lille 1872. In-8°. 

California Academy OF sciences. — Memoirs presented to the California 
Academy of sciences. Vol. I Part. 1 et 2. San Francisco 1868. 
In-4°. 2 fascicules. 

— Proceedings of the California Academy of sciences. Vol. IV. 
Part. 1, 2, 1870, San Francisco 1870; Part. 3, 1870, San 
Francisco 1871 ; Part. 4, 1871, San Francisco 1872. In~8°. 

Castracane, abb. Francesco. — Nuovo sistema di ricerche su le Diatomee. 
In-4°. 

(Extrait des publications de l'Accademia pontifica dei Nuovi Lineei 1870.) 

Catalogue de livres (Etrennes littéraires et scientifiques) de la librairie 

Muquardt, 1872. 
Chellonneix, E. et Ortlieb, J. — Description d'une Tortue fossile trouvée 

à Hellemmes. Lille 1869. In-8°. 

(Extrait des mémoires de la Société Impériale des sciences de Lille, 3* série 
V volume.) 

— Notice géologique sur le Mont de la Ferme Masure près Rou- 
baix. Lille 1868. In-8°. 

(Extrait des mémoires couronnés de la Société Impériale des sciences de Lille. 
Tome I.) 

— (Vide : Ortlieb, J.) 

Congrès international d'anthropologie et d'archéologie préhistoriques. 
— Programme de la sixième session, 1872, à Bruxelles. 
(2 exemplaires.) 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. CXXIX 

Cornalia, Emilio. — Sulla Lophoura Edwardsii di Kolliker osservazione 
zoologiche e anatomiche. In-8°. Planche. 

(Extrait des Atti de la Societa Italiana di se. nat. Vol. IX.) 

Cuvier. — Rapport fait à l'Académie par M. le Secrétaire perpétuel le 
31 octobre 1831, sur le travail de M. Deshayes : Tableaux 
comparatifs des coquilles vivantes avec les coquilles fossiles 
des terrains tertiaires de l'Europe. In-8°. 

(Extrait du Moniteur du 21 novembre 1831.) 

Czjzek, Johann. — Beitrag zur Kenntniss der fossilen Foraminiferen des 
Wiener Beckens. Vienne 1847. In-4°. Planches. 

(Extrait de : Naturwissenschaftlichen Abhandlungen gesammelt und 'durch sub- 
scription herausgegeben von W. Haidinger. II Band. S. 137.) 

Dall, W. H. — Report on the Brachiopoda obtained by the United States 
coast survey expédition in charge of S. F. de Pourtalès, with 
a Revision of the Craniidse and Discinidse. In-8°. Planche. 

(Extrait du Bulletin of the Muséum of comparative zoôlogy. Vol. III n° 1.) 

De Koninck, L. — Notice sur une nouvelle espèce de Davidsonia. Liège 
1855. In-8°. Planche. 

— Nouvelle notice sur les fossiles du Spitzberg. In-8°. Planche. 

(Extrait du Bulletin de l'Académie royale des sciences de Belgique tome XIII.) 

— Recherches sur les animaux fossiles. Première partie : Mono- 
graphie des genres Productus et Chonetes. Liège 1847. In-4°. 
Planches. 

Desguin, Pierre. — La machine de Ruhmkorff et ses effets. Bruxelles 

1872. In-8°. 
Deshayes, G. P. — De l'espèce. Paris 1856. In-8°. 

— Description de deux espèces nouvelles. Paris 1861. In-8°. 

(Extrait du Journal de Conchyliologie.) 

— Description de quelques animaux de la famille de Trochidés 
des côtes de l'Algérie. Paris 1870. In-8°. Planche. 

(Extrait des Annales de Malacologie. 1870.) 

— Etudes sur les Lucines. In-8°. Planche. 

(Extrait du Journal de Conchyliologie 1861.) 

— Note au sujet de l'animal du B.ulimus Cantagallanus. In-8°. 
Planche. 

.Extrait des Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux. Tome XXV.) 

— Note sur un nouveau genre de Limacien fossile. In-8°. 

— Notice sur l'Hélix labyrinthus et quelques espèces voisines. 
In -8°. Planche. 

(Extrait de la Revue zoologique de Guérin 1838.) 

— Observations sur les animaux de quelques genres de Mol- 
lusques acéphales. 

(Extrait des Proceedings of the zoological Society of London. 1853.) 



CXXX SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

— Quelques observations au sujet de la Famille de Rudistes de 
Lamarck. In-8°. 

(Extrait du Bulletin de la Société géologique de France. 1855.) 

. — Rapport de M. le Professeur Deshayes sur une Encrine 
vivante. In -4°. 

(Extrait des nouvelles archives du Muséum.) 

— Diagnoses d'espèces nouvelles de Mollusques terrestres et 
fluviatiles du Thibet oriental. In-4°. 

(Extrait des idem.) 

— (Vide : Bioche, A.) 

Desplanque. — (Vide : Bulletin scientifique du Département du Nord.) 

Deutsche Malakozoologische Gesellschaft. — Nachrichtsblatt. Dritter 
Jahrgang 1871, n° 12 december. Vierter Jahrgang 1872, 
n os 1-5. Francfort sur le Mein. In-8°. 

Deutsche Zeitung, de Vienne, n° du 13 avril 1872. 

Dorpater Naturforscher Gesellschaft. — Àrchiv fur die Naturkunde 

Livlands, Ehstlands und Kurlands. Erste série, Band I-IV" ; 

Y, livr. 1 ; VI. et Zweite série, Band I-IV ; VI ; VII livr. 

1, 2. Dorpat, 1854-1871. In-8°. Planches. 

— Sitzungsberichte der Dorpater Naturforscher-Gesellschaft. III 
Band, 1869-1870. Dorpat, 1870 et 1871. In-12°. Planches 
et figures. 

— Sitzungsberichte der Naturforscher-Gesellschaft zu Dorpat. 
I Band, 1853-1860 ; Dorpat, 1861. II Band, 1861-1869 ; 
Dorpat, 1869. In-12°. 

Dupont, Ed. — Les temps préhistoriques en Belgique. L'homme pen- 
dant les âges de la pierre dans les environs de Dinant sur 
Meuse. Bruxelles 1872. In-8°. Planche. 

Essex Institute. — Bulletin, Vol. I. IL III. Salem, 1869. 1870. 1871. 
In-8°. 

— Communications, Vol. VI, 1867-1870. Salem, 1871. In-8°. 
Planches. 

— Proceedings, Vol. VI, 1868. Salem, 1870. In-8°. 
Fabre, G. — (Vide: Bioche, A.) 

Fédération des Sociétés d'horticulture de Belgique. — Bulletin 1870, 
second fascicule; 1871, premier fascicule. Liège 1872. In-8°. 

Frauenfeld, Georg ritter von. — Der Vogelschutz. In-8°. 

(Extrait des Verhandlungen de la Soc. Zoologique-botanique de Vienne, 1871.) 

— Die Grundlagen des Vogelschutzgesetzes. Vienne 1871. In-8°. 
(2 exemplaires.) 

(Publication de la Soc. Zoologique-botanique de Vienne.) 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. ,CXXXI 

— Die Pflege der Jungen bei Thieren. Zwei Vortrâge. Vienne 
1871.In-8°. 

(Extrait des publications de la Société : Verein zur Verbreitung naturwissenschaft- 
licbe Kenntnisse.) 

— Die W-irbelthier fauna Niederosterreichs. Vienne 1871. 
In-8°. 

(Extr. der Blàttem des Vereins fur Landeskunde von Niederôsterreich.) 

Gosselet. — (Vide : Bulletin scientifique du département du Nord.) 
Grégoire, Edouard. — Notice sur les coquilles de la tourbe de Uccle lez- 
Bruxelles. 

(Extrait de3 Ann. de la Soc. Malac. de Belg. Tome VI. 1871.) 

Hagenmuller, Paul. — Catalogue des Mollusques terrestres et fluviatiles 
d'Alsace. 

(Extrait du Bulletin de la Société d'histoire naturelle de Colmar, années 1871 et 
1872.) 

Hidalgo D r J. G. — Coleccion de las memorias publicadas acerca de los 
Moluscos en el Journal de Conchyliologie. Madrid, 1871. 
In-8°. 

— Hojas nialacologicas pages 169 à 184 (juillet 1871.) In-8°. 

— Moluscos marinos de Esparla, Portugal y las Baléares. Entre- 
gas 5 a . 6 a y 7 a (décembre 1871) ; Prologo pages I à XVI. 
Planches 21 à 40. 

Institut national genevois. — Bulletin n° 36. Vol. XVII, pages 1 à 216. 
Genève, 1872. In-8°. PI. 

Institut royal grand-ducal de Luxemrourg. — Publications de l'Institut 
royal grand-ducal de Luxembourg. Section des sciences na- 
turelles et mathématiques (ci-devant Société des Sciences natu- 
relles) Tome XII, 1872. In-8°. 

Joung, Edward. — Spécial report on immigration. Washington, 1872. 
In-8°. 

Jugoslavenske Akademije znanosti i umjetnosti. — Rad. Jugoslavenske 
Akademije znanosti i umjetnosti. Knjiga XV-XX. u Zagrebu 
(Agram) 1871-1872. 6 Vol. In-8°. PI. 

Kaiserlich-Kônigliche Geologische Reichsanstalt. — Jahrbuch. Jahr- 
gang 1871, XXI Band, n° 4. Vienne, 1871. In-8°. PL Jahr- 
gang 1872, XXII Band, n os 1. 2. 3. Vienne, 1872. In-8°. 
PI. 

— Verhandlungen. Jahrgang 1871, n os 14-18, Vienne 1871. 
In-8°. Jahrgang 1872, n os 1-13, Vienne, 1872. In-8°. Fi- 
gures. 

Kaiserlich-Kônigliche Zoologisch-Botanische Gesellschaft in Wien. — 
Verhandlungen. Jahrgang 1871. XXI Band. Vienne, 1871. 
In -8°. Planches. 



CXXXII SOCIÉTÉ MALAXOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Kawall, J. H. — Coup d'œil sur la Flore de la Courlande. 

(Extrait du Bull, de la Soc. Eoy. de Bot. de Belgique. Tome X.) 

— Die neuenRussischen Naturforscher-Gesellschaften.Erste mit- 
theilung. Riga, 1872. in-8°. 

— La pêche des perles en Livonie. 

(Extrait des Annales de la Soc. malac. de Belgique. Tome VII, 1872.) 

Kobelt D r . W. — Fauna der nassauischen Mollusken. Wiesbade, 1871. 
In-8°. PI. 

(Extrait du Jahrbuchdes Nassauisch. Vereins fur Naturkunde.) 

— (Vide : Malakozoologische BLàTTER.) 

KONGLIGA VETENSKAPS OCH VlTTERHETS SAMHâLLET I GÔTEBORG. — GÔteborgS 

K. Vetenskaps och Vitterhets Samhâlles Handlingar. Ny tids- 
fôljd VII, VIII, IX, XI Hâftet. Gothembourg 1861-1872. 
4 Vol. In-8°. PI. 

— Gôteborgs K. Vetenskaps och Vitterhets-Samhâlles ledamôter 
âr 1872. In-8°. 

— Gôtheborgs K. Vetenskaps och Vitterhets Samhâlles Hand- 
lingar. Ny tidsfôljd. III- VI Hàftet. Gôtheborg 1855-1859. 
4 Vol. In-8°. Figures. 

KÔNIGL1CHE PHYSIKAL1SCH-ÔKONOMISCHE GESELLSCHAFT ZU KÔNIGSBERG. — 

Schriften. Jahrgang I-XII (1860-1871). Kônigsberg, 1860- 
1872. 12 Vol. In-4°. PI. et Jahrgang XIII (1872). Erste Ab- 
theilung. Kônigsberg, 1872. 

Koninkluke Akademie van Wetenschappen te Amsterdam. — Jaarboek 
voor 1871. Amsterdam. In-8°. 

— Verslagen en Mededeelingen . Afdeeling natuurkunde ; Tweede 
reeks, zesde deel. Amsterdam, 1872. In-8°. PL 

Kùnstler, Gustav. — Die unseren Kulturpflanzen schâdlichen Insekten. 
Vienne, 1871. In-8°. 

(Publication de la Soc. Zool-Bot. de Vienne.) 
KuRLâNDISCHE GESELLSCHAFT FUR LlTERATUR UND KUNST. — SitzungS-Be- 

richte ausdem Jahre 1871. Mitau, 1872. In-8°. 

Le Comte, Théophile. — Notice sur un dépôt moderne de coquilles ter- 
restres et fluviatiles dans la vallée de la Dendre. 

(Extrai des Annales de la Soc. Malac. de Belg. Tome VI 1871.) 

Ligue de l'Enseignement. — Bulletin de la Ligue de l'Enseignement, 
tome VII, année 1871-1872, n os 2. 3. 4. Bruxelles. In-8». 

Malakozoologische BLàTTER, publiées sous la direction des D r L. Pfeiffer 
etD r W. Kobelt. — Band XIX. Band XX, pages 1-48. Cas- 
sel 1872, In-8°. Planches. 

Maktens, Ed. von. — (Vide : Record of zoological literatur). 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. CXXXIII 

Matthew G. F. — On the azoic and palseozoic rocks of southern New- 
Brunswick. In-8°. 

(Extrait des Proceedings of the Zoological Society. 1865.) 

— Onthesurface geologyof New-Brunswick. In-8°. 1871. Cartes. 

(Extrait des publications de la Soc. d'hist, nat. du Nouveau-Brunswick.) 

— et Bailey L. W. — Remarks on the âge and relations of the 
metamorphic rocks of New-Brunswick and Maine. In-8°. 

1 1870. 
Miller, Henry, J. — Podophrya mobilis, espèce nouvelle appartenant à 
l'ordre des Suceurs. In-8°. Planche. 

(Extrait des Anuales de la Soc. Malac. de Belg. Tome VI 1871.) 

Moquin-Tandon, Gaston. — Recherches anatomiques sur l'Ombrelle de la 

Méditerranée. Paris, 1870. In-4°. Planches. 
Mourlon, Michel. — (Vide : Nyst.) 
Muséum Francisco-Carolinum. — Bericht (30 e ) ùber das Muséum Fran- 

cisco-Carolinum. Linz, 1871. In-8°. Planches. 
Muséum of comparative zoôlogy at Harvard collège in Cambridge. — 

Annual report of the trustées of the Muséum of comparative 

zoology for 1870. In- 8°. Boston. 1871. 
Nassauischer Verein fur Naturkunde. — Jahrbûcher. Jahrgang XXV 

und XXVI. Wiesbaden 1871-1872. In-8°. Planches. 
Naturforschende Gesellschaft Graubùnden's zu Chur. — .Jahres-Bericht. 

Neue Folge, XVI Jahrgang. Vereinsjahr 1870-1871. Coire, 
1872. In-8°. 
Naturforschende Gesellschaft in Bern. — Mittheilungen 1870, n os 711- 

744 et 1871, n os 745-791. Bern 1871 et 1872. ïn-8°. 

Planches. 
Naturforschende Verein in Brùnn. — Verhandlungen. IX Band, 1870. 

Briinn, 1871. In-8°. Planches. 
Naturhistoriske Forening i Kjobenhavn. — Videnskabelige Meddelelser 

fra Naturhistoriske Forening i Kjobenhavn for aaret 1868. 

Register 1849-1868 et for aaret 1871 n os 11-25. Copenhague. 

In-8°. Planches. 
Naturhistorische Gesellschaft zu Nùrnberg. — Abhandlungen. V Band. 

Nurnberg, 1872. ln-8°. Planches. 
Naturhistorischer Verein in Augsburg. — Bericht (XXI). Augsburg 1871. 

In-8°. 
Naturhistorisches Landes Muséum von KâRNTHEN. — Jahrbuch. Zehntes 

Heft, XIX Jahrgang, 1870. Klagenfurt 1871. In-8°. PI. 
Naturwissenschaftliche Gesellschaft Isis in Dresden. — Sitzungs-Be. 

richte. Jahrgang 1872 (janvier à mars). Dresde. 1872. In-8°. 

Figures. 

r 



CXXXIV SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Naturwissenschaftlicher Verein fur Steiermark. — Mittheilungen. 

Jahrgang 1872. Gratz. In-8°. PI. 
Naturwissenschaftlicher Verein zu Bremen. — Abhandlungen heraus- 

gegeben vom Naturwissenschaftliehen Vereine zu Bremen. 

III Band, 1 et 2 Heft. Bremen 1872. In-8°. PL 
Natuurkundig Genootschap te Groningen. — Verslag (een-en-zeventigste) 

over het Natuurkundig Genootschap te Groningen, gedu- 

rende het jaar 1871. Groningen, 1872. In-8°. 
Newton, A. — (Vide : Record ofzoological literatur.) 
Nowicki, D r Max. — Ueber die "Weizenverwùsterin Chlorops tseniopus 

Meig, etc. Vienne, 1871. In-8°. 

(Publication de la Soc- zool. bot. de Vienne.) 

Nyst, H. — - Faune Maestrichtienne. Description dune Serpule fossile nou- 
velle ; description d'une Huître fossile nouvelle. In-8°. PL 

(Extrait des Ann. de la Soc. Malac. de Belg. Tome VI 1871.) 

— et Mourlon, Michel. — - Note sur le gîte fossilifère d'Aeltre. 

(Idem.) 

Offenracher Verein fur Naturkunde. — Bericht (elfter und zwôlfter) 
iiber die Thâtigkeit des Ofifen bâcher Vereins fur Naturkunde. 
Offenbach am Main, 1871 et 1872. In-8°. 2 fascicules. 

Ortlier, J. et Chellonneix, E. — Étude géologique des collines tertiaires 
du Département du Nord, comparées avec celles de la Bel- 
gique. Lille, 1870. In-8°. PL 

— (Vide : Chellonneix, E.) 

Pfeiffer, L. — (Vide : Malakozoologisghe BLârrER.) 

Pigorini, Luigi. — Bibliografia palleoetnologica italiana dal 1850 al 1871. 

Parme, 4871.In-8°. 
Pire, Louis. — Les forêts. Bruxelles, 1872. In-8°. 

(Extrait du Bull, delà Soc. royale Linnéenne de Bruxelles.) 

— Nouvelles recherches bryologiques. Gand, 1871. In-8°. PL 

(Extrait du Bullet. de la Soc. Roy. de Bot. de Belg. Tome X. 1871.) 

— Recherches malacologiques. Liste des Mollusques terrestres et 
fluviatiles recueillis aux environs de Magnée, etc. 

(Extrait des Annales de la Soc. Malac. de Belg. Tome VII, 1872.) 

— Recherches malacologiques. Notice sur le Planorbis complana- 
tus (forme scalaire.) 

(Extrait des idem. Tome VI, 1871.) 

Ramsey, A. C. — On the physical relations of the new red mari rhaetic 
beds and lower Lias. In-8°. 

(Extrait du Quarterly Journal of the geological Society. Août 1871.) 

Reale Comitato geologico d'Italia. — Bollettino. Anno II, 1871, n os 11- 
42; Florence, 1871. Anno III, 1872, n os 1-10; Florence, 
1872. In-8°. 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. CXXXV 

— Memorie per servire alla descrizione délia carta geologica 
d'Italia. Vol. I. Firenze 1871. In-4°. PI. 

Reale Istituto Veneto di Scienze, lettere ed arti. — Atti. 5 e série, 
Tomes XV et XVI ; et 4 e série, Tome I, dispensa l a . Venise, 
1869-1872. In-8°. PI. 

— Memorie. Vol. XIV, part. 3 (1870). Vol. XV, part. 1 (1870) et 
part. 2 (1871). Venise. In-4°. PI. 

Record of zoological Literatur, publié sous la direction de M. le profes- 
seur A. Newton. — Vol. VIL 1870, pages 105 à 206 (Mol- 
lusca, Molluscoida, Crustacea, par Ed. Von Martens). Lon- 
dres. In 8°. 

Regïa Societas Scientiarum Upsaliensis. — Nova acta seriei tertise. Vol. 
VIII, Fasc. 1,1871. In-4°. PI. 

Reuss, D r Aug. Em. — Die Foraminiferen und Entomostraceen des Krei- 
demergels van Lemberg. Vienne, 1850. In-4°. PL 

(Extrait des Naturwissensehaftliehen Abhandlungen, etc., de Haidinger. IV Band. 
S. 17.) 

— Die fossilen Polyparien der Wiener Tertiârbeckens. Vienne, 
1847. In-4°. PL 

(Extrait des idem. II Band, S. 1.) 

Ricca-Rosellini, G. — Alla memorie del professore Dino Carina. Udine, 
1872. ln-8°. 

SâLLSKAPET pro Fauna et Flora Fennica. — Notizer ur Sâllskapets pro 
fauna et flora fennica fôrhandlingar. Tolfte Haftet. Ny série, 
nionde Haftet. Helsingfors, 1871. In-8°. PL 

— Sâllskapets pro fauna et flora fennica inrâttning och verksam- 
het ifran dess stiftelse den 1 november 1821 till 1 november 
1871. Helsingfors, 1871. In-8°. 

Schlesische Gesellschaft fur vaterlandïsche Cultur. — Abhandlungen. 
Philosophisch-historische abtheilung 1871. Breslau 1871. Ab- 
theilung fur Naturwissenschaften und Medicin 1869-1872. 
Breslau 1872. In-8°. PL 

— Jabres-Bericht (48 et 49) 1870 et 1871. Breslau 1871-1872. 
In-8°. PL 

Schweizerisghe Entomologische Gesellschaft. — Mittheilungen. Vol. III 
n° 9. Schaffhausen 1872. In-8°. PL 

Schweizerische Naturforsghende Gesellschaft. — Verhandlungen der 
Schweizerischen Naturforscbenden Gesellschaft in Frauenfeld 
1871. 54 Jahresversammlung. Jahresbericht 1871. Frauen- 
feld, 1872. In-8°. 

St. Gallische naturwissenschaftliche Gesellschaft. — Bericht uber 
die Thâtigkeit der St-Gallischen naturwissenschaftlichen 



CXXXVI SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Gesellschaft wâhrend des Vereinsjahres 1869-1870 et Vereins- 

jahres 1870-1871. St-Gallen 1870 et 1872. In-8°. Pi. 
Smithsonian Institution. — Annual Report of the board of Régent of the 

Smithsonian Institution for the year 1870. Washington, 1871. 

In-8°. PL 
Sociëta dei Naturalisa in Modena. — Annuario. Anno VI et Anno VII 

dispensa 1 et 2. Modena 1872. In-8°. PL 

SOCIETA DI ACCLIMAZIONE E DI AgRICOLTURA IN SlCILIA. — Atti. Tome XI, 

n os 7-12 (juillet à décembre 1871.) Tome XII, n os 1-9 (jan~ 
vier à septembre 1872.) Palermo, 1871 et 1872. In-8°. 
Societa entomologica italiana. — Bullettino. Anno III, 1871, trimestre 4. 
Anno IV, 1872, trimestre 1. 2. 3. Florence, 1872. In-8°. 
PL 

— Resoconto délie adunanze generali et parziali per l'anno 1872, 
II délia Societa Entomologica italiana. In-8°. 

Societa italiana di Scienze NATURALi. — Atti. Vol. XIII, Milano 1870 
et 1871 ; Vol. XIV, Milano 1871 et 1872; Vol. XV, fasc. 1. 
Milano 1872. In-8°. PL 

Société algérienne de Climatologie, Sciences physiques et naturelles. — 
Bulletin, 8 e année 1871, n os 4, 5, 6, et 9 e année 1872, n 9s 1, 
2, 3. Alger. In-8°. 

Société chorale et littéraire des Mélophiles de Hasselt. — Bulletin de 
la section littéraire. 8 m ? Vol. Hasselt, 1871. In-8°. 

Société des Amis des Sciences naturelles de Rouen. — Sixième et sep- 
tième années, 1870 et 1871. Rouen 1872. In-8°. 

Société des Sciences naturelles de Neuchatel. — Bulletin. Tome IX, 
premier et deuxième cahiers. Neuchatel 1871' et 1872. In-8°. 
PL 

Société d'Histoire naturelle de Colmar. — Bibliothèque de la Société 
d'Histoire naturelle de Colmar, 1869. In-8°. 

— Bulletin. l re et 4 e à 11 e années. Colmar 1860 et 1863 à 1870. 
In-8°. PL 

Société Entomologique de Belgique. — Annales. Tome XIV 1870-1871. 
Bruxelles 1870-71. In-8°. PL 

— Comptes-rendus (n os 70 à 81, janvier à décembre 1872) des 
Assemblées de la Société. 

Société Géologique de France. — Bulletin. 2 e série, Tomes 22 à 28, 1864 
à 1871 et Tome 29, 1872 n os 1 à 5. Paris. In-8°. Planches et 
figures dans le texte. 

Société hollandaise des sciences a Harlem. — Archives néerlandaises des 
sciences exactes et naturelles. Tome VI, livraisons 4. 5. 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. CXXXVIi 

Tome VII, livraisons 1. 2. 3. La Haye 1871 et 1872. In-8°. 

PI. 

— Programme de la Société hollandaise des Sciences à Harlem, 

année 1872. In-8°. 
Société Impériale des Naturalistes de Moscou. — Bulletin Tome XLIV, 

1871, Moscou 1871 et 1872 et Tome XLV, 1872, n° 1, Mos- 
cou 1872. In-8°. Planches. 

Société Linnéenne de Bordeaux. — Actes de la Société Linnéenne de Bor- 
deaux. Tome XXVII (troisième série, tome VII), première 
partie. Paris-Bordeaux. 1870. In-8°. PI. 

— Catalogue de la bibliothèque de la Société Linnéenne de Bor- 
deaux. Bordeaux 1869. In-8°. 

Société Linnéenne de Normandie. — Bulletin. 2 e série. Tomes I-IV (an- 
nées 1865-66, 1867, 1868, 1868-69). Caen, 1867-1870. In-8°. 
PI. 

Société Linnéenne du Nord de la France. — Mémoires. Tomes I et II 
(1866-67 et 1868-69). Amiens 1867-69 et 1870. In-8°. PI. 

Société malacologique de Belgique. — Procès-verbaux des séances de la 
Société malacologique de Belgique. Tome I, 1872. Bruxelles 

1872. In-8 9 . Figures (3 exemplaires.) 

Société médico-chirurgicale de Liège. — Annales. ]0 e année, 1871, dé- 
cembre. 11 e année, 1872, janvier à novembre. Liège 1871 et 
1872. In-8?. 

Société paléontologique et archéologique de l'arrondissement de Char- 
leroi. — Documents et rapports. Tome V. Mons 1872. In-8°. 
PI. 

Société royale des t Sciences médicales et naturelles de Bruxelles. — 
Journal de pharmacologie. 27 e année 1871, décembre. 28 e 
année 1872, janvier à avril, juin, juillet, septembre à no- 
vembre. Bruxelles. In-8°. 

Société royale Linnéenne de Bruxelles. — Bulletin. l re année, 1872, 
livraisons 1 à 5. Bruxelles, 1872. In-8°. 

— Programme de l'Exposition de 1872 de la Société Royale Lin- 
, néenne de Bruxelles. 

Société scientifique et littéraire du Limrourg a Tongres. — Bulletin. 

Tome XII. Tongres, 1872. In-8°. PI. 
Société vaudoise des Sciences naturelles. — Bulletin. 2 9 série, Vol. XI, 

n os 66. 67. Lausanne, 1871 et 1872. In-8°. PL 
Stearns, Robert. — Conchological Memoranda n os VI, VII, IX. 1871. 

In-8°. 

(Extrait des Proceedings of the California Academy, etc.) 



GXXXVIII ' SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

On the économie value of certain Australian forest trees, and 
their cultivation in California. In-8°. 

(Extr. des Proceedings of the California Academy, 1872.) 

Thielens, Armand. — Notice sur quelques plantes rares ou nouvelles de la 
Flore belge. 

(Extrait du Bullet. de la Soe. Roy. de Botan. de Belgique. Tome X.) 

— Relation de l'excursion de la Société malacologique de Bel- 
gique à Orp-le-Grand, etc. 

(Extrait des Ann. de la Soc. Malac. de Belg. Tome VI. 1871.) 

Tourczaninoff, N. — Quelques observations sur les espèces du genre Cle- 

thra. Moscou, 1863. In-8° (2 exemplaires.) 
Ubaghs, Casimir. — Beobachtungen ûber die chemische und mechanische 

Zersetzung der Kreide Limburg's etc. Valkenburg 1859. 

In-8°. 

— Die Bryozoen-Schichten der Maastrichter Kreide-bildung, etc. 
In-8°. PI. 

— Essai sur les couches de Bryozoaires du tuffeau de Maestricht. 
Maestricht, 1866. In-8°. 

(Extrait des publications de la Soc. d'Archéologie dans le Duché deLimbourg.) 

United states of America. Department of Agriculture. — Mouthly re- 
ports of the Department of Agriculture for the year 1871. 
Washington, 1872. In-8°. Fig. 

— Report of the Commissioner of Agriculture for the year 1870. 
Washington, 1871. In-8°. PI. et Fig. 

United states of America. War Department, Signal service. — Daily 
Bulletin. Meteorological record. Washington 8 novembre 1872. 
Trois feuilles folio. 

— Daily Weather map. Trois feuilles folio. 

Van den Broeck, Ernest. — Considérations sur les déviations scalari- 
formes des Planorbis complanatus de la Mare de Magnée. 

(Extrait des Ann. de la Soc. Malac. de Belg. Tome VII, 1872.) 

— Note supplémentaire aux considérations sur les déviations sca- 
lariformes des Planorbis complanatus de la Mare de Magnée. 

(Idem.) 

Verein der Naturfreunde in Reichenberg. — Mittheilungen, 1871 et 
1872. Reichenberg. In-8°. Fig. 

Verein fur Naturkunde zu Zwickau. — Jahresbericht, 1871. Zwickau, 

1872. In-8°. 

Verein zur Verbreitung naturwissenschaftlicher Kenntnisse in Wien. — 

Schriften. Zwôlfter Band, Jahrgang 1871-72. Vienne, 1872. 
In-8°. Fig, 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. CXXXIX 

Villa, Ant. et Villa, G. B. — Specie e Varieta di Molluschi délia Lom- 
bardia catalogo sinonimico. Pisa, 1871. In-8". 

(Extr. du Bullettino malacologieo Italiano IV. 1871.) 

Zoologisch-mineralogische Verein zu Regensburg. — Correspondenz- 
Blatt. XXV Jahr. 1871. Ratisbonne. In-8°. 



III 

COLLECTIONS SCIENTIFIQUES. 



DONS REÇUS 



POUR 



LES COLLECTIONS MALACOLOGIQOES DE LA SOCIÉTÉ 

PENDANT L'ANNÉE 1872. 



La Société a reçu en don pour ses collections, pendant Tannée 1872, en- 
viron 150 espèces représentées par environ 500 échantillons. 

I. — Espèces belges., 

Fossiles de la craie de Lonzée, environ 30 espèces (Donateur, 
M. Hart.) 

Fossiles de diverses localités (MM. Rosart et Thielens.) 
Coquilles marines vivantes (M. Messemaeker.) 

II. — Espèces étrangères. 

Espèces vivantes européennes des genres Hélix (environ 40 espèces) et 
Clausilia (environ 30 espèces) (Don de M. Kobelt.) 

Espèces vivantes terrestres, fluviatiles et marines, européennes et exo- 
tiques (une quarantaine d'espèces) (Donateurs M mo Le Hon, MM. Kobelt, 
Le Comte, Candèze, Heynemann, Nyst, Putzeys, Desguin.) 



IV 

LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ. 



LISTE GÉNÉRALE 

DES 

MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

AU 31 DÉCEMBRE 1872 
( Le nom des membres fondateurs est précédé d'un astérisque * ) 

membres honoraires. 

1867. Deshayes, D r G. P. — Place Royale, 18, Paris. 

1863. Funck, N., directeur du Jardin zoologique, membre de diverses 

Sociétés savantes. — Cologne. 
1870. Hammelrath, D r G., directeur de la Société royale de Zoologie. 

— - Bruxelles. 
1872. Nilsson, Professeur S. — Lund (Suède.) 
1867. Pfeïffer, D r L. — Cassel (Hesse-Electorale). 
1864-1872. SenonEr, Ad., membre de diverses Académies et Sociétés 

savantes. — III, Marxergasse, 14, Vienne. 
1867. SowErby, G. B. — Great Russell street, 45, Bloomsbury, Londres. 
1867-1870. Staes, Célestin, membre de plusieurs Sociétés savantes. — 

Rue des deux Églises, 28, Quartier Léopoid- Bruxelles. 

Membres correspondants. 

1867. Bielz, E. Alb., secrétaire du Bureau Royal de Statistique, membre 
de diverses Sociétés savantes. — Ofen (Hongrie). 

1867. BRUSÏNA, Spiridion, conservateur du Musée national d'histoire na- 
turelle, membre de diverses Sociétés savantes. — Agram 
(Croatie). 

1864. Canofari de Santa Vittoria, Comte.— Sora, Terra di Lavoro (Italie.) 



CXLVIII SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

1864. Charlier, Alexandre, lieutenant dans la marine belge. — Namur. 

1868. Chevrand, Antonio, D r en médecine. — Cantagallo (Brésil). 

1864. D'Ancona, Césare, D r en sciences, aide naturaliste au Musée royal, 

etc. — Florence. 

1866. Dubrueil, E., membre de plusieurs Sociétés savantes. — Rue du 

Carré du Roi, 1, Montpellier. 

1869. Erjavec, Francesco, professeur d'histoire naturelle à l'Ecole supé- 

rieure, etc. — Gôrz (Autriche) . 

1867. Gobanz, D r Josef, professeur d'histoire naturelle à l'Ecole supérieure. 

— Klagenfurt (Carinthie). 
1872. Heynemann, D. F., président de la Société Malacozoologique alle- 
mande, etc. — Schifferstrasse, 53, Sachsenhausen près de 
Francfort sur le Mein. 

1868. Hidalgo, D r J. Gonzalez. — Galle de las Hileras, n° 9, Madrid. 

1865. Jamrach, Ch., naturaliste. — St-George-street, 180, East, Londres. 

1869. Kawall, J. H., pasteur, membre de diverses Sociétés savantes. — 

Poussen (Courlande). 

1872. Kobelt D r W., secrétaire de la Société Malacozoologique alle- 
mande, etc. — Schwanheim sur le Mein (Allemagne). 

1869. Kuzmic, le Père Giovanni Evangelista. — Raguse (Dalmatie). 

1864. Lallemant, Charles, pharmacien, membre de diverses Sociétés 
savantes. — L'Arba, près d'Alger. 

1872. Lancia di Brolo, Marquis Frederico, secrétaire perpétuel de 
l'Académie royale des sciences de Palerme, etc. — Palerme. 

1866. Manfredonia, Chevalier J., D r en médecine, professeur à l'hôpital 

des Incurables. — Via Stella, 120, Naples. 
1872. Matthew, G. F. membre de diverses Sociétés savantes. — Leustones, 
Department Saint John, Nouveau Brunswick (Canada), 

1868. Môrch, D r 0. A. L. — Frederiksborggade, n° 7, Copenhague. 

1866. Morière, J., professeur d'histoire naturelle à la Faculté des sciences, 

etc. — Caen, Département du Calvados (France). 

1869. Paulucci, Madame la Marquise M. — Palais Pantiatichi, Borgo 

Pinti, Florence. 
1868. Rodriguez, Juan, directeur du Musée d'histoire naturelle. — Guate- 
mala. 

1867. Rothe, Tyge, directeur du Jardin royal de Rosenborg. — Copen- 

hague. 

1867. Schmidt, D r Oscar, professeur à l'Université, etc. — Strasbourg 

(Alsace). 

1868. Sciuto-Patti, Carmelo, ingénieur, Secrétaire général de l'Académie 

Gioenia etc. — Catane (Sicile). 



LISTE DES MEMBRES CXLIX 

1864. Stossich, Adolph, professeur, membre de diverses Sociétés savantes. 

— Trieste (Istrie). 

1867. Von Frauenfeld, Chevalier Georg, conservateur du Musée Impé- 
rial-Royal de zoologie, membre de diverses Sociétés savantes. 

— Herrengasse, Landhaus, Vienne. 

4869. Warren, J., membre de plusieurs Sociétés savantes. — Boston, 

Massachusetts (Etats Unis). 
1872. Westerlund, D r G. À. — Ronneby (Suède). 

1865. Westerman, C. S., directeur du Jardin zoologique, membre de diverses 

Sociétés savantes. — Amsterdam. 
1867. Wiechmann, D r C. M., membre de diverses Sociétés savantes. — 
Kadow, près de Goldberg (Meklembourg) . 

Membres effectifs à vie. 

1872. Allport, Morton, Membre des Sociétés Zoologique et Linnéenne 
de Londres etc. — Hobart-Town (Tasmanie). 

1872. Bubics, S. C. 0., chambellan de sa Sainteté, etc. — Palais des 
Princes Esterhazy, "Wallnerstrasse, 4, Vienne. 

Membres effectifs. v 

4872. Balston, William Ed. — Bearsted house, Maidstone, Kent (Angle- 
terre). 

1870. Bauwens, L. M., membre de plusieurs Sociétés savantes. — Rue 

des Sables, 19, Bruxelles. 

1863. 'Bellynck, le Père Auguste, professeur d'histoire naturelle au col- 

lège Notre-Dame de la Paix, membre de l'Académie royale des 

sciences de Belgique etc. — Namur. 
1872. Berchem, F., ingénieur principal des mines. — Rue Neuve, 32, 

Namur. 
1872.. Borsu, J. — Chaussée d'Etterbeek, 257, Etterbeek-Bruxelles., 

1871. Breyer, Alb., D r en médecine etc. — Boulevard de Waterloo, 76, 

Bruxelles. 

1864. Briart, Al., ingénieur, membre de l'Académie royale des sciences 

de Belgique etc. — Chapelle-lez-Herlaimont (Hainaut). 

1872. Bricourt, C, avocat. — rue de Stassart, 71, Ixelles-Bruxelles. 
1871. Candèze, E. D r . en médecine, membre de l'Académie royale des 

sciences de Belgique et de diverses Sociétés savantes etc. — 
Glain lez-Liége. 

t 



CL SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

1863. *Charlier, Eugène, D r en médecine, etc., membre de diverses 
Sociétés savantes. — Rue Faubourg-St-Gilles, 19, Liège. 

1872. Chellonneix, E., secrétaire de l'Association géologique du Départe- 
ment du Nord. — Lille. 

1863. *Cocheteux, Ch., lieutenant colonel au régiment du génie. — 
Boulevard Léopold, 67, Anvers. 

1870. Cogels, Paul, membre de plusieurs Sociétés savantes. — Place de 

Meir, 68, Anvers. 

1863. "Colbeau, Jules, membre de diverses Sociétés savantes. — Chaus- 

sée de Wavre, 178, Ixelles-Bruxelles. 

1871. Collin, Gustave, étudiant, membre de la Société royale Linnéenne 

de Bruxelles. — Rue d'Orléans, 47, Ixelles-Bruxelles. 

1864. Cornet, F. L., ingénieur des mines etc. — Cuesmes (Hainaut). 
1866. Cousin, T., ancien fonctionnaire des contributions. — Rue du Gou- 
vernement, 12, Mons. 

1869. Craven, Alfred, E., officier dans l'armée anglaise. — Bombay 

(Hindoustan). 
1866. Dautzenberg, Ph. — Rue Vivienne, 16, Paris. 

1871. De Bullemont, Emm., membre de plusieurs Sociétés savantes. — ■ 

Rue du Président, 60, Ixelles-Bruxelles. 
1869. De Jonghe, Vicomte Baudouin, lieutenant à l'Ecole d'application. 
— Rue Bréderode, 11, Bruxelles. 

1872. De Koninck, Laurent, professeur à l'Université de Liège, membre 

de l'Académie royale de Belgique et de diverses Académies 
et Sociétés savantes. — Liège. 

1871. De Looz-Corswarem, Comte Georges, membre de plusieurs Sociétés 

savantes. — - Rue Louvrex, 71, Liège, et château d'Avin, 
Province de Liège, 
J 872. Denis, Hector, avocat. — Rue Goffart, 50, Ixelles-Bruxelles. 

1872. De Reul, X. — Rue de Robiano, 64, Schaerbeek-Bruxelles. 

1865. *De Sélys-Longchamps, Baron Edm., sénateur, membre de l'Acadé- 

mie royale des Sciences de Belgique et de plusieurs autres 
Académies et Sociétés savantes, etc. — Quai de la Sauve- 
nière,34, Liège, et château de Longchamps près de Waremme. 

1871. Desguin, P., professeur à l'Ecole Industrielle. — Place du Musée, 
Bruxelles. 

1863. *Dewalque, G., D r en médecine, etc., professeur à l'Université de 
Liège, membre de l'Académie royale des sciences de Belgique 
et de diverses Sociétés savantes. — Rue de la Madeleine, 13, 
Liège. 



LISTE DES MEMBRES CLI 

1872. Dollfus, G., membre de la Société géologique de France, etc. — 
45, rue de Chabrol, Paris. 

1868. Dupont, Edouard, D r en sciences naturelles, directeur du Musée 

royal d'histoire naturelle, membre de l' académie royale des 

sciences de Belgique, etc. — Bruxelles. 
1872. Fleming, S. R., étudiant en médecine. — Boulevard du Régent, 15, 

Bruxelles. 
1863. *Fologne, Égide, architecte, membre de plusieurs Sociétés savantes. 

— Ancien hôtel d'Assche, place des Palais, Bruxelles. 

1865. Fontaine, César, membre de plusieurs Sociétés savantes. — Papi- 

gnies (Hainaut). 
1863. *Geelhand de Merxem, L. — Rue du Pont-Neuf, 21, Bruxelles. 

1868. Gentiluomo, D r Cammillo, conservateur du Musée royal d'histoire 

naturelle, etc. — Rue S. Francesco, 23, Pise (Italie). 

1871. Goblet d'Alviella, Comte E,, D r en droit et en sciences politiques 

et administratives, etc. — Rue Zinner, 8, Bruxelles. 

1870. Grégoire, Edouard, membre de la Société paléontologique de Charle- 

roi. — Rue au Bois, 10, St-Gilles lez-Bruxelles. 

1869. Hallez, Paul. — Rue Rogier, 194, Schaerbeek-Bruxelles. 

1872. Henné, Alexandre, capitaine adjudant-major. — Anvers. 

1872. Klecak, B., commissaire de district de l re classe. — Sign (Dalmatie). 

1863. *Lambotte, Henri, D r en sciences naturelles, professeur à l'Université 
libre de Bruxelles, ancien professeur à l'Athénée royal de Na- 
mur, etc., membre de diverses Sociétés savantes, etc. — 
Rue de l'Abondance, 9, Saint-Josse-ten-Noode-Bruxelles. 

1867. Lanszweert, Edouard, pharmacien. — Rue de la Chapelle, 85, 

Ostende. 

1868. Lawley, Roberto, conchyliologiste — Montecchio près de Pontedera 

(Toscane). 

1866. Le Comte, Théophile, membre de diverses Sociétés savantes. — 

Lessines. 
1872. Lefèvre, Théodore. — Rue du Pont-Neuf, 10, Bruxelles. 

1871. Malaise, C, professeur à l'Institut agricole de l'Etat, membre de 

l'Académie royale des sciences de Belgique etc" — Gembloux. 

1867. Miller, Henry, J., professeur, membre de la Société royale de 

Botanique de Belgique, etc. — Chaussée de Wavre, 65, 
Ïxelles-Bruxelles. 

1872. Monteiro da Silva, R., étudiant en sciences. — Chaussée de 

Wavre, 83, Ixelles-Bruxelles. 



CLII SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

1872. Moquin-Tandon, Gaston, D r en sciences. — Franz Josef quai, 35, 
Vienne. 

1870. Mourlon, Michel, D r agrégé à la Faculté des sciences, conservateur 
au Musée royal d'histoire naturelle. — Rue Montoyer, 6, 
Quartier Léopold-Bruxelles. 

1870. Nyst, P. H., membre de l'Académie royale des sciences de Belgique 
et de plusieurs autres Académies et Sociétés savantes. — Rue 
du Frontispice, 9, Molenbeek-St-Jean-Bruxelles. 

1872. Ortlieb, J. — Croix lez-Roubaix, Département du Nord (France). 
1870. Pire, Louis, professeur à l'Athénée royal de Bruxelles, membre de 

diverses Sociétés savantes. — Rue Keyenveld, 111, Ixelles- 

Bruxelles. 

1869. Preudhomme De Borre, Alfred, secrétaire du Musée royal d'his- 

toire naturelle, membre de diverses Sociétés savantes. ' — 
Chaussée d'Ixelles, 111, Ixelles-Bruxelles. 

1870. Purves, J. C. — Rue du Président, 3, Ixelles-Bruxelles. 

1863. 'Roffiaen, François, peintre paysagiste, membre de plusieurs 
Sociétés savantes. — Rue Godecharles, 16, Ixelles-Bruxelles. 

1863. 'Rosart, Adrien, membre de la Société entomologique de Belgique. 

— Rue d'Idalie, 33, Ixelles-Bruxelles. 

1872. Rutot, Aimé, ingéneur au chemin de fer de l'Etat. — Rue Faubourg 
St-Gilles, 77, Liège. 

1868. Seghers, Franz, artiste-peintre. — Chaussée de Wavre, 155, 

Ixelles-Bruxelles. 

1863. 'Thielens, Armand, D r en sciences, membre de diverses Académies 
et Sociétés savantes. — Rue de Namur, 20, Tirlemont. 

1867. Timmermans, J. D. — Rue Verhulst, 17, Uccle près de Bruxelles. 

1871. Tommasi, Donato, D r en sciences. — Avenue de l'Aima, 69, Paris. 

1872. Ubaghs, C., membre de plusieurs Sociétés savantes. — Rue des 

Blanchisseurs, Maestricht. 

1872. Van Bemmel, Ch. — Rue St-Lazare, 25, St-Josse-ten-Noode- 
Bruxelles. 

1869. Vanden Broeck, Ernest, membre de plusieurs Sociétés savantes. 

— Rue de Terre-Neuve, 124, Bruxelles. 

1868. Van Volxem, Camille, membre de diverses Sociétés savantes. — 

Boulevard du Régent, 32, Bruxelles. 

1869. Vincent, Gérard, préparateur au Musée royal d'histoire naturelle 

de Bruxelles. — Rue Granvelle , 95 , Quartier Léopold- 
Bruxelles. 



LISTE DES MEMBRES CLIII 

1872. Von Egger, Comte Franz, membre de diverses Sociétés savantes. 

— St-Georges sur le Lac Long (Carinthie). 

1872. Von Egger, Comte Gustav, membre de diverses Sociétés savantes. 

— St-Georges sur le Lac Long (Carinthie). 

1865. *Weyers, J.-L., membre de diverses Sociétés savantes. — Rue du 
Persil, 3, Bruxelles. 

Membres démissionnaires. 

1864-1872. Adan, H. — Ixelles-Bruxelles. 

1864-1872. De Gomensoro, H. L. — Rio de Janeiro. 

1871-1872. Devos, André. —Liège. 

1864-1872. Egger, D r . S. — Pesth. 

1872-1872. Lagrange, E. — Bruxelles. 

1864-1872. Ruhlmann, Alb. — St-Josse-ten-Noode-Bruxelles. 

1865-1872. Shirreff, William. — Lymington, 

1872-1872. Van Neck, V. —Bruxelles. 

Membres décédés. 

1870-1872. Le Hon, Major H. - Bruxelles. 
1863-1872. Loumyer, G. — Ixelles. s 



TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES 



CONTENUES DANS LE TOME VII 



DES ANNALES DE LA SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE 



DE BELGIQUE. 



Annales de la Société malacologique de Belgique, tome VII, 1872 . o 

Assemblée générale annuelle du 2 juillet 1872 LXYIII 

Assemblée générale extraordinaire du 4 août 1872 LXXIX 

Assemblée générale extraordinaire du 23 juin 1872 LXVI 

Bulletin bibliographique CXXV 

Bulletin des collections malacologiques CXLI 

Bulletin des séances de la Société III 

Bulletins delà Société malacologique de Belgique, tome VII, 1872 . I 
Excursion annuelle delà Société malacologique de Belgique. Rapport 
sur l'excursion dans les environs de Virton (province du Luxem- 
bourg) du 15 au 17 septembre 1872, par G. Malaise 95 

Expériences sur les causes de destruction de la coquille des Limnaea 
stagnalis, par le D r C. M. Wiechmann, traduit de l'allemand par 

Arm. Thielens. GIV 

La pêche dés perles en Livonie, par H. Kawall XXXVIII 

Les faunes bruxellienne et laekenienne de Dieghem, par G. Vincent 

(1 bois et planche I) 7 

Les Foraminifères vivants et fossiles de la Belgique, par Henry 

J. Miller et Ernest Vanden Broeck (2 tableaux) 15 

Introduction 15 

i™ série. Listes préliminaires. 1** partie. Les Foraminifères "vi- 
vants de la Belgique 33 



CLVI SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Liste générale des Membres de la Société malacologique de Bel- 
gique CXLV 

Mémoires de la Société malacologique de Belgique, tome VII, 
1872 5 

Note sur la faune laekenienne de Laeken, de Jette et de Wemmel, 
par G. Vincent et Th. Lefèvre (2 bois et planches II et III) .... 49 

Séances de la Société : 

7 janvier 1872. V 

(Liste des Mollusques terrestres et fluviatiles recueillis aux 

environs de Magnée et dans diverses localités de la province 

de Liège, par Louis Pire.) 
(Considérations sur les déviations scalari formes présentées 

par les Planorbis complanatus de la mare de Magnée, par 

Ernest Vanden Broeck.) 

k février 1872 XXIII 

(Coquilles de quelques localités du Hainaut. — M. Vanden 

Broeck.) 
(Hélix nemoralis scalariforme. — M. Nyst. — Figure.) 

3 mars 1872 . XXVII 

(Note sur des coquilles fluviatiles trouvées dans des sables 
provenant du Ruppel, par G. Collin.) 

(Note supplémentaire aux considérations sur les déviations 
scalariformes des Planorbis complanatus de la mare de Ma- 
gnée, par E. Vanden Broeck.) 
i (Communication sur la Physa acuta recueillie en Angleterre et 
en Belgique, par E. Vanden Broeck.) 

(La pêche des perles en Livonie, par H. Kawall.) 

7 avril 1872 . . . XLVI 

(Anomalies de la Limnaea stagnalis. — M. Collin.) 
(Excursion à Jette. — MM. Vanden Broeck et Collin.) 
(Excursion à Angre et Quiévrain. — M. Vanden Broeck.) 
(Observations sur l'Arion leucophœus, par E. Vanden Broeck.) , 

5 mai 1872 LUI 

(Excursion à Folx-les-Caves. — M. Le Comte.) 
(Coquilles subfossiles de Dieghem. — M. Colbeau.) 
(Anomalies des Limnsea stagnalis et limosa. — M. Collin.) 

2 juin 1872 LV1II 

(Limnaea stagnalis, var. sinistrorsa recueillie par M. de Bul- 

lemont aux environs d'Aerschot. — M. Collin.) 
(Excursion a Hastière. Hélix depilata, var. rosea, Hélix ob- 

voluta albinos, etc. — M. Vanden Broeck.) 

23 juin 1872 (Assemblée générale extraordinaire) .... LXVI 

(Changement du jour de l'Assemblée générale ordinaire de 
1872.) 
2 juillet 1872 (Assemblée générale ordinaire) LXVI II 

(Rapport du Président, M. H. Nyst.) 

4 août 1872 (Assemblée générale extraordinaire) LXXIX 

(Fixation de l'Assemblée générale annuelle au premier di- 
manche de juillet à 2 heures.) 



TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES CLVIi 

4 août 1872 LXXX 

(Préliminaire d'une notice sur les fossiles de l'assise supé- 
rieure du système Ypresien, par G. Vincent.) 

1 er septembre 1872 LXXXVIl 

(Reproduction de la Limnaea stagnalis sénestre. — M. Collin.) 
(Reproduction de l'Hélix incarnata albinos. — M. Colbeau.) 

6 octobre 1872 LXXXIX 

(Fusus nouveau pour la faune bruxellienne. — M. Vincent.) 
(Note sur quelques variétés rencontrées chez le Pisidium am- 

nicum, par G. Collin. — Figures.) 
(Mollusques vivants observés aux environs de Virton. — 

M. Colbeau.) 
(Planorbis complanatus verméti forme. — M. Pire. — Figure.) 
(Quelques détails sur un voyage fait à Antigoa et dans quel- 
ques autres îles des Antilles. — M. Purves.) 

5 novembre 1872 Cil 

(Causes de destruction de la coquille de la Limnaea stagnalis, 

par le D r Wiechmann.) 
(Observations sur le même sujet. — MM. Colbeau, Vanden 

Broeck, Purves.) 
(Fossiles devoniens et mollusques vivants recueillis dans 

l'Eifel, par Arm. Thielens.) 
(Belosepia et Cerithium nouveaux pour la faune bruxellienne. 
— M. Vincent.) 

1 er décembre 1872 CXVIII 

(Observations sur les Achatinella. — Lettre de M. Senoner.) 
Sur la Limnea stagnalis L. et sur ses variétés observées en Bel- 
gique, par G. Collin (Planche IV) • 81 

Table générale des matières contenues dans le Tome VII, 1872, des 

Annales de la Société malacologipue de Belgique. . CLV 

Voyage dans l'Eifel. Liste des fossiles devoniens et des mollusques 
vivants recueillis à Gerolstein, Casselbourg, etc., par Arm. Thie- 
lens CIX 



u 



PLANCHES DU TOME VII. 



y 
Planche I. Les faunes bruxellienne et laekenienne de Dieghem, par G. Vincent. 

Mémoires page 7. Explication page 13. 

» II. Note sur la faune laekenienne de Laeken, Jette et Wemmel, par 
G. Vincent et Th. Lefèvre. Mémoires page 49. Explication page 80. 



4 

)> III. Idem. 

)) v IV. Sur la Limnea stagnalis L. et sur ses variétés observées en Bel- 
gique, par G. Collin. Mémoires page 81. 



. ; , / i a , , u£& Iftz7«ro?PC7tyi<<: de jjfifyiytœ 



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Li£h> & Seve-r-e^/its, BrLcoseZl&s 



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Tarn* VII PI. 2 





2. 























7. 



9. 



1 Gancellaria funiculifèra Vinc. 

£>-à laelcemana "Vrac. 

4-.ScaIaria Nysti Lef. 
5 Dixorn Lef 



10 8 

6 . S cal aria lœvi^ata Lef. 

7. 

8. __ oompressilamella Vmc. 
9.10- Ch.en.opus mtubereulatus Vmc 



Bruxelles 



Annales de- Tas Société Malaaôlogique dt '■ Betau/ice*. 



Ton* VII PI 3. 












i . Fus us Crokaerti Vinc. et Lef. 






2.3-Modiola niteris Lef- 

4.5.6. Cultellus werameleiLsis Lef. 



7-8-Ar^iope Lefevrei Nyst- 
9. Sp&enOtro chus cuneolus Vinc. 



Ziili.po-r (r. Senere^ns &'uxëlZes . 



Annales de la Société Mzùicologiqice'^ le BéZgrigzu 



Tome Vil Fi i 







1 . Tentacule dédoublé 
2 .Var. simstrorsa . 
3-Var.lutea. 






Limnea sta^nalis L 
o 

4. Var. .expansa. 

5. Var. quadraziénlata 

6. Var. regularis 

7. Var. distorta.. 





10 



8. Var. aperta 

9 . Var. minïma 
io.Var.T)rpTicata 



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